Jadis, la paroisse de Morillon était sous la tutelle de la Collégiale de Samoëns. En 1500, elle devient indépendante, une chapelle se dresse alors érigée à l’emplacement de l’église actuelle. Elle est agrandie en 1577, le maître autel est construit au XVIIIe siècle. En 1866, le chœur au chevet carré devient circulaire. La tour clocher, percée de baies géminées sur deux étages et surmontée d’un bulbe, a été restaurée il y a quelques années.
La commune de Saint Pierre en Faucigny est le fruit de la fusion – en 1965 – de Saint Pierre de Rumilly, Saint Maurice de Rumilly et Passeyrier. De ces trois entités, il ne reste qu’une seule église. La paroisse, quant à elle, a fusionné au lendemain de la Révolution déjà, en 1803. L’église de Saint Pierre, bâtie en 1745, fut remaniée en 1840 dans le style néoclassique sarde. Son clocher, qui n’a jamais reçu sa flèche, date de 1899. Il a abrité, jusqu’en 1861, une cloche en provenance de chaque paroisse, dans le but de chanter au nom d’une seule paroisse.
Il y a quelques semaines, je vous présentais l’église Saint-Théodule d’Arenthon et ses deux cloches. Pour rappel, l’une est genevoise et l’autre savoyarde. A seulement 850 mètres de cet édifice au chœur gothique se trouve un autre sanctuaire, pourtant sur la commune voisine de Scientrier. Totalement excentrée du bourg, ce modeste monument religieux semble plutôt bien plus ancien. Il est au bord de l’Arve, proche du Prieuré de Contamine, à l’origine de la fondation de la paroisse. Il est vrai qu’en traversant Scientrier par les grands axes, on ne voit pas l’ombre d’un clocher. Par contre, on peut aisément trouver la mairie, l’école et le cimetière. Le chemin le plus usité pour accéder à l’église impose le passage par la commune d’Arenthon ! La raison est bien entendu historique et pas si ancienne.
Le cadran solaire de 1757.
On sait que cette église, sous le vocable de saint Maurice, a été construite en 1511 par les moines du prieuré de Contamine, qui avaient certainement construit un pont pour traverser l’Arve qui sépare les deux communes. Pourtant, jusqu’à la fin du XIXe siècle, son histoire est vide. On notera seulement une anecdote plutôt intéressante expliquant sa position actuelle. A cette période, l’église menaçait de finir en ruines, le temps ayant fait son oeuvre. On sait que l’évêque d’Annecy, Mgr Isoard, était prêt à interdire le culte dans le bâtiment tant que de sérieux travaux n’étaient pas entrepris. Le conseil municipal entier, qui avait entrepris le projet de recréer le bourg ailleurs, saisit donc cette opportunité pour la détruire et en reconstruire une autre, ailleurs. C’était sans compter sur l’attachement des habitants du « vieux bourg », ancien chef-lieu, pour leur église séculaire. Une consultation de la population est donc lancée en 1901 : le choix portait entre deux parcelles différentes ou le refus du transfert. A la voix près, le refus du transfert l’emportera. Mais des travaux de réparations demandés par l’évêque ne sont pas lancés pour autant. En 1903, le même maire ferme l’église et alloue un local pour l’exercice du culte. Un an plus tard, un nouveau conseil s’installe et tente de relancer les débats et ils ont trouvé un nouveau terrain. Ils l’ont même acheté mais… le tribunal de Saint-Julien invalide la vente ! Les recherches d’un lieu idéal ont donc été relancées et le maire demande à réparer la vielle église pour la rouvrir au culte le temps des travaux, non sans certaines contestations dans le conseil. Au final, elle servira encore plus de 30 ans. Juste avant la Seconde Guerre Mondiale, en 1939, le projet renaît de ses Cendres et est confié à Dom Bellot, architecte de la Basilique des Fins d’Annecy ou encore de l’église Saint-Joseph d’Annemasse. Le terrain était trouvé, les pierres acheminées, mais la guerre eut raison du projet presque abouti, qui n’aurait jamais été entièrement financé en raison de grosses restrictions budgétaires. En 1977, cinq années de travaux sont lancées dans l’église toujours debout : toiture, fenêtres, nouveaux abords. Elle a donc profité d’une cure de jouvence, et même les cloches ont été électrifiées !
