Genève – Cathédrale Réformée Saint Pierre

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Bien qu’un évêché s’installe a Genève au IVe siècle, une présence sur ce lieu est attestée vers 4500 avant Jésus Christ. Le premier édifice religieux sur la colline est bâti entre 370 et 375 sur les ruines d’un sanctuaire romain. Cette cathédrale est suppléée par un autre édifice au sud, puis un dernier à l’ouest, pour former un ensemble architectural au VIIe siècle. Aux alentours de l’an mille, la cathédrale commence à prendre forme. Un seul édifice en remplace trois. La religion catholique est étroitement liée au pouvoir et à la politique en ce début du second millénaire. Genève est intégrée au Saint Empire en 1032, participe aux croisades et accueille le sacre de Conrad le Salique, roi de Bourgogne. En 1158, sous l’impulsion d’Arducius de Faucigny, prince-évêque de Genève, une nouvelle cathédrale est bâtie. Elle sera consacrée en 1288. Elle fera l’objet de restaurations presque constantes et de nombreux remaniements. Au cours du XIVe siècle, la peste met à mal Genève et les incendies affaiblissent la cathédrale, qui se voit une nouvelle fois remaniée. En 1430, la flèche et la tour Sud sont abattues suite à un nouvel incendie. Au début du XVe siècle, le Cardinal de Brogny – à qui on doit l’église Saint Maurice d’Annecy – fait édifier la chapelle attenante des Macchabées. Au début du XVIe siècle, la tour Sud se voit décorée dans le style gothique flamboyant. Quelques années plus tard, la Réforme arrive à Genève. Elle est le fruit de la forte croyance des genevois et de leur esprit critique. La dernière messe à Saint Pierre est interrompue et les prêtres sont chassés. Calvin n’a aucun mal à prêcher sa Réforme. Sous la religion catholique, la cathédrale était énormément décorée. Les iconoclastes genevois n’hésitent pas a détruire les retables et les autels et à supprimer les fresques murales. Devenue la Rome Protestante, la cité accueille en 1572 des réfugiés protestants en masse suite au massacre de la Saint Barthélemy. En 1602, le guet de la cathédrale permet à Genève de contrer la tentative savoyarde de dominer la cité. Alors qu’il entend des coups de feu, il actionne la cloche du Tocsin, encore en place, qui est vite relayée par les autres clochers. C’est au XVIIIe siècle qu’apparaît la façade gallo-romaine de la cathédrale. Genève voit grandir Jean Jacques Rousseau, ce qui engendre, comme en France, une Révolution, qui voit apparaître la Démocratie, ou presque. Comme en France, la cathédrale devint un monument laïc et républicain. Genève est rattachée à la France en 1798 pour 15 années. La cathédrale restera un monument pour la gloire de la France car les préfets y prêtent serment. Après un ballottage de deux ans, Genève devient Suisse en 1815. Entre 1880 et 1890, la cathédrale subit une cure de jouvence. En 1884, la tour nord est reconstruite et rehaussée. Ces travaux feront l’objet de nombreuses critiques. Dans un même temps, la flèche, remplacée par un clocheton après de nombreux incendies, est reconstruite avec une armature en fer recouverte de cuivre. Aujourd’hui, la cathédrale est ancrée dans la vie des Genevois comme symbole religieux par des cérémonies protestantes et œcuméniques, mais aussi comme monument laïc.

P1000910La cathédrale dispose aujourd’hui de 45 cloches. Elles sont réparties entre les deux tours et la flèche. La tour Nord abrite deux cloches à l’histoire plus qu’intéressante. Le gros bourdon qui, faits rare en Suisse, ne sonne que les grandes occasions, a été fondu en 1407 par Guerri de Marclay sous l’impulsion de Jean de Lornay, nommé par Clément VII, d’où son nom de « Clémence ». Brisé en 1866, il sera refondu par Claude Guillet de Lyon. Très vite fêlée, cette grosse cloche est refaite en 1902 par la fonderie Rüetchi d’Araau. Quelques années auparavant, Auguste Thybaud, « accordeur de cloches », modifiait la sonnerie et ré-accordait certaines cloches. L’œuvre de Franz Liszt sur les « cloches de Genève » en « Mi majeur » laisse penser que la note de la deuxième Clémence était un Sol dièse (au lieu du Sol actuel). On remarque sur la photo de 1902 que les deux bourdons côte à côte ne font pas la même taille. Clémence possède comme voisine Colette, plus connue sous le nom de « Bellerive ». Née en 1459, elle sera refondue en 1473. Initialement placée au couvent (ou l’abbaye selon les sources) de Rive, elle prend le chemin de la cathédrale en 1546.

