Praz-sur-Arly – Eglise Sainte Marie-Madeleine

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C’est à 1’035 mètres d’attitude qu’est installé le village de Praz-sur-Arly. Limitrophe avec le département de la Savoie, la commune est à la fois orientée vers la cité olympique d’Albertville et le Massif du Mont-Blanc. Elle jouxte également Megève, rendu célèbre par la famille de Rothschild. Si elle semble avoir toujours existé avec ses chalets blottis autour du clocher de l’église, la commune voit en fait son histoire démarrer au XVIe siècle. Quelques paysans s’installent alors à l’actuel hameau de la Tonnaz. L’un d’entre eux imaginait-t-il qu’ils allaient former une nouvelle commune? Pour voir la naissance réelle de Praz, il faut toutefois attendre le XIXe siècle. Cette construction sera longue, mais fructueuse : au fil des ans, d’autres hameaux vont se créer, dont celui de Pratz, à l’emplacement actuel du chef-lieu Il faut savoir que « Praz » est un mot savoyard signifiant « Pré » : cela signifie donc que le territoire choisi était déboisé et offrait de vastes champs, entourant les méandres de l’Arly qui prend sa source non loin de là. Avec ces foyers, des chapelles vont être érigées, puis une église. Cependant, la commune restera sous la tutelle de Megève. Après la Révolution, l’envie d’indépendance commence à hanter les esprits. En 1834, la proposition est officiellement lancée, mais Megève refuse catégoriquement. Pratz-de-Megève devra donc prendre son mal en patience jusqu’en 1869. En 1907, le nom devient celui que nous connaissons sur demande du conseil municipal, sans doute pour accentuer de séparation de la jeune commune avec la station voisine.

La première chapelle sur le territoire de l’actuelle commune remonte à 1600. Saint François de Sales la visite en 1606. Il ne manquera pas de dire qu’elle était « couverte et ornée ». Il s’agit de la chapelle de Tonnaz. A Pratz, un petit sanctuaire voit le jour en 1646. Il sera vite remplacé en 1696 par l’église Sainte Marie-Madeleine, dépendante cependant de l’église Saint Jean-Baptiste de Megève. Un siècle passe. Après le retrait des troupes Révolutionnaires, l’église est partiellement rebâtie et l’évêque l’érige en paroisse indépendante le 4 août 1803, jour de la consécration du sanctuaire. Ce dernier sera rasé et reconstruit en 1881 dans un style néo-gothique, à la charge de la paroisse. L’édifice subira une cure de jouvence entre 1950 et 1955, toujours aux frais des paroissiens. En forme de croix latine, l’église est dotée d’un clocher flèche fin et élancé ainsi que d’une sacristie de part et d’autre du chœur. Si la tribune demeure dépouillée d’un éventuel orgue à tuyaux, le fond de l’église est tout de même occupé par un harmonium signé Debain. Ces harmoniums remplaçaient jadis les orgues à tuyaux dans nombre de nos paroisses qui n’avaient pas les moyens de se payer des grandes orgues.

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Le clocher abrite aujourd’hui quatre cloches sur le motif musical dit du « Salve Regina » audible lors des sépultures. Lancées à toute volée, ces cloches ne laissent pas l’oreille indifférente. Le contraste entre la puissance des petites cloches accrochées en haut du beffroi et la discrétion des grandes cloches situées plus bas laisse sans voix. A la fin de la volée, les petites cloches se taisent relativement rapidement laissant chanter le « mi bémol » de la grosse cloche, presque pur, témoignant d’une grande période pour Georges et Francisque Paccard, quelques années avant la réalisation de la célèbre « Savoyarde« . Les trois plus grandes cloches sont contemporaines à l’église : elles datent de 1882. La plus petite, fondue en 1938, est un souvenir de mission. Cette cloche n’en remplace aucune autre, aux vues de son installation. Des trois cloches du XIXe siècle, les deux plus petites citent leurs prédécesseures, fondues en 1822 et aujourd’hui disparues. Malheureusement, l’identité du fondeur est inconnu. Les expériences des clochers voisins nous permettent cependant d’avancer des hypothèses. La plus plausible serait celle de deux cloches Vallier & Gautier. Cette année là, ces fondeurs établis à Conflans sont allés jusqu’à Chamonix pour livrer trois des quatre cloches de l’église Saint-Michel. Si les amateurs ou campanologues s’accordent à dire que le travail de ces fondeurs des Hautes-Alpes est fort convenable, il est bon de rappeler qu’un nombre non négligeable de leurs pièces ont été contraintes de reprendre le chemin du creuset, quelques mois seulement après leur mise en service pour certaines, et tout récemment pour une autre.

Nom Fondeurs Année Diamètre (cm) Masse (kg)

Note

1

Jeanne Françoise Cécile G&F Paccard 1882 129,5 1300 Mi ♭ 3
2 Joséphine Nicolarde G&F Paccard 1882 102,8 650

Sol 3

3

Anastasie Aimée G&F Paccard 1882 86,4 385 Si ♭ 3
4 Marie Léonie Les fils de G. Paccard 1938 77,5 250

Do 4

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La grande cloche dans le beffroi tout en bois.
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Mes sincères remerciements pour cette visite du clocher à M. Yann Jaccaz, maire de Praz-sur-Arly, pour son aimable autorisation et à M. Olivier Perrin, directeur des services techniques, pour l’accueil et pour la confiance qu’il nous a témoignée. Enfin, je ne peux pas oublier mon ami Guilhem Lavignotte, organiste titulaire d’Yverdon-les-Bains, pour son étroite collaboration, fort utile!

Sources :
Office du Tourisme de Praz-sur-Arly
Relevé personnel
Fonds privés.

