Saxel – Eglise Sainte-Madeleine

Pour poursuivre mes explorations, je reste dans la vallée Verte… ou plutôt sur une vallée latérale, creusée par le Brévon. Cette rivière rejoint la Menoge à Boëge, chef-lieu de la vallée Verte. Au fond de ce vallon perpendiculaire se trouve le village de Saxel, trait d’union entre les montagnes et le lac Léman. De son col, un beau point de vue est d’ailleurs offert sur le plus grand lac d’Europe et sur la Suisse, sans oublier les villages savoyards, au premier plan.
Saxel est aussi un passage obligé pour aller jusqu’au sommet du Signal des Voirons, qui culmine à 1480 mètres. S’y trouve un monastère, une chapelle, et de nombreux départs de randonnées.

L’église, dédiée à Marie de Magdala, (dite sainte Madeleine ou Marie-Madeleine), est plutôt éloignée du chef-lieu, symbolisé par sa mairie. De son parking est pourtant offert un beau point de vue sur ce monument bâti en forme de tréflé, unique en Pays de Savoie. Le sanctuaire surplombe quant à lui des sentiers, des pâturages et le Brévon, qui n’est encore qu’un filet d’eau. Ce rocher qui assied l’église a donné son nom au village : Saxel « Sasselum » : gros rocher.
On ne connait pas tellement les origines de cette paroisse et de cette église. On sait que primitivement, elle était sous la juridiction de l’Abbaye Notre-Dame d’Aulps, à quelques vallées de là. L’église était située au « Crêt du Clocher », sur le col. A la Réforme, la paroisse devient protestante. L’église sera finalement abandonnée au retour du catholicisme en 1589, et la paroisse unie à celle de Bons-en-Chablais. Ce n’est qu’en 1601 (ou 1611 selon certaines sources) que saint François de Sales scinde la paroisse de Bons pour rendre à Saxel sa vie religieuse.
Le sanctuaire actuel, en contrebas de l’ancienne église, a été bâti dès 1840. La construction ne sera terminée qu’en 1901. On suppose donc qu’elle ait été faite par étapes. On ne sait hélas pas d’informations sur les raisons de cette durée, ni si l’ancien édifice était encore debout et sa localisation… On sait en revanche qu’entre 1952 et 1954, l’intérieur est restauré par Constant Demaison. Ce sera au tour de la toiture en 1981 puis de nouveau à l’intérieur en 2001. Gros chantier : la suppression de la tribune, faite en béton lors de la précédente restauration. Son poids menaçait les murs du lieu. Si autrefois elle était en bois, aucune tribune a été refaite lors de ces travaux. La municipalité a dores et déjà prévu de nouveaux travaux dans son clocher, à savoir l’accessibilité et son ravalement.

Les cloches ont été acquises en 1859. On ne sait pas tellement les anciennes. A part deux achats de cloche : 1609 et 1770.
Les cloches actuelles ont été fondues par les frères Paccard, la même année que celles du Villard, et un an avant celles de Boëge, deux clochers voisins. Au début du XXe siècle, leur installation a été revue : un nouveau beffroi semble avoir été conçu et le mode de volée a été modifié pour du rétrolancé. Ce système, breveté fin XIXe siècle par la fonderie, permet moins d’efforts pour les sonneurs et sur le beffroi, malgré un qualité sonore moins optimale. Il y a quelques années, la petite cloche a été tournée d’un quart de tour et son mode de volée a été révisé pour du rétrograde. Le battant n’est plus propulsé contre la lèvre supérieure lors de la volée, mais tombe sur la lèvre inférieure. La grosse cloche a conservé ses équipements du XXe siècle. Elle entre en action moins régulièrement que sa petite sœur, qui l’est 3 fois par jour, pour l’angélus, et lors du glas, sonné sur les deux cloches.

Diamètre (cm) Masse (kg) Note

1

116,2 950 Fa 3
2 92,3 500

La♭3

Frères Paccard fondeurs à Annecy-le-Vieux 1859

Mes remerciements pour cette visite à M. Denis Mouchet, maire, pour son aimable autorisation, à Laurent Marth, adjoint au patrimoine et aux bâtiments, pour m’avoir accompagné au clocher, et au sacristain pour les sonneries spéciales. Mention à mes amis Edwin Genoud, un ami à qui je dois une fière chandelle dans ce clocher, et à Mike « Quasimodo » pour le soutien technique, encore une fois indispensable.

Sources & Liens :
Mairie de Saxel
Saxel sur Wikipédia
Eglise de Saxel sur Wikipédia
Eglise de Saxel sur Paysalp
Relevé personnel
Clichés personnels

Burdignin – Chapelle de l’Espérance

Après vous avoir présenté l’église paroissiale de Burdignin, je me dois maintenant de vous présenter le lieu de culte d’un village… dans le village. Ma surprise fut assez visible lorsque M. le Maire de Burdignin -que je remercie à nouveau- m’a fait par de cette chapelle au sommet de sa commune.