P1000898La tour Sud abrite les cloches les plus utilisées de la cathédrale. La plus grande est celle qui se fait entendre chaque midi. Baptisée « Le Rebat », elle fut fondue en 1481 puis refondue en 1678. Cette deuxième cloche se brisa au cours du XVIIIe siècle. On apprend que Jean-Daniel Dreffet, maître fondeur de la ville, proposa de la refondre gratuitement s’il était reçu bourgeois de Genève. Cette proposition sera refusée et la refonte sera attribuée en 1845 à un fondeur veveysan, descendant de son cousin germain. Elle est alors rebaptisée Accord. Cette même année, le Retraite, initialement installée en 1528, est refondue. La Collavine, installée en 1609, sonnait jadis les heures d’activités de la cité : le matin et le soir avec le célèbre couvre-feu, encore en vigueur dans certaines cathédrale comme Lausanne ou Strasbourg. Elle doit son nom à son fondeur, Noé Collavin, d’origine savoyarde. La cloche de volée la plus récente date de 2002. Financée par souscription, elle porte le nom d’Espérance. Une autre cloche à la volée peut les accompagner si un sonneur se dévoue pour user de l’huile de coude. Cette petite cloche, « le Rappel », est estimée à la seconde moitié du XVe siècle. Certaines sources situent même sa naissance à 1370, ce qui ferait de cette dame de bronze la plus vielle du canton. Un étage au-dessus, dans la salle du guet, se trouve dans le coin nord-est la cloche du Toscin. Datée de 1509, elle a sonné les incendies et les guerres. C’est elle qui a par exemple informé Genève de l’invasion Savoyarde en 1602.

P1040732Le premier carillon date de 1749. Huit timbres sonnaient quelques airs inspirés de la musique italienne. Arrêté en 1830 car vétuste, il reprend son activité après une restauration. Une nouvelle réparation est faite en 1879. La pièce maîtresse de l’actuel carillon est la « Cloches des Heures » de 1460. Actuellement fixe, elle a sonné quelques années à la volée dans le clocheton précédant la flèche. Après une ritournelle variant selon les mois et mue par un mouvement mécanique, la cloche marque chaque heure du jour et de la nuit. Les premières cloches de l’actuel ensemble portent la date de 1931 et la signature conjointe de Paccard et de Rüestchi. Le profil des cloches indique toutefois clairement qu’elles ont été réalisées par la fonderie savoyarde. Deux cloches ont été ajoutées en 1986 et une troisième en 1990. Si le carillon a été complété dans l’aigu en 2011 par Paccard, seules les cloches de 1931 sont utilisées dans les ritournelles automatiques. La tessiture de l’instrument est Mi3 La3 Si3 chromatique La6. Il peut également être joué à l’aide d’un clavier à touches de piano. Deux cloches anciennes ont été déposées et remplacées en 2011 en raison de leur sonorité qui trahissait le carillon actuel.

clocher - 22 - Version 2

(cloches de volée, réparties entre les tours)
Cloche 1 « Clémence » : H. Rüestchi, 1902 – 6’238 kg – 219cm – Sol 2 -2
Cloche 2 « Accord » :S. Tréboux, 1845 – 2’080 kg – 156cm – Do 3 -7
Cloche 3 « Bellerive » : T. Mirar, 1473 – 1’500 kg – 140cm – Mi 3 -5
Cloche 4 « Collavine » : N. Collavin, 1909 – 1’012 kg – 114cm – Sol 3 -5
Cloche 5 « Espérance » : Rüestchi, 2002 – 475 kg – 93cm – La 3 -6
Cloche 6 « Eveil » : S. Tréboux, 1845 – 261 kg – 75cm – Do 4 -8
Cloche 7 « Rappel » : anonyme, XVe (ou 1370) – 133 kg – 59cm – Mi 4 
±0

(cloches fixes)
Cloche « des Heures » : J. & G. Fribor, 1460 – 1’610 kg – 129cm – Mi 3 -2
Cloche du « Toscin » : Anonyme, 1509 – 270 kg – 76cm – Do Dièse 4 -1

Carillon : 16 cloches de 1931, H. Rüestchi & Les fils de G. Paccard
2 cloches de 1986 Rüestchi
1 cloche de 1991, Rüestchi
19 cloches de 2011, Paccard. Tessiture totale : La3 Si3 … La6.

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La Clémence, la devise de Genève et la signature du fondeur.
TOUR NORD ACCORD clocher - 39 - Version 2

clocher - 33 - Version 2 clocher - 26 - Version 2 P1040759

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Un grand merci à Nicolas Dériaz, gardien de la cathédrale et organiste à Saint Germain pour sa gentillesse.

LIENS :

http://www.cathedrale-geneve.ch
http://www.saintpierre-geneve.ch
http://fr.wikipedia.org/wiki/Cath%C3%A9drale_Saint-Pierre_de_Gen%C3%A8ve
http://www.ville-geneve.ch/monuments-lieux-interet/patrimoine-monuments/cathedrale-saint-pierre/
http://www.zedden.ch/campanologie/sons.php?stpierre
http://quasimodosonneurdecloches.ch/cloches-geneve-ge-cathedrale-st-pierre/
http://youtube.com/valdom68

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