Fillière – Eglise Saint-Maurice (Aviernoz)

A l’ouest du massif des Bornes, le village d’Aviernoz et ses 900 habitants ont rejoint en 2017 la commune de Fillière. Elle doit son nom à la rivière qui traverse ce grand plateau, trait d’union entre les lac d’Annecy et Léman.  Aviernoz s’organise dans un autre vallon creusé par un autre torrent, celui du nant de l’Aulp. Il est coincé entre la montagne du Parmelan (1856 mètres) et les Ollières, une des cinq communes de la nouvelle entité administrative. Avec cette dernière, Aviernoz a réalisé un véritable cheminement historique qui remonte a une période incertaine. Au XVème siècle, l’église se trouve près du ruisseau de Faty, au centre des territoires des deux communes qui se la partageaient. L’église était décrite comme simple et souvent en mauvais état lors des visites pastorales. En 1443, la direction spirituelle de la paroisse est déplacée aux Ollières : voilà qu’Aviernoz devient à son tour dépendante. C’est en 1682 qu’elle retrouve son autonomie avec la scission des deux communautés car entre temps, les Ollières à construit son propre sanctuaire également dédié à saint Maurice.  Mais cette première église d’Aviernoz que nous connaissons est entourée de mystères : des fouilles ont été organisées et aucun indice ne subsiste. Le cadastre de 1730 ne mentionne aucune construction également. On raconte que l’éloignement des églises avait posé de nombreux débats qui se sont parfois terminés en bagarres générales si bien qu’une forêt d’Aviernoz a été baptisée « le bois de la bataille « ! 

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En 1732, une mappe donne l’emplacement d’une église assez modeste au lieu-dit du « Crêt des Pierres ». Quand a-t-elle été construite ? Probablement après la séparation définitive de 1682. Elle se trouvait sur l’ancien cimetière encore matérialisé aujourd’hui par ses murs épais. L’historique de l’église avant la Révolution est méconnu. Mais des récits du curé Berlioz installé en 1785 nous racontent qu’à la Révolution le clocher a été décapité, les statues ont été brûlées et les citoyens montaient en chaire pour publier les différentes déclarations des Révolutionnaires ! La paroisse aura du mal a relever son édifice religieux après cette période tourmentée : l’évêque demande d’engager d’importants travaux à la cure, à l’église et au cimetière. La dernière réfection importante sera faite en 1829. Le 17 avril 1835, un Vendredi Saint, l’église subit un violent incendie. Le curé Domenjoud, nommé après cet incident, a enquêté et raconte qu’à l’issue de la célébration du matin, la lampe resta allumée près du reposoir vénéré ce jour là. Le grand vent qui régnait sur Aviernoz agita les rideaux qui ont été en contact avec la lampe. Devant l’impuissance de tous, l’église a été réduite en cendres. Aviernoz restera cinq ans sans sanctuaire car encore en 1838, aucune entreprise n’avait manifesté son intérêt pour le chantier en raison de l’accès difficile. Un nouveau débat s’ouvre alors : faut-il relocaliser l’église ? Finalement, elle ne sera déplacée que de quelques mètres et les travaux se dérouleront de 1840 à 1841. Les grandes sécheresses permettent aujourd’hui de dessiner le plan du sanctuaire et une croix marque, pour la postérité, l’emplacement de son chœur. Cette église n’a en fait servi qu’un demi siècle. On s’était très vite rendu compte qu’elle a été mal construite car des réparations sont à faire régulièrement. Finalement, en 1890, le conseil municipal étudie sa destruction au profit d’un nouvel édifice. Si le projet est très vite bouclé, ce n’est qu’en 1896 qu’il sera lancé et avec difficultés : l’évêque n’a pas été consulté pour son déplacement vers un autre hameau et se range derrière l’avis des paroissiens en y donnant un avis défavorable. Mais qu’importe, à partir de mai l’église est démolie sur ordre de la commune alors qu’elle est propriété de la paroisse ! Le nouvel édifice sera construit à 500 mètres de là, à côté de la mairie : c’est celui que nous connaissons aujourd’hui. Il sera achevé l’année suivante et donnera naissance à de nouveaux conflits entre les institutions civiles et religieuses. L’évêque devait la consacrer en 1901 mais la veille de la cérémonie il reçoit une lettre : le voilà interdit de pénétrer dans la commune ! C’est finalement son successeur qui le fera en 1932. Le sanctuaire a été construit dans un style néogothique et a été restauré en 1982. Elle se compose d’une nef unique et d’un transept qui accueille deux chapelles latérales. De part et d’autres du chœur, la sacristie et le clocher.

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Le clocher est doté d’une discrète horloge battant heures et demi-heures sur les deux cloches actuelles. L’histoire campanaire est malheureusement inconnue jusqu’à l’incendie de l’église en 1835. On sait simplement que la ou les cloches ont été la proie des flammes : leur bronze gisait au sol. Ce n’est qu’à partir de 1840 qu’on se préoccupe d’en commander une nouvelle. Pour ce faire on confie d’abord le métal restant à Claude Paccard, fondeur à Quintal. Après maintes discussion sur son poids, il réalisera une cloche de 952 kilos livrée le 25 août 1842. Cependant, la municipalité a complètement oublié de commander un beffroi pour la supporter ! Et les négligences ne s’arrêtent pas là : en 1850, le curé rappelle aux élus que le fondeur attend toujours son règlement. En 1877, au cours d’une mission, le curé de l’époque ouvre une souscription volontaire auprès des habitants pour commander une seconde cloche. Elle sera réalisée en 1878 par les frères Beauquis de Quintal. Il est inscrit sur celle-ci la mention suivante « sans impôt ». Elle ne restera pas longtemps dans le clocher de l’ancienne église car le 1er mai 1896, le maire ordonne la descente des deux cloches et compte bien faire appliquer sa décision aidé de deux gendarmes. Le trésorier de la paroisse s’y opposera « par la force ». Il finira menotté et emmené loin de l’église par la maréchaussée. La grosse cloche se retrouve fragilisée par ce déménagement. Au gré des sonneries dans son nouveau perchoir, elle se fêle et offre un son de plus en plus désagréable. Narcisse Métral-Bindoz, le sonneur, prit la peine de se rendre dans chaque foyer en leur priant de contribuer à la fonte d’une nouvelle cloche. Le succès fut double pour cet homme : on commande en 1956 à la fonderie Paccard une grosse cloche de 1500 kilos nommée « Marie Michel » et Narcisse en fut le parrain. Mais cette cloche a aussi sonné l’heure de sa retraite : on en profite pour doter le clocher de la fée électricité. Le texte de la grosse cloche le mentionne. Il indique également le nom du maire Marcel Ancrenaz, de son adjoint et des conseillers. On trouve aussi le nom de l’évêque Mgr Cesbron et du curé l’abbé Gerfaux. La cloche porte également la maxime certes classique mais ô combien significative « qu’elle pleure ou qu’elle chante, ma voix toujours prie ».

Nom

Fondeur

Année

Diamètre (cm)

Masse (kg)

Note

1

Marie Michel

Paccard

1956

134

1500

Ré 3

2

Beauquis frères

1878

106.4

700

Sol 3

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Mes remerciements :
La commune nouvelle de Fillière et plus particulièrement Mme Catherine Mercier-Guyon, maire-adjointe.
La commune déléguée d’Aviernoz et plus particulièrement M. Yves Rubin-Delanchy, conseiller.
M. Bernard Convers, président de la Société d’Hisoire du Pays de Fillière, pour les informations historiques.