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Le domaine de l’Espérance a été bâti dans les années 1950 sous le plan du grand Maurice Novarina, architecte de notre région réputé pour ses églises ou bâtiments remarquables, ici comme ailleurs. Citons rapidement l’église du Plateau d’Assy ou encore l’église du Fayet, déjà en ligne sur ce site. Ce domaine était destiné à devenir un gigantesque lieu d’accueil pour des retraites, en autonomie parfaite. En effet, les lieux sont alimentés par leur propre source et possède leur station d’épuration. Le domaine est équipé d’un immense réfectoire, de dortoirs, d’une piscine couverte, d’un terrain de sport… et d’une chapelle ! Celle-ci a été consacrée en 1960 grâce à Mme Thoral. Son style est très sobre et à la hauteur d’une petite chapelle montagnarde. Les vitraux sont de Jean Bazaine, le tabernacle et les chandeliers de François Hugo.
Précisons enfin que l’ensemble des lieux a été racheté par la commune et qu’une seconde vie pour le lieu est à l’étude. Pour l’heure, ils accueillent des colonies de scouts pour des retraites chaque été.

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La fonderie Paccard a été mandatée en 1957 pour réaliser deux cloches : celle de la chapelle et une toute petite cloche d’appel. Nous allons nous intéresser à la première…
Elle porte la date de décembre 1957 et comme inscriptions « Ave Maria » (Je vous salue Marie), le nom de la commune et du département. La cloche est donc dédiée à la Vierge. Notons qu’elle est ornée d’un Christ en croix, d’une Vierge couronnée, d’un edelweiss et du blason de la fonderie. Elle est de dimensions fortes modestes : 41,7cm de diamètre pour un poids d’environ 47 kilos. Elle sonne le « Si4 ». Elle est encore actionnée à la corde.

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Mes remerciements pour la visite à M. Yves Dupraz, maire de Burdignin, qui m’a aussi signalé la présence de cet édifice. Mention enfin à mes amis Mike « Quasimodo » et Edwin Genoud pour l’aide et l’accompagnement.

Sources & Liens :
Mairie de Burdignin
Burdignin
Fonds privés
Clichés personnels
Relevé personnel

Burdignin – Eglise de la Nativité-de-Marie

Le clocher de l’église, orné d’une flèche, abrite deux cloches, nichées dans un beffroi en bois. On pourra noter que les baies côté ouest et sud sont obstrués par des murs, sans doutes pour éviter que le son des cloches portent jusqu’à Villard et Habère-Lullin, dont les clochers et habitations ne sont pas très loin. D’ailleurs, même les cloches ne sont pas centrées dans le beffroi, mais près des baies est, qui donnent près du parvis et de la mairie. Est-ce un autre signe de cette hypothèse ?
Les cloches, parlons-en… nous avons là deux filles de la fonderie Paccard, représentantes de la troisième et de la cinquième génération. La plus grande porte la date de 1880. Ses inscriptions sont plutôt minimalistes : parrain, marraine, curé et maire. Sa petite sœur, plus récente, porte le millésime 1963. Elle est volontiers plus bavarde que sa grande sœur… et elle porte un nom : « Maria Christina » ! Près d’elle, le beffroi possède une date gravée « 1897 », date ou le beffroi a été reconstruit. Il est fort probable que cette petite cloche soit la refonte d’une ancienne, même s’il en reste aujourd’hui aucune trace.

Nom

Fondeur(s)

Année

Diamètre (cm)

Masse (kg)

Note

1

N.C.

Paccard Frères

1880

115,7

900

Mi3

2

Maria Christina

Paccard

1963

94,7

535

Sol♯3

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Retour en images sur la bénédiction de la petite cloche de Burdignin, en 1963. On y retrouvera dans l’ordre, la présentation de la cloche, sa bénédiction par le curé ou alors le vicaire général d’Annecy, et le tintement par sa marraine. Je remercie le Maire et sa famille, descendants des parrain et marraine, pour les photos tirées de leurs propres fonds.

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Mes sincères remerciements à M. Yves Dupraz, maire de Burdignin, pour son autorisation et son accueil à l’église et à la chapelle. Mention également à Mike « Quasimodo » et Edwin Genoud, pour leur aide précieuse.

Sources & Liens :
Mairie de Burdignin
Burdignin sur Wikipédia
Paroisse de la Visitation en Vallée Verte
Famille Dupraz-Condevaux
Fonds privés
Inventaire personnel

Arenthon – Eglise Saint-Théodule

Après plusieurs découvertes (et redécouvertes) en Chablais, je vous propose maintenant de nous déplacer en basse vallée de l’Arve, capitale du décolletage. La commune d’Arenthon, fortement résidentielle est à mi distance entre les stations de ski des Aravis et du Giffre et le Lac Léman.
La commune d’Arenthon est idéalement située sur un terrain presque plat, non loin de l’Arve, principale rivière du département. Il y a quelques mois seulement, on découvre sur la commune des restes d’un village gallo-romain. On avait pas de doutes sur l’ancienneté du lieu. La famille noble éponyme reste entourée de mystères. Elle apparaît au XIIIe siècle lorsqu’elle s’éloigne de sa commune d’origine pour se rapprocher d’Alex et de sa famille noble. La descendance sera longue et fructueuse. Le plus célèbre membre de la famille est Mgr Jean d’Arenthon-d’Alex, prince évêque de Genève « en exil » à Annecy au XVIIe siècle. La famille s’éteindra quelques décennies après lui, début XVIIIe siècle. Le château d’Arenthon, hélas aujourd’hui presque totalement détruit, était le dernier vestige de cette famille. Aussi connu sous le nom de « château de Sonnaz » était depuis 1741 propriété d’une autre grande famille, Gerbaix de Sonnaz, originaire de Chambéry.