Les cloches, parlons en. Comme sa voisine, nous avons affaire à une première de facture suisse (ou presque, Carouge étant sarde a l’époque) et une autre des ateliers Paccard. Cette dernière d’environ une tonne a été fondue en janvier 1875. Commandée l’année d’avant, elle honore le testament du révérend père Babaz Victor, curé de Scientrier, décédé en 1856. Il offrait 2’000 francs à la commune pour l’achat d’une seconde cloche plus grosse pour suppléer à une cloche plus ancienne. Cette dernière est couverte de mystères : elle ne possède ni signature, ni date de fonte. Ses décors sont un indice indéniable. Ils rappellent Jean-Baptiste Pitton, fondeur établi à Carouge entre 1787 et 1830. Il faut noter qu’ils ont été grossièrement démoulés. Les inscriptions, quant à elles, sont criblées de fautes d’orthographe. Certains mots ont du être partiellement écrit en négatif car les lettres semblaient absente au démoulage. Peut-être il s’agit de l’œuvre d’un de ses élèves. Pour en savoir plus, ce n’est qu’en 2021 (soit 3 ans après ma visite) que j’ai trouvé dans les archives l’histoire de cette cloche. En 1814, le conseil communal se réunit pour discuter de la cloche, fêlée depuis 10 ans. Elle pesait à peine 100 kilos. Il est convenu qu’il faut commander une cloche de 500 kilos, audible de toute la commune. Le syndic passe une convention le 26 février avec Jean-Baptiste Pitton de Carouge pour la fonte d’une cloche de presque 400 kilos (sept cent vingt cinq livres de Genève, soit 398 kilos) confirmée deux jours plus tard par l’Intendant de la province. Début 1816, les comptes sont faits : prix de la cloche, de son joug en chêne et de son battant. Elle aura coûté 1300 francs.
N°
Fondeur(s)
Année
Diamètre (cm)
Masse (kg)
Note
1
Paccard Frères
1875
117
950
Fa 3
2
J-B Pitton
1815
86
400
Si bémol 3
Mes remerciements pour cette visite du clocher à M. Denis Barbier, maire, pour son aimable autorisation, et à M. Michel Brantus, adjoint, pour l’ouverture du clocher et les sonneries spéciales.
Sources & Liens : Scientrier sur Wikipédia Scientrier
Fonds Privés
Annuaire du Département du Léman, 1811 & 1814
Clichés personnels
Matthias Walter, campanologue
Après de multiples périples dans la vallée Verte, je vous propose ce qui est sans doutes mon clocher préféré. Dominant un village de 760 habitants, ce clocher est fièrement adossé contre le massif des Brasses, sur la rive droite de la Menoge. Il est repérable de toute la vallée : que l’on vienne de Bogève par le Col du Perret, de Boëge, en aval, des Habères, en amont, ou encore de Burdignin, sur l’autre rive. Précisons encore que ce village a connu maintes typographies… dans l’ancien temps on parlait « du » Villard (sous entendant « Le Villard ») ou encore « Le Villard-sur-Boëge ». Cette terminaison permettait de préciser et faire écho à un autre Villard, près de Thônes. Il y a aussi énormément de localités dans les Alpes contenant le mot « Villard ». Son nom dérive du latin « Villarius » : « du domaine rural ».
L’église Saint-Jean-Baptiste de Villard se caractérise par son clocher baroque, typique des Pays de Savoie. L’édifice actuel en remplace beaucoup d’autres. Il est cité pour la première fois en 1302, lors de l’érection de la paroisse et le détachement d’une chapelle dépendante du Prieuré de Burdignin. Au début du XVe siècle, cette chapelle, édifiée en église juste après l’érection de la paroisse, est déjà jugée vétuste par l’évêque de Genève qui somme le curé de la paroisse à la faire restaurer. Elle possédait 3 chapelles latérales dédiées à sainte Catherine, saint Grat et à la Vierge Marie. On ne sait pas trop l’évolution de l’édifice religieux. On sait cependant qu’à la Révolution, le retable a été caché derrière un mur. On ne sait pas si il a été sacrifié durant cette période, car l’actuel est daté du XIXe siècle. D’ailleurs, l’église entière est post révolutionnaire. Elle a été bâtie entre 1820 et 1826 dans le style néoclassique sarde. La coupole est l’oeuvre de Ploturo. Le clocher ne sera ajouté à l’édifice qu’en 1828.
Si l’église est seulement du XIXe siècle, on atteste la présence d’une cloche dès l’érection de la paroisse, en 1305. Si cette cloche n’existe plus depuis longtemps, deux témoins du passé religieux de la paroisse demeurent à l’église. La première a été réalisée par Guillaume Melot, établi à Vesoul. Elle a réussi à sortir indemne de la Révolution et des différents conflits historiques. Au pied du clocher, sa petite sœur date de 1687. Attribuée à F. Verney, fondeur inconnu, elle était jadis au clocher de l’église. Confisquée à la Révolution, elle a été récupérée au Concordat par la paroisse de la Côte-d’Arbroz, qui pensait alors récupérer sa cloche. Ce n’est qu’en 1989 qu’elle est rendue à Villard lors d’une cérémonie solennelle. Sa modeste taille ne lui a hélas pas permise de monter avec ses sœurs, elle est donc exposée dans le porche. Sa grande sœur, fondue en 1689, aussi sous la volonté du curé Mouchet, existe encore également. Mais elle se trouve au clocher de Veigy-Foncenex, commune frontalière près du Lac Léman. Les deux cloches du clocher qui accompagnent nos deux doyennes ont été fondues en 1859 par les établissements Paccard, installés depuis peu à Annecy-le-Vieux. La plus grande cloche cite naturellement ses parrain et marraine, et le conseil. La plus petite quant à elle, cite tous les prêtres en exercice natifs de la paroisse, qu’ils soient du diocèse ou non.
