Montailleur – Chapelle Saint-Michel

Il y a quelques années, je vous ai proposé de découvrir la sonnerie de l’église Saint-Maurice de Montailleur. Une sonnerie de quatre cloches dans un clocher rehaussé au XIXe siècle. Cet édifice religieux est installé sur une colline dominante les rives de l’Isère. Si le chef-lieu l’entoure, il y a un autre monument… ou plutôt groupes de monuments qui le dominent : les ruines du château et sa chapelle. Ces derniers sont blottis contre les Bauges sur la route du col des Sausses.

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Le château, du moins ses quelques ruines, remonterait au XIème siècle. La motte et ses ruines ainsi que la chapelle aurait fait partie intégrante d’un complexe défensif puis résidentiel à un point stratégique de la Combe de Savoie. On pense que primitivement, cette butte a été aménagée pour une tour en bois entourée de palissades. Au siècle suivant, Montailleur est cité dans le « pouillé de Saint-Hugues » comme appartenant au diocèse de Grenoble : le château et la chapelle y sont figurés. Un autre pouillé de 1497 fixe bien la chapelle comme liée au château et sous le patronage de l’archange Michel. La tour dont il ne reste que quelques pierres est une construction typique des XII-XIIIèmes siècles. Nous ne savons hélas pas les commendataires de l’ouvrage et ses premiers habitants. Nous savons qu’il à d’abord été aux seigneurs de la Chambre puis à la famille ducale de Savoie, en passant par les Poypon de Montailleur. Quoi qu’il en soit, le château aurait déjà été endommagé au début du XIVème siècle. A la Révolution, il est notifié qu’il n’en reste qu’une tour qui ne peut pas être démolie, par manques de moyens. En 1960, une partie de celle-ci s’effondre. Dès lors, la végétation gagne du terrain et la pousse lentement dans les entrailles de l’oubli collectif…

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La chapelle, située en contrebas, est régulièrement citée dans les visites pastorales de l’évêque de Grenoble dès le XIVème siècle. On y apprend qu’elle est régulièrement rénovée et que le rythme des offices était plus ou moins soutenu. De nombreux actes notariés font également état de recteurs généreux envers elle ou alors de donations pour son entretien et des réparations. Selon des archéologues, les murs de la chapelle actuelle seraient repris d’un ancien mur d’enceinte du château. Il est également possible que l’ancien sanctuaire était à un autre emplacement encore inconnu. Parmi les légendes autour du lieu ou encore quelques traditions, il était usage d’amener à la saint Michel (29 septembre) un sac de blé au curé, probablement en référence aux impôts reçus par le château jadis. Avec l’effondrement partiel de la tour, la chapelle devient oubliée, comme un dommage collatéral de ce malheureux incident. Alors, elle commence à se dégrader. Au début des années 2010, la municipalité reprend en main les lieux : nettoyage des abords, création d’un chemin pédestre et reconstruction intégrale de la charpente et de son clocheton. Aujourd’hui, les parachutistes de la région redonnent vie à la tradition de la saint Michel et s’y rendent pour s’y recueillir avant une célébration à l’église paroissiale qui fête son saint patron une semaine auparavant, saint Maurice d’Agaune.

Le modeste clocheton de la chapelle abrite une cloche fondue en 1863 par la fonderie de cloches Beauquis de Quintal. Cette modeste cloche est dédiée à Marie-Immaculée et donne la note mi 5. Cette cloche porte aussi comme autre inscription « J Favre » avec un médaillon, probablement le représentant. Cette cloche a été ajoutée au clocher lors de la restauration des années 2010 et son origine est inconnue. L’ancienne cloche, datée de 1984, a été hélas volée. Elle remplaçait une autre cloche plus ancienne, fêlée par une balle d’un fusil de chasse…

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Mes remerciements à mes amis Pierre Dubourgeat, conseiller municipal, pour l’accès au clocher et à Claude-Michael Mevs dit « Quasimodo » pour l’aide !

Sources & liens :
Mairie de Montailleur
Montailleur
Clichés personnels
Photos d’archives et de Pierre Dubourgeat
Dépliant sur la Motte et la chapelle Saint-Michel, Mairie de Montailleur, 2016 (réédition prévue)
Relevé personnel

Grésy-sur-Isère – Eglise Saint-Pierre-ès-Liens

Un village au cœur de la Combe de Savoie…
A mi-distance entre Albertville, porte des stations, et la « Porte de Savoie », Grésy-sur-Isère s’installe sur la rive droite de la rivière Isère. Plusieurs ruisseaux descendent tout droit des pentes de la Pointe des Arces, orientées plein sud, pour alimenter le lac communal creusé par d’anciennes carrières. Grâce à l’embouchure de l’Arc et de l’Isère, légèrement en aval de la commune, les pentes de l’ubac ne sont pas très élevées et le village bénéficie d’un excellent ensoleillement, même en hiver. C’est probablement pour cette raison qu’une occupation en ce lieu est très ancienne. Au néolithique déjà, l’homme bénéficie de ce cadre de vie fort convenable. De nombreuses preuves de vie et des témoignages de l’importance du bourg ont été retrouvées au fil du temps.

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Un village, deux églises… ou presque.
La première église de Grésy existe encore aujourd’hui. Bâtie à l’époque romane, elle remplace sans doutes un ancien édifice carolingien lui même construit sur l’emplacement d’un ancien temple romain. C’est en tout cas ce que les fouilles de la fin du siècle dernier ont montré. A cette même période, l’édifice roman a été comme ressuscité avec la création d’une charpente métallique pour représenter l’allure qu’à connu le lieu de culte. Plusieurs facteurs ont contribué à sa désacralisation en 1841 : la Révolution avait fragilisé l’édifice et la population grandissait à Grésy à tel point que le sanctuaire était bien trop petit et décentré du bourg. En 1830 déjà, le sujet était déjà sur toutes les bouches et le débat était là : reconstruire au même emplacement ou ailleurs ? Il a donc fallu une décennie pour statuer sur la vente de l’ancienne église et la construction d’une nouvelle. Plusieurs architectes savoyards ont été sollicité comme par exemple Ruphy, à l’origine de nombreuses églises du lieu. Mais c’est finalement Chiron qui sera retenu. Ce dernier aura l’audace de proposer une église certes néoclassique, conforme au courant de l’époque, mais avec une décoration intérieure entièrement peinte. Aujourd’hui, une association propose de restaurer cette église si singulière dans la région et fait appel à votre générosité (voir ci-après). En effet, les restaurations du XXe siècle -et plus particulièrement l’installation du chauffage à gaz- ont eu raison de la décoration unique de cet édifice construit entre 1839 et 1843, consacré en 1846 par Mgr Billiet, archevêque de Chambéry et futur cardinal.