Sources & Liens :
Commune de Fillière
Bernard Convers, président de la Société d’Histoire du Pays de Fillière
Délibérations communales – Archives départementales de la Haute-Savoie
Clichés personnels (exception : vue aérienne des fondations de l’ancienne église – Bernard Convers)
Fonds privés
Relevé personnel

Annecy – Eglise Saint-Maurice (Pringy)

A quelques encablures du lac et de la vielle ville d’Annecy, la commune de Pringy a rejoint en 2017 avec quelques une de ses voisines la préfecture haut-savoyarde. Si elle fait désormais partie intégrante de la 29ème ville de France (en 2020), elle a été en réalité un village d’à peine 400 habitants jusqu’à la Seconde Guerre Mondiale. Cette localité très ancienne se trouve sur une colline délimitée par la rivière Fier et le Viéran, son affluent. Cette position permet à Pringy de bénéficier d’un bel ensoleillement qui a été prisé par plusieurs familles nobles qui y ont établis des places fortes. Il faut avant tout remettre les choses dans leur contexte : Annecy fut la capitale de la province du Genevois, avec comme épicentre le château de la vielle ville, résidence des comtes de Genève. Pringy se situait donc sur la route privilégiée entre deux cités importantes : Annecy et Genève. Cette route est déjà attestée à l’époque gallo-romaine ! Deux maisons fortes se sont installées à Pringy : le château de Promery et le Château de Monthoux. Au XIXème siècle, Pringy entame discrètement sa transformation avec la construction d’une voie de chemin de fer en 1884 et l’implantation d’une gare, toujours utilisée. Un énorme pont enjambe alors le Fier à la hauteur du hameau de Brogny, là ou quelques siècles auparavant est né un cardinal qui a murmuré à l’oreille des papes, Jean de Brogny. Au cours du siècle dernier, le tracé de l’autoroute passe de l’autre côté du bourg, et un échangeur sur la commune augmente considérablement son attractivité. En 1973, la commune de Pringy fusionne avec le celle de Ferrières, permettant à la commune de s’étendre vers la montagne de Mandallaz. De cette paroisse disparue à la Révolution ne subsiste aujourd’hui qu’une modeste chapelle.

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La paroisse de Pringy est dédiée à saint Maurice, patron de la famille ducale de Savoie. En 867, « Prinniacum » est donné à la famille de Thieteberge par Lothaire II, roi de Lotharingie. Toutefois, ce n’est qu’au XVème siècle qu’on commence à dessiner l’histoire d’une église paroissiale à Pringy avec des vitraux encore installés dans le chœur actuel. Deux siècles plus tard, elle est référencée dans le cadastre de Pringy. On peut imaginer de cet édifice un style roman avec des proportions semblables à l’église voisine d’Argonay. Des travaux sont faits sur cette église en 1703. En témoigne des gravures sur une pierre, toujours dans dans le chœur de l’église actuelle. Un clocher est ajouté à l’édifice en 1742. En 1826, le lieu de culte est la proie des flammes. Il sera profondément remanié et agrandi entre 1850 et 1860. Le style néogothique sera alors utilisé avec un chœur polygonal et une voûte caractéristique. En 1960, l’église est restaurée pour son centenaire et un narthex y est ajouté. En 1992, la flèche du clocher est déposée au profit d’une nouvelle charpente. Mais quatre ans plus tard, un tremblement de terre particulièrement violent détruit partiellement la voûte néogothique, qui sera aussitôt reconstruite avec soin, si bien que seuls les livres d’histoires portent la trace de cette secousse d’une magnitude 5,2 sur l’échelle de Richter !

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Tout comme l’église, l’histoire de la sonnerie est parsemée d’embûches. Ce n’est qu’en 1832 que la première mention d’une cloche est inscrite… sur la grosse cloche actuelle ! On imagine qu’en 1742, des cloches sont installées dans le nouveau clocher. Ces cloches, si elles n’ont pas été refondues à cause de fêlures, ont du être sacrifiées à la Révolution, comme l’histoire des communes nous l’apprend si bien, à presque chaque clocher. Comme indiqué précédemment, une cloche est fondue le 30 août 1832. L’actuelle grosse cloche reprend patiemment presque toutes ces inscriptions, sauf le fondeur qui n’est pas mentionné. C’est déjà un noble qui en a été le parrain : le Baron de Livet, résidant du château de Monthoux. Déjà, car en 1897, lorsque les cloches sont refondues, la petite cloche a été parrainée par le compte d’Asnières de Sales et un membre de la famille Raymond de la Grange. Ils ont tous les deux laissés leur blasons sur la petite cloche, en plus de leur nom.
Sur les 120’000 cloches réalisées par la fonderie savoyarde, elles comptent donc parmi celles… qui ont le moins voyagé ! A vol d’oiseau, la fonderie d’Annecy-le-Vieux ne se trouvait qu’à… 3’500 mètres ! La question reste à savoir : ont-elles pris le train d’Annecy à Pringy où se sont elles déplacées par les voies normales ? En effet, le principal argument de la fonderie Paccard pour un déplacement des fours de Quintal à Annecy-le-Vieux était le suivant : entre le second lieu et la nouvelle gare d’Annecy, les routes descendaient. Il était donc plus simple pour elles de rejoindre la voie ferrée. Quoi qu’il en soit, l’installation est encore « dans son jus ». Bien qu’électrifiées en 1933 déjà et figurant ainsi dans les premières sonneries électrifiées du département, elles ont conservées leur équipements d’origines : beffroi, jougs et ferrures. Seul le battant de la petite cloche vient d’être remplacé, cette dernière étant sollicitée quotidiennement pour les angélus : matin, midi et soir.

Nom Diamètre (cm) Masse (kg) Note

1

Fernande Marie 101 600 Sol 3
2 Françoise Marie Antoinette 80 300

Si 3

Georges et Francisque Paccard fondeurs à Annecy-le-Vieux 1897

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Mes remerciements pour cette visite :
La commune déléguée de Pringy pour les démarches, sous le mandat de M. Xavier Osternaud, maire délégué.
Le service patrimoine de la commune nouvelle d’Annecy et Mme Julie Leclerc, pour l’ouverture du clocher et son précieux temps accordé.
La paroisse Saint-Marc du Parmelan et son curé, l’abbé Gilles Chassé, pour les sonneries spéciales.
Mon ami Claude-Michaël Mevs dit « Quasimodo » pour l’aide apportée à la réalisation de ce reportage.

Sources & Liens :
Mairie d’Annecy
Eglise de Pringy
Clichés personnels
Fonds privé
Inventaire personnel avec le concours de Quasimodo Sonneur de Cloches.

Fillière – Eglise Saint-Maurice (Les Ollières)

A quelques pas du Plateau des Glières, le village des Ollières se trouve près d’un autre plateau reliant deux vallées du département : la Vallée de l’Arve et celle creusée par le Fier et le lac d’Annecy. Le millier d’habitants est venu former, avec quatre autres anciens villages, la commune nouvelle de Fillière. Dès lors, ce territoire couvrant une majeure partie de la rivière du même nom forme alors la plus vaste commune de Haute-Savoie, même devant Chamonix-Mont-Blanc et Sixt-Fer-à-Cheval pourtant réputées pour leurs grands espaces naturels.
La commune -aujourd’hui déléguée- des Ollières n’est pas la plus ancienne du département mais possède une histoire intéressante. De nombreuses hypothèses existent pour ses origines : cela aurait pu être un lieu propice aux potiers (du latin « olla ») ou à des plantations de légumes (oliris) voire même une terre dépendante d’une seigneurerie (aulearia). Au XIVème siècle, les Ollières sont la propriété de la famille Menthon de Lornay d’Aviernoz qui y possédait un château. Les Coppier, une autre famille noble, est aussi citée aux Ollières à cette même période. En 1508, une chapelle est construite sur la commune. Aucun indice ne permet de préciser si c’est une simple construction, ou une reconstruction. En 1682, les Ollières devient une paroisse distincte. Jusqu’à cette date, elle dépendait d’Aviernoz. A la Révolution, on imagine que le sanctuaire était dépouillé et délabré. En 1825, on fait appel à l’architecte savoyard Ruphy pour reconstruire la nef et le clocher. Le chœur gothique est conservé. La nef est simple et se termine par une tribune élégante. Au dessus d’elle s’élève le clocher qui fait bloc avec la charpente de l’église. En 2008, l’église est profondément restaurée. C’est aussi l’occasion de fêter son demi-millénaire. Les travaux seront bénis en grande pompe par l’évêque d’Annecy Mgr Yves Boivineau.