Voir aussi :
Mairie de Praz-sur-Arly
Praz sur Wikipédia
Eglise de Praz-sur-Arly
Paroisse Sainte-Anne de Megève
Megève
« Les Vallier de Plampinet, fondeur de cloches » Jean Vallier, chez Fournel, 2009

Sixt-Fer-À-Cheval – Abbatiale Sainte Marie-Madeleine

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Le Bout du Monde.

C’est au fond de la vallée du Giffre qu’est installé le petit village de Sixt-Fer-à-Cheval. Classée parmi les « Plus Beaux Villages de France », cette commune de huit cents âmes jouit d’un patrimoine naturel considérable ! On peut citer le cirque classé du Fer à Cheval, dominé par le Tenneverge et le Mont Ruan, deux sommets tutoyant tous deux les 3’000 mètres d’altitude. De leur parois émanent des centaines de cascades et ruisseaux. Seuls nos pieds peuvent nous emmener contempler le « Bout du Monde ». Le bon natif de la vallée du Giffre n’oublierait pour rien au monde d’évoquer la fameuse cascade du Rouget, surnommée la Reine des Alpes, et le Mont Buet, toit du village avec ses 3’099 mètres.

P1010577L’Abbaye, fraîchement rénovée.

L’amateur d’histoire, quant à lui, cite volontiers l’Abbaye. Le Bienheureux Ponce de Faucigny demande à ses frères, respectivement baron de la province du Faucigny et évêque de Genève, des terres pour y installer un monastère. Ceux-ci lui confient donc le fond de la vallée du Giffre, et le monastère y est installé en 1135. En 1144, ce dernier devient abbaye dépendante de Saint-Maurice d’Agaune, alors située au hameau actuel de « la Chapelle ». Mais cet emplacement est vite abandonné au profit de celui que nous connaissons. L’actuelle abbaye est probablement bâtie dans la seconde moitié du XIIe siècle. En 1680, un important incendie a raison d’une grande partie de l’ensemble abbatial. En 1765, la visite de Mgr Biord nous informe que l’Abbaye n’est que partiellement reconstruite, mais correcte. La Révolution Française, arrivée en Savoie en 1792 sonne le glas de de la période abbatiale. Les chanoines sont chassés, l’abbaye est vendue à deux sizerets. Les bâtiments sont alors réinvestis pour accueillir une auberge, puis un grand hôtel après l’agrandissement de 1925. Cet hôtel fermera ses portes en 1993. Rachetée par le département, l’abbaye vient de bénéficier d’une cure de jouvence avant d’être ouverte au public.

P1060154L’abbatiale Sainte Marie-Madeleine.

P1060158Blottie contre la montagne, l’abbatiale Sainte Marie-Madeleine ne livre ses secrets qu’aux plus curieux. Pour pouvoir la contempler, il faut soit quitter les grandes routes ou alors revenir du « Bout du Monde ». Si aujourd’hui l’église possède un seul vocable, elle fut, jusqu’à la Révolution, scindée en deux. Le chœur et le transept actuel appartenaient à l’église abbatiale dédiée à l’Annonciation, et le reste de la nef représentait l’église paroissiale déjà dédiée à Sainte Marie-Madeleine. Un jubé séparait jadis ces deux parties. L’église abbatiale a été bâtie au XIIe siècle. L’église paroissiale, quant à elle, date du XIIIe siècle. A l’origine romanes, ces deux églises ont été la proie des flammes en 1680. Sept ans plus tard, les chanoines pansent comme ils peuvent ces douloureuses blessures. C’est probablement de cette époque que date la voûte gothique. Après la Révolution Française, l’église, mise à mal, est profondément remaniée. Le jubé disparaît. Deux chapelles viendront créer un transept : la première, dédiée à Saint Ponce, sous le clocher, à l’emplacement du passage reliant l’église aux bâtiments conventuels ; l’autre, bâtie en 1836, est dédiée à Sainte Marie. En 1838, la nef de l’église paroissiale est agrandie dans un style néoclassique. Depuis cet agrandissement, peu de choses ont évolué. En 1912, les stalles sont classées. A leurs côtés trône depuis un retable néo-gothique succédant à un retable baroque. L’édifice arbore donc fièrement un style éclectique constitué d’un chœur roman, d’une voûte gothique, d’un nef partiellement néoclassique et d’un mobilier partiellement néo-gothique. De l’époque baroque ne subsiste que le bulbe du clocher refait après la Révolution.

P1060161L’intérieur de l’église-abbatiale.

Le clocher -parlons en- a été bâti dans les années 1820. Il abrite aujourd’hui quatre cloches fondues en XIXe siècle. La doyenne, cloche de la Confrérie du Très Saint Sacrement, porte la date du 8 décembre 1828 et le nom de Claude Paccard. Cette cloche, chargée de sonner les angélus quotidiens, est accompagnée de trois sœurs fondues en 1872 aux célèbres ateliers d’Annecy-le-Vieux. Elles unissent leurs voix pour annoncer les décès et lors des sépultures. La plus grande cloche, volontiers surnommée « bourdon », annonce les offices et salue baptisés et mariés.