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Deux cloches pour deux églises…
De l’ancienne église de Grésy, il reste la grande cloche de l’église actuelle. Elle est dédiée à la bienheureuse Marie et à saint Pierre, patron de la paroisse. Cette cloche a miraculeusement survécu à la Révolution Française et à la mise au banc de l’ancien sanctuaire, lui aussi placé sous la protection de l’apôtre Pierre. La piètre qualité de la date laisse une incertitude entre 1737 et 1757. Un document donne la réponse : il s’agit d’un acte paroissial du 19 août 1757 relatant la bénédiction de deux cloches, la première et la troisième par la pesanteur. Nous savons aussi que ces deux cloches remplacent deux anciennes, de 1532 et de 1640, et que la grande cloche a été alourdie de trois quintaux.
Le document ne disserte pas sur le fondeur des deux cloches, qui était jusque là inconnu. C’est en observant cette cloche de près qu’un détail saute à nos yeux : sur le bas de la cloche, une inscription semble limée… En jouant d’ombres et de lumières, nous parvenons tous à lire ceci « A GOUSSEL FOND… ». On peut donc là en conclure qu’un membre de la famille Goussel en soit le fondeur. Cette famille, originaires de Lorraine, ont sillonné les routes de l’actuelle France pour y réaliser de nombreuses cloches. On peut, par exemple, citer une cloche de presque deux tonnes pour la cathédrale de Chambéry en 1705 et une cloche en collaboration avec Jean-Baptiste Pitton à Féternes, en 1809. Avec la Révolution Industrielle, la famille installe ses fourneaux à Metz et prospérera jusqu’à la fin du XIXe siècle.
La petite cloche est résolument plus moderne et propre à l’édifice actuel. Baptisée en 1961 par Mgr de Bazelaire, archevêque de Chambéry, elle remplace une cloche plus ancienne. Cette refonte est le fruit de la générosité paroissiale.
Au début du XXe siècle, l’installation de la grande cloche est révisée. Un mouton en fonte remplace l’ancien joug en bois, encore déposé près de cette cloche. En 1961, la fée électricité n’a pourtant pas équipé la vielle cloche d’un moteur. Sa corde continue de descendre le long du clocher. Pourtant, un marteau de tintement lui permet de sonner les heures et de tinter lentement le glas lors d’une sépulture. La petite cloche, elle, dispose de son moteur de volée uniquement et permet de sonner les angélus et d’autres événements moins funestes. Peut-être qu’à l’avenir, nous pourrions réentendre les deux cloches chanter d’écho en écho, comme disait une chanson célèbre ?

Nom Fondeur Année Diamètre (cm) Masse
(kg)

Note

1

Ste Marie et St Pierre A. Goussel 1757 93,2 480 Sol♯3
2 Marie-Noël Paccard 1961 79,9 300

Si3

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Mes remerciements pour la visite du clocher et la sonnerie spéciale à la mairie de Grésy-sur-Isère et ses élus sous le mandat de M. François Gaudin, maire. Je remercie également pour l’accueil dans l’église à M. Elisabeth Léodice, présidente de l’association pour la sauvegarde des peintures de l’église de Grésy-sur-Isère et à quelques membres de son comité : Mme Evelyne Gervasoni et M. Jean-Claude Menjoz. Je ne saurais être exhaustif sans remercier M. Pierre Dubourgeat, président de l’écomusée et conseiller municipal de Montailleur pour la bonne organisation et Claude-Michaël « Quasimodo » Mevs accompagné de son aide précieuse quand il s’agit de rencontrer de belles cloches et autour d’un accueil plus qu’agréable !

Sources & liens :
Grésy-sur-Isère
Histoire de l’église
Association pour la Sauvegarde de l’Eglise de Grésy
Clichés personnels
Fonds privés
Relevé personnel


L’église de Grésy à besoin de vous ! Je cède la parole à l’association qui se mobilise pour cette remise en valeur :

L’église de Grésy-sur-Isère est le témoin d’une architecture religieuse caractéristique de la moitié du XIXème siècle. La « belle inconnue » -ainsi renommée par la guide du patrimoine chargée d’organiser les visites guidées- offre l’intérêt de n’avoir subi aucune transformation, ni restauration Relativement récent, puisque consacré en 1846, ‌cet édifice est resté dans « son jus ». Les murs sont entièrement recouverts de motifs floraux réalisés au pochoir comme l’imposaient la mode et les techniques de l’époque. Les plafonds sont entièrement décorés représentant les grands personnages de la Bible.
il est important de sauvegarder ce patrimoine – témoin de nos origines sardes. Les premiers travaux de restauration débuteront à la fin de l’année. Vous pouvez envoyer vos dons (déductibles) pour permettre à l’association de poursuivre son objectif.
Contact  04 79 37 36 05
Association pour la restauration de l’église de Grésy
29 place Pierre Bonnet   73460  Grésy-sur-Isère
renovationeglisegresy@gmail.com

Elisabeth Léodice, présidente

Marthod – Eglise Saint-Jean-Baptiste

C’est quasiment au cœur de la Savoie que ce périple m’a emmené. A mi chemin entre l’Italie et le reste de la France, de la Suisse et des Hautes-Alpes, se trouve la commune de Marthod. Son village se situe de part et d’autres de l’Arly, qui rejoindra dans quelques kilomètres la rivière Isère au sud d’Albertville, carrefour de la Savoie. Cette commune est délimitée à la fois par des cours d’eau (ruisseau du Creux, au sud) mais aussi par des massifs montagneux et des forêts. Son village s’organise sur le versant ouest de la vallée, légèrement décalé au sud, offrant tout de même un bel ensoleillement. La majeure partie des hameaux de la commune se trouvent sur la rive droite de l’Arly, car la situation naturelle donne comme un amphithéâtre, dominés par les alpages de l’Alpettaz, eux-mêmes dominés par la Dent de Cons, culminant à 2’064 mètres. Deux chapelles sont installés dans deux des nombreux hameaux de la commune : le Villard pour la première et au Sautplat pour la seconde. L’église occupe bien entendu une place de choix, sur un replat, légèrement en hauteur de la vallée.

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Cet édifice est dédié à la Nativité de saint Jean-Baptiste, fêté le 24 juin. Cette fête marquant la naissance de Jean, celui qui a baptisé Jésus dans le fleuve Jourdain, prouve l’ancienneté de la paroisse. En 1170, saint Pierre II de Tarentaise, archevêque du lieu, attribue la paroisse aux chanoines et en 1257 un acte fait état de chanoines réguliers de Saint-Augustin. En 1367, on parlera du « cloître de Marthod ». Le prieur deviendra par la suite un prieur commendataire et donc ne réside plus au Prieuré, mais il en perçoit tout de même les revenus. Il nomme alors un « vicaire perpétuel » pour le représenter ainsi qu’un second chanoine. Dès lors, l’archevêque fixe des revenus pour eux deux, entraînant des tensions entre le Chapitre cathédral, le « Chapitre local » de chanoines et la paroisse. Pour bien marquer la dépendance de Marthod à sa cathédrale de Moutiers, le vicaire perpétuel était tenu de recevoir dignement deux chanoines de la cathédrale « de manière digne », chaque 24 juin. Après ces anecdotes, revenons à l’histoire… De la première église, il ne reste presque rien, si ce n’est quelques mentions discrètes et un portail ! En effet, le portail roman de l’église actuel a été conservé de l’ancienne église, rasée au XVIIIe siècle pour construire la nouvelle. L’architecte s’est vu imposer de le conserver et de tourner l’église d’un quart de tour, pour que le chœur actuel ne se situe plus à l’Orient mais au nord. Il était dit de l’ancienne église qu’elle était trop petite et forte irrégulière. Terminée en 1772, elle est consacrée deux ans plus tard, le 14 juin 1774. Le maître-autel a été exécuté en 1782, mais il n’en reste rien, puisque la Révolution n’épargnera pas la région quelques années après. A peine consacré, voilà le lieu de culte déjà restauré entre 1817 et 1818 avec la conception de nouveaux maître-autels et une décoration soignée de la voûte.