A seulement quelques centaines de mètres du château se trouve le choeur du village avec son église dédiée à saint Théodule, premier évêque du Valais. Ce saint « local » est particulièrement vénéré dans nos contrées. L’église est assez ancienne. Le chœur gothique a probablement été élevé avant 1516 par Jacques Rossel. En 1721, l’église est profondément remaniée et la nef est reconstruite. Au cours du XVIIIe siècle, François Riondet et Jean-François Guillet de Samoëns sont chargés de refaire le clocher, qui sera à nouveau reconstruit en 1939, à la suite d’un incendie de sa flèche. Par bonheur, les deux cloches sont restées intactes.

Les cloches, parlons-en. Si nous passons à Arenthon dans la journée, il est possible de les distinguer : les baies ne sont pas munies d’abat-son. En 1806, au lendemain de la Révolution, les clochers doivent être « repeuplés ». Alors les fondeurs s’activent. Jean-Daniel Dreffet et son fils Barthélémy signent alors la petite cloche. Comme les cloches de ce fondeur, elle est plutôt riche sur le plan iconographique. Ainsi, on peut voir frappé sur la cloche un ostensoir, un Christ ou une Vierge. Outre son parrain et sa marraine, elle cite tout le conseil municipal en fonction et le « recteur » (curé) en charge de la paroisse. Cette cloche est depuis peu munie d’un joug en acier et d’un battant neuf. Il y a quelques années encore, elle était pourvue de son mouton d’origine en bois. Sa grande sœur, elle, possède un joug massif en bois, avec des ferrures neuves. Elle a été réalisée en 1843 par les frères Paccard établis à Quintal. Ce « monument de la foi de la commune d’Arenthon » comme le raconte la cloche a été dimensionné pour ce clocher. Lors de la volée, son battant passe à quelques centimètres des murs !

Nom Fondeur(s) Année Diamètre (cm) Masse (kg) Note
1 n.c. Frères Paccard 1843 123,5 1200 Mi3
2 n.c. Dreffet JD & B 1806 95.1 500 La3

Mes remerciements pour cette visite du clocher à Mme Chantal Coudurier, maire, pour son aimable autorisation. A l’employé des services techniques et à M. Verdel, sacristain, pour l’accès au clocher et les sonneries spéciales.

Sources & Liens :

Arenthon
Château de Sonnaz
Fonds privés
Relevé & clichés personnels
Mairie d’Arenthon
Paroisse Sainte-Marie en Pays Rochois

Sciez-sur-Léman – Eglise Saint-Maurice

L’église de Sciez (photo Savoie-Mont-Blanc)

C’est l’une des principales cités du Bas-Chablais. Je continue de vous emmener sur les bords du Lac Léman. Aujourd’hui, le port de Sciez. Nous allons prendre un peu de hauteur pour se rapprocher de son église Saint-Maurice, distante de quelques kilomètres de la rive sud du plus grand Lac d’Europe, à cheval entre la Suisse et la France.

En traversant la commune par la route départementale, reliant Annemasse à Thonon, on ne se doute pas du riche passé de la commune. Il est fort probable qu’au néolithique, une population soit déjà installée dans la région. Cette présence est confirmée à l’Age de Bronze, grâce à des fouilles récentes. On a même trouvé des pièces d’argent datant du premier siècle sur la commune. Il y a tout juste 1000 ans, en 1018, Rodolphe III de Bourgogne cède le lieu à l’Abbaye de Saint-Maurice, en Valais. Au deuxième millénaire, on cite l’Abbaye de Filly, au bord du lac, abbaye augustine placée sous la juridiction de Saint-Maurice. On ne sait hélas pas grand chose de sa fondation. Au XIIe siècle, elle passe sous la juridiction de l’évêque de Genève. On sait par ailleurs que les chanoines du Saint-Bernard avaient des vues sur cette abbaye. Après plusieurs siècles d’existence, sous plusieurs dominations (Saint-Maurice, évêché, Aulps, Ainay, commande) la vie communautaire est terminée en 1536, quand la région est envahie par les bernois qui imposent une nouvelle religion. Une fois le catholicisme rétabli, les barnabites rachètent les lieux. Mais les bâtiments conventuels et le clocher sont détruits. On ne sait pas la date de sa destruction, mais que certaines pierres ont été utilisée pour l’église paroissiale.
L’église Saint-Maurice, parlons-en, est bien plus discrète. On ne sait pas grand chose sur elle, si ce n’est qu’elle remonterait au XIe siècle, bâtie à l’emplacement d’une ancienne chapelle. En 1250, l’église est donnée à l’Abbaye de Filly. L’église est reconstruite en 1741, en conservant le clocher et le chœur de la chapelle Sainte-Catherine. Mais l’édifice n’a pas duré longtemps : la nef actuelle a été reconstruite entre 1873 et 1879. L’orientation de l’édifice a été inversé et le clocher conservé. Il est d’ailleurs bien plus petit que l’église.

Je suis aujourd’hui très heureux de pouvoir vous faire découvrir cette sonnerie et ce pour plusieurs raisons. La première est en raison de sa taille : ce clocher renferme pas moins de cinq cloches, ce qui est plutôt rare en Bas-Chablais. De plus, la sonnerie a été restaurée en 2015 avec la remise en service de deux cloches historiques fêlées depuis des décennies.