Nom Fondeurs Année Diamètre (cm) Masse (kg) Note
1 Magdeleine Frères Paccard 1872 133,5 1500

Ré 3

2

Ponce Marie Frères Paccard 1872 90,1 420 La 3
3 Sophie Claude Paccard 1828 73,1 250

Do ♯ 4

4 Marie Frères Paccard 1872 52,9 95

Fa ♯ 4

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Détail de « Ponce-Marie », cloche numéro 2.
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Mes sincères remerciements à M. Stéphane Bouvet, maire de la commune, pour son aimable autorisation et sa disponibilité, ainsi qu’à MM. Dominique Barbier et Marc Deffayet, sacristains, pour leur accueil. Remercié soit également le personnel de la mairie pour le bon déroulement des deux rendez-vous à un an d’intervalle, presque jour pour jour ! Je ne manquerai pas non plus de citer Suzanne Ducroz, guide du patrimoine, pour ses anecdotes historiques, de même que mes valeureux amis campanaires Mike « Quasimodo » et Matthias Walter, expert-campanologue à Berne et président de la GCCS, pour leur aide indispensable à la publication de cette sonnerie qui me tient tout particulièrement à cœur.

Sources :
Panneaux sur site.
Fonds privés.
Relevé personnel.

Voir aussi :
Office du Tourisme de Sixt-Fer-à-Cheval
Sixt sur Wikipédia
Abbaye de Sixt sur Wikipédia
Cirque du Fer-à-Cheval sur Wikipédia
Le Bout du Monde sur Wikipédia
Cascade du Rouget sur Wikipédia

Vacheresse – Eglise Saint Étienne

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C’est sur la rive droite de la Dranse d’Abondance qu’est installé Vacheresse, à l’écart de la grand’route qui mène aux stations de ski en bout de vallée. Cette position permet de contempler de loin ce village fidèlement organisé autour de son église paroissiale et de son cimetière. Son clocher fait de moellons et de pierre de taille – couronné d’un lanterneau imitant les bulbes baroques – est un véritable repère. Il est éclairé par le soleil le jour et relayé par quelques projecteurs la nuit. Pourtant, du sommet de la croix qui le couronne, des siècles nous contemplent.
Les plus vieux écrits nous apprennent que Vacheresse était jadis paroisse du diocèse de Genève. L’église était alors dédié à Saint Ours, prêtre irlandais du VIe siècle. Une visite pastorale par l’évêque en 1411 fait état d’une église au chœur incomplet. A la fin du XVe siècle, l’évêque demande à la paroisse de reconstruire les poutraisons du clocher et la fenêtre de la nef. Cette église qui se situait au lieu-dit « les Chapalettes » a été emportée par un éboulement en 1617. En 1623 l’église est reconstruite à l’emplacement que nous connaissons, encerclée par le cimetière communal. En 1706, le lieu de culte est déjà délabré puis jugé trop petit en 1722. Il sera donc immédiatement reconstruit et agrandi. Dès les années 1770, nous notons un bon nombre de travaux dans l’église : reconstruction du clocher, réfection de la nef, etc… Et ce jusqu’à la Révolution Française. Le concordat à peine signé, les travaux reprennent. La décennie précédente, le sommet du clocher fut abattu et le mobilier liturgique mis à mal. En 1841, la paroisse change de saint patron. Saint Étienne, premier martyr devient titulaire, Saint Ours devient co-titulaire avec Saint Antoine l’Abbé. Dès 1860 l’église est agrandie sur les plans de l’architecte thonnonais Pompée. L’édifice présente un style très éclectique. Le lanterneau du clocher et l’architecture de l’église sont indiscutablement néoclassiques. Cependant, les retables sont clairement néo-gothiques. Cette différence accentue l’intérêt que l’on peut avoir pour ce lieu de culte.

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Quatre belles cloches sont locataires du clocher de Vacheresse. Disposées dans la travée nord, les deux cloches médianes sont de 1842. La plus grande, qui porte le nom d' »Étiennette » rend hommage à St Étienne, patron de Vacheresse, son parrain M. Amédée Tagand et sa marraine Mme Anne Favre. La plus petite, « Marie », cloche dite « de l’angélus » a eu pour parrain et marraine Ambroise et Constance Tagand. Enfin, les cloches 1 et 4 ont été fondues en 1957. La plus grande, « Marie-Claudine », cloche des offices, se contente de remplacer une cloche plus ancienne, fondue en 1754. Elle a pour parrains le conseil municipal de Vacheresse. Sa petite sœur, « Marie-Françoise », cloche dite « du feu », « prie pour l’union des foyers ». Elle a pour parrains le conseil paroissial et pour marraines les jeunes filles de la paroisse. Toutes deux ont été bénies par Mgr Cesbron, évêque d’Annecy sous le mandat de M. Alphonse Tagand, maire, et du P. Pierre Tavernier, curé du lieu. La petite cloche est étrangement munie d’un joug en bois, alors que sa grande sœur possède, conformément à la pratique de l’après-guerre, un rail métallique. C’est probablement, pour Marie-Françoise, le joug d’une ancienne cloche. Même si -contrairement à la plus grande- elle ne fait aucunement mention d’une éventuelle prédécesseure, les archives nous indiquent qu’un achat de cloche intervint en 1812. Nous ne savons hélas ni le fondeur, ni le nombre et les dimensions des cloches installées autrefois. Il est cependant certains qu’elles n’ont pu parvenir jusqu’à nous, à notre grand regret.

Nom Fondeurs Année Diamètre (cm) Masse (kg) Note
1 Marie Claudine Paccard 1957 112,9 900

Fa 3

2

Etiennette Frères Paccard 1842 99,5 600 Sol 3
3 Marie Frères Paccard 1842 88,8 400

La 3

4 Marie Françoise Paccard 1957 84,7 360

Si ♭ 3

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Détail d’une des cloches de 1842, et sa Vierge à l’Enfant. Ci-dessous, les quatre cloches.
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Mes remerciements à M. Petitjean, maire de Vacheresse, pour son aimable autorisation ; à M. Mottiez, secrétaire de mairie, qui nous a accompagné et enfin à la communauté paroissiale de Vacheresse et son curé, Mgr Gobel. Remercié soit également Quasimodo, pour l’aide apportée a la réalisation de ce reportage.