La sacristie, qui constitue le premier niveau du clocher, comprend une date intéressante : 1596. Cela atteste l’ancienneté de ses fondations ! Pourtant, le clocher ne sera livré qu’en 1819. Pourquoi ? Car lors de la Révolution Française, le clocher n’était pas terminé. Il n’a donc pas été touché. En revanche, des anciennes cloches de l’église, nous n’avons aujourd’hui plus rien, si ce n’est quelques bribes d’histoire. Il est relaté qu’en 1707, Jean Arnaud, fondeur de cloches établi à Saint-Jean-de-Maurienne, est mandaté pour refondre la grosse cloche, cassée, et pour en réaliser une autre. Mais rien ne nous dit comment elles étaient accompagnés, et quel est leur sort final…
Mais la sonnerie actuelle n’est pas en reste. Les cloches ont été fondues après la livraison du clocher : entre 1822 et 1825. Elles portent toutes trois la signature de « Louis Gautier ». Si nous croisons régulièrement ce fondeur de cloches, il est plutôt rare de pouvoir admirer une sonnerie complète avec une cloche de presque deux tonnes ! De ce fondeur c’est probablement la plus grosse cloche. Alors qu’il me soit permis de raconter son histoire : Jean-Louis Gautier, dit Louis, naît en 1788 de Jean-François Gautier (1758-1830), lui même fondeur. La production de Louis semble commencer en 1807 alors qu’il co-signe avec son père une cloche pour la cathédrale de Gap. Par la suite, il a certainement quitté sa vallée natale de Briançon pour s’installer en Savoie. Il semble avoir réalisé deux grandes étapes : à Martigny (Suisse actuelle mais française, comme la Savoie à l’époque) au début des années 1810 avant de s’installer à Conflans, de manière plus durable. Bon nombre de ses cloches font en effet mention de Conflans ou de l’Hopîtal, ancien nom d’Albertville avant la fusion de ces deux bourgs longtemps rivaux. Sa production fut florissante car dans une période où les clochers se devaient de retrouver leurs sonneries d’antan, à cause d’une Révolution meurtrière. Il semble qu’une partie de sa production, en dent de scie, n’existe plus que dans les archives. Cependant il laisse une trace non négligeable de son travail pour l’arc alpin. Louis est mort subitement à 42 ans, sans avoir pu honorer tous ses contrats de fonte. Les archives de sa famille indiquent que sa veuve Antoinette, née Bompard, prend le relais avec la famille Vallier, longtemps associés à la famille Gautier. En Savoie, l’aventure prend fin une fois les contrats honorés. Mais elle continuera encore quelques décennies dans les Hautes-Alpes, avec, par exemple, son demi-frère Vincent. Il a entre autres réalisé la sonnerie de la collégiale de Briançon dans les années 1860…

Doyenne de la sonnerie, la seconde cloche de Marthod porte la date de 1822 et une inscription latine invoquant à la cloche un pouvoir divin : éloigner les tempêtes et protéger Marthod de la foudre. S’en suit son parrain, Michel Boëx et sa marraine, Marie Pignard. Sa signature indique qu’elle a été réalisée à Marthod. Les deux autres cloches, fondues à Albertville (ex Hôpital), datent de 1825. La grande cloche a pour parrain le curé François Rey et pour marraine Joachine Pépin, née Ferrier. Une autre inscription figure sur celle-ci, mais des défauts de coulée empêchent de la lire. La plus petite cloche a pour parrain le Rd Lavorel et pour marraine Philiberte Françoise Pépin née Chaffarod. Elles citent encore le syndic (maire) : M. Dunand Henry, et son adjoint M. Avriller. Les musiciens les plus avertis noteront également une ligne nominale quelque peu faussée : do#, sol et la. Il est vrai que Louis Gautier n’a pas livrée la sonnerie la plus mélodieuse de sa carrière, mais rien n’empêche de trouver un caractère à la fois rustique et baroque à cette belle sonnerie, avec certainement la plus grande pièce de sa courte carrière !

Fondeur Année Diamètre
(cm)
Masse
(kg)
Note

1

Louis Gautier 1825 141,7 1700 Do♯3
2 Louis Gautier 1822 102 620

Sol3

3 Louis Gautier 1825 88,7 400

La3

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Mes remerciements à M. Frank Roubeau, maire, et à sa première adjointe, Mme Virginie Vernaz pour les autorisations. Je remercie également M. Jean-Louis Tétaz, sacristain, pour sa disponibilité. Il me convient également de remercier mon ami Pierre Dubourgeat, conseiller municipal de Montailleur pour la bonne organisation et Claude-Michael Mevs, dit « Quasimodo » pour sa précieuse et amicale collaboration !

Sources & Liens :
Marthod
Mairie de Marthod
« Les fondeurs de cloches Briançonnais », Jean Vallier, éditions du Fournel, 2007
« Histoires des Commues de la Savoie« , archives du département
Fonds privés
Dr Matthias Walter, expert-campanologue à Berne (CH-BE)
Clichés personnels

Entrevernes – Eglise Saints-Pierre-et-Paul

A quelques kilomètres de la ville d’Annecy et de son célèbre lac, il y a un village nommé Entrevernes. Celui-ci jouit d’une situation particulière aspirant au repos : il est dans un vallon, creusé par la rivière homonyme entre le Roc des Bœufs et le Taillefer, culminants respectivement à 1744 et 1661 mètres d’altitude, d’où le nom « Entrevernes ». La mairie, au cœur du vallon, est située à environ 820 mètres. De quoi laisser un répit intéressant pour les 217 habitants de la commune, pas si loin de l’agitation touristique dont bénéficie les villages situés autour du lac d’Annecy. Le paysage vaut néanmoins le détour. Il vous sera possible, depuis les hauteurs de la commune, d’apercevoir le fameux plan d’eau avec en arrière plan les montagnes des Aravis. Mais les sommets délimitant la commune ne sont pas en reste et vous proposent de nombreuses randonnées dans les Bauges : il vous sera alors possible de rejoindre les communes limitrophes… parfois même du département voisin !

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Si je viens d’aborder le sujet de la délimitation de la commune, c’est tout simplement parce que son existence est plutôt récente. En 1717, les hameaux du Bourgeal (Duingt) et d’Entrevernes (Lathuile) sont détachés de leur paroisses respectives et forment la nouvelle paroisse d’Entrevernes. En 1741, les hameaux seront détachés officiellement pour devenir une commune. La première église a d’ailleurs été construite dès l’érection de la paroisse. Des vestiges sont adossés à la façade de l’édifice actuel, construit entre 1825 et 1827 sur les plans de Thomas-Dominique Ruphy. Celui-ci offre une architecture en vogue à l’époque : le néoclassique sarde. Son plan est très simple : une nef, avec en biais deux autels latéraux en plus du maître autel. La croix est formée par la sacristie d’une part et le clocher d’autre part du chœur.

