Fessy – Eglise Saint-Jean-Baptiste

Après le clocher de la chapelle de Lully, je vous invite à découvrir l’église mère de cette double paroisse, aujourd’hui intégrée à l’ensemble Saint-Jean-Bosco basé à Bons-en-Chablais. Elle se situe dans une commune de 900 habitants qui tirerait ses origines à l’époque romaine. Majoritairement résidentielle, la plus grande partie des habitants se séparent entre le bourg et le hameau de Rézier. Ce sont des vignes de ce hameau qui sont cédées au XIIIe siècle à la chartreuse de Vallon, à Bellevaux. Elles ont été données par le seigneur de Fessy et le comte Thomas de Savoie.

L’église, dédiée à saint Jean-Baptiste, prouve l’ancienneté de la paroisse. On sait qu’en 470, Domitanius, évêque de Genève, vint renverser une idole vénérée au sommet des Voirons, non loin de là. Une église serait construite au VIIe siècle. On ne sait rien de celle ci, ni ses dimensions, ni si elle a été remaniée jusqu’au XIIIe siècle. Le premier curé mentionné dans les archives est Messire Girard en 1227.
La nouvelle église a été construite entre 1518 et 1536. Elle a été légèrement déplacée par rapport à l’édifice primitif. L’église était plutôt simple et de dimensions modestes. Le chœur était un chevet plat et le clocher servait de porche. Ce dernier a été frappé par la foudre en 1726. Les habitants en profitent pour le restaurer ainsi que l’église. Un conflit naît entre Fessy et Lully. En effet, ce dernier refuse de participer aux frais de restauration de l’église (ils avaient leur chapelle).
Au lendemain de la Révolution, l’église était jugée dans un état plus que moyen. En 1820, les deux communes ont accepté cette restauration. Les travaux auront lieu en 1823. La nef sera reconstruite plus grande, avec deux bas côtés. Quant au massif clocher, qui sert aussi de porche. Quelques débats ont lieu entre les deux communes. Finalement, il sera terminé en 1835. Une plaque près de la tribune retrace son histoire.

En son sommet, deux cloches sont comme « perdues » dans un immense beffroi en bois. En effet, le clocher est de même largeur que la nef, et les cloches plutôt « modestes ». On imaginerait sans peine une sonnerie digne d’une cathédrale en son sein. Mais compte tenu du village et de l’usage des cloches, la sonnerie correspond bien. En 1753, l’unique cloche est refondue. Mais elle ne reviendra pas seule : c’est à cette date qu’une autre cloche est ajoutée. En 1788 Jean-Daniel Dreffet, maître fondeur de Genève, refond la plus grande. Du bronze a été récupéré de l’incendie du couvent des Voirons en 1787.
Les deux cloches actuelles datent du XIXe et du XXe siècle. La plus grande a été fondue en 1858 par les frères Beauquis de Quintal avec le métal de la cloche de 1788. Ses inscriptions en latin, outre le parrain et la marraine, mentionnent le psaume 50 ainsi qu’une louange à saint Jean-Baptiste, patron de la paroisse.
La plus petite cloche est la refonte d’une des deux cloches de 1753. Elle est très récente car date de 1968, soit un an avant la nouvelle cloche de Lully. Elle aussi cite l’abbé Veyrat et les maires des deux communes. Elle porte le doux nom de « Marie ». En plus d’une vierge à l’enfant et d’un christ, elle arbore deux effigies : celle de saint Maurice, patron de Lully, et saint Jean-Baptiste.

N° Nom Fondeur(s) Année Diamètre (cm) Masse (kg) Note
1 Marie Louise Joséphine Beauquis Frères 1858 122 1100 Mi 3
2 Marie Paccard 1968 80.5 350 Si 3

Je remercie pour cette visite la muncipalité : M. Condevaux, maire, et M. Godé, adjoint. Je remercie aussi la paroisse et plus particulièrement Mme Lacroix, sacristine.
Je n’oublie pas non plus mon fidèle ami Mike « Quasimodo » toujours présent pour m’aider dans mes visites.

Sources & Liens :
Fessy
Mairie de Fessy
Paroisse de Fessy
« Nuit des Eglises : Eglise de Fessy » par D-L Lavy,  2017
Fonds privés – Clichés personnels

 

Lully – Chapelle Saint-Maurice

Dans les explorations chablaisiennes, je vous invite à découvrir un clocher très ancien. Le village de Lully aurait été occupé par les Romains et les Burgondes. Des fouilles archéologiques confirment les différentes hypothèses.
On sait qu’au XIIIe siècle, les sires de Cervens bâtissent le château de la Rochette. Cette famille a profondément marqué les siècles précédents dans la région. De la fondation de la paroisse, on ne sait hélas rien. Peut-être elle a été fondée au VIIe siècle, et placée sous le patronage de saint Maurice, prouvant une fois de plus la place qu’occupait cette abbaye richement dotée en territoire dès sa fondation. La paroisse n’existe que depuis le XIIIe siècle dans les archives : on cite l’abbé Trombert comme curé. Il est cité dans un acte de l’Abbaye cistercienne d’Aulps. La première église est agrandie en 1471. Le clocher a été conservé, c’est celui que l’on connait. En 1536, les protestants envahissent le Chablais. Cet acte sonna le glas de la paroisse. Bien qu’en 1598, la majorité des paroissiens renoncent au protestantisme, la paroisse de Lully ne sera jamais réinstallée. Elle sera unie à celle de Fessy, commune distante de quelques centaines de mètres.