Les deux cloches plus anciennes portent toutes les deux la date de 1662. C’est le seul clocher du département, avec celui de Rumilly, qui a su conserver deux cloches antérieures à la Révolution fondues simultanément. Bien que datées, nos deux cloches de 1662 ne portent pas de mention d’un fondeur.
Au lendemain de la Révolution, qui détruit l’ensemble campanaire (ou presque!) de Sciez, Jean-Baptiste Pitton, fondeur établi à Carouge, est sollicité pour réaliser ce qui deviendra la plus grosse cloche de la sonnerie actuelle. Originaire de Châtillon-en-Michaille (Ain), il commença son activité en 1786 ou 1787 avant de laisser sa place, peu avant 1830, à François Bulliod, plus tard rejoint par son frère. Nous avons donc ici très certainement l’une de ses dernières cloches. La plus célèbre de ce fondeur reste la petite cloche de l’église de Quintal, fondue en 1796 avec l’aide du syndic, un certain Antoine Paccard. La fonderie Paccard -parlons en- livrait en octobre 1918 deux cloches. Elles ont très certainement pu sonner l’Armistice, comme en témoignent leurs inscriptions, apposées sur leur flanc alors qu’une délicate odeur de victoire envahissait nos contrées. Le clocher de Sciez fut sûrement le premier du département à bénéficier d’une électrification, en 1928. En 2015, les deux cloches de 1662 ont été déposées pour être réparées. La plus grande d’entre elles n’était plus utilisée car fêlée et la bélière mettait en péril la partie supérieure de la cloche. La petite, déposée dans une baie depuis des décennies, était elle aussi fendue. Elles ont donc traversé la France pour revenir en décembre 2015 toutes neuves avant d’être réinstallées. Depuis Noël 2015, le clocher peut à nouveau donner toute sa voix pour les grandes occasions.

Vue sur la charpente du bulbe depuis la chambre des cloches.

Il y aurait tant à dire sur ces cinq cloches de l’église. La plus grande, livrée en 1825, à pour parrain Joseph-Prosper Gaetan d’Allinges, dernier représentant de cette noble famille. Elle cite également l’ensemble du conseil municipal de Sciez. La seconde cloche, livrée en 1918, à pour parrain Mgr Louis-Etienne Piccard, alors prélat à Rome et protonotaire apostolique. Celle a été donnée par sa soeur, Mme Louise Chapuis née Piccard. Elle est aussi sa marraine. La troisième cloche est la seule qui ne porte pas de nom. Ses inscriptions indiquent qu’elle a été financée par les paroissiens de Sciez. Elle cite en grande partie des nobles qui influaient sur la commune. On retrouve ainsi les marquis de Coudrée, Comte de Langin et même une dame de … La Rochette, en Savoie. La quatrième cloche, la plus petite livrée en 1918, a été fondue pour « carillonner la victoire ». Elle est parrainée par le commandant Bartholoni et son épouse Louise, propriétaires du château de Coudrée. « Barbara », la petite cloche, est disposée dans une des baies du clocher. Sa modeste taille lui permet aisément de se balancer entre les abats-son et le beffroi. Contrairement à sa grande soeur de 1662, ses inscriptions sont en latin.

Nom Fondeur(s) Année Diamètre (cm) Masse (kg) Note
1 St Maurice J.B. Pitton 1825 106,8 700 Fa3
2 Marie Louise Aimée Les Fils de G. Paccard 1918 99,3 600 Sol3
3 inconnu inconnu 1662 84 346 La3
4 Louise Renée Maurice Les Fils de G. Paccard 1918 75 246 Do4
5 Barbara inconnu 1662 60 126 Ré4

En premier lieu, la cloche de 1825… (cloche 1)

…suivent les cloches de 1918 (cloches 2 & 4)…

…et les deux doyennes de 1662 (cloches 3 & 5).
 

Vidéo de la descente des cloches…

Je remercie pour cette visite du clocher la mairie de Sciez sous le mandat de M. Jean-Luc Bidal, maire, et plus particulièrement Mme Dominique Chaumeron, conseillère municipale chargée de la culture qui a supervisé les travaux de restauration. Je remercie aussi la paroisse pour l’accueil et les sonneries des cloches.
Mention, enfin, à mon fidèle ami Mike dit « Quasimodo » pour l’aide technique.

Sources & Liens :
Sciez
Abbaye de Filly
Eglise Saint-Maurice de Sciez
Paroisse de Sciez
Mairie de Sciez
Fonds privés – inventaire personnel

Fessy – Eglise Saint-Jean-Baptiste

Après le clocher de la chapelle de Lully, je vous invite à découvrir l’église mère de cette double paroisse, aujourd’hui intégrée à l’ensemble Saint-Jean-Bosco basé à Bons-en-Chablais. Elle se situe dans une commune de 900 habitants qui tirerait ses origines à l’époque romaine. Majoritairement résidentielle, la plus grande partie des habitants se séparent entre le bourg et le hameau de Rézier. Ce sont des vignes de ce hameau qui sont cédées au XIIIe siècle à la chartreuse de Vallon, à Bellevaux. Elles ont été données par le seigneur de Fessy et le comte Thomas de Savoie.

L’église, dédiée à saint Jean-Baptiste, prouve l’ancienneté de la paroisse. On sait qu’en 470, Domitanius, évêque de Genève, vint renverser une idole vénérée au sommet des Voirons, non loin de là. Une église serait construite au VIIe siècle. On ne sait rien de celle ci, ni ses dimensions, ni si elle a été remaniée jusqu’au XIIIe siècle. Le premier curé mentionné dans les archives est Messire Girard en 1227.
La nouvelle église a été construite entre 1518 et 1536. Elle a été légèrement déplacée par rapport à l’édifice primitif. L’église était plutôt simple et de dimensions modestes. Le chœur était un chevet plat et le clocher servait de porche. Ce dernier a été frappé par la foudre en 1726. Les habitants en profitent pour le restaurer ainsi que l’église. Un conflit naît entre Fessy et Lully. En effet, ce dernier refuse de participer aux frais de restauration de l’église (ils avaient leur chapelle).
Au lendemain de la Révolution, l’église était jugée dans un état plus que moyen. En 1820, les deux communes ont accepté cette restauration. Les travaux auront lieu en 1823. La nef sera reconstruite plus grande, avec deux bas côtés. Quant au massif clocher, qui sert aussi de porche. Quelques débats ont lieu entre les deux communes. Finalement, il sera terminé en 1835. Une plaque près de la tribune retrace son histoire.