N°
Nom
Fondeur(s)
Année
Diamètre (cm)
Masse (kg)
Note
1
Adèle Joséphine
Paccard Frères
1859
122,5
1250
Ré#3
2
inconnu
G. Melot
1558
101,7
650
Fa#3
3
Marie Rosalie
Paccard Frères
1859
81,1
350
La#3
4
inconnu
F. Verney
1687
inc.
~40
Sol#4
Mes remerciements pour l’aimable autorisation à M. Pierrick Dufour, maire de Villard. Mes remerciements nourris et sincères à Mme Heuzé, maire-adjointe et Mme Delavoet pour l’ouverture du clocher et les sonneries spéciales. Enfin, mention à Mile alias « Quasimodo » pour l’aide apportée à la réalisation de ce reportage.
Saint-Jeoire semble être un lieu qui a été occupé depuis la nuit des temps. En effet, une grotte à Onnion, village mitoyen, nous prouve qu’une population était installée à cette époque dans la vallée du Risse. Des vieux outils ont également été retrouvés sur Saint-Jeoire et auraient cinq millénaires d’ancienneté. Le premier millénaire de notre ère est relativement pauvre en faits historiques. Il est certain qu’à la fin de celui-ci, avec le développement du christianisme, un lieu de culte sous le patronage de saint Georges (ce qui explique le nom très savoyard du village), grand martyr dont le culte était très répandu à cette période, y est édifié. En 1185, un texte de la Chartreuse du Reposoir cite pour la première fois la famille noble de Saint-Jeoire. Au début de ce même siècle, un testament indique l’existence d’une église, d’une fabrique et d’un curé, le père Jean de la Fléchère. En 1339, on apprend que Saint-Jeoire est le bourg le plus peuplé du Faucigny avec près de 1’500 habitants. La commune possédait au Moyen-Âge plusieurs châteaux. Si le château de Beauregard, qui a appartenu aux Comtes de la Fléchère, domine toujours la cité, ceux de Saint-Jeoire, de la Ravoire et du Turchon font partie aujourd’hui du souvenir et des manuscrits. La commune était également entourée de nombreuses maisons fortes comme elle est encore aujourd’hui entourée de montagnes.
Le château de Beauregard.
Lorsque nous sommes sur la place de Saint-Jeoire, nous pouvons voir deux monuments religieux : l’église et son campanile. La base de ce dernier remonterait au XIIe siècle. La date de 1173 y est gravée. L’église romane fera l’objet d’une réfection en 1318. Après près de cinq cents ans de bons et loyaux services elle sera démolie et réédifiée sur le même emplacement. En 1739 le sommet du clocher sera intégralement reconstruit, avec une flèche élancée. C’est dans cette période que l’édifice roman sera totalement démoli pour laisser place à un nouveau, édifié avec les ruines du château de Saint-Jeoire. Ce même lieu de culte connaîtra la Révolution Française et subira son anticléricalisme. Il sera d’ailleurs consacré à la déesse Raison, comme beaucoup d’églises lors de cette période. Le sommet du clocher sera également abattu et les cloches fondues. En 1855, l’on procède à la déconstruction de l’ancien sanctuaire, probablement baroque, à l’exception du clocher roman qui deviendra dès lors campanile. Ce dernier subira sa dernière transformation en 1878 : la flèche sera abattue pour laisser place à des créneaux. La nouvelle église sera reconstruite dans un style néo-gothique lombard sur les plans des architectes Gignoux et Ruphy. Elle sera consacrée en 1858. Bien que dédié à Saint-Georges, le sanctuaire semble également voué à la Vierge. A l’intérieur, la voûte est peinte d’un bleu orné d’étoiles et la Vierge y est représentée. Ce sont d’ailleurs des statues semblables à des Vierges qui trônent dans le Maître-Autel.
La nef de l’église.
Le clocher de l’église abrite actuellement quatre cloches. Datées du XIXe siècle, elles ont toutes été financées et parrainées par des Comtes et Comtesses de la Fléchère, dont le dernier descendant de cette famille noble, Roger de la Fléchère, s’est éteint en 2009. A sa sépulture, les cloches ont non seulement salué à toute volée sa mémoire, mais ont aussi sonné le glas d’un pan entier de l’histoire de la commune.
La plus grande cloche est également la doyenne. Elle a été parrainée par le comte Ange Etienne Alexy de la Fléchère. Sa marraine était « Madame Veuve J.C. Enriette de Chaillou Comtesse de Montailleur ». Cette cloche possède comme unique décor une Vierge à l’Enfant et une croix. Elle cite également le recteur (curé) François Marie Nachon et le syndic (maire) Joseph Marie Dumont. La cloche numéro deux remonte à 1808. Une petite cloche estimée à trois quintaux et demi occupait déjà le clocher. Elle était parrainée par Georgine et Alexis de la Fléchère. En 1889 elle est augmentée de moitié par Marie et Charles de la Fléchère. Elle est dédiée à Saint Georges de par sa première marraine, comme en témoigne une effigie du saint patron de la paroisse, en complément d’un Christ. La troisième cloche, celle qui sonne les angélus quotidiens, est dédiée à Saint François de Sales, patron du diocèse. Elle a été offerte par Louise et François de la Fléchère. La plus petite est vouée à Sainte Anne. Elle a été financée par Anne et Henry de la Fléchère. Une effigie sur la cloche le rappelle.
