Excenevex – Eglise Saint-Symphorien

Une destination touristique
La seule plage de sable fin du plus grand lac d’Europe. C’est ce qui fait la réputation de la commune d’Excenevex. C’est grâce à sa position, en amont de la presqu’île du Léman, qu’à pu se former cette commune essentiellement forestière : avec l’apport des sédiments, grâce au courant du Rhône dans le plan d’eau. Le village se retrouve alors tiraillé entre cette presqu’île avec qui elle a fait un bout de chemin, d’une part, et le golfe de Coudrée qui la sépare de Sciez-sur-Léman avec qui Excenevex partage aussi une belle page d’histoire.

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Une église théâtre d’un ancien pèlerinage
La paroisse d’Excenevex est une fausse « jeune paroisse ». Le 23 décembre 1852, Mgr Louis Rendu l’érige en fait pour la deuxième fois ! Avant la Réforme en 1536, Excenevex était déjà une paroisse indépendante avec son église romane construite vers 1150. On raconte que ce sont les chanoines de l’Abbaye augustinienne de Filly, qui était jadis sur l’actuel territoire de Sciez, qui ont fondé cette chapelle dédiée à saint Symphorien d’Autun, jeune martyr des premiers siècles de la chrétienté. L’édifice a été tellement pillé et délabré par le passage des protestants au XVIe siècle qu’au siècle suivant, lors du retour du catholicisme, l’édifice est laissé dans cet état faute de moyens et les paroissiens sont forcés de se rendre à Yvoire, dont ils avaient ralliés la paroisse, pour assister à la messe. Après l’érection de la paroisse d’Excenevex en 1852, un premier curé s’installe en 1857 dans un presbytère flambant neuf. Le lieu de culte se devait d’être restauré voire reconstruit. La commune choisit à l’époque cette seconde option pour y réaliser une église néogothique. C’est l’architecte Auguste Pompée qui réalise les plans de ce nouveau sanctuaire bâti à la place de l’ancienne chapelle. Le chantier s’est étalé de 1862 à 1869. Mais seulement, à la fin du chantier, un problème majeur frappe de plein fouet toute la communauté : le clocher menace de tomber sur l’édifice. Il n’était autre la conséquence d’une période financière pas assez prospère pour un tel chantier : on manquait de fonds, mais on a quand même insisté pour mener à bien le projet d’église. Alors, le clocher a été déconstruit à la hâte en 1870 et on propose de remettre à plus tard ce chantier. Ce sera chose faire au début des années 1990, lorsqu’une association se mobilise pour donner à Excenevex son clocher dans le style de l’édifice afin de se fondre plus facilement dans le décors. Si l’extérieur donne fière allure à l’église avec des parements en pierres, il a été évidemment construit en béton, comme toutes les constructions ou presque de notre époque.
Consacrée sans clocher le 5 mai 1874 par Mgr Rendu, l’église d’Excenevex était jadis témoin d’un pèlerinage le 22 août, jour de la saint Symphorien. Une foule venait de tout le Bas-Chablais pour réciter le rosaire en faisant, sept fois, le tour de l’église. On racontait alors que c’était excellent pour soulager, voire guérir, les rhumatismes !