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Le clocher abrite aujourd’hui deux cloches, comme pour la majorité des villages savoyards. On imagine volontiers qu’à la Révolution, l’ancien clocher dont nous ne savons rien a été vidé de ses cloches, ou alors qu’une seule a été conservée. Malgré ces incertitudes, on sait que la paroisse passe commande à Louis Gautier d’une cloche. Elle sera réalisée lors d’un passage du fondeur basé à Conflans sur la commune de Groisy. En deux fontes distinctes, il donnera naissance à cinq cloches au total. La première fonte, le 7 septembre, sera pour l’église de Groisy : deux grosses cloches. Le 5 octobre suivant, trois cloches plus petites sont réalisées : deux cloches pour l’église de Cuvat et la troisième pour les Ollières. Cette dernière, dédiée à saint Maurice, patron de la paroisse, porte les noms de son parrain et sa marraine, François et Augustine Saillet. Elle porte aussi le nom du syndic, Jean-Claude Bévilliard. Cinq ans plus tard, une nouvelle cloche est commandée par la paroisse. Cette fois, c’est vers Quintal et Claude Paccard qu’on se tourne. Elle sera coulée le 16 juillet 1830. Ses quelques inscriptions indiquent qu’elle est vouée aux saints Maurice et Antoine. Le maire Nicolas Curzillat et son épouse Françoise ont parrainé la cloche. Le nom du curé est le même que pour la petite cloche : Joseph Vachet. Il est d’ailleurs inhumé dans cette même église qu’il fit reconstruire. Jadis à la corde, les cloches sont actionnées par la fée électricité depuis 1951. Elles égrènent infatigablement heures et demies. Les angélus sont sonnés sur la plus petite. Les messes sont annoncées par une volée de la grande cloche, accompagnée par des tintements de sa petite sœur aux baptêmes et mariages. Pour annoncer les décès et lors des sépultures, elles sont lancées à toute volée, tradition savoyarde oblige.

Nom

Fondeur

Année

Diamètre (cm)

Masse (kg)

Note

1

Sts Maurice & Antoine

Claude Paccard

1830

103,2

630

Sol 3

2

St Maurice

Louis Gautier

1825

76,9

290

Si 3

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Mes remerciements nourris à :
Municipalité de Fillière, sous la direction du maire M. Christian Anselme.
Commune déléguée des Ollières et son maire délégué, M. Xavier Picot.
Mme Catherine Mercier-Guyon, maire-adjointe à la culture pour les démarches.
M. Bernard Convers, employé communal et historien pour la mise à disposition d’archives.

Sources & Liens :
Documentation sur l’église et les cloches des Ollières
Commune déléguée des OllièresCommune de Fillière
Bulletin municipal « Le Groisillien » n°5, Groisy – janvier 2010
Clichés personnels

Fonds privés

Cluses – Eglise Saint-Nicolas

Considérée comme l’une des capitales de la province savoyarde du Faucigny, Cluses est aujourd’hui une des grandes communes du département haut-savoyard : elle compte plus de 17’000 habitants. Cluses est aussi un lieu qui a fait l’histoire. On ne parlera pas là des sports d’hiver ou du domaine de la montagne mais plutôt de domaines industriels. Si la vallée de l’Arve est considérée comme « capitale du décolletage » (industrie usinant des pièces de révolution), Cluses en est le poumon. La cité est aussi réputée pour son passif horloger : dès le XVIIIème siècle, l’agriculture se retrouve chamboulée par ce nouveau métier, à tel point qu’en 1848 est créé l’école nationale d’horlogerie, aujourd’hui lycée Charles Poncet et surnommé « l’Horlo » par ses élèves. A cette date pourtant, la cité clusienne ne comptait que deux milliers d’habitants. D’anciennes photographies montrent une plaine vide, avec quelques communes bien distinctes. Aujourd’hui, elles se sont comme rapprochées, offrant un pôle urbain et industriel non négligeable pour la vallée.

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L’actuelle église Saint-Nicolas n’a jamais été destinée à recevoir les prières de la paroisse de Cluses. Bâtie pour la communauté franciscaine, elle a été consacrée en 1485. Elle faisait suite à une bulle papale de 1471 autorisant l’installation des religieux dans la ville. Cet édifice était alors à l’écart du bourg. La paroisse avait sa propre église plus proche de l’Arve. La création de la paroisse remonterait au VIIIème siècle, sans grandes certitudes. Le plus ancien curé est mentionné en 1247. L’église paroissiale, toujours debout, a été reconstruite entre 1733 et 1736. A la Révolution, le couvent est fermé et pillé. Le sanctuaire devient un dépôt et les bâtiments conventuels abriteront plus tard l’administration communale. L’église paroissiale retrouvera ses fidèles une fois la Terreur terminée mais pour un temps seulement. En 1844, un incendie détruit le bourg. L’église sera partiellement détruite mais le couvent, en marge du bourg, intact. Les paroissiens choisissent alors de déplacer leur église. Voilà que celle des cordeliers retrouve sa vocation première en 1847, non sans quelques rafraichissements. L’ancienne église sera vendue en 1888 à un horloger avant de perdre son clocher au début du XXème siècle. Elle existe toujours aujourd’hui et sert encore d’entrepôt. Pour la « nouvelle » église Saint-Nicolas, d’autres travaux seront menés au cours du XXème siècle : le clocher sera réhaussé (on en reparlera avec les cloches) mais une grande partie des bâtiments conventuels sont rasés, permettant la construction de l’actuelle mairie, inaugurée en 1903. Dans les années 1960, l’architecte Maurice Novarina sera chargé de repenser la décoration intérieure dans l’esprit du concile Vatican II demandant d’épurer la décoration intérieure des églises. Parmi les pièces remarquables encore présents dans le sanctuaire, on s’attardera sur le magnifique bénitier et de ses sculptures soignées ainsi que sur les fonds baptismaux, rescapés de la Révolution. 

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Qui dit horloges, dit cloches. Pour raconter exhaustivement l’histoire campanaire de Cluses, il faudrait écrire un véritable roman ! Vous l’avez compris, la communauté paroissiale de Cluses s’est déplacée d’une église à l’autre. Dans ce qui est aujourd’hui l’ancien sanctuaire, des cloches sont mentionnées au XVème siècle déjà, lors d’une visite pastorale. On raconte aussi qu’à la Fête-Dieu 1618, elles ont aussi sonné pour les victoires du Duc de Savoie sur la frontière italienne. Le 30 octobre 1735, on réinstalle des cloches dans le clocher de l’église reconstruit. En 1772, il est à nouveau au centre des discussions : il doit être réhaussé. Louis Léonard de Morteau et Mathis Riguelte réalisent quatre nouvelles cloches. Une cinquième, plus ancienne, est conservée. Cependant, voilà que vingt ans après les cloches doivent être descendues. A l’église paroissiale, on en descend quatre pour en laisser une cinquième dans la tour. Plus tard, sa descente sera aussi discutée, mais jamais ordonnée. Au couvent des Cordeliers, on descend les cinq avant de décapiter le clocher. Toutes ces cloches sont emmenées à Bonneville dans le but d’être cassées. La résistance fut telle qu’une partie d’entre elles sera préservée. A la première clairière, certaines sont revendues pour des paroisses qui se retrouvent sans cloches. C’est ainsi qu’encore aujourd’hui, le clocher de Margencel, près de Thonon-les-Bains, se retrouve doté d’une des cloches fondues pour Cluses en 1772. 

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Au XIXème siècle, le clocher de l’église paroissiale, seul élément sonore, conserve un témoin de l’Ancien Régime et pas des moindres : une cloche de 1685. Comme indiqué plus haut, celle-ci n’a jamais été descendue. Ses origines sont mystérieuses : elle porte sur son flanc des inscriptions indiquant qu’elle a été fondue pour la ville suisse de Nyon, distante de 85 kilomètres ! Comment expliquer son arrivée à Cluses ? Nul ne sait. En 1840 et 1841, elle est rejointe par deux cloches fondues par les frères Paccard : d’abord une plus grosse, puis une plus petite. La fonderie avait déjà collaboré avec la ville en 1832 pour la fonte d’une cloche de 30 kilos au Collège Royal, aujourd’hui disparu. Pour celles de l’église, les frères Bulliod avaient manifestés leur intérêt : en témoigne des échanges avec l’intendant du Faucigny. S’ils n’ont pas réussis à travailler pour Cluses, ils ont néanmoins collaborés avec deux paroisses limitrophes : Scionzier (1 cloche, 1844) et Arâches (5 cloches, 1840). Le lendemain de l’incendie de 1844, les cloches sonnent toujours pour l’angélus matinal. Cluses est soulagé : elles sont intactes ! A la Fête-Dieu 1887, la grosse cloche de 1840 sonne creux : elle est déjà fêlée. En 1892, la génération suivante des Paccard livre une nouvelle grosse cloche, à la fois qualitative par sa puissance sonore que par la finition de ses décors. Entre 1924 et 1925, les municipalités de Cluses et Nyon correspondent de manière nourrie : la cloche de 1685 semble être fêlée et doit être remplacée. Dans une habile manœuvre, il est proposé que Nyon retrouve sa cloche perdue. La transaction sera faite et la cloche retrouvera ses terres natales. Elle est aujourd’hui installée au château de Nyon. En lieu et place de cette cloche, Cluses en finance une nouvelle dédiée à sainte Thérèse de Lisieux, canonisée la même année. Pour l’occasion, la sonnerie change de clocher ! En effet, les cloches n’ont pas déménagé avec les fidèles en 1847 car il fallait reconstruire le sommet du clocher de l’ancien couvent. Entre temps, elles sont restées agrippées à l’ancienne nef de la première église Saint-Nicolas. Le tour d’horizon ne serait pas complet si on omet de citer la quatrième cloche de l’église. Située dans le clocheton du chœur, cette dernière est aujourd’hui muette car non électrifiée. Les archives sont muettes quant à son achat et son accès est impossible sans déployer d’importants moyens pour notre sécurité. En photographiant la cloche du plancher des vaches, on arrive néanmoins à contempler une Vierge et un Calvaire typiques des ateliers Paccard du XIXème siècle.