Le clocher, parlons-en ! Celui-ci s’élance fièrement sur la rive gauche du ruisseau d’Entrevernes, adossé à la fois à l’église et à la mairie. Il est couronné d’un dôme lui-même surmonté d’un clocheton élégant. Le dernier étage de maçonnerie et ses deux cadrans d’horloges (dirigés vers l’amont et l’aval de la vallée, où s’organise le village) possède deux cloches. Respectivement fondues en 1888 et 1898 par Georges & Francisque Paccard, installés à Annecy-le-Vieux dans une fonderie en plein essor. Il me parait évident que des anciennes cloches se tenaient là, dès 1717. Mais ni l’histoire, ni les inscriptions des cloches actuelles les mentionnent. J’ai simplement été étonné de la taille des cloches au regard du village et du clocher. La grosse cloche, estimée à une tonne, rase les murs ! Les inscriptions en relief reflètent sensiblement le climat politique actuel, proche de la séparation de l’Eglise et de l’Etat. Les cloches possèdent à la fois des inscriptions religieuses mais aussi la liste des conseillers municipaux en place. On fera même état de la « commune d’Entrevernes » sur la grosse cloche, alors qu’on parlait encore de « paroisse » quelques années auparavant. Sur cette même cloche, on peut ainsi lire « Je suis la Voix de Dieu » et son usage : accompagner les habitants de la naissance à la mort tout en « chassant les tempêtes ». La petite cloche invite à la Charité. Elle doit son existence à son parrain et à sa marraine alors que sans grande sœur est le fruit d’une souscription dans le village, complétée par un don du curé de Giez, lui-même natif d’Entrevernes : le Rd Viannet.

Nom Année Diamètre (cm) Masse (kg) Note

1

Jeanne Joséphine 1898 117,5 950 Mi 3
2 « Charité » 1888 97 515

Sol # 3

Georges et Francisque Paccard fondeurs à Annecy-le-Vieux

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Mes remerciements à M. Philippe Monmont, maire, et à son deuxième adjoint, M. Laurent Millet pour l’ouverture du clocher et les autorisations et surtout pour l’accueil très cordial. Je remercie également M. Sébastien Savoy, conseiller municipal de Saint-Eustache, village voisin, pour la bonne organisation de cette belle étape. Mention enfin à M. Philippe « Ashitaka13400 » Wathelet, de Marseille, pour l’aide à la réalisation de l’enregistrement audio-visuel.

Sources & Liens :
Entrevernes
Photos & relevé personnels
Fonds privés

Albertville – Eglise Notre-Dame-de-l’Assomption-et-Saint-Grat (Conflans)

Sous-préfecture de la Savoie et « carrefour des quatre vallées » (Val d’Arly, Beaufortain, Tarentaise et Combe de Savoie), Albertville est bien entendu réputée pour avoir accueilli du 8 au 23 février 1992 les XVIe Jeux Olympiques d’hiver. Après cet événement mondial que sont les Jeux Olympiques, la commune continue occasionnellement d’attirer les organisateurs d’événements, comme par exemple le Tour de France, avec une arrivée d’étape en 1998, un simple passage en 2013 ou encore un départ d’étape en 2016. Mais cette commune de presque 20’000 habitants est en réalité très jeune. Elle est née en 1835 lorsque le Roi de Sardaigne et Duc de Savoie Charles-Albert réunit l’Hôpital avec le bourg médiéval de Conflans, l’occasion pour le souverain de laisser son nom à cette toute nouvelle bourgade. En 1965, Saint-Sigismond vient étoffer la commune. Des grands noms de France sont aussi intimement associés à Albertville. Jean Moulin, chef de la Résistance, fut sous-préfet d’Albertville entre 1925 et 1930. La ville a également vu naître l’architecte Henry Bernard, le skieur champion olympique Jean-Luc Crétier ou le vidéaste Jérôme Jarre. L’ancien ministre Michel Barnier réalisa ses années lycéennes à Albertville.

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La cité médiévale de Conflans est installée à l’est d’Albertville. Elle domine toute la commune depuis les contreforts de la Pointe de la Grande Journée. L’église n’est bien entendu pas le seul joyau du lieu, autrefois occupé par un grand château puis une ville fortifiée. Conflans existe aujourd’hui comme un village dans la ville puisque l’esprit villageois est conservé sur le plan de l’urbanisme. Et bien entendu, le clocher est au centre… ou presque! Celui-ci domine cette petite bourgade. Elle est aujourd’hui couramment nommée par le vocable de « saint Grat » et parfois sous le nom de « Notre-Dame de l’Assomption ». Alors qui a tort et qui a raison ? Personne. Enfin, pas exactement : la patronne historique est bien la Vierge Marie. Mais l’église a reçu les reliques du saint-évêque d’Aoste ultérieurement et la paroisse de Conflans a été confié sous sa protection. Mais l’église a conservé son vocable historique. Il convient donc de citer ce double patronage (merci aux guides pour les explications!). La plus vielle mention d’une paroisse remonte à 1014, alors que nous étions en pleine fondation du Comté de Savoie. En 1632, l’église se voit détruite par un incendie puis réparée. Une nouvelle construction, à même la roche, eut lieu entre 1700 et 1720. L’église sera consacrée pendant les travaux, en 1716. La Révolution Française mit à mal le mobilier liturgique et le clocher. Après le Concordat, ce dernier est reconstruit à l’identique. Les retables seront réinstallés après la Restauration Sarde de 1815. En 1835, le sommet du clocher brûle. Il est reconstruit mais il ne respecte pas totalement l’allure des clochers bulbes traditionnels en se distinguant par une additions de détails. Enfin, un remaniement aura lieu vers 1850, expliquant sans doute le caractère néo-classique de la nef intérieure. Depuis 2018, le clocher et les retables latéraux connaissent une restauration d’envergure : l’accessibilité du premier et la couverture du bulbes ont été refait et les retables retrouveront dans les mois à venir leur éclat d’antan !

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Le clocher, comme indiqué précédemment est comparable à un phare sur un littoral car il est visible de tout Albertville et au-delà. En 1632, il ne résiste pas à l’incendie de l’église et de la cure. Il sera reconstruit sur la base que nous connaissons aujourd’hui. En 1761, on note que la tour est en péril et nécessite de grandes restaurations réalisées par M. Antoine Davignon. En 1793, elle est détruite sur l’ordre d’Ablitte, révolutionnaire. En 1804, elle est rebâtie avec les pierres de la tour Sarrasine. Le clocher ressemblait à celui de l‘église Saint-Maurice de Thônes, mais en plus élégant, selon les archives! Fin 1834, nous connaissons enfin l’existence de quatre cloches. La plus grosse, fêlée, est refondue et bénie le 24 février 1835. Nous n’avons aucune idée du fondeur, idem pour ses petites sœurs, plus âgées. Notons que dans les années 1810-1820, Jean-François et Louis Gautier, père et fils natifs de la vallée de la Clarée (Hautes-Alpes) ont élu domicile dans la cité. Ont-ils fondus une ou plusieurs cloches pour ce clocher ? Il est hélas impossible de le savoir. Le 13 avril, une erreur humaine condamne l’ancienne sonnerie qui sera alors la proie du feu. En lisant ces lignes, sans doutes vous avez l’image de la flèche de Notre-Dame de Paris qui tombe… Rassurez-vous, moi aussi en les écrivant ! Quoi qu’il en soit, la sonnerie renaît (et bien-sûr le clocher!) le 10 août 1835. Claude et Jean-Pierre Paccard sont mandatés pour réaliser une sonnerie de quatre cloches. Le bourdon, dédiée à l’Assomption de Marie, porte de nombreuses inscriptions latines. Elles citent la patronne de l’église, Notre-Dame de l’Assomption, a qui elle est vouée, mais aussi le Roi de Sardaigne et Duc de Savoie de l’époque, qui en est le parrain. Il avait déjà accordé ce privilège sur l’ancien bourdon, vite rendu muet. Trois autres cloches l’accompagnent et ont également pour parrains et marraines des nobles de la région : saint Joseph, saint Antoine et saint François de Sales. Cette dernière est la refonte d’une cloche de 1813. C’est le seul détail que les cloches souhaitent nous livrer sur leurs prédécesseurs.