Cl.1 : Frères Paccard, 1843 – 135,5 cm, 1’500 kilos – Ré 3 -5 Cl.2 « St Georges » : G&F Paccard, 1889 – 107,4 cm , 700 kilos – Fa Dièse 3 +1 Cl.3 « St François de Sales » : G&F Paccard, 1889 – 90 cm, 420 kilos – La 3 ±0 Cl.4 « Ste Anne » : G&F Paccard, 1889 – 67 cm, 180 kilos – Ré 4 +5
Ci dessus, les mascarons de la seconde cloche, fondue en 1889.
J’adresse mes sincères remerciements pour la première visite à l’ancien maire, M. Gilles Perret pour son aimable autorisation et à M. Cataton des services techniques pour m’avoir accompagné.
Pour la dernière visite, effectuée en octobre 2015, je remercie Madame le Maire, Nelly Noël-Sandrin et sa municipalité pour la réédition de l’accord, et M. Perrotin, directeur des services techniques, pour l’accueil au pied du campanile.
Enfin, mention à mes camarades Mike « Quasimodo » et Guilhem Lavignotte, organiste titulaire d’Yverdon les Bains pour leur indispensable collaboration et les moments d’amitiés.
Sources :
« Mystère au clocher de Saint-Jeoire », Le Petit Colporteur, 2011 Commune de Saint-Jeoire-en-Faucigny
Relevé Personnel
Archives privées
Construite dans un style gothique tardif, l’église de Mieussy a été consacrée en 1485. La nef et le chœur possèdent chacun deux travées. Le clocher, s’élevant à près de 40 mètres, offre un style baroque, avec son beau bulbe construit au XIXe siècle. Le portail occidental, daté de 1535, est inscrit aux Monuments Historiques.
Cloche 1 « Gervaise Josephe Françoise Marie » : Les fils de G. Paccard, 1946 – 1’800 kilos – Do Dièse 3 (Refonte d’une cloche de 1559)
Cloche 2 « Sainte Famille » : G&F Paccard, 1897 – 900 kilos – Fa 3
Cloche 3 « Marie Antonie Bernadette » : Les Fils de G. Paccard, 1941 – 550 kilos – La Bémol 3
Installé dans la Vallée du Giffre, Samoëns est un bourg organisé autour de sa place où trône le Gros Tilleul depuis plus d’un demi-millénaire. Il forme un ensemble séculaire avec la Grenette, l’église paroissiale -ancienne collégiale du diocèse d’Annecy-Genève-, la fontaine et la mairie. Mais le village ne se limite pas au simple vallon sur lequel le bourg est édifié. Sur les adroits et les envers se trouvent une multitude de hameaux. Les neuf plus importants possèdent depuis des siècles leurs propres chapelles, presque toutes antérieures à la Révolution. Au total, 2’300 « septimontains » vivent à l’ombre de sept monts qui sont sur le territoire de la commune. Samoëns demeure un repère pour tous. Historiquement, ce lieu est celui des tailleurs de pierres. En témoigne la confrérie « des quatre couronnées » regroupant un grand nombre de tailleurs de pierres. Les spéléologues noteront le massif karstique du Criou qui abrite deux des plus profonds gouffres du monde, « Jean-Bernard » et « Mirolda ». Les historiens s’intéresseront d’avantage à Mme Jaÿ, native du lieu, fondatrice de la Samaritaine avec son époux, M. Cognacq. Les studios de radio Cognacq-Jaÿ à Paris leur rendent hommage. Le souvenir de Mme Jaÿ demeure cependant à Samoëns puisqu’il y a un siècle, elle offrit à la commune un jardin botanique, toujours ouvert au public, et qui accueille des plantes de montagne du monde entier. Le jardin porte d’ailleurs le doux nom de « Jaÿsinia ». En son sommet, les plus courageux découvriront les ruines d’un château détruit à la fin du Moyen-Âge. Aujourd’hui, Samoëns attire toujours les touristes tant l’été pour des randonnées ou des visites culturelles, que l’hiver avec son grand domaine skiable à 1’600m d’altitude.