Sources :
Commune de Vacheresse
Vacheresse sur Wikipédia
Base Mérimée, Ministère de la Culture
Inventaire des objets religieux de Vacheresse

Voir aussi :
Paroisse Saint Maurice en Chablais

Montailleur – Eglise Saint Maurice

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Montailleur est installé sur la rive droite de l’Isère, principale rivière de la Combe de Savoie. Ce petit village de sept cents âmes possède un passé relativement riche. Au Moyen-Âge, ce bourg abritait déjà une Maison Forte. Aujourd’hui encore subsistent quelques ruines d’un château dans le lieu-dit du même nom. Près de ce château est installée une chapelle placée sous le patronage de l’Archange Saint Michel. L’église néo-gothique, quant à elle, est dédiée à Saint Maurice, légionnaire thébain mort en Valais au IIIe siècle. Cette église, consacrée en 1885, a été bâtie sur les plans de l’architecte diocésain M. Joseph-Samuel Revel. En 1884, l’ancienne église sera déconstruite. Le seul élément conservé est la base du clocher afin de faire un trait d’union entre les deux édifices religieux. Aujourd’hui encore, la chambre des cloches de l’ancienne église est encore visible par des ouvertures géminées. L’étage au-dessus, en pierres apparentes, est la partie nouvelle, avec une nouvelle chambre des cloches, un petit peu plus étroite.

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Les plus anciennes archives que nous possédons font état de quatre cloches en place dans le clocher de l’église sous l’Ancien Régime. En 1793 trois d’entre elles, les plus petites, prirent le chemin de Chambéry pour être cassées et fondues. Elles pesaient au total 830 kilos. La plus grande (880 kilos) était restée au clocher pour donner de la voix pour le tocsin ou autre événement civil. Dérobée en avril 1794 puis retrouvée quelques jours après, elle sera contrainte de subir le même sort que ses petites sœurs. En 1802, soit peu de temps après que le Concordat soit signé, une cloche pesant environ une tonne est fondue par un Carougeois et son fils : Jean-Baptiste Pitton. Ce n’est pas la première fois que nous relatons le savoir-faire de ce fondeur né en Isère. Cette cloche sans nom, installée en rétrograde, est accompagnée de trois autres cloches. La plus grande d’entre elles – la deuxième – porte la date de 1860 et la griffe des frères Paccard, fondeurs à Annecy-le-Vieux, en Haute-Savoie. Cette cloche en remplace une autre d’un seul quintal. Son acquisition reste une zone d’ombre. Deux petites cloches permettent au quadrillon de s’exprimer pleinement. Nommées respectivement « Françoise-Marguerite du Sacré-Coeur » et « Marie-Jeanne-Angéline-Philomène », elles ont été fondues toujours par la célèbre fonderie savoyarde Paccard en 1891. Leurs dédicaces rendent hommage à leur parrains et marraines respectifs, et citent le curé qui les « donne à la fabrique ». On trouve enfin l’inscription « L’année de fonte de la Savoyarde 1891 » ! En effet, c’est cette même année qu’est fondue la célèbre Savoyarde sur l’initiative de l’archevêque de Chambéry. Depuis l’installation des nouvelles cloches en juillet 1892, ce carillon entonne joyeusement un « accord majeur » en « mi » audible lors des funérailles.

Nom Fondeurs Année Diamètre (cm) Masse (kg)

Note

1

  Pitton père & fils 1802 119,7 1000 Mi 3
2   Paccard frères 1860 94,5 500

Sol ♯ 3

3

Françoise Marguerite du Sacré Cœur G&F Paccard 1891 79,3 308 Si 3
4 Marie Jeanne Angéline Philomène G&F Paccard 1891 58,6 130

Mi 3

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La cloche 3 « Marguerite du Sacré-Coeur » et la cloche 1 en arrière plan.
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Mes sincères remerciements à la municipalité de Montailleur, sous le mandat de M. Jean-Claude Sibuet-Becquet, maire, pour son aimable autorisation et à M. Pierre Dubourgeat, jeune conseiller municipal intarissable sur l’histoire de son village pour nous avoir accompagné. Je tiens aussi à remercier le petit comité qui nous a accueillis pour avoir pris le temps de nous écouter, de même que Quasimodo (que je remercie vivement également pour sa collaboration) et qui partagé mon ébahissement devant ces remarquables cloches. Enfin, je citerai Marie-Thérère Floret-Miguet pour le très bel article sur notre venue au clocher en cette avant-veille de la Toussaint.

Sources :
Mairie de Montailleur
Montailleur, sur Wikipédia
Bulletin Municipal de Montailleur, page
Pierre Dubourgeat
Inventaire personnel
Fonds privés

Queige – Eglise Sainte Agathe

Aux portes du beaufortain, vallée creusée par le Doron, Queige est un village de 800 habitants de part et d’autre d’une rivière parfois tempétueuse. De nombreux sommets dépassant les 2000 mètres d’altitude entourent la commune, qui possède un moyen de communication avec le Val d’Arly grâce au Col de la Forclaz, nom très répendu. En effet, en patois Forclaz signifie « petite fourche » ou « fourchette » : il faut comprendre alors « un passage dans la montagne », nous disent volontiers nos anciens. Si le chef-lieu du village est installé rive droite du Doron, de nombreux hameaux sont installés ici et là, aussi bien en direction du Col qu’au bord du torrent, qui coule depuis les alpages et plus particulièrement les barrages de Roselend et de la Girotte, plus en amont.