Revenons aux évolutions de l’ancienne église, devenue chapelle. En 1624, la chapelle est restaurée, puis une nouvelle fois fin XVIIIe siècle. L’ancien sanctuaire était à l’époque baroque. Il sonne comme une revanche sur la Réforme, qui a hélas eu raison de la paroisse de Lully. En 1889, la chapelle est rasée. La nouvelle nef sera édifiée dans l’axe perpendiculaire : le clocher est depuis contre le bas côté. Le rez-de-chaussée sert en quelques sortes de sacristie et de local technique. Le retable baroque, par miracle conservé, a été restauré en 1990. Il représente saint Maurice et saints Pierre et Paul.

Le sommet du clocher abrite une seule cloche, aujourd’hui électrifiée. Elle est sonnée par un marteau électrique chaque demi-heure. Si ce dernier est électrique, on peut noter la présence d’une horloge mécanique Paul Odobey, basé à Morez (Jura). La cloche ne sonne pas les angélus quotidiens mais est actionnée lors d’un décès dans le village. D’ailleurs, les sépultures ont toujours lieu à la chapelle, ou alors à l’église de Fessy, selon les convenances. Des rares offices ont lieu dans l’année à la chapelle, là aussi, le son de la cloche est audible.
Si l’actuelle cloche date de 1969, beaucoup d’autres se sont succédées. On sait qu’en 1764, le fondeur Livremont est sollicité pour fondre une nouvelle cloche, l’ancienne étant fêlée. De 300 livres, on passe à 500. Lors de la Révolution, une légende dit que la cloche, devant être amenée à Bons, a été cachée et remplacée par une hotte. Mais malgré cela, elle ne sera jamais retrouvée. En septembre 1797, Jean-Daniel Dreffet livre une nouvelle cloche « Henriette ». En 1835, elle est déjà refondue car brisée. On sait qu’en 1886, la cloche est une nouvelle fois refondue.

La cloche actuelle « Joséphine », refondue en 1969 par la fonderie Paccard, pèse 535 kilos. Elle mesure 95cm de diamètre à la base. Elle sonne le Sol dièse 3.

Mes remerciements à la municipalité de Lully sous le mandat du maire René Girard, pour l’autorisation. Je remercie également M. Jacques Balsat, diacre, pour l’ouverture du clocher. Mention, enfin, à mon ami Mike « Quasimodo » pour l’aide apportée sur place.

Sources & liens :
Lully sur Wikipédia
Paroisse Saint-Jean-Bosco
« La Paroisse de Lully » D-L Lavy

Brenthonne – Eglise Saint-Maurice

Le secteur du Chablais va occuper toutes mes prochaines publications. Je me suis -entre autres- penché sur le clocher-campanile de Brenthonne. Depuis ma plus tendre enfance, sa silhouette élancée ne manquait pas d’interpeller mes yeux, au bord de la départementale qui relie Annemasse à Thonon/Evian.

Brenthonne est une commune de 1000 habitants qui s’organise le long de cette départementale. Elle est traversée de trois torrents qui prennent leurs sources à Saxel : Ruisseau de la Creusiaz, ruisseau de la Pisse-Vache, ruisseau d’Avully. Près de ce dernier se trouve le château Saint-Michel d’Avully, maison forte bâtie au XIVe siècle. Elle témoigne la place stratégique qu’occupait Brenthonne, à la fois aux portes du Chablais mais aussi au pied du col de Saxel, passage que le château s’efforçait de surveiller.
La commune actuelle de Brethonne résulte de la fusion de trois paroisses : Saint-Sylvestre d’Avully, Saints-Victor-et-Ours de Vigny, et Saint-Maurice de Brenthonne. L’invasion des Bernois en 1536 ont eu raison de deux d’entre elles : les églises ont été rasées et le passage de saint François de Sales, en 1598, n’a fait ressusciter que la troisième paroisse. Cela n’a pas empêché les trois communes de s’administrer séparément sur le plan civil jusqu’à la Révolution.

Le clocher de l’église Saint-Maurice de Brenthonne présente la particularité, avec ses homologues d’Annecy-le-Vieux, Saint-Jeoire et Bonnevaux d’être un campanile : il est totalement dissocié de l’église. Il y a pourtant une époque ou un sanctuaire lui était adossé. Et même le cimetière l’entourait, comme il en était la coutume jadis. Mais nous allons commencer par remonter dans le temps…
Le portail qui se trouve au pied du campanile serait de l’époque gothique. Une inscription accompagnée d’une croix tréflée mentionnerait la date de 1400 ou 1450. Le sommet du clocher, plutôt roman, conforte dans les hypothèses qu’il est très ancien. Il remonterait peut-être aux premiers âges du roman. Du sanctuaire qui lui était jadis accolé, on ne sait presque rien si ce n’est qu’elle était orientée conformément aux traditions et ses dimensions : 20m75 de longueur (sans le clocher porche) pour 8m70 de largeur. Le clocher quant à lui est plutôt rectangulaire : 5m20*4m85.

L’édifice était devenu trop exigu pour accueillir l’ensemble des paroissiens. Le Rd Chatillon, curé de l’époque, désirait aussi marquer de son emprunte le lieu en édifiant un édifice pour les siècles à venir. Le refus du Conseil de concrétiser son projet ne le découragea pas : le père avait en effet racheté un terrain à l’ouest du village, face au presbytère. Il a ensuite trouvé les fonds nécessaire auprès des paroissiens pour bâtir ce nouveau sanctuaire, néoclassique, consacré en 1839. L’année suivante, le curé cède l’édifice gratuitement à la commune, en émettant entre autres les conditions que l’édifice ne serve qu’au culte catholique, et qu’aucune végétation ou construction la cache. Lors de la cession du terrain, il était décidé de reporter la construction du clocher. Le terrain jugé instable menace sa pérennité et le financement serait plutôt lourd à assurer.