La collégiale et le Criou (2’207m)
Si le village semble tirer ses origines bien avant la fondation de l’abbaye voisine de Sixt, la première mention d’un édifice religieux catholique remonte a 1167, lorsque la paroisse de Samoëns est donnée à ladite abbaye. De cette église, il ne reste que la base de la tour-clocher (XIIIème siècle) et la chapelle Saint Claude (XVe). En 1476, l’édifice est détruit par les Bernois. A peine reconstruit, il est la proie des flammes avec une partie du bourg. En 1575, après maintes négociations, l’église s’affranchit de la tutelle de l’Abbaye de Sixt et se voit élevée au rang de Collégiale, deux décennies après l’achèvement des travaux de construction du bas-côté droit et du porche. Sous ce dernier, on trouve – de chaque côté de la porte – les armoiries du cardinal Gerdil et de Mgr Biord, ecclésiastiques natifs de Samoëns. Le chœur est élevé en 1605, le bas-côté gauche en 1621. La sacristie date, quant à elle, de 1840. A la Révolution, la flèche et les quatre clochetons sont détruits. Reconverti en Temple de la Raison, l’édifice est rendu au culte en 1802, mais comme simple église paroissiale. En 1917, Marie-Louise Cognacq-Jaÿ, fondatrice de la Samaritaine de Paris et enfant du village, finance le remaniement – dans un style néogothique – de l’église, qui reçoit une nouvelle cure de jouvence entre 1978 et 1982. Le classement aux Monuments-Historiques intervient en 1987.
Le clocher et le Buet (3’096m)
L’histoire campanaire de Samoëns se décompose en plusieurs catégories :
Monument incontournable, la « Grosse Cloche » est la quatrième du département par son poids, juste après les trois bourdons d’Annecy, respectivement installés à Notre-Dame-de-Liesse, à la Visitation et à la Cathédrale.
Dès la fondation de la collégiale, les autorités ont la volonté d’édifier une sonnerie « digne du rang » de l’édifice religieux. Cette phrase laisse à penser que tout l’ensemble campanaire fut remanié. Mais les archives témoignent uniquement de la fonte du « bourdon » qui ne devait donner de la voix qu’aux grandes heures du lieu. En 1581, l‘église de Valère, à Sion, confie à Samoëns une once et demi d’une relique de la « sainte-cloche » « Théodule ». La légende raconte en effet que le pape offrit une grosse cloche à saint Théodule, premier évêque du Valais, pour sa cathédrale. Pour la transporter, le prélat propose un pacte au diable. Celui-ci précise que le diable devra transporter ladite cloche jusqu’à Sion. S’il arrive avant le premier chant du coq, le diable pourra emporter avec lui la première âme qu’il trouvera. Naturellement, le coq chanta avant même son arrivée dans Sion. Cette cloche sonna dans le clocher de Valère jusqu’à sa fêlure. Avec le recul, tout laisse à penser que cette cloche fut en fait fondue en 1334 et qu’elle n’était déjà plus en état de sonner cinq ans plus tard. Dès le XVe siècle, le diocèse valaisan offrit en relique des onces de cette cloche pour transmettre le pouvoir divin que l’illustre instrument était censé avoir : éloigner les orages et éviter les catastrophes.
Détail du bourdon.
Cette once et demi fut dont incorporée au bourdon septimontain qui prit alors naturellement le nom de Théodule. En avril 1649, la cloche fond dans un incendie. Elle est aussitôt refondue aux frais du Duc de Savoie de l’époque. Après avoir survécu à la Révolution Française, le bourdon se fêle en 1809. Il sera refondu par M. Samuel Croix, fondeur établi à Annecy, inconnu jusqu’alors. Après un essai malheureux, Samuel Croix retente sa chance et parvient finalement à livrer cette cloche de trois tonnes, le 12 février 1810. Depuis deux siècles, le bourdon ne fait entendre sa sonorité puissante que dans de rares occasions, même si hélas, son usage semble tomber en désuétude.
Détail du bourdon
Avec le Gros Bourdon, seule une petite cloche de quelques quintaux put traverser cette dure épreuve qu’est la Révolution. Mais ces deux cloches ne suffisaient pas à rendre service aux différentes sonneries quotidiennes. Dans les années 1820, l’idée d’un « carillon » germe dans les esprits. La commune lance alors la fonte de trois cloches. Le curé de l’époque, le Rd Michaud, tient à en offrir une quatrième, et la confrérie du Saint-Sacrement finance de son côté sa propre cloche. Il était même question de refondre la Théodule ! Mais cette idée fut vite abandonnée. Le 8 octobre 1824 sont fondues sur la place des Billets six cloches (aux cinq cloches paroissiales s’ajoutent la cloche de la chapelle du Bérouze) par Claude Paccard, fondeur de Louis Frèrejean. Théodule et sa petite sœur sont donc accompagnés par Claudine-Françoise, Marie, Marie -cloche du St-Sacrement-, Antoinette et Josette-Françoise. Le carillon fut jugé assez faux et certaines cloches semblaient être d’une qualité médiocre.
La « Marie-Félicie ».