Nom

Fondeur

Année

Diamètre (cm)

Masse (kg)

Note

1

Sts Nicolas & François

G&F Paccard

1892

153,4

2’150

Do3

2

Ste Thérèse de Lisieux

Les Fils de G. Paccard

1925

119

1’000

Mi3

3

Ste Vierge

Frères Paccard

1841

101,3

625

Sol3

4

Inconnu

Paccard ?

XIXe

~63

~150

Ré♯4

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Mes remerciements à :
M. Jean-Philippe Mas, maire de Cluses, pour son aimable autorisation.
M. Pierre Gallay, adjoint au maire, pour son accompagnement au clocher.
Mme Laure Ispri-Oldoni, conseillère déléguée au patrimoine, pour les démarches et l’accompagnement au clocher.
M. l’Abbé Alexandre Dinety, curé de la paroisse, pour l’accompagnement au clocher et les sonneries exceptionnelles hors célébrations.
Mme Florence Poirier, directrice du musée de l’horlogerie et des archives municipales, pour l’ouverture des archives et l’aide apportée.
M. Olivier Ayet, chef de cabinet de Monsieur le Maire, pour les démarches auprès des différents élus et services.
Mon ami Claude-Michael Mevs dit « Quasimodo » pour l’aide à la réalisation de ce reportage et les moments d’amitié.

Sources & Liens :
Mairie de Cluses
Paroisse Saint-Bruno en Vallée d’Arve
Archives municipales de Cluses
Mémoires & documents publiés par l’Académie Salésienne, Tomes XI (1888) et XII (1889)
Clichés personnels (sauf mentionné)
Relevé personnel

Châtel – Carillons et Chapelles

Le village de Châtel est installé au fond de la vallée d’Abondance. C’est sur son territoire que va naître l’une des trois Dranses du Chablais savoyard. Si la paroisse naît au XVIIème siècle d’une simple chapelle fondée plusieurs siècles auparavant, d’autres édifices et monuments religieux ont aussi été édifiés, signe de la piété des habitants de la commune, ou encore, tout récemment, de nouveaux instruments campanaires. Dans cette vidéo, je vous propose une promenade pour les découvrir :

Mais avant cela, voici l’église Saint-Laurent, au centre du village. Elle est non seulement l’église mère de la commune mais aussi son premier carillon. D’une simple cloche fondue en 1634, le clocher en abritait trois après la Révolution. En 1922, la sonnerie s’étoffe grâce à l’ajout de nouvelles cloches dont la plus grosse de la vallée : Sainte Jeanne d’Arc, 1’544 kilos. Un clavier a aussi été installé dans la tour. Enfin, en 2002, de nouvelles cloches sont installées, portant sa tessiture à 13 cloches, soit un peu plus d’une octave. La suite est à lire sur l’article dédié.

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Face a l’église, une sculpture musicale prend place, dirigée vers la vallée. Séparée en deux parties qui veulent se rejoindre à l’image de la fresque sur la Création de la Chapelle Sixtine, elle symbolise l’amitié franco-suisse unissant Châtel et Morgins séparées par une frontière. Voilà que le nom de la sculpture est tout trouvé : « Frontière« . Initialement prévu au hameau de Vonnes, dont on présentera plus loin la chapelle, le lieu retenu est finalement la grande place de l’église. Afin de ne pas créer de doublons, la programmation a été « harmonisée » avec l’église : les deux carillons joueront à des heures différentes leur propre répertoire : religieux à l’église et profane sur « Frontière ».
Né en 2017 sur l’impulsion du maire Nicolas Rubin, le projet voulait honorer les 70 ans de la station. La silhouette a été imaginée par Jean-Marc Bonnard, habitué des réalisations « Ars Sonora ». Une souscription est ouverte et permet de rassembler près de 125’000€ grâce à 155 donateurs. La région a aussi apporté son soutien avec une enveloppe de 15’000€. La commune a pris en charge le reste, à hauteur de 261’000€. Les 28 et 29 septembre 2018, les premières cloches sont coulées à Châtel même par la fonderie Paccard, offrant un lot d’animations avec pour thématique centrale l’art campanaire. Le 4 août 2019, durant la fête patronale, le carillon est béni par Mgr Jean-Paul Gobel, nonce apostolique émérite et prêtre du diocèse d’Annecy. La célébration est suivie par une cérémonie civile, en présence de nombreux élus et du préfet du département.
Le carillon de compose de 26 cloches. La plus grosse, un do5, pèse 65 kilos et la plus petite, un ré7, en pèse 12. Il couvre deux octaves plus une note pour un poids total de 730 kilos de bronze. La structure à elle seule avoisine les six tonnes !

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Au fond de la vallée, en plein cœur de la montagne à 1’600 mètres d’altitude, le hameau de Plaine-Dranse vit hiver comme été. Tantôt au son des skis glissant sur la neige, tantôt grâce au bruit plus sec des dérapages parfois acrobatiques des vététistes. C’est grâce au curé de Châtel, l’Abbé Milloux, que la chapelle Notre-Dame-des-Neiges voit le jour entre 1959 et 1960. Elle remplace un oratoire. C’est Claude Séchaud qui en dessinera les plans ainsi que les vitraux avec pour thème le Rosaire. Cette chapelle permet donc aux skieurs une pause spirituelle tout en étant un phare pour les paysans l’été ainsi que pour les randonneurs.
Adossée à son rocher, la chapelle ne possédait pas de cloche. A l’occasion du Théléton 2003 et dans l’élan de l’agrandissement du carillon de l’église, voici que la chapelle se dote de son propre instrument qui comporte 12 cloches pour les 12 communes de la station des « Portes du Soleil », aussi bien en France qu’en Suisse. Le rocher, fièrement dressé, servira donc de clocher. Les cloches sont accrochées sur un support métallique discret. C’est le maire de la Chapelle-d’Abondance, Bernard Maxit, qui dessinera les plans de la structure qui sera alors nommée « Edelweiss« , en hommage à l’emblématique fleur de montagne. L’instrument est formé de 12 cloches réalisées par la fonderie Paccard. La plus grosse, un do5, pèse 65 kilos et la plus petite, un mi6, en pèse 20.

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Plus en aval de la Dranse, une autre chapelle se trouve près d’un énorme rocher : la chapelle Saint-François-de-Sales-et-Sainte-Jeanne-de-Chantal de Très-les-Pierres. Bâtie en 1784, elle commémore un éboulement qui a épargné le hameau. Elle est vouée à deux saints bien connus dans nos vallées : le premier fut évêque de Genève-Annecy entre 1602 et 1622. La seconde fut, avec lui, fondatrice de l’Ordre de la Visitation. La chapelle affiche un style très sobre et a bénéficié d’une restauration avec soin il y a quelques années. On y trouve notamment des représentations de ses saints patrons.
La cloche est très mystérieuse : elle affiche la date de 1759 : elle est donc antérieure à la fondation de la chapelle ! Ses inscriptions sont très lacunaires et donnent cependant quelques informations supplémentaires : « D E O . V O X . C L A M A N T I S . P P O R. DO. DO. P E T. F A V R E . 1 7 5 9 ». On comprend donc que « sa voix crie » dans le désert, à l’image d’une prophétie d’Esaïe : on peut penser que c’était une cloche qui appelait. La seconde ligne fait référence d’un certain « Prévôt et Père Pierre Favre ». De nombreuses hypothèses peuvent naître puisque la cloche est antérieure à la chapelle. Parmi elles, on peut se demander comment elle est arrivé ici et quelle était sa destination initiale ? Le seul indice est le nom du prêtre et son titre de prévôt, signifiant qu’il était à la tête d’une communauté canoniale collégiale ou cathédrale. Un travail de recherche permettra d’en savoir plus sur lui, mais il sera certainement difficile de retracer l’histoire complète de la cloche.