Revenons à l’ancien clocher. Il a été séparé de sa nef seulement 1878, malgré son intérêt architectural certain. Durant un temps, Brenthonne comptait donc deux églises. Mais la doyenne a en fait été réhabilité en salle consulaire et en école, pour une courte époque.
Le clocher est donc aujourd’hui dans un vaste espace carré. Des murs donnent encore aujourd’hui la dimension qu’avaient l’ensemble église-cimetière. Il peut être très agréable de se poser à l’ombre de cette tour séculaire.
A l’intérieur de cette tour, deux cloches sonnent encore aujourd’hui les cérémonies qui se déroulent à quelques centaines de mètres de là. Des anciennes cloches, nous ne savons rien. Un passage du fondeur Jean-Claude Livremont est mentionné en 1768. Il est confirmé par les inscriptions de la grande cloche. La petite cloche, quant à elle, mentionne une cloche « Maria » datée de 1721. Elle héritera de son nom. L’ensemble est refondu en 1958, avant d’être béni par Mgr Cesbron, évêque d’Annecy, installé puis électrifié.

N° Nom Diamètre (cm) Masse (kg) Note
1 Sts Maurice & François de Sales 89,8 450 La 3
2 Maria 76 275 Do 4
Fonderie Paccard – Annecy-le-Vieux – A.D. 1958

Mes remerciements pour cette visite du campanile à la municipalité de Brenthonne, sous le mandat de M. Michel Burgnard, pour son autorisation. Je remercie également M. Claude Genoud, conseiller municipal, qui m’a accompagné aux cloches. Mention enfin à mon ami Mike « Quasimodo » pour l’aide apportée à la réalisation de ce reportage.

Sources & Liens :
L’Eglise de Brenthonne – Terra Langini – D-L Lavy
Brenthonne sur Wikipédia
Eglise Saint-Maurice de Brenthonne sur Wikipédia
Fonds privés
Clichés personnels
Paroisse Saint-Jean-Bosco

Ebersmunster – Eglise-Abbatiale Saint-Maurice

Après une première étape à Hochstatt pour découvrir les cloches alsaciennes, je vous donne rendez-vous plus en aval du Rhin, à quelques kilomètres de la ville de Sélestat. Dans un petit village de 500 habitants, trois élégants bulbes s’élèvent vers le ciel. Il s’agit de l’abbatiale Saint-Maurice d’Ebersmunster, vestige d’une abbaye bénédictine fondée au VIIe siècle par saint Dié (parfois écrit saint Déodat), moine irlandais.
D’abord sous le patronage double des saints apôtres Pierre et Paul, l’abbatiale est aujourd’hui dédiée à saint Maurice d’Agaune (Suisse). En effet, saint Dié à obtenu de l’abbé de Saint-Maurice quelques reliques, alors placées et vénérées dans l’abbatiale. Durant la plus grande partie de son existence, la communauté suivra la règle bénédictine mixte.

Maquette de l’Abbaye.

Il serait bien trop complexe de vous conter intégralement l’histoire de l’abbaye, pourtant forte intéressante. Agrémentée de différentes sources, sa page wikipédia se laisse très facilement dévorer. Je vais tout de même, dans les grandes lignes et comme à mon habitude, vous faire un résumé historique de l’abbatiale actuelle, devenue simple église paroissiale au lendemain de la Révolution.

C’est au lendemain de la guerre de Trente Ans que l’Abbatiale se relève doucement de ses cendres. Les abbés successifs y parviendront tant bien que mal. Mais c’est sous l’abbatiat de l’Abbé Bernard Roethlin que l’abbatiale est totalement reconstruite dans un style baroque autrichien. Elle est d’ailleurs considérée par les historiens et spécialistes comme le plus beau sanctuaire baroque autrichien en France. Le non-moins renommé Peter Thumb en dessine les plans et supervise la construction d’un édifice totalement achevé en 1712. Le retable est installé et les fresque de la nef sont peintes en 1727, le magnifique orgue Silbermann est installé en 1730. Depuis cette date, il ne cesse d’attirer les organistes de tous horizons. Un festival lui est consacré, chaque été ! Les remarquables stalles du chœur sont l’oeuvre de Matthieu Wurtzer. Les statues de bois représentant les principaux saints de la chrétienté, ceux liés à l’Abbaye ou à l’Alsace y figurent et ont été restaurés (ou réinstallés) lors d’une restauration sous le mandat du curé Wetterwald.
A l’extérieur, la façade plutôt sobre est flanquée de deux tours clochers couronnées d’élégants bulbes. Contre le chevet, plus discrète, s’adosse la tour dite « des païens ».

   