En 1877, soit un demi-siècle après la livraison du « carillon », la petite cloche historique, Claudine-Françoise et sa jeune sœur Antoinette sont déjà fendues. Il ne reste donc que quatre cloches, en comptant celle de la Confrérie, en état de fonctionner. Alors, la commune commande aux frères Paccard un second « bourdon » de 1’500 kilos. « Marie-Félicie » sera fondue le 13 juin 1877 avec le métal des anciennes cloches. Elle prend place près du bourdon, au dernier étage du clocher. Mais sa venue complique l’ordonnance des sonneries, au lieu de la faciliter. En 1877, le conseil municipal, conformément aux dispositions des principes organiques, saisit l’évêque et le préfet pour réglementer les volées de la « grosse cloche ». Elle sera dispensée de sonner les cérémonies religieuses et sera autorisée à sonner uniquement pour des fêtes civiles et la réception des autorités communales. En 1881, le maire ajoute que la cloche ne pourra être mise en branle que sur son autorisation, sauf pour le tocsin et pour l’angélus. Cet arrêté est contesté par le curé et l’histoire monte jusqu’au Conseil d’État, qui donnera finalement raison au premier magistrat de Samoëns. Cette affaire fit d’ailleurs jurisprudence pour beaucoup d’autres. Mais la loi de 1905 vint tout rompre en raison de nouvelles modalités contraires aux précédentes dispositions. Cette affaire laisse cependant quelques vestiges : encore aujourd’hui, la grande cloche est mise en branle seule pour de rares occasions. Il y a encore quelques décennies, on pouvait l’entendre pour le Nouvel An, à l’Assomption -fête patronale- et pour sonner le glas, le soir de Toussaint et de la « Fête des Morts » le lendemain. Le bourdon rendait ainsi hommage à tous les défunts décédés depuis la Toussaint précédente, alors que les familles se rendaient au cimetière. Malheureusement son usage est tombé en désuétude car les anciennes dispositions, bien qu’inapplicables aujourd’hui, ont mis cette belle cloche en retrait, si bien qu’elle reste désormais muette pour les grandes occasions.
Début du XXe siècle, une autre affaire intrigante prend pour décor le clocher : vers 1910, le « Vieux Chroniqueur » dresse un historique de la sonnerie dans le bulletin paroissial. Il mentionne cinq cloche : Théodule -le bourdon-, Marie-Félicie, les deux Marie… et Josette-Françoise ! Cette petite cloche ne fut pas électrifiée comme ses grandes sœurs en 1932. Et même aujourd’hui, il n’y a que quatre cloches au clocher. A-t-elle fêlé avant 1932 ? A-t-elle changé de clocher ? Le mystère reste entier. Si aujourd’hui, le Gros Bourdon reste généralement muet, ce sont Marie-Félicie (2) et la grande Marie (3) qui se font entendre chaque quart d’heure, pour les angélus et le dimanche matin. Pour les sépultures, la petite Marie (cloche du Saint-Sacrement) se joint à la macabre volée, étant donné que la Confrérie n’existe plus. Elle sonne également seule aux baptêmes.
La nef. Au fond, le carillon & l’orgue.
Aujourd’hui, près du bénitier, un instrument de 19 cloches complète l’ensemble campanaire. Il s’agit de l’ancien carillon « Ars Sonora » du musée de la Fonderie Paccard. Cet instrument électrique est programmé pour jouer automatiquement en journée (sauf le samedi et le dimanche matin) et peut aussi être joué à l’aide d’un clavier. C’est une véritable rareté d’avoir un carillon installé sous une nef, près du grand orgue, plutôt qu’au sommet d’un clocher !
Nº
Nom
Fondeur(s)
Date
Diamètre (cm)
Masse (kg)
Note
1
Théodule, Gros Bourdon ou Grosse Cloche
Samuel Croix
1810
169,4
3000
Si 2
2
Marie-Félicie
Frères Paccard
1877
134,3
1500
Ré 3
3
Marie
Claude Paccard
1824
104
700
Fa dièse 3
4
Marie, Confrérie du saint Sacrement
Claude Paccard
1824
93,3
500
Sol Dièse 3
Les deux grosses cloches :
Détail de la seconde cloche, Marie-Félicie :
Les deux petites cloches, fondues en 1824 :
Mes remerciements, pour les visites du clocher et les sonneries spéciales, à la municipalité sous le mandat de M. Jean-Jacques Grandcollot, maire. Je remercie également la communauté paroissiale sous le mandat du père Hébert pour sa collaboration. Remercié soit aussi Mickael Meynet, en charge du patrimoine, pour m’avoir ouvert le clocher à deux reprises et pour la mise à disposition d’intéressantes archives. Je remercie encore mes fidèles camarades, à savoir Mike « Quasimodo » et M. Matthias Walter, expert-campanologue à Berne. Enfin, je tiens à remercier Me Pascal Krafft, campanologue à Saint-Louis, pour la mise à disposition d’archives juridiques sur les réglementations et les jurisprudence campanaires de Samoëns et d’ailleurs.
Bâtie en 1863 sous l’impulsion de l’abbé de Baudry, la chapelle d’Arthaz est d’une architecture relativement simple. Outre son petit clocheton au dessus de l’entrée, elle possède un grand tableau de la Vierge. Autour de la chapelle s’étend un petit cimetière avec deux tombes entre quelques sapins.
La petite cloche, sonne un Do Dièse 5 et pèse 20 kilos.