En son sommet, deux cloches sont comme « perdues » dans un immense beffroi en bois. En effet, le clocher est de même largeur que la nef, et les cloches plutôt « modestes ». On imaginerait sans peine une sonnerie digne d’une cathédrale en son sein. Mais compte tenu du village et de l’usage des cloches, la sonnerie correspond bien. En 1753, l’unique cloche est refondue. Mais elle ne reviendra pas seule : c’est à cette date qu’une autre cloche est ajoutée. En 1788 Jean-Daniel Dreffet, maître fondeur de Genève, refond la plus grande. Du bronze a été récupéré de l’incendie du couvent des Voirons en 1787.
Les deux cloches actuelles datent du XIXe et du XXe siècle. La plus grande a été fondue en 1858 par les frères Beauquis de Quintal avec le métal de la cloche de 1788. Ses inscriptions en latin, outre le parrain et la marraine, mentionnent le psaume 50 ainsi qu’une louange à saint Jean-Baptiste, patron de la paroisse.
La plus petite cloche est la refonte d’une des deux cloches de 1753. Elle est très récente car date de 1968, soit un an avant la nouvelle cloche de Lully. Elle aussi cite l’abbé Veyrat et les maires des deux communes. Elle porte le doux nom de « Marie ». En plus d’une vierge à l’enfant et d’un christ, elle arbore deux effigies : celle de saint Maurice, patron de Lully, et saint Jean-Baptiste.

Nom Fondeur(s) Année Diamètre (cm) Masse (kg) Note
1 Marie Louise Joséphine Beauquis Frères 1858 122 1100 Mi 3
2 Marie Paccard 1968 80.5 350 Si 3

Je remercie pour cette visite la muncipalité : M. Condevaux, maire, et M. Godé, adjoint. Je remercie aussi la paroisse et plus particulièrement Mme Lacroix, sacristine.
Je n’oublie pas non plus mon fidèle ami Mike « Quasimodo » toujours présent pour m’aider dans mes visites.

Sources & Liens :
Fessy
Mairie de Fessy
Paroisse de Fessy
« Nuit des Eglises : Eglise de Fessy » par D-L Lavy,  2017
Fonds privés – Clichés personnels

 

Lully – Chapelle Saint-Maurice

Dans les explorations chablaisiennes, je vous invite à découvrir un clocher très ancien. Le village de Lully aurait été occupé par les Romains et les Burgondes. Des fouilles archéologiques confirment les différentes hypothèses.
On sait qu’au XIIIe siècle, les sires de Cervens bâtissent le château de la Rochette. Cette famille a profondément marqué les siècles précédents dans la région. De la fondation de la paroisse, on ne sait hélas rien. Peut-être elle a été fondée au VIIe siècle, et placée sous le patronage de saint Maurice, prouvant une fois de plus la place qu’occupait cette abbaye richement dotée en territoire dès sa fondation. La paroisse n’existe que depuis le XIIIe siècle dans les archives : on cite l’abbé Trombert comme curé. Il est cité dans un acte de l’Abbaye cistercienne d’Aulps. La première église est agrandie en 1471. Le clocher a été conservé, c’est celui que l’on connait. En 1536, les protestants envahissent le Chablais. Cet acte sonna le glas de la paroisse. Bien qu’en 1598, la majorité des paroissiens renoncent au protestantisme, la paroisse de Lully ne sera jamais réinstallée. Elle sera unie à celle de Fessy, commune distante de quelques centaines de mètres.

Revenons aux évolutions de l’ancienne église, devenue chapelle. En 1624, la chapelle est restaurée, puis une nouvelle fois fin XVIIIe siècle. L’ancien sanctuaire était à l’époque baroque. Il sonne comme une revanche sur la Réforme, qui a hélas eu raison de la paroisse de Lully. En 1889, la chapelle est rasée. La nouvelle nef sera édifiée dans l’axe perpendiculaire : le clocher est depuis contre le bas côté. Le rez-de-chaussée sert en quelques sortes de sacristie et de local technique. Le retable baroque, par miracle conservé, a été restauré en 1990. Il représente saint Maurice et saints Pierre et Paul.

Le sommet du clocher abrite une seule cloche, aujourd’hui électrifiée. Elle est sonnée par un marteau électrique chaque demi-heure. Si ce dernier est électrique, on peut noter la présence d’une horloge mécanique Paul Odobey, basé à Morez (Jura). La cloche ne sonne pas les angélus quotidiens mais est actionnée lors d’un décès dans le village. D’ailleurs, les sépultures ont toujours lieu à la chapelle, ou alors à l’église de Fessy, selon les convenances. Des rares offices ont lieu dans l’année à la chapelle, là aussi, le son de la cloche est audible.
Si l’actuelle cloche date de 1969, beaucoup d’autres se sont succédées. On sait qu’en 1764, le fondeur Livremont est sollicité pour fondre une nouvelle cloche, l’ancienne étant fêlée. De 300 livres, on passe à 500. Lors de la Révolution, une légende dit que la cloche, devant être amenée à Bons, a été cachée et remplacée par une hotte. Mais malgré cela, elle ne sera jamais retrouvée. En septembre 1797, Jean-Daniel Dreffet livre une nouvelle cloche « Henriette ». En 1835, elle est déjà refondue car brisée. On sait qu’en 1886, la cloche est une nouvelle fois refondue.