Nom Diamètre (cm) Masse
(kg)
Note

1

Notre-Dame de l’Assomption, dite « Victoire » 149 ~1900

Do 3

2

Saint Joseph 119 ~1000 Mi 3
3 Saint Antoine 99 ~550

Sol 3

4 Saint François 79,2 ~250

Do 4

FAITE A QUINTAL PRES D ANNECY EN 1835 PAR LES FRERES CLAUDE ET JEAN-PIERRE PACCARD

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Pour mes visites de ce clocher, je remercie les services de la mairie d’Albertville : cabinet du maire, M. Burnier-Framboret. Le service communication et le service patrimoine, sous la direction de Laurence Millers.
Je remercie mes amis : Dr Matthias Walter, campanologue à Berne, Claude-Michael Mevs dit « Quasimodo », Aurélien Surugues, Dominique Fatton.

Sources :
Mairie Albertville
Documentations du Service Patrimoine
« Baptême des cloches de Conflans, 1835 » – Gadin M.V.
Matthias Walter, campanologue
Relevé personnel

Saint-Nicolas-la-Chapelle – Eglise Saint-François-de-Sales (Chaucisse)

C’est au cœur du Val d’Arly qu’est installé le village de Saint-Nicolas-la-Chapelle. Ses 430 habitants, répartis entre le chef-lieu et quelques hameaux, sont tous sur la rive droite de l’Arly qui rejoint l’Isère à Albertville. La commune est dépendante du diocèse d’Annecy, couvrant (presque) toute la Haute-Savoie. La commune partage avec Flumet une station de ski. Nous sommes d’ailleurs non loin des nombreuses stations du Mont-Blanc, proche des villes olympique d’Albertville et de Chamonix. De nombreux films ont été tournés en ces lieux. Nous citerons par exemple la Jeune Fille et les Loups. Le territoire étendu de la commune, situés entre le torrent du Flon et le nant de la Coufa offre de nombreuses randonnées contre le Massif des Trois Aiguilles, qui délimite les deux départements savoyards.

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Creusé par le Grand Nant, le Vallon de Chaucisse est situé à huit kilomètres du chef-lieu de la commune. Au XVIIIe siècle, les habitants, pauvres et usés de faire toute cette route régulièrement demandent au curé l’érection d’une nouvelle paroisse. La demande est refusée en 1775 par le Rd Crottet, curé de l’époque. En 1815 Joachin Dumax, natif du lieu, rentre de Paris laissant derrière lui une grande carrière de rentier et de cuisinier. Stupéfait par la pauvreté du lieu et par la fatigue des habitants, las de la route périlleuse qui mène au village en hiver, décide d’offrir sur ses deniers la construction d’une école et d’une chapelle, consacrée en 1818. En 1827, l’évêque d’Annecy reconnaît la grandeur des lieux et accepte l’érection d’une nouvelle paroisse, sous la protection de saint François de Sales, saint patron des diocèses d’Annecy et Chambéry. Le premier curé s’y installe le 12 août 1827. A l’intérieur, l’église possède un remarquable décors baroque, que je recommande à la visite. Il se compose d’un maître autel et de trois chapelles latérales. La dernière est dédiée à la Vierge et a été ajoutée bien après la construction de l’édifice, ce qui explique sa position sous la tribune. Cette dernière abrite un orgue classé. Pour la petite anecdote, c’est un évêque qui a pu l’amener sur sa charrette. A l’époque, la Savoie n’étant pas Française, il fallait passer la douane… c’est grâce à son rang ecclésiastique qu’aucun frais n’a été payé par la paroisse, car les douaniers n’ont pas fouillé les bagages de Monseigneur !
Depuis quelques années, l’église est propriété de la commune. Autrefois possession des habitants du lieu, c’est à eux que nous devons son entretien courant. La dernière étape était la façade et le toit, en 2011.

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C’est une sonnerie des plus intéressantes qui se loge dans le clocher à bulbe. Elle est le fruit de deux grandes familles de fondeurs de cloches : les Paccard et les Gautier. En 1820, pour la chapelle flambant neuve, les fondeurs Jean-François et Louis Gautier, natifs de Briançon et habitant de la cité de Conflans, sont mandatés par la municipalité pour la fonte de deux cloches : la première prendra le nom de « Joachine » en hommage au fondateur de la nouvelle paroisse, et l’autre cloche Marie-Françoise. Seule cette dernière existe encore aujourd’hui. Les archives mentionnent également la fonte d’une cloche livrée pour le 1er mai 1820 d’un poids de six quintaux, probablement « Joachine ». En 1829, une nouvelle cloche est fondue pour le clocher. En 1867, la paroisse offre par souscription au près des habitants de Chaucisse mais aussi des villageois expatriés une grosse cloche de plus de 900 kilos. Nommée « Alexandrine » par sa marraine, la cloche connut une arrivée épique. Depuis le Col des Aravis, « frontière » entre la Savoie et la Haute-Savoie, elle connut des passages parfois risqués pour rejoindre son village. Ensuite, un pont a été construit entre le clocher et la montagne pour que la cloche gagne le beffroi, son emplacement définitif. En 1885, la petite cloche fondue en 1829 et « Joachine » retournent à Annecy-le-Vieux, pour revenir plus belle encore et augmentée. On donnera à la petite cloche le nom de « Salésienne » en l’honneur du saint patron de la paroisse, rappelant le surnom de la plus grosse cloche du diocèse, à l’église Notre-Dame-de-Liesse d’Annecy. Notons la différence de poids entre ces deux cloches : 100 kilos à Chaucisse, 5100 à Annecy !
Aujourd’hui encore, les cloches sont sonnées à la corde. Elles annoncent les quelques messes annuelles mais aussi les décès dans le village, à toute volée. La grande cloche est équipée d’un marteau, reliée à une horloge Odobey Cadet. Il arrive parfois, lorsque le mouvement est régulièrement remonté, de l’entendre tinter les heures et demi. Rappelant que même en montagne, dans un vallon presque encaissé, l’église est encore au centre du village et marque le temps qui passe.