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La première mention d’une église à Queige remonte à 1171. Un édifice religieux était déjà construit en contrebas de l’actuel, près du Doron. Suite à une importante crue de cette rivière, l’église fut déplacée à l’emplacement actuel en 1351. La base de la tour clocher, qui sert également de chœur, est bien plus ancienne : il s’agit en fait de la tour d’un ancien château. En 1674, le nouveau sanctuaire baroque est consacré. Les travaux sont réalisés par les tailleurs de pierres de la paroisse de Sixt, en vallée du Giffre. En 1793, Ablitte ordonne de raser la tour. Fini le temps du clocher majestueux qui dépassait fièrement la nef de l’église, sa flèche élancée et ses quatre clochetons. Aujourd’hui, une modeste flèche couronne un clocher qui ose à peine se démarquer de la nef. Grand classique pour les églises baroques des pays de Savoie, l’intérieur contraste nettement avec la sévérité extérieure. Le retable est sans doute l’élément le plus remarquable de l’édifice. Chaque année, début février, Queige fête sa patronne, Sainte Agathe. Une grande foule assiste à la messe patronale où est béni le pain de Sainte Agathe.

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Le clocher trapu, ancienne tour de château, abrite aujourd’hui quatre cloches. La plus grande des quatre, « Marie-Françoise », date de 1646. A la fin du XIXe siècle, cette cloche qui survécut à la Révolution se fêla. Il a fallu la refondre en 1886. Cette cloche prie pour les Queigerans qui l’ont financée. Elle arbore aussi le nom du curé, du maire de l’époque, du parrain et de sa marraine ainsi que l’inscription « Je sonne la messe, les heures et chasse l’orage ». La deuxième cloche se retrouve à être la doyenne aujourd’hui. Elle a été fondue en 1824 par un fondeur natif de Briançon, pourtant bien connu en Savoie : Louis Gautier. Elle est dédiée à Sainte Agathe. Comme les autres cloches, elle fut offerte par les queigerans vivant à Paris, en plus des villageois. Mgr Antoine Martinet, un queigeran -entre autres- docteur et professeur de théologie, chanoine honoraire de la Métropole de Chambéry et vicaire général de la Tarentaise a eu l’honneur de parrainer cette cloche. Une fois la cloche installée au clocher, il deviendra Archévêque de Chambéry jusqu’à sa mort. Lucie-Joséphine est la troisième cloche. Fondue en 1827 par Gautier, elle fut refondue à Quintal en décembre 1843. « Marie-Cécile » est la benjamine de la sonnerie, tant par sa taille que son âge. Fondue en 1845 et donnant un « ré » de deux quintaux à peine, elle fut refondue en 1950, alourdie et harmonisée pour l’occasion avec ses grandes sœurs. Fondue quelques années après la seconde guerre mondiale, elle se veut être « la cloche de la Paix ». Autrefois, les sépultures pouvaient être sonnées avec une seule ou trois cloches, selon le défunt. Aujourd’hui, le glas est composé à la fois d’un tintement des quatre cloches (un coup par cloche, pendant cinq minutes) puis de la grande volée, entonnant un solennel Salve Regina (nom de l’accord des cloches) avant et après la célébration de la sépulture. Grâce à l’élan de la municipalité en place depuis 2014, elles sont désormais visible en point d’orgue d’un parcours de visite dans le village. Récemment, le clocher a été restauré pour lui rendre une belle apparence mais aussi pour accueillir plus sereinement un public toujours plus nombreux. Cerise sur le gâteau, les cloches viennent d’être nettoyées et polies, afin de donner une apparence presque rajeunie, même si les cloches sont presque toutes centenaires !

Nom Fondeurs Année Diamètre (cm) Masse (kg)

Note

1

Marie Françoise G&F Paccard 1886 126,8 1263 Mi ♭ 3
2 Sainte Agathe Louis Gautier 1824 101,2 610

Sol 3

3

Lucie Joséphine Frères Paccard 1843 81,6 325 Si ♭ 3
4 Marie Cécile Les fils de G. Paccard 1950 76,2 275

Do 4

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Anecdote : au début du XXe siècle, alors que l’Église et l’État divorçaient, le village de Queige était marqué par un fort anticléricalisme. Autrefois, a l’issue d’obsèques religieuses, les défunts étaient inhumés de manière à regarder l’église qui les surplombaient. Alors, les athées, enterrés « en libres penseurs » souhaitaient lui tourner le dos. De cette période subsiste cette tradition qui serait toujours en vigueur. En 1908, lors d’obsèques civiles, le fossoyeur -pour témoigner de sa colère- n’a même pas pris la peine de descendre le cercueil au fond de la tombe à l’aide de cordes : il l’a lâché et laissé tomber!

Mes sincères remerciements à M. Edouard Meunier, maire de Queige pour son aimable autorisation et son accueil plus que chaleureux ainsi que M. Jean-Louis Combaz, sacristain, pour l’ouverture du clocher. Je remercie également mes collègues Quasimodo (visite de 2015), Loris « Les Cloches Mauriennaises » et Aurélien Surugues (visite de 2020) pour leur collaboration et les chouettes moments d’amitié !