La cloche actuelle « Joséphine », refondue en 1969 par la fonderie Paccard, pèse 535 kilos. Elle mesure 95cm de diamètre à la base. Elle sonne le Sol dièse 3.

Mes remerciements à la municipalité de Lully sous le mandat du maire René Girard, pour l’autorisation. Je remercie également M. Jacques Balsat, diacre, pour l’ouverture du clocher. Mention, enfin, à mon ami Mike « Quasimodo » pour l’aide apportée sur place.

Sources & liens :
Lully sur Wikipédia
Paroisse Saint-Jean-Bosco
« La Paroisse de Lully » D-L Lavy

Brenthonne – Eglise Saint-Maurice

Le secteur du Chablais va occuper toutes mes prochaines publications. Je me suis -entre autres- penché sur le clocher-campanile de Brenthonne. Depuis ma plus tendre enfance, sa silhouette élancée ne manquait pas d’interpeller mes yeux, au bord de la départementale qui relie Annemasse à Thonon/Evian.

Brenthonne est une commune de 1000 habitants qui s’organise le long de cette départementale. Elle est traversée de trois torrents qui prennent leurs sources à Saxel : Ruisseau de la Creusiaz, ruisseau de la Pisse-Vache, ruisseau d’Avully. Près de ce dernier se trouve le château Saint-Michel d’Avully, maison forte bâtie au XIVe siècle. Elle témoigne la place stratégique qu’occupait Brenthonne, à la fois aux portes du Chablais mais aussi au pied du col de Saxel, passage que le château s’efforçait de surveiller.
La commune actuelle de Brethonne résulte de la fusion de trois paroisses : Saint-Sylvestre d’Avully, Saints-Victor-et-Ours de Vigny, et Saint-Maurice de Brenthonne. L’invasion des Bernois en 1536 ont eu raison de deux d’entre elles : les églises ont été rasées et le passage de saint François de Sales, en 1598, n’a fait ressusciter que la troisième paroisse. Cela n’a pas empêché les trois communes de s’administrer séparément sur le plan civil jusqu’à la Révolution.

Le clocher de l’église Saint-Maurice de Brenthonne présente la particularité, avec ses homologues d’Annecy-le-Vieux, Saint-Jeoire et Bonnevaux d’être un campanile : il est totalement dissocié de l’église. Il y a pourtant une époque ou un sanctuaire lui était adossé. Et même le cimetière l’entourait, comme il en était la coutume jadis. Mais nous allons commencer par remonter dans le temps…
Le portail qui se trouve au pied du campanile serait de l’époque gothique. Une inscription accompagnée d’une croix tréflée mentionnerait la date de 1400 ou 1450. Le sommet du clocher, plutôt roman, conforte dans les hypothèses qu’il est très ancien. Il remonterait peut-être aux premiers âges du roman. Du sanctuaire qui lui était jadis accolé, on ne sait presque rien si ce n’est qu’elle était orientée conformément aux traditions et ses dimensions : 20m75 de longueur (sans le clocher porche) pour 8m70 de largeur. Le clocher quant à lui est plutôt rectangulaire : 5m20*4m85.

L’édifice était devenu trop exigu pour accueillir l’ensemble des paroissiens. Le Rd Chatillon, curé de l’époque, désirait aussi marquer de son emprunte le lieu en édifiant un édifice pour les siècles à venir. Le refus du Conseil de concrétiser son projet ne le découragea pas : le père avait en effet racheté un terrain à l’ouest du village, face au presbytère. Il a ensuite trouvé les fonds nécessaire auprès des paroissiens pour bâtir ce nouveau sanctuaire, néoclassique, consacré en 1839. L’année suivante, le curé cède l’édifice gratuitement à la commune, en émettant entre autres les conditions que l’édifice ne serve qu’au culte catholique, et qu’aucune végétation ou construction la cache. Lors de la cession du terrain, il était décidé de reporter la construction du clocher. Le terrain jugé instable menace sa pérennité et le financement serait plutôt lourd à assurer.

Revenons à l’ancien clocher. Il a été séparé de sa nef seulement 1878, malgré son intérêt architectural certain. Durant un temps, Brenthonne comptait donc deux églises. Mais la doyenne a en fait été réhabilité en salle consulaire et en école, pour une courte époque.
Le clocher est donc aujourd’hui dans un vaste espace carré. Des murs donnent encore aujourd’hui la dimension qu’avaient l’ensemble église-cimetière. Il peut être très agréable de se poser à l’ombre de cette tour séculaire.
A l’intérieur de cette tour, deux cloches sonnent encore aujourd’hui les cérémonies qui se déroulent à quelques centaines de mètres de là. Des anciennes cloches, nous ne savons rien. Un passage du fondeur Jean-Claude Livremont est mentionné en 1768. Il est confirmé par les inscriptions de la grande cloche. La petite cloche, quant à elle, mentionne une cloche « Maria » datée de 1721. Elle héritera de son nom. L’ensemble est refondu en 1958, avant d’être béni par Mgr Cesbron, évêque d’Annecy, installé puis électrifié.