Nom Fondeur(s) Année Masse (kg) Diamètre (cm) Note
1 Alexandrine Frères Paccard 1867 950 118,7 Fa 3
2 Joachine G&F Paccard 1885 500 95,5 La ♭ 3
3 Marie-Françoise J-F & L Gautier 1820 200 69,5 4
4 La Salésienne G&F Paccard 1885 100 58,7 Mi 4

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 Mes remerciements à Mme Bonneville Françoise, ancienne adjointe au maire, pour le premier accès au clocher. Pour le second accès, j’adresse mes remerciements à M. Jean-Claude Brun, adjoint, pour l’accord et à M. Luc Dumas, ancien conseiller, pour l’accès au clocher.
Je remercie également toute la paroisse de Chaucisse pour les accueils toujours adorables, y compris en juin 2019 à l’occasion de la Journée du Patrimoine de Pays, ou nous avons pu parler des cloches et les sonner. A refaire !

Mention à mes amis qui ont su eux aussi s’accrocher aux cordes lors de mes visites, à savoir : Claude-Michael Mevs « Quasimodo« , Dominque Fatton « Valdom68« , Aurélien Surugues & Anthony Gerfaud, organiste-carillonneur de Megève.

Sources :
Relevé personnel
Fonds privés
Mairie de Saint-Nicolas-la-Chapelle
Paroisse Sainte-Anne en Val d’Arly

Yvoire – Eglise Saint-Pancrace

Au nord des Pays de Savoie, Yvoire se situe sur la rive Sud du Lac Léman, offrant un très beau balcon sur la Suisse voisine. Ce village jadis médiéval est propice au tourisme. Pour preuve, il a reçu une pluie de distinctions : il figure dans la liste des « plus beaux villages de France », il a été primé « village fleuri » avec quatre fleurs (plus haute distinction possible) et médaille d’argent du concours européen du fleurissement. Les « Yvoiriens » n’ont donc rien à envier au reste du monde, dirons-nous avec humour !

Au XIIe siècle, la position stratégique d’Yvoire fait qu’elle devient une seigneurie. Sa position stratégique lui vaut de nombreuses convoitises ! Le lieu a été maintes fois fortifié : deux portes permettaient d’accéder au village et son port était lui-aussi fortifié. Encore aujourd’hui, ce dernier est actif : Yvoire peut-être le point de départ de nombreuses destinations sur le Lac Léman. La famille d’Yvoire, première en place, laisse ensuite sa place aux De Compey, famille vassale des comtes de Genève. Ils se déclareront ensuite vassaux de la famille de Faucigny. La famille de Savoie se portera ensuite acquéreur du château et le fera restaurer. A la moitié du XIVe siècle, la seigneurie est inféodée par Antoine de Miolans d’Urtières. Puis une dizaines de familles se succéderont. Enfin, en 1615, la famille Bouvier obtient la seigneurie et possède encore le château aujourd’hui. Ils portent encore le titre de barons qu’ils ont obtenu entre temps.

L’église Saint-Pancrace élève son fier clocher blanc tel un phare sur le lac. Il est souvent cité parmi les clochers remarquables de la région. En 1250, l’église apparaît pour la première fois dans une bulle du Pape Innocent IV qui donne le lieu à l’Abbaye de Filly, non loin de là. A cette époque est bâtie une chapelle, dont les murs existent encore aujourd’hui. Au XVIe siècle, la nef est élevée, plate, comme les basiliques romaines. L’église sera souvent modifiée à cause de l’invasion Bernoise puis de la Révolution Française. En 1856, on ajoute le clocher que nous connaissons aujourd’hui. Avec lui, une travée est rajoutée agrandissant ainsi l’église paroissiale dédiée à Saint Pancrace, martyr à Rome au IIIe siècle. Le clocher sera restauré durant les années 1980 et l’église en 2014. Lors de cette dernière campagne, le mur extérieur de l’église a été dénudé pour montrer l’agrandissement de l’église du XIXe siècle.

Le célèbre clocher abrite deux cloches dans un beffroi en bois. Elles ont été fondues en 1851 par les frères Paccard de Quintal. Soit cinq ans avant la construction du clocher actuel. Est-ce que les cloches étaient a même le sol, sur un petit beffroi ? Est ce qu’un campanile existait avant ?
Lors de l’électrification, l’équipement des cloches a été entièrement révisé et les cloches, à l’origine en lancé-franc, ont été montées en rétrograde, sans doutes pour limiter les efforts. Cela n’empêche pas au clocher de sonner avec puissance. Encore aujourd’hui, elles sonnent les angélus, annoncent les décès, et sonnent les diverses célébrations à l’église. Elles portent des inscriptions simples : les parrains et marraines, membres de la famille Bouvier d’Yvoire, barons du lieu, le révédend Picus, curé, et Jean-François Thorens, à la tête du village a l’époque.

Diamètre (cm) Masse (kg) Note

1

116,7 ~950 Fa 3
2 92,5 ~450

La 3

Faite à Quintal près d’Annecy l’an 1851 par les frères Paccard

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Mes remerciements pour cette visite à M. Jean-François Kung, maire, pour son autorisation, et à M. Eric Thorens, des services techniques, pour son accueil exemplaire et son aide !

Sources & liens :
Yvoire
Eglise d’Yvoire
Paroisse d’Yvoire
Clichés personnels
Fonds privés

Ville-en-Sallaz – Eglise Saints-Pancrace-et-Sébastien

A bonne distance entre Chamonix, Annecy et Genève, Ville-en-Sallaz est une commune de l’ancienne province de Faucigny. Blottie contre le Massif des Brasses (1502 mètres) et fait face au Môle (1863 mètres). Le village s’organise autour de son église et de sa mairie, distantes de quelques mètres seulement. En contrebas, le village des Previères et sa chapelle, proche de la départementale, dominent le Lac du Môle que la commune se partage avec La Tour. Près de celui-ci subsistent les ruines de la maison forte de Thyez, dite aussi « de Sallaz », construit au début du XIIe siècle. Définitivement abandonné au XVIe siècle, il a même servi de carrière aux habitants pour leurs habitations ! Si, comme pour le village voisin, « Sallaz » correspond à la juridiction locale, deux hypothèses voient le jour sur le nom de « Ville ». La première consiste à faire le rapprochement avec le toponyme « Thyez » qui signifie « villa ou maison forte sur les eaux ». Il faut comprendre que la rivière Thy passe tout près des ruines et alimente aujourd’hui le lac qui est en fait artificiel. La seconde est plus personnelle car on sait que des villas romaines étaient construites ici. La dernière a été découverte en 2010 alors qu’un immeuble devait sortir de terre. Malheureusement elle n’a pas pu être conservée. Comme pour Ville-la-Grand, le nom attesterait de l’importance du lieu en période Romaine.