Avant la Révolution, huit cloches se répartissaient dans les trois tours de l’abbatiale. On sait qu’en 1672, Hans-Peter Edel livre deux cloches : une pour l’abbatiale, et une pour l’église paroissiale. Valentin Allgeyer livre une nouvelle cloche en 1691. En 1715, peu après la livraison du nouveau sanctuaire conventuel, Matthieu Edel livre quatre airains. En 1791, cinq des huits campanes sont descendues. Le bourdon suivra en 1792.
En 1866, Honoré Perrin-Martin livre trois cloches à l’abbatiale, devenue simple église paroissiale. L’année suivante, une quatrième, plus petite, est installée. En 1872 déjà, la seconde cloche est refondue par la fonderie Causard de Colmar. Trois cloches sont réquisitionnées par les allemands en 1917 et une seule retrouvée intacte sera replacée au clocher en 1919. Les deux cloches manquantes seront ajoutées par la fonderie Causard en 1929. En 1944, un tir de char d’assaut détruit la seconde cloche, alors refondue en 1957. En 1996, la petite cloche Perrin-Martin de 1867 est descendue de la tour car de mauvaise qualité et remplacée par une cloche de la fonderie de Karlsruhe.
En 2018, un nouveau bourdon est livré à l’abbatiale. Le projet, lancé en 2015, faisait écho aux 1500 ans de l’abbaye de Saint-Maurice d’Agaune, en Suisse. Après une souscription, la cloche fut fondue le 16 mars à Strasbourg par l’entreprise d’André Voegelé. La cloche reprend le profil de la fonderie Causard pour s’harmoniser au mieux avec ses sœurs plus agées. Béni le dimanche des Rameaux, il a sonné pour la première fois le 8 avril 2018, alors que Mgr Jean Scarcella, Abbé de Saint-Maurice, offrait solennellement des reliques des martyrs d’Agaune à l’abbatiale, les anciennes ayant été perdues à la Révolution.

Pour lire les inscriptions de la nouvelle cloche, cliquez ici.
Ci-dessous, les premières notes de ce petit bourdon, le 8 avril 2018 à 9h50.

N° Nom Fondeur Année Diamètre (cm) Masse (kg) Note
1 Ste Trinité A. Voegelé 2018 146,8 1850 Si2
2 St Maurice H. Perrin Martin 1866 127 1169 Ré3
3 Christ-Roi & Ste Famille Causard 1933 123,3 1154 Mi3
4 Stes Jeanne d’Arc & Thérèse de Lisieux Causard 1929 103 700 Sol3
5 Sts Benoit & Odile Fonderie de Karlsruher 1996 82 293 Si3
/
Ste Vierge Marie
H. Perrin Martin
1867
/
348
La3

Le bourdon, seul dans la tour sud…

…et ses petites sœurs dans la tour Nord.

Pour les voir (vidéo Frauenfelder82, 2013) :

Mes remerciements pour l’accès au clocher à l’abbé Philipps, curé, pour l’ouverture des tours. Par ces quelques lignes, j’exprime toute ma reconnaissance à Me Pascal Krafft, expert-campanologue adjoint de l’archidiocèse de Strasbourg et -entre autres- a qui nous devons cette magnifique cloche. Qu’il soit vivement remercié de m’avoir permis d’immortaliser les premières notes de « son » bébé. Je remercie également Mike « Quasimodo » pour l’indispensable collaboration pour la publication de ce reportage. Je salue également très cordialement Mgr Jean Scarcella, 95ème Père-Abbé de Saint-Maurice qui a présidé la messe solennelle lors de la sonnerie et Guilhem Lavignotte qui carillonne régulièrement avec moi à l’Abbaye de Saint-Maurice, également du voyage.

Sources :
Inventaire Pascal Krafft
Ebersmunster sur Wikipédia

Hochstatt – Eglise Saints-Pierre-et-Paul

L’église.

C’est à quelques kilomètres de Mulhouse que je vous propose d’aller aujourd’hui. Au cours d’un week-end en Alsace, mes amis et moi avons fait une halte à Hochstatt. Ce bourg de 2’100 habitants possède une sonnerie de six cloches presque flambant neuve : pas moins de trois cloches ont été ajoutées en 2017 !
Hochstatt dépendait jadis de l’église Saint-Gall de Didenheim. Dès 1441, son curé y nommait le chapelain du lieu. C’est en 1731 que la paroisse devient indépendante. Le sanctuaire bâti en 1832 dans le style néoclassique remplace un autre lieu de culte construit en 1717, jugé à l’époque « trop petit » pour la communauté grandissante. Les trois autels (principal & latéraux) de l’église du XVIIIe sont cités en 1660 déjà. On sait en fait que les églises se succèdent depuis la fin du XVIe siècle.

Dernier venu après l’orgue Callinet installé en 1836, le clocher abrite aujourd’hui six cloches. Mais il n’a pas toujours été aussi bien rempli. On sait qu’en 1647 deux cloches sonnent déjà dans le ciel hochstattois. Elles ont d’ailleurs été sauvées des réquisitions suédoises. Au nombre de trois à la Révolution, deux d’entre elles n’échapperont pas aux Révolutionnaires qui les briseront. En 1828, l’unique cloche pré révolutionnaire sera remplacée par trois cloches signées François Robert-Rollet, établi à Urville (Vosges). De cette fonte, seule l’une d’entre elles sonne encore aujourd’hui. En 1864, son fils François Robert-Hartmann livre la plus grande et la plus petite cloche de l’ensemble campanaire. Dès lors, cinq airains se partagent le beffroi en bois. Mais en 1917, les cloches sont réquisitionnées par les allemands et sont emmenées avec 1800 autres au « dépôt campanaire » de Francfort. En 1919, seules trois cloches, retrouvées intactes, reprendront place dans le clocher. Les autres sont hélas perdues à jamais… En 2017, à l’occasion du centenaire de la réquisition, un projet voit le jour : redonner au clocher sa voix d’antan. Grâce à de généreux donateurs, ce ne sont pas deux mais trois cloches qui seront fondues par l’entreprise strasbourgeoise d’André Voegelé. L’évêque émérite de Saint-Dié (Vosges), Mgr Jean-Paul Mathieu, procéda à la bénédiction des trois nouvelles cloches devant la population locale… un événement rare, qui ne devrait pas se reproduire de sitôt dans cette bourgade alsacienne !