Nom Diamètre (cm) Masse (kg) Note
1 Sts Maurice & François de Sales 89,8 450 La 3
2 Maria 76 275 Do 4
Fonderie Paccard – Annecy-le-Vieux – A.D. 1958

Mes remerciements pour cette visite du campanile à la municipalité de Brenthonne, sous le mandat de M. Michel Burgnard, pour son autorisation. Je remercie également M. Claude Genoud, conseiller municipal, qui m’a accompagné aux cloches. Mention enfin à mon ami Mike « Quasimodo » pour l’aide apportée à la réalisation de ce reportage.

Sources & Liens :
L’Eglise de Brenthonne – Terra Langini – D-L Lavy
Brenthonne sur Wikipédia
Eglise Saint-Maurice de Brenthonne sur Wikipédia
Fonds privés
Clichés personnels
Paroisse Saint-Jean-Bosco

Ebersmunster – Eglise-Abbatiale Saint-Maurice

Après une première étape à Hochstatt pour découvrir les cloches alsaciennes, je vous donne rendez-vous plus en aval du Rhin, à quelques kilomètres de la ville de Sélestat. Dans un petit village de 500 habitants, trois élégants bulbes s’élèvent vers le ciel. Il s’agit de l’abbatiale Saint-Maurice d’Ebersmunster, vestige d’une abbaye bénédictine fondée au VIIe siècle par saint Dié (parfois écrit saint Déodat), moine irlandais.
D’abord sous le patronage double des saints apôtres Pierre et Paul, l’abbatiale est aujourd’hui dédiée à saint Maurice d’Agaune (Suisse). En effet, saint Dié à obtenu de l’abbé de Saint-Maurice quelques reliques, alors placées et vénérées dans l’abbatiale. Durant la plus grande partie de son existence, la communauté suivra la règle bénédictine mixte.

Maquette de l’Abbaye.

Il serait bien trop complexe de vous conter intégralement l’histoire de l’abbaye, pourtant forte intéressante. Agrémentée de différentes sources, sa page wikipédia se laisse très facilement dévorer. Je vais tout de même, dans les grandes lignes et comme à mon habitude, vous faire un résumé historique de l’abbatiale actuelle, devenue simple église paroissiale au lendemain de la Révolution.

C’est au lendemain de la guerre de Trente Ans que l’Abbatiale se relève doucement de ses cendres. Les abbés successifs y parviendront tant bien que mal. Mais c’est sous l’abbatiat de l’Abbé Bernard Roethlin que l’abbatiale est totalement reconstruite dans un style baroque autrichien. Elle est d’ailleurs considérée par les historiens et spécialistes comme le plus beau sanctuaire baroque autrichien en France. Le non-moins renommé Peter Thumb en dessine les plans et supervise la construction d’un édifice totalement achevé en 1712. Le retable est installé et les fresque de la nef sont peintes en 1727, le magnifique orgue Silbermann est installé en 1730. Depuis cette date, il ne cesse d’attirer les organistes de tous horizons. Un festival lui est consacré, chaque été ! Les remarquables stalles du chœur sont l’oeuvre de Matthieu Wurtzer. Les statues de bois représentant les principaux saints de la chrétienté, ceux liés à l’Abbaye ou à l’Alsace y figurent et ont été restaurés (ou réinstallés) lors d’une restauration sous le mandat du curé Wetterwald.
A l’extérieur, la façade plutôt sobre est flanquée de deux tours clochers couronnées d’élégants bulbes. Contre le chevet, plus discrète, s’adosse la tour dite « des païens ».

   

Avant la Révolution, huit cloches se répartissaient dans les trois tours de l’abbatiale. On sait qu’en 1672, Hans-Peter Edel livre deux cloches : une pour l’abbatiale, et une pour l’église paroissiale. Valentin Allgeyer livre une nouvelle cloche en 1691. En 1715, peu après la livraison du nouveau sanctuaire conventuel, Matthieu Edel livre quatre airains. En 1791, cinq des huits campanes sont descendues. Le bourdon suivra en 1792.
En 1866, Honoré Perrin-Martin livre trois cloches à l’abbatiale, devenue simple église paroissiale. L’année suivante, une quatrième, plus petite, est installée. En 1872 déjà, la seconde cloche est refondue par la fonderie Causard de Colmar. Trois cloches sont réquisitionnées par les allemands en 1917 et une seule retrouvée intacte sera replacée au clocher en 1919. Les deux cloches manquantes seront ajoutées par la fonderie Causard en 1929. En 1944, un tir de char d’assaut détruit la seconde cloche, alors refondue en 1957. En 1996, la petite cloche Perrin-Martin de 1867 est descendue de la tour car de mauvaise qualité et remplacée par une cloche de la fonderie de Karlsruhe.
En 2018, un nouveau bourdon est livré à l’abbatiale. Le projet, lancé en 2015, faisait écho aux 1500 ans de l’abbaye de Saint-Maurice d’Agaune, en Suisse. Après une souscription, la cloche fut fondue le 16 mars à Strasbourg par l’entreprise d’André Voegelé. La cloche reprend le profil de la fonderie Causard pour s’harmoniser au mieux avec ses sœurs plus agées. Béni le dimanche des Rameaux, il a sonné pour la première fois le 8 avril 2018, alors que Mgr Jean Scarcella, Abbé de Saint-Maurice, offrait solennellement des reliques des martyrs d’Agaune à l’abbatiale, les anciennes ayant été perdues à la Révolution.

Pour lire les inscriptions de la nouvelle cloche, cliquez ici.
Ci-dessous, les premières notes de ce petit bourdon, le 8 avril 2018 à 9h50.