Pour ce nouvel article, je vous propose un rendez-vous à Annemasse. Un clocher que je connais depuis longtemps. Cette commune est aujourd’hui l’une des plus peuplées du département après Annecy et Thonon-les-Bains. Le développement rapide du siècle dernier fait que depuis Annemasse, nous pouvons rejoindre Genève (et même l’Ain) sans quitter la ville ! Annemasse compte 35’000 habitants… et 10x plus pour son aire urbaine ! Pourtant, la ville actuelle est restée longtemps rurale. D’abord installée près de l’Arve, elle s’est étendue progressivement. La première étape fut l’arrivée du chemin de fer et de la gare. C’est sur cette ligne dite « du Tonkin » que continuent de passer les interminables wagons remplis d’eau Evian. Après la Première Guerre, Annemasse connaît un accroissement énorme de la population. Une seconde église sera bâtie. La ville n’a jamais cessée de grandir depuis. Actuellement, le tramway qui reliait Annemasse à la Suisse entre 1921 et 1959 est en cours de reconstruction pour une mise en service fin 2019.
L’église Saint-André est le plus vieux bâtiment communal sur le plan historique. Après avoir acté la fondation de l’Abbaye d’Agaune en 515, saint Avit, évêque de VIenne, consacre un premier édifice catholique qui remplace un temple romain. On sait aussi qu’au Moyen-Âge, le bourg dépendait du Prieuré Saint-Jean de Genève. En 1536, l’édifice est prise par les Bernois qui investissent le Duché de Savoie. A cette période, l’église sera reconstruite plusieurs fois. La reconquête catholique n’aura lieu qu’en 1597 durant les « quarante heures d’Annemasse » avec, dit-on, 30’000 fidèles. Tronqué à la Révolution, le clocher est reconstruit en 1812. En 1841, un projet de restauration n’aboutit pas. C’est finalement dans les années 1860 qu’est votée la reconstruction totale de l’église. La date de 1869 sur le porche témoigne de sa consécration. Le clocher avec sa flèche est fini deux ans auparavant. D’ailleurs, son architecture interpelle : il ressemble comme deux gouttes d’eau au clocher de la basilique de Thonon, construit 20 ans plus tard. Si ce dernier est signé Théodore Fivel, cela laisserait entendre qu’il a également signé les plans du sanctuaire annemassien. Les deux églises, orientées différemment, sont restées côte à côte quelques années avant que l’ancienne soit rasée. La nouvelle église reçoit son orgue Merklin en 1875, de dimensions modestes. La dernière restauration à lieu en 1998 avec un nouveau mobilier liturgique signé Kaeppelin. Ici encore, la messe est dite tous les dimanches à 8h30 et, soulignons-le, la plupart du temps, avec une église pleine !
Au sommet du clocher, trois cloches sont installées. Toutes datées de 1956 et frappées du sceau de la fonderie Paccard, elles en remplacent trois autres bien plus anciennes. D’avant la Révolution, on ne sait hélas rien. Ou presque : les troupes Réformées ont emporté avec eux les cloches en 1536. Peut-être qu’elles existent encore… comme c’est le cas de Ballaison ou de la ville voisine d’Etrembières. Avant la restauration de 1956, un état des lieux a été dressé des trois cloches. Elles portent toute mention de « fondue le 28 novembre 1820 en la maison Paccard et fils par le maître Louis Frèrejean de Lyon ». Comprenez là qu’à cette époque, la famille Paccard était employée de Louis Frèrejean, entrepreneur lyonnais qui possédait des forges ici et là dans notre actuelle région. Notons que, comme les fonderies actuellement, il n’a jamais lui-même fondu : pas de doutes, c’étaient des Paccard ! Pour la petite anecdote, il n’a pas hésité à fondre les cloches en canon fin XVIIIe siècle avant de se lancer dans la production massive d’airains au lendemain du Concordat ! Ces trois cloches ont été électrifiées en 1949 et pesaient 760, 380 et 225 kilos. Mais sept ans plus tard, ces trois dames sont renvoyées au creuset. Mauvaise qualité ? En partie fêlées ? Aucune réponse aujourd’hui. Les trois cloches actuelles sont en tout cas plus lourdes tout en gardant des dimensions modestes (950 kilos pour la plus grande).
N°
Nom
Diamètre (cm)
Masse (kg)
Note
1
Marie-Andrée
112,3
950
Fa3
2
Marie-Françoise
95
550
La♭3
3
Marie-Jeanne
84,5
380
Si♭3
Fonderie Paccard – Annecy-le-Vieux – A.D. 1956
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Mes remerciements pour cette visite du clocher au père Pierre Marmilloud, curé de la paroisse, et à Madame Denise Pouteau, sacristine.