N° Nom Fondeur Année Diamètre (cm) Masse (kg) Note
1 St Michel F. Robert-Hartmann 1864 135 1318 Do3
2 Ste Marie A. Voegelé 2017 101 550 Fa3
3 St Antoine F. Robert-Rollet 1828 90 424 La♭3
4 Sts Pierre & Paul A. Voegelé 2017 77 275 Si♭3
5 Pius F. Robert-Hartmann 1864 68 188 Do4
6 Ste Odile A. Voegelé 2017 59 110 Mi♭4

 

Les cloches pendant leur bénédiction (Photo P.Krafft)

Un grand merci à M. Jacques Eichinger, président des Œuvres Saints-Pierre-et-Paul pour l’accès au clocher et la volée spéciale des six cloches, peu après l’angélus de onze heures. Je remercie vivement Pascal Krafft, expert-campanologue adjoint à l’archidiocèse de Strasbourg pour l’organisation de cette visite, Mike « Quasimodo » pour le soutien technique et Guilhem, carillonneur et organiste.

Sources & liens :
Photos personnelles
Photos de MM. « Quasimodo » & Krafft
Wikipédia d’Hochstatt
Mairie d’Hochstatt

Saint-Maurice – Eglise Saint-Sigismond

Après la chapelle Notre-Dame du Scex, présentée il y a peu, je vous invite à garder le cap sur la Suisse, et simplement redescendre du rocher pour aller au cœur du bourg, à seulement quelques pas de l’Abbaye. Un autre vénérable clocher aux pierres apparentes se dresse là. Il ne s’agit pas d’un temple ou d’un édifice d’une autre confession mais bel et bien d’un autre lieu de culte catholique. L’église Saint-Sigismond de Saint-Maurice est alors complémentaire à l’abbatiale. Si cette dernière accueille la prière conventuelle des chanoines, les murs de l’église se contentent d’accueillir les fidèles tout au long de l’année, au gré de mariages, baptêmes ou funérailles.

Son histoire est tout aussi ancienne que l’Abbaye. L’église aurait été érigée à l’emplacement d’un ancien sanctuaire romain. La cité d' »Agaune » est en effet occupée depuis l’Antiquité, grâce à son environnement : une source nourrissait les habitants, la falaise protégeait d’éventuelles invasions et le Rhône creuse depuis des millénaires une vallée débouchant sur le Léman.
Quand aux origines de la paroisse, elles restent relativement floues. On cite d’abord une église dédiée à l’Évangéliste Jean. Les reliques de saint Sigismond, fondateur du Monastère millénaire, et des membres de sa famille ont été transportées à Agaune, au sein de l’église Saint-Jean. La « Passio Sancti Sigismundi » rédigée aux alentours du VIIIe siècle fait état de nombreux miracles dans cette église. A ce moment là, l’église passe sous la juridiction de l’évêque de Sion. Au cours des siècles, on note de nombreuses passations de la paroisse entre l’Abbaye Territoriale et le Diocèse. Depuis 1992, c’est l’Abbé de Saint-Maurice qui exerce sa juridiction sur la paroisse. Le curé actuel est d’ailleurs un des chanoines de l’Abbaye.
L’histoire de l’édifice est également tumultueuse. On la sait consacrée en 1722 seulement par Mgr Supersaxo, évêque de Sion. Elle faisait suite à sa reconstruction, entre 1711 et 1717. Seul le clocher, dont la flèche a été construite en 1597, a été conservé des anciens édifices, dont l’histoire est pour le moins complexes et mêlées d’incertitudes. Plus près de nous, on note quelques restaurations et modifications : remaniement entre 1895 et 1901, de nouveaux vitraux au milieu du XXe siècle, restauration extérieure en 1977 et intérieure pour le Jubilé de l’An 2000. On note aussi entre ces deux dates l’ajout d’un nouvel orgue Kuhn de deux claviers.

Les trois cloches que comptent le clocher ont été réalisées par des artisans de Vevey. C’est en effet la ville la plus proche qui a hébergé pendant des décennies sinon des siècles une quantité de fondeurs qui ont desservi tout le bassin lémanique Suisse (parfois même jusqu’en France). En 1782, Pierre Dreffet fourni les deux grandes cloches actuelles. La paroisse paye la plus grosse, la bourgeoisie de Saint-Maurice la petite, pour une somme totale de 144 louis. A cette date, on installe également une horloge publique au clocher, disparue en 1977. En 1854, Samuel Tréboux livre la plus petite cloche. Elle sera installée un peu plus haute que les deux autres, sur ce qui ressemble à une extension de beffroi.

N°  Nom Fondeur Année Note
1 Pierre Dreffet 1782 Mi 3
2 La Bourgeoise Pierre Dreffet 1782 Fa ♯ 3
3 Samuel Tréboux 1854 Sol ♯ 3

Mes remerciements pour cette visite du clocher au chanoine Gilles Roduit de l’Abbaye de Saint-Maurice, curé de la paroisse. Amitiés à Mike dit « Quasimodo » pour l’aide apportée et les moments d’amitié.

Sources & liens :
Paroisse de Saint-Maurice
La Cure de Saint-Sigismond aux archives de Saint-Maurice
Abbaye de Saint-Maurice
Orgues et Vitraux, les orgues de Saint-Maurice

Saint-Maurice – Chapelle Notre-Dame-du-Scex

Il m’est désormais coutumier au fur et à mesure de me péripéties campanaires de vous faire découvrir quelques sonneries d’autres contrées, soit dans d’autres régions de France, soit en Suisse, voisine de mon territoire de prédilection. Je vous propose donc aujourd’hui une étape en Valais (Suisse), dans une cité qui est l’une des clés de voûtes de l’histoire religieuse du pays.