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Enfin, au sommet du village, près du Pas de Morgins et donc de la frontière, le hameau de Vonnes est installé autour de son lac et de sa chapelle Notre-Dame-des-Neiges-Saint-Bernard-et-Saint-Martin. Elle a été fondée en 1630 par les prêtres de la Chapelle-d’Abondance et jouissait d’une réputation réparatrice contre le rachitisme chez les enfants. En 1886, on ajoute à la chapelle un vestibule et un clocher qui sera lui-même dotée d’une cloche, malheureusement inaccessible. Son caractère très cristallin et limpide ressemble en tout point à des cloches contemporaines de la fonderie Paccard. Sonnant le do dièse 4, elle pèserait environ 250 kilos. On connaît cependant ces parrain et marraine : André Grillet et Anne Crépy. Aucune archive ne témoigne de la fonte de cette cloche…

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Mes remerciements à :
M. Nicolas Rubin, maire de Châtel, pour son aimable invitation.
Mme Morgane Hay, responsable du service culture et patrimoine de la mairie.
Me Pascal Krafft, campanologue à Ferrette (68) pour son aide précieuse sur la cloche de Très-les-Pierres.
Mon ami Claude-Michaël Mevs dit « Quasimodo« , pour son amitié et son aide précieuse.

Sources & Liens :
Concours « Châtel Ville Sonnante » 2020
Archives municipales – Service culture et patrimoine
Inventaire personnel
Clichés personnels – Sauf mentionné
Châtel
Mairie de Châtel

Châtel – Eglise Saint-Laurent

Au fond de la vallée d’Abondance et au cœur des montagnes chablaisiennes, la station de Châtel est un véritable trait d’union entre la France et la Suisse grâce au Pas de Morgins (Valais). Autrefois agricole, Châtel n’a jadis été que des terres boudées, avant d’être exploités par le village voisin de la Chapelle-d’Abondance dont elle s’émancipera au XVIIème siècle. C’est depuis le rattachement de la Savoie à la France que la commune exploite timidement son potentiel touristique : une source sulfureuse commençait à faire la réputation de la commune. Elle investit donc dans un hôtel pour accueillir les touristes. A l’époque, on est probablement loin d’imaginer le chemin à parcourir pour obtenir le résultat que nous connaissons : Châtel est intégré aux prestigieux domaine skiable des « Portes du Soleil » qui regroupe aujourd’hui 13 communes franco-suisses. C’est à partir de la Seconde Guerre Mondiale que le développement hivernal est engagé, et semble ne pas s’arrêter. Si la population annuelle de la commune ne dépasse pas les 1’500 habitants, on estime la capacité d’accueil touristique à 25’000 lits : de quoi animer les saisons estivales et automnales dans ce village frontalier qui n’a pas pour autant perdu son âme.

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Au centre du bourg principal, l’un de ses garants est l’église. Pour les hameaux éloignés, trois chapelles permettent de garantir cet « esprit de clocher ». C’est au XVème siècle qu’une première chapelle est édifiée, suite à un long cheminement : des habitants reconnaissent le potentiel agricole de Châtel et décident de s’y installer. L’église paroissiale était trop loin et la rudesse de l’hiver rendait les trajets difficiles et dangereux. Le sanctuaire sera dédié à saint Jean-Baptiste, saint Laurent et saint Théodule. Ce dernier, résolument plus « local » est en fait le premier évêque du Valais et patron de nombreux édifices alpins. En 1643, une pétition est présentée pour l’émancipation de Châtel : la communauté est assez importante pour être autonome. Ce sera chose faite le 2 juillet 1645. La chapelle, devenant une église à part entière, doit être agrandie. Les travaux auront lieu en 1662 avec la construction d’une église en contrebas de la chapelle primitive, par la suite démolie. Le nouveau monument est caractérisé par son clocher porche surmonté d’un bulbe, d’une simple nef et d’une sacristie à la droite du chœur. Le clocher ne dérogera pas à la règle et sera rasé à la Révolution. Bien que reconstruit en 1805, l’église n’allait pas être éternelle : en 1848 déjà, elle est jugée comme trop étroite pour la communauté. Ce n’est qu’en 1899 que le conseil de Fabrique dépose une requête auprès du conseil municipal pour l’édification d’une nouvel édifice plus grand dans le style néogothique. Il sera bâti entre 1906 et 1908, alors que la nef de l’ancienne église est conservée pour continuer de recevoir les offices. Le chantier est confié à l’entreprise Alloin et Barraud sous la houlette de l’architecte départemental Fleury Raillon. Le bâtiment est construit dans l’axe Nord-Sud à cause de l’instabilité du terrain et repose sur des pilotis. En 1909, le chanoine Gay bénit la fin des travaux avant une démolition de l’ancien sanctuaire deux ans plus tard. Le 27 novembre 1922, Mgr Florent Du-Bois-de-la-Villerabel, évêque d’Annecy, consacre enfin l’édifice. Dès lors s’installe une chronique faite de petits événements : on note l’installation d’une chaufferie en 1935 puis un départ d’incendie deux ans plus tard. La cause de ce dernier n’a jamais été trouvée. Le clocher est rénové en 1976 puis tout le bâtiment entre 1984 et 1986. Le parvis actuel et ses belles marches ont été repensés pour le Jubilé de l’an 2000. Enfin, en 2007, le chemin de croix et le plancher sont rénovés. Avant de refermer ce paragraphe, ajoutons que l’édifice possède un orgue hérité de l’ancienne église. Construit par le facteur Carlen en 1820, il fut agrandi par cette même maison en 1884 et transféré par Charles Bildé en 1908. Il sera restauré par la maison Silbermann de Thonon-les-Bains en 1996. Il se compose d’un clavier et d’un pédalier pour un total de 12 jeux.

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Le clocher de Châtel pourrait être presque caractérisé comme Suisse : rempli à ras bord ! Ce ne sont pas moins de 13 cloches qui sont dissimulées derrière les abat-sons. Là aussi, un véritable chemin à été réalisé : on ne parle, au début, d’une seule cloche fondue en 1634 pour la chapelle primitive. C’est la seule information issue de la sonnerie prérévolutionnaire. En 1802, l’un des deux fils de Jean-Daniel Dreffet de Genève réalise une cloche vouée à saint Laurent et à la Vierge Marie. Le 22 mai 1828, la paroisse se réunit pour la bénédiction de « Marie-Claudine », troisième cloche. Signée « Baudy », ce nom n’est pas si inconnu dans notre région : ce même fondeur a signé en 1830 la petite cloche de l’église de Draillant. Natif de Marseille, il semble s’être établit un temps sur la commune de Pers-Jussy. Cette cloche de bonne facture sonore, certes, possède pourtant des décors laissant à désirer : la moitié des mots ont disparus et ont été gravés par la suite et ses décors sont identifiables grâce à leurs silhouettes.
En 1920, le clocher s’apprêtait à recevoir de nouvelles cloches. On raconte que celle de 1634 était fêlée. La guerre, encore ancrée dans bien des mémoires, donne envie aux élus de créer une grosse cloche de 1’500 kilos qui rendra hommage aux combattants défunts. De nombreuses discussions sont entreprises avec la fonderie Paccard. Elles donneront naissance à quatre nouveaux airains : tout d’abord, « Marie » le 18 octobre. Le 11 novembre -coïncidence ?- sont fondues trois autres cloches : « Jeanne-Françoise », « saint Laurent » et « sainte Jeanne d’Arc », la plus grosse. Finalement, cette dernière ne portera qu’une mention aux valeureux soldats pleurés à cette période. Un monument aux morts plus « classique » sera construit dans l’église. Le premier carillon de Châtel est né : il porte six cloches. Un clavier était installé à cet effet, un étage plus bas. Sur les six, seule la cloche « Marie » ne pouvait pas être mise en volée et la plus petite n’était pas sonnée à la volée. La grosse cloche était actionnée aux offices, la seconde pour l’angélus et la troisième pour le tocsin. Pour les sépultures, on sonnait simultanément les quatre plus importantes. En 1966, les quatre premières cloches sont électrifiées pour la volée, et toutes pouvaient carillonner avec des marteaux électriques. Adrien Girardoz, le sonneur et carillonneur, se met donc à la retraite. Ce fut le premier et le seul puisqu’il est entré en fonction en 1922. Le 20 octobre 2002, Châtel vit une célébration importante : la bénédiction par l’abbé Jean Grillet de sept nouvelles cloches pour compléter l’instrument. Dès lors, voici 13 cloches qui rythment la vie des chatellans. Si a l’origine, l’église jouait des airs variés au fil de la journée, sa programmation a été révisée suite à l’installation du carillon « Frontière » face à elle. Elle se contentera désormais de jouer des airs religieux, et l' »Ars Sonora » des airs profanes à des horaires différents.