A mi distance des communes d’Annemasse et de Saint-Julien-en-Genevois, Bossey est une petite commune française d’à peine 1’000 habitants, coincée entre les falaises du Salève au sud-est et la frontière Suisse au nord-est. Au bas du village, contre la frontière, trois moyens de communications traversent la commune : la route départementale, le chemin de fer et enfin l’autoroute A40. Bossey est aussi connu pour son golf qui offre un panorama agréable sur la ville de Genève, a un jet de pierres seulement. Fait moins connu de la commune, Bossey fut pendant près d’un millénaire réputée pour son vin ! En 1178, il est cité dans un document des Comtes de Genève. Les vignes disparaîtront progressivement avec l’arrivée du chemin de fer, amenant avec lui les vins du Midi qui étaient plus appréciés des locaux. On notera 14 hectares de vignes en 1870 contre un seul en 1929. L’arrivée du phylloxera (insecte des vignes) sonne ensuite le glas de la production viticole dans la commune. Bossey a également servi de refuge à Jean-Jacques Rousseau qui a résidé avec le pasteur Lambercier de 1722 à 1724. Bossey accueille aujourd’hui la sépulture de Geneviève Anthonioz-de-Gaulle. Nièce du célèbre général, celle qui fut devenue savoyarde d’adoption après ses exploits de la Seconde Guerre Mondiale a décidé de reposer avec son époux dans le cimetière du village. Choisie pour entrer au Panthéon en 2015, c’est en réalité un peu de terre de Bossey qui y fut amené, la famille ne souhaitant pas translater sa dépouille à Paris.
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L’église Saint-Pierre de Bossey est immanquable lorsque nous prenons la route -ou le train- de Saint-Julien vers Annemasse. Elle domine en effet les 3 axes en dépit de ses dimensions modestes. Pour être plus personnel, j’aime la surnommer « Notre-Dame-de-l’Autoroute » avec quelques amis qui me rendent visite dans la région, comme une manière de dire que nous sommes presque arrivés ! L’église de Bossey a connu une histoire complexe. La paroisse est citée dès le XIIème siècle comme dépendante du chapitre cathédral de Genève, avec comme fille l’église d’Evordes. Le sanctuaire est consacré, peut-être une nouvelle fois, le 16 août 1487 par Mgr François de Savoie. En 1536, Bossey passe sous domination protestante. L’église devient donc un temple protestant durant plus de deux siècles. Le Traité de Turin (1754) rend Bossey au Duché de Savoie, de religion catholique. Les paroissiens ont 25 ans pour se convertir à nouveau. En 1779, l’église est donc rendue au culte catholique et la paroisse est érigée en 1780 par le roi Charles-Emmanuel qui donne pour l’occasion 10’000 livres afin de la doter d’objets liturgiques. Le clocher et le chœur sont encore témoins de l’ancienne église, alors que la nef fut reconstruite en 1867. A l’intérieur, un grand Christ de 1828 attire immédiatement le regard, ainsi qu’un grand tableau de saint Pierre, patron de la paroisse, au dessus de la porte emmenant au clocher.
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Le petit clocher de l’église de Bossey abrite deux cloches, placées de manière superposées dans le beffroi. Cette disposition est assez peu courante dans la région ! Pourquoi une telle disposition ? Parce que la petite cloche a été tout simplement rajoutée en 1962 ! La première archive campanaire à Bossey est très récente, elle date de 1849. Une cloche y a été fondue par les frères Claude et Jean-Pierre Paccard. Il y était -entre autres- écrit « Cette cloche du poids de 8 quintaux appartenant à l’église de Bossey a été coulée en l’année 1849 sous l’invocation de la glorieuse Vierge Marie et des apôtres St Pierre et St Paul ». En 1887, Auguste Cahorn réalise son relevé et note que cette cloche est seule. En 1931, cette cloche est refondue. Les travaux sont offerts par la commune. Les inscriptions sont plus laconiques, car on y lit principalement son nom Françoise-Marguerite, l’année et le village bien sûr, ainsi que plusieurs noms : ses parrain et marraine ainsi que le maire, l’évêque d’Annecy et le curé de l’époque. En 1962, la petite cloche est rajoutée. Elle fait mémoire du Concile Vatican II, cette « grande réunion » réunissant les évêques du monde entier autour du Pape pour réformer l’Eglise catholique. Elle porte le nom de « Jeanne-Marie-Thérèse ». Il y est aussi inscrit « témoin de votre vie chrétienne, je partage vos joies, je m’attriste de vos deuils ». C’est cette cloche qui, chaque jour, sonne les angélus le matin, le midi et le soir. Elle accompagne volontiers sa grande sœur pour les funérailles et cette dernière annonce, seule, les quelques messes célébrées dans la nef de l’église.
N°
Nom
Fondeur
Année
Diamètre (cm)
Masse (kg)
Note
1
Françoise Marguerite
Les fils de G. Paccard
1931
94,7
530
La♭3
2
Jeanne Marie Thérèse
Fonderie Paccard
1962
71,2
210
Ré♭4
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Mes remerciements à :
La municipalité de Bossey sous le mandat de M. Jean-Luc Pécorini pour l’accord de principe.
Mme Denise Mariethoz, sacristine, pour l’ouverture du clocher et les sonneries spéciales.
M. Michel Brand, ancien élu d’Archamps, pour l’organisation de cette belle visite.