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L’église de Ville-en-Sallaz est dédiée aux saints Pancrace, « saint de glace » ; et Sébastien, troisième patron de Rome (après Pierre et Paul). Ils ont tous deux été martyrisés au début de l’ère chrétienne. L’édifice religieux est caractérisé par son bulbe typique de la région. Des anciens sanctuaires, nous ne savons hélas rien. Seulement que le 22 août 1608, saint François de Sales, alors évêque du diocèse, est en visite sur la paroisse. Il clôture l’octave de l’Assomption sur une prédication mariale et distribue des chapelets aux paroissiens. Ils étaient tellement venus en nombre qu’ils les aurait multipliés d’une manière miraculeuse. La chapelle des Prévières qui lui est dédié rappelle cet acte, ainsi qu’une plaque gravée sur le côté droit du porche de l’église, et frappée de son blason épiscopal. De l’autre côté de la porte, une plaque similaire nous raconte que le 28 juillet 1836, la première pierre est posée et bénie par le curé-archiprêtre de Notre-Dame d’Annecy, le père Claude-Marie Gavard. Etait-il natif de la paroisse ? Le 13 octobre 1837, Mgr Rey donne la Confirmation dans ce lieu, déjà terminé sous la direction de François Amoudruz. C’est le 14 mai 1852 que Mgr Rendu, successeur de Mgr Rey, consacre et dédie le lieu à saint Pancrace. Le 29 novembre 1936, Mgr Du Bois de la Villerabel consacre le nouveau maître-autel, dédié aux saints Pancrace et Sébastien. En 2008, l’église néoclassique sarde est rénovée.

Le modeste clocher est à droite du chœur. Ce bulbe dont les formes nous sont connues abrite des cloches pour le moins particulière. Elles ont été réalisées non pas en bronze… mais en acier ! Il est coutume dans la région de trouver une majorité de cloches Paccard, avec occasionnellement d’autres fondeurs, plus ou moins locaux. Il est d’autant plus étonnant de trouver des cloches en acier datées de 1867 alors que, cinq ans plus tôt, la célèbre fonderie d’Annecy livre trois cloches à l’église voisine de Viuz, d’une qualité remarquable ! La réponse est très simple : l’acier étant moins cher que le bronze, la fonderie d’Unieux fut alors retenue pour réaliser les deux cloches. Qu’il me soit alors permis de saisir l’occasion pour glisser quelques mots sur la fonderie d’Unieux : Jacob et Jean Holtzer, cousins et originaires d’Alsace, ont fondé aux alentours de Saint-Etienne plusieurs forges. En 1842, Jacob devient seul patron des forges. Il cherchera toujours à parfaire ses productions et commence à réaliser des cloches en 1857 en rachetant le brevet Meyer à la fonderie allemande Bochum, qui elle aussi réalise des cloches en acier moulé. La production annuelle de cloches est d’environ une centaine, mais il a arrosé la France entière. Jacob Holtzer décède en 1862 mais a été reprise par sa famille. La signature des cloches font mention de « Jacob Holtzer & cie. » et font aussi mention de leur « Médaille d’Or a l’Exposition Universelle de 1867 ».
Les deux cloches arborent également un Christ et une Vierge. Les décorations sont plutôt sobres. Par endroit, on remarque que la corrosion se fait petit à petit ressentir. Elles ont aussi des parrains et marraines ainsi que des noms : « Anna » pour la petite, « Mariæ Josephæ » pour la grande. En 1884, elles ont été au centre d’une grande querelle dans le diocèse. Le 5 avril, la promulgation d’une nouvelle loi permet au maire de la commune de disposer d’une clé du clocher de l’église. Fort de ce nouveau pouvoir, le maire demande que soient sonnées les obsèques d’un jeune suicidé. L’évêque du diocèse jette alors l’interdit sur la paroisse et impose que plus aucune sonnerie religieuse soit exécutée jusqu’à nouvel ordre. On ne sait pas combien de temps cette situation à durée. En juillet, le curé refuse l’ordre du maire de faire sonner les cloches à l’occasion de la Fête Nationale du 14 juillet. Aujourd’hui, les cloches sonnent normalement, les Angélus et les frappes horaires ainsi que baptêmes, mariages et sépultures sans oublier d’annoncer les offices !

Nom Diamètre (cm) Masse (kg) Note
1 Mariæ Josephæ 150,3 ~1400

Ré3

2

Anna 121,3 ~750 Sol3

Jacob Hotlzer & Cie 1867

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Mes remerciements à Mme Laurette Cheneval, maire de Ville-en-Sallaz pour son aimable autorisation et à M. Joseph Challamel, en charge de l’église pour l’accès au clocher et la sonnerie spéciale.

Sources & liens :
Ville-en-Sallaz
Mairie de VIlle-en-Sallaz
Fonds privés
« L’Etat et les Eglises : La question Laïque », X. Darcos, 2006, p.240-241
Me Pascal Krafft, campanologue à Ferette (68)
Fonds privés
Clichés personnels

Ayse – Eglise Saint-Pierre

Un coteau ensoleillé orienté plein sud, à proximité d’une des chefs-lieux de Haute-Savoie. Tellement bien exposées, blotties contre le Môle, que ses terres donnent vie à un des vignobles les plus appréciés de la région. Le village d’Ayse, fort de ses 2000 habitants, inspire la quiétude. Ses demeures sont dispersées sur tout un pan de montagne, parfois encerclées de vignobles. Si le vin (AOC) s’appelle « Ayze », c’est parce que la commune connait les deux orthographes : avec un « S » ou un « Z ». Officiellement, la commune s’écrit « Ayse ». L’écriture a bien varié avec le temps, comme dans bon nombre des communes françaises. Comme le village, le nom évolue.

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C’est au XIe siècle que semble apparaître la paroisse, dans une charte du Comte de Genève qui donne les terres au prieuré proche de Peillonnex. Au XIIIe siècle, le vignoble semble commencer à se développer. Les familles aussi : deux châteaux sortent de terre au XVe siècle. On notera ainsi les châteaux de la Motte et des Tours. Le premier existe encore et est à l’état de ruines. Le second a été reconstruit au XIXe siècle par l’avocat Pierre Blanc, prenant ainsi le surnom de Château Blanc.

L’église Saint-Pierre est au sommet de la commune, près du ruisseau de la Madeleine. Dédiée à l’apôtre Pierre, connu pour être le premier pape de l’Histoire chrétienne, le patron secondaire de l’église est saint Vincent, patron des vignerons, nombreux à l’époque ou Ayse comptait bien moins de 2000 habitants ! Ses origines sont floues. L’hypothèse d’une construction au XVIIe siècle est certaine.