Nom

Fondeur

Année

Diamètre (cm)

Masse (kg)

Note

1

Ste Jeanne d’Arc

Les Fils de G. Paccard

1922

139.9

1544

Ré 3

2

St Laurent

Les Fils de G. Paccard

1922

101.5

679

Sol 3

3

St Laurent & Ste Vierge

Dreffet Fils

1802

91.2

450

La 3

4

Marie Claudine

Baudy

1828

79.9

300

Si 3

5

Marie

Les Fils de G. Paccard

1922

73.8

242

Do 4

6

 

Paccard

2002

71.5

225

Do♯4

7

Jeanne Françoise

Les Fils de G. Paccard

1922

66.5

193

Ré 4

8

 

Paccard

2002

60.3

145

Mi 4

9

 

Paccard

2002

56

110

Fa 4

10

 

Paccard

2002

53

100

Fa♯4

11

 

Paccard

2002

49.5

80

Sol 4

12

 

Paccard

2002

44

55

La 4

13

 

Paccard

2002

39

45

Si 4

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Mes remerciements à : 
M. Nicolas Rubin, maire de Châtel, pour son aimable invitation.
Mme Morgane Hay, responsable du service culture et patrimoine de la mairie.
Mon ami Claude-Michaël Mevs dit « Quasimodo« , pour son amitié et son aide précieuse.

Sources & Liens :
« Il était une fois… l’église Saint-Laurent, Châtel », 2008 – C. Payot & E. Dresco
Etudes des églises de Châtel – Ministère de la Culture – Base Palissy
Inventaire personnel
Clichés personnels
Châtel
Mairie de Châtel
Eglise de Châtel

Verrens-Arvey – Eglise Saint-Laurent

A quelques kilomètres de l’Abbaye de Tamié et de la cité olympique d’Albertville, lieux emblématiques de la Savoie, se trouve le village de Verrens-Arvey. Il est situé sur les hauteurs de la Combe de Savoie, vallée creusée par la rivière Isère. Au nord du territoire de la commune naît la rivière Chéran qui alimente une partie des Bauges et le sud de la Haute-Savoie avant de rejoindre, plus loin, le Rhône. A ce même endroit se trouve une infime partie de la réserve nationale de chasse des Bauges. Sur un autre versant du Parc du Mouton, montagne culminant à 1859 mètres, naissent d’autres rivières au débit plus restreint qui traverseront la commune avant de rejoindre l’Isère. Verrens-Arvey se compose de nombreux hameaux blottis entre les actuelles communes de Cléry et de Plancherine.

L’église, placée sous le patronage de saint Laurent, diacre et martyr, se situe côté Verrens. Il est permis de supposer qu’au VIIème siècle, une chapelle se trouvait au centre du domaine qui appartenait jadis à un « Verrinus ». Il semble aussi que ce lieu de culte ait été remanié au fil du temps. D’abord desservi par un prêtre séculier, le sanctuaire a été sous la responsabilité des moines établis à Cléry entre 1171 et 1264. Au XIVème siècle, une statue de la Vierge intègre le bâtiment. Au XVIIème siècle, l’archevêque de Tarentaise visite l’église et indique plusieurs réparations à faire. Celles-ci ne seront appliquées qu’en 1719 : en témoigne une inscription dans une pierre du clocher, à 12 mètres de haut. C’est grâce au curé de l’époque, plein de zèle, qui a permis de doubler l’église en largeur en lui donnant trois nefs, un chœur digne et quatre chapelles latérales. Le clocher est surélevé depuis cette inscription alors que sa base daterait du XIIIème siècle. Malmenée à la Révolution Française, ce n’est qu’à la fin du XIXème siècle que l’église retrouve de sa superbe. Si les archevêques de Chambéry l’ont répété durant tout le siècle, il aura fallu 40 ans aux curés de Verrens pour convaincre les paroissiens : le curé Béranger lança l’idée en 1858, à son arrivée. En 1878, l’abbé Bergeret, son successeur, relance le projet. Les quelques deniers amassés seront d’abord consacrés au clocher et au mur du cimetière. Pour continuer son œuvre, il a essayé de réquisitionner l’Etat. Problème : il était connu pour son opposition à la IIIème République : il avait fait flotter au clocher le « drap des morts » en opposition au drapeau français ! C’est finalement les moines de la Grande Chartreuse qui accepteront de financer les réparations de l’église de Verrens : les travaux ne commenceront qu’en 1896. Une plaque dans l’église rappelle les travaux avec la date de 1898. Les autels actuels, eux, datent de 1899 et ont été offerts par des pieux paroissiens.

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Il y a la cloche des heures, celle de messes, celle des angélus et celle du tocsin : soit quatre cloches. Pour le glas, on mêle les sons des trois premières. La quatrième pourra les rejoindre lors de carillons festifs. En effet, lors de l’électrification en 1951, elle a gardé son bras de volée et sa corde, probablement pour reprendre du service dans de sinistres occasions à grands renforts d’huile de coude.
Si les quatre cloches actuelles ont été fondues entre 1797 et 1894, nous ne savons hélas très peu de choses sur la sonnerie d’avant la Révolution. Un récit sur la Terreur nous donne une image de la sonnerie : 3 cloches. La plus grosse pesait 18 quintaux et les deux petites ensemble 4 quintaux et demi. Ces deux dernières ont hélas été emportées par les Révolutionnaires. La plus grosse est d’abord restée au clocher avant d’être descendue à son tour. Déposée dans l’église, dont le mobilier a été vidé, les Révolutionnaires ont tenté de la casser. Elle ne sera finalement qu’ébréchée. Dans la nuit qui précède son départ à Chambéry, des villageois ont forcé la porte du sanctuaire meurtri pour la cacher : elle sera enterrée dans un champ en 1794. En 1797, Jean-Baptiste Pitton réalise la plus grosse cloche qui est encore en place. Elle semble être rejointe en 1804 par sa sœur, déterrée du champ qui la protégeait. En 1829, le clocher est reconstruit pour retrouver son apparence originale. Le beffroi sera également retravaillé. Il portait à l’époque trois cloches : sans doute celle de 1797, l’ancienne grosse cloche et une troisième, déjà cassée avant la Révolution. Pourquoi elle n’a pas fait partie du voyage ? En tout cas, cela signifie que la sonnerie de l’Ancien Régime se composait en fait de quatre cloches ! En 1835, les frères Claude et Jean-Pierre Paccard fondent les deux petites cloches, probablement pour remplacer la cloche fêlée avant la Révolution tout en redonnant au village une sonnerie à quatre voix. En 1894 enfin, une nouvelle cloche est fondue… ou plutôt refondue ! En effet, il est certain qu’elle remplace sa sœur miraculée de la Révolution Française. C’est d’ailleurs la seule cloche qui porte un nom : Joséphine Georgine, en hommage à ses donateurs. 

