Comment sonne une cloche?

Les cloches dissimulées dans un clocher nous cachent bien des mystères : il existe beaucoup de façons de les faire sonner. Elles varient non seulement en fonction de la région mais également de la conception du clocher en lui même. Ci dessous, une liste non-exhaustive vous est proposé :

P1030802La petite cloche de l’église Saint Maxime à Beaufort (F-73) fondue chez Paccard en 1935.

Types et modes de sonneries :

Sonnerie tintée (coptée) :

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La cloche peut être frappée manuellement par un maillet ou électriquement avec un marteau de tintement. Il faudra frapper la cloche le nombre de fois et à la fréquence souhaités. On peut également prendre le battant (relié par une corde ou le prendre directement avec la/les main(s)) et faire de même. Pour le carillon, le battant intérieur (ou marteau extérieur) est relié à un clavier à l’aide d’une transmission mécanique. Aujourd’hui un simple clavier relié à un automate et des marteaux peuvent faire l’affaire.

La volée :

La cloche est installée avec un joug qui sera relié à des paliers ce qui formera un axe et permettra un balancement. La cloche peut être mue par un sonneur ou, plus fréquent de nos jours, un moteur. Ici, nous détaillerons le mode de fonctionnement lorsqu’une cloche est sollicitée.

Sonnerie en lancé-franc :

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La cloche est en mouvement : son joug (pièce de bois/acier au dessus de la cloche) est plus large que haut. Son battant intérieur frappe la partie supérieure dans la cloche lors de la volée, on dit qu’il est lancé. C’est le mode le plus répendu actuellement. Il existe une variante : le super-lancé : une cale en bois se trouve entre l’axe de volée et la cloche afin de ralentir son rythme.

Sonnerie en rétro-grade (dit « équilibré ») :

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Appelé officieusement « rétro équilibré » afin de le différencier, son nom technique est rétro-grande. Le joug de la cloche est plus haut que large : il fait presque le poids de la cloche . Celle-ci a donc un cadencement très lent  : le battant tombera sur la partie basse de la cloche lorsqu’elle est mue. Ce mode est surtout présent dans le sud de la France.

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Sonnerie en rétro-grade :

Le joug de la cloche est en forme de U renversé : l’axe est au 3/4 de la cloche… La sonnerie sera plus lente que le lancé-franc et le battant tombera dans la cloche lors de la volée. Il existe quelques variantes expliquées ci-après.

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Sonnerie en rétro-lancé :

Le battant de la cloche est équipé d’un contrepoids permettant au battant d’être lancé sur la cloche. Son axe est un peu plus bas que celui de la cloche. Ce mode de sonnerie a été inventée en 1891 par les frères Paccard. Il a été utilisé de 1905 jusque dans les années 1930.

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Sonnerie en rétro-mitigé :

Même chose que pour le rétro-lancé mais le battant n’a pas de contrepoids : le battant tombe dans la cloche.

Pendant ce temps, ailleurs…

Sonnerie en piqué :

La cloche (quelque soit son mode, de préférence lancé-franc, rétro-grade ou rétro-équilibré) est arrêtée à l’envers. Ce mode de sonnerie s’effectue sur la grande cloche de Lens en Valais (CH) et dans le sud de la France.

Sonnerie en volée-tournante :

La sonnerie en volée tournante est un dérivé du rétro-grade : la cloche fait un tour complet contrairement aux autres modes ou la cloche ne dépasse -normalement pas- 180°. Ce mode de volée est utilisé dans le sud de la France (Lauragais, Pyrénées…) et en Espagne. (Vidéo CarillonsTarnais).

Sonnerie dite « Ambroisienne » :

Les ensembles campanaires sont composés de plusieurs cloches (plus de cinq) et partent sur le principe de la sonnerie en piqué. Les cloches seront montées à l’envers et feront un aller retour avant de revenir « joug » en bas. Chaque cloche sera lancée séparément des autres afin de former une « mélodie » adaptée selon la circonstance (angélus de fête, enterrement, mariage…). Au début et à la fin, elles sont en position normale.

Sonnerie dite « Tyrolienne » :

Le battant de la cloche est accroché à un système d’une pince au bout d’un bras. Lors de la volée, la cloche (installée en lancé) prendra son élan, le battant, tenu, ne permet pas à la cloche de sonner. Une fois que la cloche à atteint son angle maximal (elle monte à plus de 120° selon les cas) la pince s’ouvre et le battant frappe la cloche. L’arrêt sera tout aussi brutal car la pince se referme lorsque le battant est de son côté et la cloche reviendra en position « de repos ».

Le « Change Ringing » :

Cette sonnerie est utilisée en Angleterre : la sonnerie est composée d’un ensemble de cloches formant une gamme diatonique (comme la gamme de Do [Do ré mi fa sol la si do]) à partir de 8 cloches. La cloche installée en lancé et montée à l’envers. une simple barre de bois l’empêche de faire le tour. Plus bas, dans la tour, les sonneurs attendent le départ car ici, il y a un chef (comme un chef de choeur ou d’orchestre) et c’est lui qui décide de l’ordre de sonnerie (chaque cloche est en mouvement l’une après l’autre) ou de l’absence d’une cloche lors de la séquence jouée. Lors des funérailles l’un des deux côtés du battant est équipée de mousse ce qui permet, une fois sur deux, d’avoir un son feutré et doux. Il arrive aux grands deuils que la mousse recouvre l’intégralité du battant.

Comment sonne-t-on une cloche ?

Aujourd’hui, il est difficile de savoir comment une cloche est sonnée car il existe beaucoup de méthodes. Nous allons essayer de les comprendre autour de ces quelques explications :

Malgré les multiples modes de volées, les usages locaux liés aux traditions ect… il existe peu de manières de faire sonner. Le plus simple et le traditionnel est celui de la corde qui pend. Il suffit alors de tirer dessus en faisant appel à notre huile de coude. Attention! Il faut bien évidemment garder les oreilles sur la cloche afin d’éviter tout incident. On peut également sonner la cloche au pied. Les gros bourdons de cathédrales étaient munis de pédalier et il fallait 4 sonneurs pour pouvoir lancer ces collosses de plusieurs tonnes! Le bourdon de la basilique-cathédrale de Saint Denis est encore mu par des sonneurs aux fêtes. Il existe une manière, utilisée comme recours par les passionnés : la « poussette ». Lorsqu’une cloche est dépourvue de système manuel a son moteur en panne … il faut pousser la cloche… Attention au battant qui peut heurter les côtes, la poitrine… ! Lors de la volée tournante, difficile de faire autrement… il faut la pousser!

Aujourd’hui, seuls les moteurs font le travail : le sonneur lui, donne les ordres au moyen d’un automate… Il existe deux cas :

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Les moteurs rotatifs : la cloche est équipée d’une roue dite « de volée ». Une chaîne y est installée et solidarisée à l’aide d’amortisseurs (ou alors, pour la volée tournante la roue est dentée). Elle est reliée à un moteur, qui possède une roue dentée. Lors de la volée le moteur tirera la cloche dans un sens, puis dans l’autre et la maintiendra en volée le temps désiré.

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Les moteurs linéaires : le moteur linéaire est basé sur l’électromagnétisme. Deux plaques mises face à face : l’une solidarisée au beffroi, et l’autre au joug de la cloche. Lors de la volée un aimant dans la plaque fixe fera réagir celui de la cloche et permettra de la faire osciller petit a petit… Une fois l’angle de volée maximal atteint, il la maintiendra.

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