Sources :
Jean-Louis Vernaz
Edouard Meunier, maire de Queige
« Cloches du Beaufortain et d’ailleurs » Marie-Françoise Doucet, 2003
Inventaire personnel
Fonds privés

Voir aussi :
Mairie de Queige
Wikipédia
Eglise Sainte-Agathe de Queige

Ancienne vidéo de la sonnerie (réalisée le 31 octobre 2015)

Fillière – Eglise Saint-Maurice-et-Saint-François-de-Sales (Thorens-Glières)

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En prononçant le nom de Thorens-Glières, un lieu nous vient immédiatement à l’esprit : le célèbre Plateau des Glières, l’un des foyers de la Résistance Française lors de la Seconde Guerre Mondiale. En fouillant un peu plus le passé, on apprend que c’est cette commune qui a vu naître, un 21 août 1567, Saint François de Sales. Docteur de l’église et saint-patron des journalistes, celui qui fut prêtre puis évêque du diocèse de Genève-Annecy était issu d’une famille noble. Ses descendants (indirects) possèdent encore le château de Thorens-Glières, sis sur le hameau de Sales. Bien que le château ait été démoli par Louis XIII en 1630, un autre a été reconstruit à quelques mètres de l’ancien. Une chapelle, dédiée à l’enfant du village, marque l’emplacement de la chambre ou ledit saint vit le jour.
A quelques mètres de là, dans le chef-lieu, une flèche dépasse les bâtisses. L’église initialement dédiée à Saint Maurice est aujourd’hui dédiée à Saint François de Sales en plus du martyr d’Agaune, Saint Maurice. L’édifice a su conserver son chœur du XVe siècle. C’est entre ses murs qu’a été baptisé Saint François de Sales et qu’il a été ordonné évêque. En 1898, la nef et les bas côtés, jugés en mauvais état, son abattus pour être reconstruits et agrandis. La remarquable mosaïque dans le chœur date de 1935. On peut admirer la Sainte Trinité, et les deux patrons de la paroisse : Saint Maurice qui encourage ses troupes à mourir pour le Seigneur, et Saint François de Sales lors de son ordination, quatre siècles auparavant.

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Le clocher flèche abrite actuellement deux cloches. Bien que l’histoire du patrimoine campanaire ne soit guère connue, nous avons la certitude que lors de l’installation des deux cloches actuelles, une troisième plus ancienne prenait déjà place dans le clocher. En témoignent un joug en bois, déposé, qui ne correspond pas à celui de la grosse cloche, déposé il y a peu au profit d’un joug métallique, et une inscription sur la grosse cloche relatant ses « deux sœurs cadettes ». Aujourd’hui encore, « Jeanne Salésienne » et « Immaculée » se chargent de chanter les louanges du Seigneur, mais aussi d’annoncer aux thoranais(es) les joies et les peines. Elles ont toutes deux eu pour parrains et marraines le comte et la comtesse Eugène et Jeanne de Roussy de Sales, illustres descendants de la famille de Sales.

Nom Diamètre (cm) Masse (kg) Note
1 Jeanne Salésienne 143,1 1700

Ré ♭ 3

2

Immaculée 95,9 500 La ♭ 3

Georges et Francisque Paccard fondeurs à Annecy-le-Vieux 1884

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« Jeanne Salésienne » la plus grande des deux cloches.
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Mes remerciements à la municipalité de Thorens-Glières sous le mandat de M. Christian Anselme, maire, pour son aimable autorisation, et à M. Didier Duborper, directeur des services techniques. Des remerciements nourris à M. André Colin, président du conseil de paroisse, pour nous avoir accueillis et accompagnés au sommet de ce beau clocher. Enfin, mention à Alex « Fred Phos » pour sa collaboration.

Sources :
Relevé personnel sur site
Site de la commune de Thorens
Saint François de Sales
Thorens sur Wikipédia

Voir aussi :
Château de Thorens
Paroisse de Thorens

Champdor-Corcelles – Eglise Saint Victor & Saint Ours (Champdor)

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Le village de Champdor se trouve en plein cœur du Bugey, l’une des quatre provinces de l’Ain. De 1077 à 1601, la commune faisait partie intégrante du territoire de la Maison de Savoie. Au cours du XIIe siècle, on apprend qu’elle appartenait à des familles nobles. Le premier nom est celui des de Lurieux. Jusqu’à la Révolution Française, quelques familles se sont succédées. La dernière ayant eu un quelconque pouvoir est la famille de Montillet. C’est à cette famille que l’on doit le château de Champdor, bâti dès 1730 et achevé en 1743. L’un des éléments remarquables est sa tour, dont les deux derniers étages sont aménagés pour abriter une horloge et une cloche. Il est bon de préciser qu’à quelques mètres du château se trouve l’église, qui, elle aussi, a toujours été équipée de cadrans, et dont les cloches sonnent encore aujourd’hui le temps qui passe. Cette église, qui remonterait au XVe siècle, possède un clocher carré reconstruit en 1823, suite aux dommages causés par la Révolution. Il est possible que l’église ait été remaniée au XIXe siècle, car elle est aujourd’hui dans un style néo-gothique.

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Le clocher abrite actuellement trois cloches. Bien que les deux plus grandes soient équipées pour tinter heures et demi-heures, toutes trois sont encore actionnées à la corde! Néanmoins, une belle sonnerie régulière a un prix, notamment pour la grosse cloche : il faut être deux ou en bonne condition physique! La sonnerie se compose d’une cloche Burdin Ainé dédiée à Saint Paul Apôtre, fondue en 1838, et de deux cloches fondues à Annecy-le-Vieux par Georges & Francisque Paccard en 1893. Ces dernières ont été financées par la commune. La plus grande cloche a eu pour parrain le baron de l’époque, Xavier de Montillet. La plus petite, quant à elle, rend hommage à tous les évêques et archevêques des différents diocèses et archidiocèses qui ont eu à un moment de leur histoire Champdor comme paroisse. A l’époque, l’évêque avait sa cathèdre à Belley, ce qui est toujours le cas aujourd’hui, mais avec Bourg-en-Bresse comme Co-Cathédrale.