Nom

Fondeur

Année

Diamètre (cm)

Masse (kg)

Note

1

 

JB Pitton

1797

117.8

980

Fa 3

2

Joséphine Georgine

G&F Paccard

1894

101.2

600

Sol 3

3

 

C&JP Paccard

1835

92.9

475

La 3

4

 

C&JP Paccard

1835

82.4

350

Si 3

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Je remercie chaleureusement :
M. Christian Raucaz, maire de Verrens-Arvey, pour son aimable autorisation.
Mme Josette Fraix, en charge de l’église, pour l’ouverture du clocher.
M. Pierre Dubourgeat, conseiller municipal de Montailleur, qui a attiré mon attention sur cette église.
Mes amis Aurélien Surugues et Loris Rabier « Les Cloches Mauriennaises » pour leur aide précieuse. 

 

Sources & Liens :
Mairie de Verrens-Arvey
Eglise de Verrens – Arnaud Fraix, ancien Maire.
L’Église et la Paroisse avant la Révolution – Chanoine P. BURGAT

Verrens-Arvey
Fonds privés
Clichés personnels

Saint-Etienne-de-Cuines – Eglise Saint-Etienne

A l’est du massif de Belledonne, montagnes entre Isère et Savoie, Saint-Etienne-de-Cuines est un village de Maurienne situé dans une vaste plaine, dite « de Cuines », où se sont développés depuis fort longtemps de nombreuses communautés. Lors de ma visite à Sainte-Marie-de-Cuines, village voisin, je vous ai présenté les prémices des deux communes. Pour rappel, la paroisse de Sainte-Marie remonte au XIème siècle et est légèrement antérieure à celle de Saint-Etienne. Essentiellement agricole, cette dernière connaitra un véritable essor grâce à la transformation d’un moulin en fabrique de pâtes alimentaires : « Les pâtes La Lune » de renommée internationale. Pourtant, quelques années auparavant, la commune était encore dans l’ombre : les voies de communication passaient de l’autre côté de la rivière Arc et il était compliqué pour ses habitants de la rejoindre. 

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L’église Saint-Etienne semble ancienne : la paroisse est citée pour la première fois en 1129. On sait aussi que Guillaume de Montmayeur, propriétaire du Châtelet et de la Tour forte de Gruyères, emblématiques bâtiments de la commune, avait fondé une chapelle Notre-Dame de Pitié dans l’église qui abritera ensuite sa sépulture. A la fin du XVIème siècle, le sanctuaire est mis à mal lors de l’occupation de la Maurienne. C’est à ce moment là qu’elle perdit ses reliques. Nous perdons ensuite de vue l’histoire religieuse de la commune. On peut imaginer aisément que l’église a été reconstruite au XVIIème siècle avant d’être à nouveau ruinée à la Révolution. Les suppositions laissent place aux faits en 1845 : l’église est partiellement reconstruite car jugée exiguë et délabrée. Mais en 1858, un glissement de terrain fragilise déjà l’édifice qui retrouve plusieurs de ses murs fissurés. Le retable principal représente saint Etienne, patron de la paroisse, sous les traits des frères Gilardi qui l’ont confectionné en 1863-1864. Les deux chapelles latérales sont dédiées à Notre-Dame du Rosaire pour l’une, et saints Antoine pour l’autre : saint Antoine l’Abbé et saint Antoine de Padoue. La façade de l’église a été restaurée en 1959.

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Le clocher, installé près du chœur, est surmonté d’une timide flèche, qui remplace depuis 1952 un toit demi-bulbe. Au dernier niveau, un beffroi en bois permet à quatre cloches de sonner : elles sont disposées chacune dans une fenêtre de la tour. Côté nord, une cloche va retenir notre attention : elle porte sur son flanc la date suivante : M V LX. Il faut très certainement comprendre 1560, eu égards aux caractères gothiques. Elle semble avoir survécu à l’occupation de la Maurienne qui eut lieu quelques années après. Quoi qu’il arrive, elle a certainement été fondue pour cette paroisse : elle est vouée à saint Etienne, patron, tout en portant les effigies de saint Antoine (aussi présent dans l’église), saint Jean-Baptiste, les saints Pierre et Paul, sans oublier la Vierge et le Christ. Elle porte aussi une inscription « Salvaterre », comme beaucoup de cloches de la même époque. Ses trois sœurs sont plus récentes et leur fonte s’étale sur presque deux siècles : en 1805, les Gautier et Vallier, originaire de Briançon, réalisent la petite cloche dédiée à saint Joseph. Peut-être qu’au lendemain de la Révolution, ce n’était pas la seule venue aux côtés de la cloche historique. En 1872, les frères Paccard confectionnent la plus grosse cloche, caractérisés par ses décors soignés. Elle est vouée à la Vierge Immaculée, saint Etienne et saint Joseph. Enfin, en 1988, la fonderie Paccard réalise la cloche numéro deux, également dédiée à saint Etienne. Il est presque évident qu’elle en remplace une plus ancienne, en témoignent l’ancienneté du beffroi et les traces d’anciens paliers dans sa travée. Les oreilles les plus sensibles pourront peut-être s’étonner de la ligne nominale atypique : on remarque volontiers que la cloche historique hésite entre le do dièse et le ré, hésitation amplifiée par ses harmoniques caractéristiques des anciennes cloches. Il convient aussi de préciser que l’ajout de nouvelles cloches au compte goutte n’a pas arrangé la situation.

Nom

Fondeur

Année

Diamètre (cm)

Masse (kg)

Note

1

Vierge Immaculée, St Joseph, St Etienne

Frères Paccard

1872

85.4

350

Si♭3

2

St Etienne

Paccard

1988

75.8

275

Do 4

3

St Etienne

inconnu

1560

68.2

200

Ré♭4

4

St Joseph

Vallier & Gautier

1805

55.4

90

Fa♭4

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Je remercie chaleureusement :

  • M. Dominique Lazzaro, maire, pour son aimable autorisation.
  • M. Monique Emin, ancienne élue, pour son accueil et sa disponibilité.
  • Mon ami Loris Rabier « Les Cloches Mauriennaises » , habitant la commune, pour son aide.
  • Mon ami Aurélien Surugues, de Dijon, pour son aide.

Sources & Liens :

 

En étroite collaboration avec la page instagram « Les Cloches Mauriennaises » 

Nâves-Parmelan – Eglise Saint-Eugend

A seulement un jet de pierres de la ville d’Annecy, Nâves-Parmelan est un village d’un milliers d’âmes. Il offre un lieu de vie calme avec, cerise sur le gâteau, un panorama sur la préfecture haut-savoyarde et son célèbre lac ! La commune est délimitée au sud par le Fier, rivière qui descend des Aravis avant de rejoindre, plus loin, le Rhône. Au nord, le Mont Lachat et les Pierres des Trois Croix marquent également ses limites. Légèrement plus loin trône le Parmelan, montagne de référence pour tout annécien. S’il prête son nom à la commune, c’est en raison de sa majesté qui, chaque matin, met le Mont Lachat dans l’ombre. C’est également une homonymie avec de nombreux hameaux de la région et une commune savoyarde que le conseil municipal eut à cœur, en 1935, de faire référence à ce sommet des Aravis. 

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L’actuelle église de Nâves est dédié à saint Eugend, vocable rare dans nos contrées. Pourtant, on ne parle pas là d’un saint de l’autre bout du globe : on parle d’un enfant, entré très jeune à l’Abbaye de Saint-Claude, dans le Jura. Celui qui choisit de dédier la vie à la prière, sera élu quatrième abbé de cette même abbaye et sa sainteté fut telle que la commune prit d’abord son nom, orthographié « Saint-Oyend », avant de préférer « Saint-Claude ». L’église de Nâves remplit les caractéristiques typiques d’une églises du XIXème siècle avec sa silhouette néogothique. Elle remplace une ancienne église, bâtie au centre du cimetière actuel. Alors que la Savoie devenait française, le premier maire de la commune lance un appel aux dirigeants : cette église et son village sont en ruines ! On ne sait pas trop la suite des événements, si ce n’est que le 10 juin 1872, la nouvelle église, celle que nous connaissons, est consacrée par l’évêque d’Annecy. 