A quelques centaines de mètres de la non moins célèbre Abbaye de Saint-Maurice se trouve le sanctuaire de Notre-Dame du Scex (dit aussi « du Rocher). Connu dans tout le Valais, il n’a jamais été dans l’ombre du monastère voisin qui a fêté en 2015 ses 1’500 ans ! En 2011, Saint-Maurice a pu faire une sorte de répétition générale, car la chapelle du Rocher fêtait les 1’400 ans de sa fondation ! Depuis le VIIe siècle, les prières à la Vierge se sont jamais tues et de nombreux ermites ont été au chevet de la chapelle Agaunoise, réputée dans la région.

L’Abbaye, vue de la chapelle.

Au fil des siècles, nombres d’ermitages et de chapelles se sont succédés… A l’occasion du Jubilé de 2011, les Echos de Saint-Maurice, journal annuel de l’Abbaye de Saint-Maurice a consacré tout un numéro sur la petite et la grande histoire du monument, et ses ermites (dont le plus illustre, saint Amé). Le numéro est téléchargeable en cliquant ici.
Pour les cloches, une étude a également été proposée. Mais depuis la parution du numéro, quelques changements sont intervenus. Je vous propose donc un résumé actualisé de ce qu’on peut trouver sur ce livre.

La vue sur la vallée du Rhône, vers Martigny

Si l’Abbaye de Saint-Maurice compte aujourd’hui le plus lourd carillon de Suisse et la plus grosse cloche du Valais dans sa tour romane, le patrimoine campanaire de la chapelle est plus modeste. Le clocher mur qui s’élève à l’entrée de la chapelle abrite deux cloches qui se répartissent dans les deux baies. L’histoire campanaire du lieu a été pourtant mouvementée. Pour la connaître dans les détails, je vous invite de nouveau à lire les Echos de Saint-Maurice sur la chapelle du Scex.

Tout au long des presque 500 marches, on trouve un chemin de croix et quelques statues de la Vierge

Pour résumer brièvement, la première mention campanaire a lieu en 1721. On décrit la chapelle comme surmontée d’un clocheton lui-même doté d’une cloche. Celle-ci a été fondue en 1479 et commandée par le chanoine Jean de Chastenay. Vers 1750, le chanoine Charles David fait fondre trois autres cloches. Nul doute que le beffroi a été agrandi à cette époque. Notre chapelle contenaient donc à une époque quatre cloches ! Le clocher sera encore transformé deux fois au XXe siècle : en 1904 et 1948. Il ne contient aujourd’hui que deux cloches. En 1948, les notes du chanoine Léo Müller précisent que la cloche de 1479 et accompagnée de deux cloches, soit un total de trois. Nous pouvons donc supposer qu’en 1904, une des cloches a disparu (fêlée, certainement). L’une des deux datait de 1790. Elle se fêla en 1952. Quant à la dernière, elle a été fondue par Gustave Tréboux de Vevey en 1854. Elle a été donnée à l’église de Dorénaz, à quelques kilomètres de Saint-Maurice, par Mgr Louis Haller, alors Abbé-Évêque du lieu.  La cloche de 1970 a été remplacée une première fois en 1954 par la maison Rüestchi d’Aarau. Mais en 1975, « Marie-Thérèse » , fêlée déjà, reprit le chemin du creuset pour revenir toute neuve. On procéda alors à l’électrification de la cloche. Mais on se rendit compte que la petite était fêlée à son tour. Après des décennies de silence, le nouveau Procureur de l’Abbaye, le chanoine Olivier Roduit, lance un appel pour la refondre. Cet appel sera reçu par la famille Veuthey de Saint-Maurice qui offrit le remplacement de la cloche. Confiés à l’entreprise Rüetschi, les travaux seront exécutés début 2016. Bénie dans la basilique par Mgr Jean Scarcella, Abbé, elle prit ensuite le chemin de la chapelle avant d’être mise en service le premier mai 2016. Elle reçut le nom de sa marraine, « Madeleine ». Dès lors, voilà que le clocher sonne pleinement depuis la falaise, écho de plus d’un millénaire d’histoire.
La cloche de 1479, véritable témoin de l’histoire campanaire d’Agaune, sera exposée prochainement au clocher de la Basilique et sera visible lors des visites guidées du clocher, par exemple lors des prochains festivals de carillon.

Mes remerciements pour les enregistrements exceptionnels aux Révérend chanoine Roland Jacquenoud, Prieur de l’Abbaye de Saint-Maurice & au chanoine Cyrille Rieder, recteur du sanctuaire du Scex et sous-prieur. Toute mon amitié à Mike « Quasimodo » pour le soutien technique apporté lors de cet enregistrement des cloches.

Sources & liens :
Abbaye de Saint-Maurice
Chapelle Notre-Dame du Scex, WIkipédia
« Notre-Dame du Scex, une chapelle dans la falaise« , aux Echos de Saint-Maurice, 2011 (Mgr Joseph Roduit, chnes Olivier Roduit & Guy Luisier, MM. Marcel Buri & Jérôme Fournier)
« Une nouvelle cloche pour Notre-Dame du Scex« , chne Jean-Paul Amoos, aux Echos de Saint-Maurice, 2016

Yenne – Eglise Notre-Dame-de-l’Assomption

L’église Notre-Dame-de-l’Assomption

Nous nous dirigeons aujourd’hui à l’ouest de la Savoie, sur la rive gauche du Rhône. La commune frontalière de Yenne et ses 3’000 habitants est à seulement quelques kilomètres de Belley, l’un des chefs-lieux de l’Ain. Cette ville est riche en histoire puisque sa position dans l’Avant-pays Savoyard a toujours été stratégique. En 1215, la commune est la première de Savoie affranchie d’une quelconque abbaye (ici les abbayes d’Hautecombe et de Saint-Rambert). Un temps donné aux ducs de Milan, le territoire ne tardera pas à revenir aux Etats de Savoie au XVe siècle. En 1483, les habitants font d’ailleurs acte de fidélité à Charles Ier de Savoie. En 1699, Victor-Amédée confie à Jean-François Vulliet les terres de Yenne. Il en devient le marquis, jusqu’à la Révolution Française. En effet, c’est en 1792 que Yenne intègre la France dans le département du Mont-Blanc. C’est entre 1814 et 1815, lors de la Restauration Sarde que Yenne redeviendra sous la domination des Ducs de Savoie qui possèdent également le titre de Rois de Sardaigne. C’est le 12 juin 1860 que Yenne fait son entrée définitive en France, dans le département de la Savoie (73) avec comme préfecture Chambéry.