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Une renaissance campanaire
L’ancienne église comportait un clocher mur avec deux fenêtres, à l’image d’autres édifices du secteur comme les chapelles de Brécorens (Perrignier) et Mésinges (Allinges). On peut évidemment se dire qu’il a comporté des cloches par le passé. Les quelques cartes postales de cet édifice ne nous permet pas de vérifier correctement la présence d’une ou deux cloches avant la démolition de celui-ci.
En 1870, année de déconstruction du clocher, les établissements Paccard d’Annecy-le-Vieux vont fondre une cloche de 450 kilos baptisée « Françoise Pauline Symphorien », dédiée au patron du village. Cette cloche fondue sous l’épiscopat de Mgr Magnin, le mandat du maire Joseph Clerc et de l’abbé Joseph-Athanase Favre a été installée, faute de clocher, contre le chœur de l’église à l’endroit même où il devait s’élever. Elle était actionnée manuellement jusqu’à la construction de son actuel perchoir.
Lorsque l’idée de reconstruire le clocher apparait, deux synergies parallèles vont se mettre en place. La première apporte une seconde cloche de volée baptisée « Claudie Véronique ». Elle a été offerte par une poignée de donateurs. La cloche marque d’ailleurs sur ses inscriptions une certaine unité : 13 patronymes, suivi de la phrase « sous l’égide de la commune et de la paroisse d’Excenevex ». Cette cloche présente une particularité : il s’agit de la seule cloche d’église livrée par la fonderie Bollée d’Orléans pour la région ! Pourquoi ce choix ? Tout simplement la conséquence d’un appel d’offre passé pour l’occasion.
La seconde synergie autour de ce clocher est familiale. Jean et Yvonne Guyon ont souhaité offrir à ce nouveau clocher un carillon à l’occasion de leurs noces d’or. Ils ont choisi le chiffre symbolique de 17 cloches pour le nombre de petits enfants qu’ils avaient à l’époque. Inauguré à Pâques 1992, il comportait en réalité 19 cloches car deux autres ont été réalisés pour étoffer l’instrument : la première rend hommage à une poignée de religieux et la seconde à l’association initiatrice du nouveau clocher. Mais ce n’est pas tout : en 1994, la famille Guyon renchérit avec trois nouvelles cloches plus grosses, trait d’union entre les cloches de volée et les autres cloches du carillon. Elles sont dédiées aux saints Maurice, Barbe et Eugénie alors que les autres cloches ne présentent pas d’effigies religieuses mais un parrain ou une marraine et, tout de même, une devise religieuse. Ces trois cloches sont arrivées avec une quatrième. Dans le clocher, elle est installée à part, pendue à un joug et sur un beffroi indépendant, prête à sonner à la volée. Mais elle n’est pas électrifiée pour sonner comme tel. Il s’agit en fait d’une cloche fondue en 1993 pour un édifice religieux sur le continent américain. Mais faute de moyens, la commande de la cloche a été abandonnée et la fonderie s’est retrouvée avec cette cloche sur les bras. Elle a donc trouvé refuge au clocher d’Excenevex pour compléter le carillon, portant au nombre de 25 les cloches de la tour. C’est ainsi qu’en seulement quelques années, le patrimoine campanaire d’Excenevex est passé d’une seule cloche manuelle accrochée à quelques mètres de haut à un carillon de 23 cloches dans une tour, étoffé par deux cloches de volée électriques, le tout financé par de multiples personnes et la collectivité.

Nom Fondeur Année Diamètre (cm) Masse (kg) Note
1 Françoise Pauline Symphorien Paccard frères 1870 90,5 450

La 3

2

Claudie Véronique Bollée Orléans 1992 69 190 Do♯4
3 aucun Fonderie Paccard 1993 64,2 160

Ré4

Carillon Fonderie Paccard 1991, 1992, 1994

Ré♯4 chromatique Do6

 

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Remerciements
La municipalité d’Excenevex sous le mandat de Mme Chrystelle Beurrier, maire, et ses services administratifs.
La paroisse d’Excenevex et plus particulièrement M. Marc Mudry, en charge de l’église et de son carillon, pour les détails pratique.
La famille Guyon pour ses anecdotes sur la fonte du carillon d’Excenevex.
Je remercie également les personnes précitées pour la fournitures d’archives et de récits historiques sur le carillon.
Mon ami Claude-Michael Mevs dit « Quasimodo » pour son aide technique et logistique lors de cette visite.

Sources & liens
Mairie d’Excenevex
Paroisse de Sciez-sur-Léman
Ensembles campanaires en Rhône-Alpes, J-B Lemoine, 1994
Relevé sur site
Clichés personnels (sauf mentionné)
Famille Guyon

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