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Sous la flèche du clocher, deux cloches rythment inlassablement la vie du village. Fondues en 1960, elles n’ont voyagé que sur quelques kilomètres : elles proviennent des fours de la fonderie Paccard alors installés à Annecy-le-Vieux, juste de l’autre côté du Fier. Leur fonte n’a malheureusement pas été désirée : le clocher a été la victime collatérale d’un incendie. La faute à une femme dénommée Alphonsine Ballansat. Réputée instable, elle répétait souvent à tout le village qu’un jour, elle mettrait le feu au clocher. Tout le monde en rigolait. Jusqu’à ce jour, en 1959, où elle mit le feu à sa grange, à seulement quelques mètres de celui-ci. Le vent présent ce jour là emportait les braises jusqu’à la flèche du clocher qui se mit à se consumer, à son tour. Pour le village, une heure sombre se vivait. Le curé était là, au pied de la tour, les mains jointes : il priait. A un moment, les deux cloches tombent dans un fracas : elles sont perdues à tout jamais. L’une datait de 1691 et portait le joli nom de « Bonaventure ». Elle était classée depuis 1943. L’autre cloche, un peu plus grosse, datait probablement du XIXème siècle. 
Le drame aurait pu avoir une plus grande ampleur car l’église n’a pas été touchée. Mais la perte aurait pu être plus grande si Charvonnex ne se serait pas mêlé d’un affaire de cloche. Quel est le rapport, me direz-vous ? A la Révolution, ou plutôt au lendemain de celle-ci, les cloches étaient rendues aux paroisses qui étaient désireuses de récupérer une cloche, si possible la leur. Voilà qu’une cloche de 1630 offerte par la Collégiale d’Annecy à Charvonnex est attribuée à Nâves ! Installée aux côtés de la cloche Bonaventure, elle est récupérée par ses propriétaires mis au courant de l’erreur. Nâves se retrouve alors privé d’une cloche, qui, heureusement, sonne toujours dans son clocher natal : Charvonnex.
Les deux cloches « Marie Cécile Clémence » et « Marie Françoise » prennent place dans la tour, reconstruite. Elles sont toutes deux marquées des noms du Pape régnant, Jean XXIII, aujourd’hui saint, et de l’évêque de l’époque, Mgr Auguste Cesbron. Elles portent aussi les noms du curé, l’Abbé Constant Orsat et du maire, Louis Paulme. On ne peut pas oublier leurs parrains et marraines respectifs : l’Abbé César Eminet et Nathalie Panisset pour la plus grande, dédiée à saint Eugend ; Mathieu Marie Moene et Françoise Bastard-Rosset pour la plus petite, dédiée à la Vierge et à saint François de Sales.

Nom

Diamètre (cm)

Masse (kg)

Note

1

Marie Cécile Clémence

94.8

550

La ♭ 3

2

Marie Françoise

76.1

275

Do 4

Fonderie Paccard – A. D. 1960

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Je remercie chaleureusement :

  • M. Christophe Poncet, maire, pour son aimable autorisation.
  • M. Gérard Eminet, maire-adjoint de la précédente mandature, pour l’organisation du rendez-vous.
  • Mme Monique Duret-Désert, sacristine, pour son accueil et ses anecdotes.

Sources & liens :
Mairie de Nâves-Parmelan
Nâves-Parmelan
Paroisse Saint-Marc du Parmelan
Mairie de Charvonnex
Clichés personnels
Fonds privés

La Giettaz – Eglise Saint-Pierre-aux-Liens

A la fois village typique et station de ski…
Au fond d’une vallée creusée par l’Arrondine, torrent parfois sévère, La Giettaz est un village de 400 habitants à l’année, chiffre qui peut tout à fait s’envoler, surtout en hiver. La station est en effet reliée à celle de Megève et à un jet de pierres d’autres domaines prestigieux comme par exemple la Clusaz, grâce au col des Aravis. Ce dernier, ouvert toute l’année, permet de rejoindre la Haute-Savoie. En suivant le fil de l’eau, il est possible de rejoindre la Combe de Savoie. La Giettaz ne se cantonne pas qu’aux sports d’hiver : les nombreuses montagnes qui l’entourent permettent aux randonneurs de découvrir le village autrement, ainsi qu’un pan tout entier des Aravis, grand massif se partageant les deux départements savoyards. 

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Une église intégralement reconstruite
Au cœur de la Giettaz, sur un léger replat, se trouvent l’église, la mairie, la poste, et l’école ainsi que quelques commerces. Si l’église date du milieu du XIXème siècle, la vie religieuse ne commence pas à cette époque mais au XIIème siècle : le prieuré de Megève assure les services religieux l’été à la Giettaz. En 1390, l’antipape Clément VII, un savoyard, autorise la Giettaz à bâtir sa propre église. Ils choisiront comme patron saint Pierre, apôtre et, selon la tradition, premier pape. Souvent remanié, l’édifice a été aussi malmené. Ce fut le cas à la Révolution. Alors que la paroisse peinait à panser les plaies d’une église jugée trop petite, décision est prise de la raser en 1846 pour en reconstruire une plus grande, au même emplacement. Le 21 juin 1851, l’édifice est consacré par l’évêque d’Annecy. Car la paroisse de la Giettaz ne dépend pas de l’archevêque de Chambéry, comme la (presque) totalité des paroisses du département, mais bien de son homologue haut-savoyard. L’édifice religieux est un bel exemple de l’art baroque tardif, en témoigne par exemple son bulbe, ajouté en 1852. A l’époque, en tout cas en Savoie, on ne construisait plus en utilisant cet art initié par saint François de Sales et sa contre-réforme. Par exemple, le retable baroque, daté de 1725, se trouvait dans l’ancienne église. Il a été adapté au sanctuaire actuel. Les fresques de la coupole et du chœur sont signée de Clément Giacobini. Notons qu’elles ont été restaurées avec gout en 1999 et 2004. Tout récemment, l’ensemble des façades de l’église ont été reprises, rajeunissant presque ce bâtiment séculaire.

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Une cloche pour l’an 2000
Nous somme le 21 octobre 1999. Le jeudi, à la fonderie Paccard, c’est jour de coulée. Dans le four, le bronze en fusion monte en température. Il se prépare à rejoindre les moules, fins prêts. L’un d’eux donnera naissance à « Aurore », cloche marquant le Jubilé de l’an 2000 à la Giettaz. D’un poids de 380 kilos, elle rendra hommage à tout ceux qui se sont cotisés pour elle, mais aussi à une ancienne cloche. Antérieure à la Révolution, celle-ci était fêlée depuis fort longtemps. En 1957, son bronze a été racheté par cette même fonderie pour financer l’électrification des trois autres cloches. Elle figurait parmi les quatre cloches en place en 1792 : les deux premières ont été descendues pour être emmenées à Sallanches par cinq giettois. Elles pesaient 500 et 231 livres. La troisième a été cachée dans un champ au lieu-dit l’Abbaye. La dernière, la fameuse cloche vendue en 1957, était « tolérée » au clocher pour sonner le tocsin et les assemblées. Difficile d’en savoir plus sur le patrimoine campanaire antérieur. Nous savons simplement qu’en 1670, le clocher est rénové une première fois, et avec lui le beffroi supportant les cloches. En 1774, une nouvelle campagne de restauration a lieu, mais simplement sur sa toiture. 
Dans le nouveau clocher, une première cloche est ajoutée par la fonderie Paccard en 1858. Elle répond simplement au nom de « Marie » et prie l’intercession de saint Pierre, patron de la paroisse. Elle rejoint donc ses deux aînées. 36 ans plus tard, on refond la seconde cloche, antérieure à la Révolution. Elle datait de 1780. Elle prendra le nom de « Anne » mais ses anciennes inscriptions figurent toujours sur la cloche, décorée avec soin. Face à elle, « Elisabeth » a quitté la fonderie en même temps qu’elle, redonnant ainsi au clocher de la Giettaz le même nombre de cloches que décrit avant la Révolution Française. 

Nom

Fondeurs

Année

Diamètre (cm)

Masse (kg)

Note

1

Marie

Frères Paccard

1858

125

1250

Mi 3

2

Anne

G&F Paccard

1894

107,8

760

Fa ♯ 3

3

Elisabeth

G&F Paccard

1894

96,5

530

Sol ♯ 3

4

Aurore

Fonderie Paccard

1999

84

380

La ♯ 3

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Je remercie chaleureusement :
Monsieur le maire Noël Bibollet, en fonction lors de ma visite, pour son aimable autorisation.
Monsieur Pradel, responsable des services techniques, pour son accueil.
Mon ami Claude-Michael Mevs dit « Quasimodo » pour l’aide apportée à l’inventaire des cloches.

 

Sources & Liens :
La Giettaz
Mairie de la Giettaz
La Giettaz et son patrimoine – Secrets de clocher
Fonds privés
Relevé personnel
Clichés personnels