L’église Notre-Dame de Yenne est sans doutes l’un des plus belles de la région. Intégralement classée depuis 1987, chacun de ses recoins mérite le détour. Son imposante silhouette laisse paraître une église agrippée au sol, prête à se moquer des siècles. Et c’est le cas ! Un panneau près du porche arbore fièrement le célèbre labyrinthe de la cathédrale Notre-Dame de Reims, logo des Monuments Historiques et la période de construction du sanctuaire yennois : entre le XIIe et le XVe siècle ! Le visiteur qui osera pousser la lourde porte de bois arrivera dans une nef aux pierres apparentes et aux arrêtes gothiques. Pourtant, les vitraux représentants la Vierge ou encore Saint François de Sales, si cher à notre contrée, sont dans des baies clairement romanes. Nuls doutes que le lieu de culte ait été reconstruit siècle après siècle, selon le courant de l’époque. L’acoustique du monument permet la tenue de bon nombre de concerts, sans pour autant perturber la liturgie avec la tenue d’offices, ou de célébrations du casuel comme des baptêmes, mariages et obsèques.

Le clocher flèche est également un élément marquant. Sa tour carrée presque trapue attire l’œil. Au dernier niveau, seules deux baies romanes géminées en plein cintre permettent aux quatre cloches de se faire entendre. Derrière elles, on aperçoit de l’extérieur un beffroi en bois clair. Celui-ci a été refait en 2016 pour remplacer l’ancien, bien trop usé par le temps. L’urgence était là : seule la deuxième cloche était autorisée à sonner. La grande cloche était trop lourde, et les deux petites n’avaient pas encore reçue un coup de baguette magique de la fée électricité. Alors, dès 2014, la nouvelle municipalité n’a pas manquée d’étudier les dossiers en cours de l’ancienne mandature, dont celui des cloches, et n’a pas manqué de le concrétiser !
Et ils ont eu raison ! Car aujourd’hui, le clocher a retrouvé une voix puissante. Il faut dire que son patrimoine campanaire est d’exception. Sur les quatre cloches, la plus petite et la plus grande sont également classées Monuments Historiques ! Elles ont été fondues en 1688 par la famille Vallier. Leurs descendants ont été présentés maintes fois sur ce même site, surtout en collaboration avec la famille Gautier. Ces deux familles étaient en collaboration au lendemain de la Révolution, car toutes deux natives de la région briançonnaise (Hautes-Alpes). Terre savoyarde oblige, diront certains, les deux cloches intermédiaires proviennent des non moins célèbres fours de la fonderie Paccard. La plus grande a été livrée en 1892 par Georges & Francisque, de la 3ème génération, alors installés à Annecy-le-Vieux, et la plus petite par Claude & Jean-Pierre, la génération précédente, installée à Quintal. Une curiosité musicale vient s’ajouter. Si on omet la justesse musicale plus qu’approximative dans cet ensemble, on notera que les deux petites résonnent comme des « répliques » des deux grandes. La plus grande et son grand âge peut paraître comme… atypique ! Cela s’explique par la perte d’un fragment de celle-ci, on ne sait ni pourquoi ni comment (sans doutes lors de précédents travaux, ou à la Révolution?) rendant ainsi un son ténébreux, mais pas si rare, en prenant pour exemple la plus grande cloche de Lutry ou un des bourdons de la cathédrale Saint-Etienne de Sens, en Bourgogne. Enfin bref, on pourra trouver à cette sonnerie tous les charmes du monde… c’est un de mes coups de cœur de l’année !

AVANT RESTAURATION :

PENDANT LES TRAVAUX :

AUJOURD’HUI :

La grande cloche.

Mes remerciements pour cette visite du clocher à M. Padernoz, maire, pour son aimable autorisation, et à MM. Puthon & Watier respectivement premier et deuxième adjoints au maire pour l’organisation de la visite et la mise à disposition des photos lors des travaux. Je n’oublie pas non plus mes amis Mike « Quasimodo » et Guilhem Lavignotte, organiste d’Yverdon-les-Bains pour le soutien technique lors de cette visite.

Sources & liens :
Mairie de Yenne
Yenne
Classement grande cloche – Notice base Palissy
Classement petite cloche – Notice base Palissy

Glières-Val-de-Borne – Chapelle Saint-François-de-Sales (le Regard)

En prononçant le nom d’Entremont, nous pouvons tout de suite penser à l’entreprise leader mondial dans le fromage à pâte cuite. Mais l’enseigne doit son nom au patronyme de ses fondateurs!
Entemont se situe tout simplement entre quelques monts dont la Pointe de Québlette, le Roc de Charmieux et les Rochers des Traversiers. Ils encerclent les méandres du Borne qui a creusé la combe d’Entremont – Petit-Bornand. Le village est réparti sur les deux versants de la vallée. Le chef-lieu du village, lui, s’étale autour des berges de la rivière. Si la commune est fréquemment traversée, été comme hiver, par les touristes qui rejoignent les prestigieuses stations des Aravis comme Le Grand-Bornand ou La Clusaz, ils sont aussi nombreux a faire une halte sur cette commune qui jouit d’un patrimoine historique et naturel considérable.