Nom Fondeur Année Diamètre (cm) Masse (kg) Note
1 Marthe Marie G&F Paccard 1893 133 1400

Ré 3

2

St Paul Burdin Ainé 1838 103,2 650 Fa 3
3 Stéphanie Louise G&F Paccard 1893 88 400

La 3

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La cloche deux, richement décorée.
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Mes remerciements à M. Stéphane Martinand, maire de la commune de Champdor, pour son aimable autorisation. Mention à mes excellents camarades campanaire Mike « Quasimodo », Philippe « Senonais » et Matthias Walter, expert-campanologue à Berne, pour l’aide indispensable à la réalisation de ce reportage.

Sources :
Relevé personnel sur site.
Site de la commune de Champdor
Matthias Walter

Voir aussi :
Champdor sur Wikipédia
Paroisse catholique de Champdor

Marboz – Eglise Saint Martin

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Le village de Marboz se situe dans le nord du département de l’Ain. Le clocher élancé de l’église Saint Martin est encore aujourd’hui un repère. Il est d’ailleurs visible de toutes les entrées du bourg de 2’200 habitants. La plus ancienne mention d’un édifice religieux remonte à 974. Manassès, sire de Coligny, village voisin, fait don de l’église de Marboz à l’abbaye de Gigny qui établit alors un prieuré près de l’église. A cette époque, la paroisse est indirectement dépendante des bourguignons. Après une guerre de plusieurs années entre Hubert de la Tour du Pin et Aimé IV de Savoie, la commune passe sous domination savoyarde en 1289. Ballottée entre la Savoie et la France pendant le XVIe siècle, la paroisse deviendra définitivement française en 1601. Pour revenir à des faits religieux, en 1470, une visite pastorale est effectuée par l’archevêque auxiliaire de Lyon. L’église est décrite comme pauvre, car il manque le grand autel, qui ne sera jamais installé. La messe était alors dite sur un autel « portatif ». En 1584, un tremblement de terre fragilise l’église et les maisons du bourg. En 1613, l’archevêque de Lyon se déplace jusqu’à Marboz. Il actualise les propos de son confrère venu en 1470 pour dire que l’église était plus belle et qu’elle possédait 7 chapelles. En 1656, l’un de ses successeurs déclare lors d’une visite que le sanctuaire est « pauvre de tous ornements nécessaires ». A l’époque, elle avait 13 chapelles. Probablement pillée à la Révolution, l’église sera rebâtie dans un style néogothique dès 1858. Elle sera consacrée en 1861. Elle abrite aujourd’hui des reliques de Sainte Urbaine dans une chapelle latérale qui lui est dédiée.

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Le clocher, fin et élancé, supporte aujourd’hui quatre cloches. Toutes installées dans un beffroi en bois, elles étaient actionnées par des sonneurs jusqu’en 1967 et tintaient le temps qui passe avec une horloge mécanique conçue par MM. Paget frères à Morez-du-Jura en 1863. En 1941 ce mouvement est remplacé par l’entreprise fondée par Lucien Terraillon, basé sur la même commune jurassienne. C’est d’ailleurs la marque que porte le cadre de l’horloge. Ce mouvement pilotait au tintement les trois plus grandes des quatre cloches. Cette sonnerie, malgré un pilotage par automate, demeure : les quarts sur les cloches 3 et 2, et l’heure pleine sur le « bourdon ». La petite cloche s’est toujours contentée de sonner à la volée. Nous n’avons pas la moindre information sur les anciennes sonneries de Marboz. Il est certain que les cloches actuelles succèdent à d’autres et s’inscrivent dans la probable grande lignée de cloches marboziennes aux vues de l’histoire de la bourgade. Fondues en deux étapes (« bourdon » en 1871, puis les autres en 1875) les cloches portent la signature de la fonderie lyonnaise Burdin-Ainé, l’une des plus productives dans la région.

Année Diamètre (cm) Masse (kg) Note
1 1871 148,5 1950

Do 3

2

1875 117,1 900 Mi 3
3 1875 99 550

Sol 3

4

1875 74,5 250 Do 4

Burdin Ainé fondeur à Lyon

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Détails de la grande cloche.
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Mes remerciements vont à la municipalité de Marboz, pour leur accord de principe et à M. Joël Guillet, paroissien en charge des différentes sonneries de cloches pour sa gentillesse et sa disponibilité. Enfin, mention amicale envers MM. Mike « Quasimodo » et Philippe « Senonais » pour leur précieuse collaboration et les sympathiques échanges.

Sources :
Commune de Marboz
Relevé personnel
Panneaux sur site
Collections privées

Voir aussi :
Marboz sur Wikipédia
Paroisse de Marboz

Verchaix – Eglise Saint Guérin

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En plein cœur de la vallée du Giffre, Verchaix n’est que commune à part entière que depuis 1865. Dépendants de la collégiale de Samoëns, les habitants de la commune construisent en 1665 une chapelle dédiée à Saint Guérin, évêque de Sion et fondateur de l’Abbaye de Saint-Jean-d’Aulps, à l’emplacement de l’actuelle mairie. En 1777, ils demandent à Mgr Jean-Pierre Biord, évêque du diocèse natif de Samoëns, la création d’une paroisse. Ce sera chose faite en 1779. La construction de l’église est alors confiée à Claude-François Amoudruz, architecte septimontain. Elle sera achevée en 1783. Malgré cette indépendance, c’est aux chanoines de la collégiale de Samoëns qu’il revient de nommer le curé de Verchaix. Le premier sera Charles-François Bouvet. Malheureusement ce brave père devra finir ses jours en Suisse, à cause de la Révolution. L’église trapue se compose d’une nef unique prolongée par un chœur à chevet arrondi. Sa tribune est ajoutée en 1830.