Le clocher abrite aujourd’hui trois cloches. Ses murs en béton peuvent laisser entendre qu’il a été restauré au XXe siècle. Probablement en 1961. Nous y reviendrons. La plus grosse cloche porte la date de 1607. De facture inconnue, ses inscriptions prêtent louage à saint Pierre, à saint Paul et à saint Théodule, premier évêque du Valais (CH) particulièrement célébré ici. La cloche est également marquée du nom du Noble Claude Pobel, syndic et Seigneur d’Ayse. Cette inscription n’est pas sans rappeler une jumelle, également fondue en 1607 pour l’abbaye d’Entremont, et marqué du nom de Mgr Thomas Pobel, bonnevillois évêque et abbé d’Entremont. La cloche d’Ayse ne possède pas de signature et aucune similitude visuelle avec celle d’Entremont. Saura-t-on un jour le fondeur de cette cloche ? Dernier détail amusant : nous serions tentés de lire la date « 1507 ». Cependant, la baronnie des Pobel est élevée en 1580. Claude Pobel et sa femme, Gabrielle Vionnet, également citée sur la cloche, le sont aussi dans les archives jusqu’en 1617. On peut encore argumenter avec le style calligraphique de la cloche : l’écrire gothique n’est pas présente ici. En 1507, il aurait été impensable de ne pas livrer une cloche sans ses inscriptions, déjà désuètes en 1607. Si l’honorable cloche a traversé les âges, il n’en a pas été autant de ses petites… ou grandes sœurs ! En 1871, une commande est passé par la paroisse d’une grosse cloche aux frères Beauquis de Quintal. Cette cloche, pesant 1’107 kilos fêle après presque un siècle de bons et loyaux services. En 1961, elle est remplacée par deux cloches plus petites, bénies les jour de Pâques par Mgr Auguste Cesbron, évêque d’Annecy. Ces deux cloches arbore, outre le Pape régnant (saint Jean XXIII) et l’évêque, les noms du curé de la paroisse (père Paul Morel-Vulliez) et du maire (M. Justin Vuarchex). Les parrains et marraines des cloches représentaient la chorale paroissiale pour la plus grande, et l’action catholique pour l’autre. Permettez-moi de citer le représentant des parrains de la seconde : René Rosset, présent lors de ma venue ! Quelle émotion de visiter le clocher en compagnie d’une figure de ce village, élu pendant 55 ans (d’abord conseiller, puis adjoint avant d’en devenir le maire, de 2004 à 2008). Il a souhaité, à 90 ans, revoir une fois « sa » cloche, qui annonce encore fièrement les nouveaux baptisés. D’ailleurs, chaque cloche à son rôle : la moyenne sonne les angélus matin, midi et soir. La plus grande, elle, convoque à l’office divin. Les trois cloches sonnent ensemble pour les sépultures, comme il est coutume dans la région.

Nom / Vocation Fondeurs(s) Année Diamètre (cm) Masse (kg) Note
1 Sts Pierre & Paul inconnu 1607 93,9 500

Sol 3

2

Marie Immaculée Paccard 1961 87,5 400 La 3
3 Jeanne de Chantal Paccard 1961 77,3 275

Si 3

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Mes remerciements pour cette visite du clocher à la municipalité d’Ayse, sous le mandat de M. Mermin. Je remercie également M. Temil, adjoint au maire et le père Charles Bouvard, curé modérateur de l’ensemble paroissial, pour leur autorisation. J’adresse également ma reconnaissance au comité présent ce jour là. Outre le Maire honoraire René Rosset, étaient présents pour me recevoir : M. François Houillon, chargé de la relation mairie-paroisse ; M. Gilbert Pellier, président de l’association « Mémoire d’Ayse » ; Rémi Bouchet, chef de chœur ; Claude Gantin, célébrant des sépultures. Un beau moment autour des cloches et du bon vin local !

Sources & Liens :
Ayse
Paroisse d’Ayse
Mémoire d’Ayse, Gilbert Pellier
Fonds privés
Clichés personnels (sauf bénédiction cloches et photo de groupe : Gilbert Pellier)
Fonds privés

Douvaine – Eglise Saint-Loup

C’est au cœur du Chablais que nous poursuivons nos « enquêtes campanaires ». Après un bref arrêt en Lorraine pour les fêtes pascales, il est temps de revenir au bercail. Un clocher que je connais depuis mon enfance. Situé sur la route du Lac Léman, il me signifiait par beau temps une belle journée au bord de l’eau en famille. Mais ce n’est pas ces histoires là que je vais vous conter : plutôt celle de ce fameux clocher ! De plus, il abrite une des plus grosses cloches de la Province du Chablais. Depuis les années 1960, la population de la commune a été multiplié par six ! La faute à sa position, sans doute : traversé par un des axes majeurs du département, non loin de Genève, de son lac, et des stations de skis du Gavot. 

L’église de Douvaine est surprenante sur bien des points. Tout d’abord, parlons de son vocable : c’est une des seules églises de la région qui se voue à saint Loup, évêque de Troyes au Ve siècle et compagnon de saint Germain d’Auxerre. En entrant dans l’église par le clocher porche, on peut-être surpris par l’épaisseur des murs. Le clocher, quant à lui, est quasi millénaire ! Nous y reviendrons. La paroisse est en effet très ancienne : elle est citée en 1153 par Eugène III. Elle est tenue par l’abbaye Saint-Jean de Genève (elle même sous la juridiction de l’abbaye lyonnaise d’Ainay) et au XIIIe siècle un prieuré y est fondé. Un de ses prieurs sera mondialement connu : il s’agit du pape Jules II, à l’origine de la basilique vaticane actuelle. Vu l’époque (XV-XVIe siècle) il était prieur commanditaire uniquement. Avec la Réforme en 1536, l’église devient temple protestant. Le Prieuré, essoufflé par ces troubles, ne se relèvera pas : une paroisse sera rétablie à sa place à la fin du siècle et l’église sera restaurée. Après quelques siècles, l’église est pillée à la Révolution : elle deviendra le lieu où les Révolutionnaires convoquent leurs assemblées. Le Concordat signé, elle retrouve sa destination initiale après une restauration nécessaire suite au pillage révolutionnaire. Agrandie une première fois en 1823, l’église sera reconstruite en 1876, du moins sa nef, représentant une surface de 400 mètres carrés : une des plus grandes églises des environs ! 

Revenons au clocher, que nous allons gravir. Il abrite aujourd’hui deux cloches, entourées de murs épais. Ses meurtrières entre ciel et terres peuvent surprendre. En effet, le clocher aurait été jadis une tour défensive avant de prendre sa vocation actuelle. Sa porte d’accès, en tribune, demeure très « médiévale » : il faut bien se baisser pour la franchir ! Des escaliers nous emmènent ensuite au sommet. Au dernier étage, avec les cloches, la cabane de l’horloge est vide. Le mouvement a été installé en 1840 et remplacé à électrification par un système moderne. Le beffroi, qui semble âgé, soutient avec vigueur les deux cloches. Ce nombre ne semble avoir guère évolué durant l’histoire de cette charpente, marquée des chiffres romains pour faciliter son assemblage. A la Révolution, la petite cloche est descendue pour être cassée. Elle sera finalement laissée intacte. La grande cloche, elle n’a pas bougé pour sonner les rassemblements civils. En 1811, une nouvelle petite cloche est bénie. On ne sait pas ce qu’il est advenu des anciennes cloches. En 1844, la petite cloche est refondue et augmentée à environ 800 kilos. Il en sera de même en 1869 pour la grosse cloche : fêlée, elle sera portée à 1800 kilos, devenant ainsi une des plus grosses cloches du Chablais français. Révisée au début du XXe siècle, son installation a également été revue il y a quelques années. Il en fut de même pour la petite cloche.

Fondeur(s)

Année

Diamètre (cm)

Masse (kg)

Note

1

Frères Paccard

1869

146

1800 Do#3

2

Bulliod Frères

1844

114

800

Mi3

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J’adresse mes remerciements à M. Jean-François Baud, maire de Douvaine et à la commission « Culture et Patrimoine » sous la présidence de Mme Claire Chuinard, adjointe, pour les autorisations. Je remercie également Mme Anne-Marie Berthollet et M. René Carminati, membres de la commission patrimoine de la commune, pour leur disponibilité.

Sources & Liens :
Douvaine
Mairie de Douvaine
Eglise de Douvaine
« Patrimoine Remarquable de la Commune de Douvaine », Pays du Léman, 2006
Fonds privés
Clichés personnels