Deux chapelles se partagent la commune. La première, au hameau de la Pesse (également dite de « la Rivière », sur la rive droite du Borne. Une chapelle plus récente se trouve sur les hauteurs de la Pointe de la Québlette. Celle ci-a été construite en 1706, un siècle après le passage de saint François de Sales à l’Abbaye Sainte-Marie. D’abord sous le patronage de l’Ange Gardien, puis de saint Grat, évêque d’Aoste, elle est maintenant sous le vocable de saint François de Sales. Une plaque indique qu’elle a été saccagée a la Révolution, puis reconstruite en 1842. Elle sera restaurée en 1924. Une nouvelle restauration a eu lieu à la fin du XXe siècle. On note la réfection du carrelage, du plâtre et des peintures, notamment le tableau du maître-autel représentant saint François de Sales et sainte Jeanne de Chantal.

 

Le petit clocheton en bois surplombe le Regard et la vallée d’Entremont. Il abrite une petite cloche fondue en 1842 par les frères Paccard de Quintal. Elle pèse environ 110 kilos pour 54,5 centimètres de diamètre. Elle chante le « fa aigu » (fa 4). Le parrain et donateur était Pierre-François Chenal et la marraine Melchiotte Périllat. Elle est dédiée à saint François de Sales.

 

Mes remerciements pour cette visite à Mme Yolande Thabuis, présidente de l’association « Entremont Patrimoine » pour l’accès au clocher, le prêt de l’échelle.

Sources & liens :

Mairie Entremont
Entremont sur Wiki

Les Houches – Chapelle Notre-Dame-&-Saint-Joseph (la Griaz)

Le Massif du Mont-Blanc. A son pied, les hameaux des Houches. La chapelles se trouve au pied de la route verticale la plus à droite.

C’est au cœur de la vallée de Chamonix, dite « Vallée Blanche » que nous allons aujourd’hui. En écrivant ces quelques lignes, c’est pour moi en fait une plongée aux « archives » en publiant ce reportage datant en fait de 2015. La station des Houches est une des stations les plus spacieuses permettant de skier au pied du toit de l’Europe, le Mont-Blanc. Son patrimoine est également une pièce majeure de la vallée. Son église baroque et son clocher à bulbe aux traits romans (pour la maçonnerie) sont souvent cités en exemple, ses retables baroques sont réputés et que dire de la statue du Christ Roi, édifiée pendant les années 30 et 40, qui abrite la plus grande cloche de vallée. La commune abrite également cinq chapelles. Je vous propose de découvrir l’une d’entre elles.

Comme il était jusqu’alors assez rare de présenter une chapelle sur mon site, nous allons nous attarder sur leur rôle dans nos alpages. Souvent, l’église mère (c’est à dire l’église du village, au bourg) était trop éloigné de certains paysans. Alors, pour ne pas les éloigner de la religion qui était le centre de la sociabilité il y a bien des siècles, des églises miniatures sont édifiées dans des hameaux, ou quelques fermes étaient regroupées. Cette église « secondaire » parfois confiée à un chapelain ou desservie par un des vicaires de la paroisse pouvait jadis recevoir quelques sacrements, comme le baptême d’un nouveau né, qui devait se faire très rapidement après sa mise au monde. Aujourd’hui, les chapelles reçoivent quelques messes par an, quelques prières au mois de mai (mois de Marie). Dans nos contrées, les cloches sonneront bien-sûr ces occasions, mais ne manqueront pas non plus d’annoncer un décès dans le hameau. Rares sont encore aujourd’hui les chapelles électrifiées. Il faut donc toujours un sonneur pour actionner la cloche qui pèse en général quelques quintaux maximum.

La chapelle de la Griaz est au cœur d’un des plus importants hameaux historiques de la vallée. On y dénombrait une centaine de foyers en 1561 déjà. Elle a probablement été édifiée dès le XVIe siècle, date ou l’on commence à construire les chapelles dans la vallée. Elle est sous le patronage de Notre Dame et de saint Joseph. Les chapelles possèdent souvent plusieurs vocables pour protéger les hameaux de plusieurs causes, naturelles ou non.

Le petit clocheton permet aujourd’hui de voir sa cloche car il est dénudé de tout abats-son depuis quelques années. Celle ci a été fondue en 1828 par Louis Gautier, fondeur de Briançon maintes fois présenté ici. Elle possède encore tous ses équipements d’origine et elle est actionnée encore aujourd’hui à la corde depuis là chapelle. Elle pèse environ 100 kilos pour 60,4cm de diamètre. Elle porte le doux nom de « Marie Josèphe Geneviève » et tinte un « Mi aigu » (Mi4). Elle a été financée aux dépends des habitants du lieu-dit, parrainée par le Rd Chernier, curé des Houches et Geneviève Choupin. Elle cite également MM. Michel Garny et Nicolas Simond comme procureurs de la chapelle, probablement les gardiens.

Mes remerciements pour cette visite à M. Xavier Roseren, maire à l’époque de ma visite (aujourd’hui député de la 6e circonscription de Haute-Savoie) et à M. Crétenand, responsable des bâtiments de la commune des Houches. Remercié soit également l’abbé Georges Vigliano, curé de Chamonix pour l’autorisation de sonner la cloche.

Sources & liens :
Mairie des Houches
Paroisse de Chamonix
Les Houches
Relevé personnel