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Après vous avoir présenté des ensembles notables telles que la Savoyarde, plus grosse cloche de France ou encore la cathédrale de Dijon et son carillon, l’un des plus grands de France, c’est aujourd’hui une sonnerie modeste que je vous présente, mais son caractère hétérogène est des plus intéressants. Deux cloches, de deux fondeurs. La plus grosse date de 1836, c’est la plus récente. C’est une cloche des frères Paccard de Quintal (deuxième génération). Elle montre tout le savoir-faire acquis par cette célèbre famille au bout de quarante ans de fonte. Elle tient compagnie à une cloche plus ancienne. Elle a été offerte par le père Bouvet, premier curé de la paroisse. Elle est antérieure à la Révolution et porte le sceau de Jean-Daniel Dreffet, fondeur maintes fois présenté sur ce site.

Nom Fondeur Année Diamètre (cm) Masse (kg) Note
1   Frères Paccard 1836 89 400

La 3

2 St Guérin JD Dreffet 1786 74,5 250

Si 3

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Les deux cloches, installées côte à côte dans le clocher en bois.
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Un grand merci à M. Joël Vaudey, maire de Verchaix, pour son aimable invitation et sa disponibilité. Des remerciements nourris au père Bruno Hébert, curé de la paroisse Bienheureux Ponce et à Mme Deffaugt, sacristine, pour les sonneries spéciales et pour le soutien qu’ils me témoignent.

Sources :
Descriptif de l’église
Relevé personnel

Voir aussi :
Commune de Verchaix
Office du tourisme de Verchaix
Paroisse Bienheureux Ponce
Verchaix sur Wikipédia

Les Houches – Eglise Saint Jean-Baptiste

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A la fin du XIe siècle, les comtes de Genève confient à l’abbaye Saint Michel de la Cluse la vallée de Chamonix pour y bâtir un prieuré. Au XIVe siècle, celui-ci dépendait de la toute proche collégiale Saint-Jacques de Sallanches. Après des siècles de prospérité, deux nouvelles paroisses se détachent de ce prieuré : celle d’Argentière et celles des Houches. Toutes deux invoquent les mêmes raisons : la proximité inexistante. Alors, en 1730, commencent les travaux de la nouvelle église des Houchards. Cette église en forme de croix latine à nef unique est consacrée en 1766. Elle est décorée dans le style baroque savoyard. Ce style, en vogue à l’époque, est issu de la Contre-Réforme au XVIe siècle. A l’extérieur de l’édifice, c’est surtout le bulbe au sommet du clocher qui le caractérise. Il a été reconstruit en 1839. On entre dans l’édifice par un portail en forme d’arc de triomphe, qui marque la séparation de l’art profane et de l’art sacré. En poussant la lourde porte de bois, on aperçoit un grand retable, entouré par deux autels latéraux. L’un dédié à Notre-Dame des Carmes, et l’autre au Rosaire. Dans le maître autel, on peut voir entre autres le baptême de Jésus par Jean-Baptiste, patron de la paroisse. En arrivant dans le chœur, il est conseillé de lever la tête car sur la voûte est peint la Passion de Jésus.

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Trois cloches, 3 fondeurs, 3 lieux et 3 timbres différents. La sonnerie des Houches est la plus hétérogène qui soit. La plus grande cloche, indiscutablement baroque, a été faite par les frères Livremont, grande dynastie originaire du Doubs (25). La seconde cloche, plus récente que sa grande soeur, a été fondue par l’Isérois Jean-Baptiste Pitton, établi à Carouge (CH), commune à l’époque rattachée à la Savoie. La plus petite, enfin, provient des fours de Quintal, plus précisément ceux des frères Paccard, qui ont fondu, la même année, l’imposante sonnerie de la collégiale de Sallanches, composée de 9 cloches a la volée. Cette cloche, tout en les regardant, dialogue chaque midi avec le Christ-Roi et sa grande cloche. Si la plus grande cloche chante la gloire de Saint Jean-Baptiste, la cloche 2 nommée « Marie Michelle » prie également pour Saint Michel, qui demeure patron de la paroisse de Chamonix. La plus petite enfin porte le prénom de « Jeanne Pulchérie ». Il faut savoir que le prénom Pulchérie a toujours été très peu donné, ce qui rend encore plus rare une cloche portant ce prénom. Sa marraine ne se nommant pas ainsi, je pense que la cloche est soit un hommage à une personne ou à sainte Pulchérie, car en voyant la rareté de ce prénom, il n’est peut-être pas le fruit du hasard. Hélas la cloche ne peut pas nous répondre sur cette interrogation.

Nom Fondeur Année Diamètre (cm) Masse (kg) Note
1

St Jean Baptiste

Livremont frères 1747 100,5 650

Fa ♯ 3

2 Marie Michelle JB Pitton 1812 90,3 480

Sol ♯ 3

3 Jeanne Pulchérie Paccard frères 1844 80,5 350

Si 3

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Le beffroi et ses cloches.
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(nom, fondeur, année, masse, diamètre, note (La3 = 435 Hz)

Mes remerciements à M. Le Maire des Houches et à M. Cretenand des services bâtiments et aux pères Vigliano et Mongellaz, curé et prêtre résident des Houches pour l’accès au clocher et les sonneries spéciales. Amitiés à Alex « Fred Phos » également de la partie.

Sources :
Petit Patrimoine
Inventaire personnel

Voir aussi :
Mairie des Houches
Office du tourisme
Les Houches sur Wikipédia
L’Eglise des Houches
Paroisse les Houches