Nom Fondeur Année Diamètre (cm) Masse (kg) Note
1 Ste Trinité A. Voegelé 2018 146,8 1850 Si2
2 St Maurice H. Perrin Martin 1866 127 1169 Ré3
3 Christ-Roi & Ste Famille Causard 1933 123,3 1154 Mi3
4 Stes Jeanne d’Arc & Thérèse de Lisieux Causard 1929 103 700 Sol3
5 Sts Benoit & Odile Fonderie de Karlsruher 1996 82 293 Si3
/
Ste Vierge Marie
H. Perrin Martin
1867
/
348
La3

Le bourdon, seul dans la tour sud…

…et ses petites sœurs dans la tour Nord.

Pour les voir (vidéo Frauenfelder82, 2013) :

Mes remerciements pour l’accès au clocher à l’abbé Philipps, curé, pour l’ouverture des tours. Par ces quelques lignes, j’exprime toute ma reconnaissance à Me Pascal Krafft, expert-campanologue adjoint de l’archidiocèse de Strasbourg et -entre autres- a qui nous devons cette magnifique cloche. Qu’il soit vivement remercié de m’avoir permis d’immortaliser les premières notes de « son » bébé. Je remercie également Mike « Quasimodo » pour l’indispensable collaboration pour la publication de ce reportage. Je salue également très cordialement Mgr Jean Scarcella, 95ème Père-Abbé de Saint-Maurice qui a présidé la messe solennelle lors de la sonnerie et Guilhem Lavignotte qui carillonne régulièrement avec moi à l’Abbaye de Saint-Maurice, également du voyage.

Sources :
Inventaire Pascal Krafft
Ebersmunster sur Wikipédia

Hochstatt – Eglise Saints-Pierre-et-Paul

L’église.

C’est à quelques kilomètres de Mulhouse que je vous propose d’aller aujourd’hui. Au cours d’un week-end en Alsace, mes amis et moi avons fait une halte à Hochstatt. Ce bourg de 2’100 habitants possède une sonnerie de six cloches presque flambant neuve : pas moins de trois cloches ont été ajoutées en 2017 !
Hochstatt dépendait jadis de l’église Saint-Gall de Didenheim. Dès 1441, son curé y nommait le chapelain du lieu. C’est en 1731 que la paroisse devient indépendante. Le sanctuaire bâti en 1832 dans le style néoclassique remplace un autre lieu de culte construit en 1717, jugé à l’époque « trop petit » pour la communauté grandissante. Les trois autels (principal & latéraux) de l’église du XVIIIe sont cités en 1660 déjà. On sait en fait que les églises se succèdent depuis la fin du XVIe siècle.

Dernier venu après l’orgue Callinet installé en 1836, le clocher abrite aujourd’hui six cloches. Mais il n’a pas toujours été aussi bien rempli. On sait qu’en 1647 deux cloches sonnent déjà dans le ciel hochstattois. Elles ont d’ailleurs été sauvées des réquisitions suédoises. Au nombre de trois à la Révolution, deux d’entre elles n’échapperont pas aux Révolutionnaires qui les briseront. En 1828, l’unique cloche pré révolutionnaire sera remplacée par trois cloches signées François Robert-Rollet, établi à Urville (Vosges). De cette fonte, seule l’une d’entre elles sonne encore aujourd’hui. En 1864, son fils François Robert-Hartmann livre la plus grande et la plus petite cloche de l’ensemble campanaire. Dès lors, cinq airains se partagent le beffroi en bois. Mais en 1917, les cloches sont réquisitionnées par les allemands et sont emmenées avec 1800 autres au « dépôt campanaire » de Francfort. En 1919, seules trois cloches, retrouvées intactes, reprendront place dans le clocher. Les autres sont hélas perdues à jamais… En 2017, à l’occasion du centenaire de la réquisition, un projet voit le jour : redonner au clocher sa voix d’antan. Grâce à de généreux donateurs, ce ne sont pas deux mais trois cloches qui seront fondues par l’entreprise strasbourgeoise d’André Voegelé. L’évêque émérite de Saint-Dié (Vosges), Mgr Jean-Paul Mathieu, procéda à la bénédiction des trois nouvelles cloches devant la population locale… un événement rare, qui ne devrait pas se reproduire de sitôt dans cette bourgade alsacienne !

Nom Fondeur Année Diamètre (cm) Masse (kg) Note
1 St Michel F. Robert-Hartmann 1864 135 1318 Do3
2 Ste Marie A. Voegelé 2017 101 550 Fa3
3 St Antoine F. Robert-Rollet 1828 90 424 La♭3
4 Sts Pierre & Paul A. Voegelé 2017 77 275 Si♭3
5 Pius F. Robert-Hartmann 1864 68 188 Do4
6 Ste Odile A. Voegelé 2017 59 110 Mi♭4

 

Les cloches pendant leur bénédiction (Photo P.Krafft)

Un grand merci à M. Jacques Eichinger, président des Œuvres Saints-Pierre-et-Paul pour l’accès au clocher et la volée spéciale des six cloches, peu après l’angélus de onze heures. Je remercie vivement Pascal Krafft, expert-campanologue adjoint à l’archidiocèse de Strasbourg pour l’organisation de cette visite, Mike « Quasimodo » pour le soutien technique et Guilhem, carillonneur et organiste.

Sources & liens :
Photos personnelles
Photos de MM. « Quasimodo » & Krafft
Wikipédia d’Hochstatt
Mairie d’Hochstatt