Chamonix Mont-Blanc – Eglise Saint Michel

Statue du Dr. Michel Paccard et de Jaques Balmant, premiers hommes a gravir le Mont-Blanc

Statue du Dr. Michel Paccard et de Jaques Balmat, premiers hommes a gravir le Mont-Blanc

Chamonix-Mont-Blanc est probablement l’une des communes savoyardes les plus estimées dans le monde. C’est sur son territoire même que se dresse le Mont-Blanc -toit de l’Europe-, l’Aiguille du Midi ou encore la Mer de Glace. Ce haut lieu touristique abrite des pans entiers de l’histoire de l’alpinisme en plus d’un riche passé patrimonial. Ce sont MM. Michel Paccard et Jacques Balmat qui ont pu atteindre le toit de l’Europe en 1786. Aujourd’hui, une des principales rues chamoniardes porte le nom du Dr Paccard et un des établissements scolaires porte le nom de son compagnon de cordée, Jacques Balmat. Dès lors, le Mont-Blanc est gravi par des alpinistes confirmés ou non venant du monde entier. Maurice Herzog, député-maire de Chamonix de 1968 à 1977, est le premier homme à avoir gravi l’Annapurna. C’est la première fois qu’une expédition entière parvient à atteindre un sommet de plus de 8’000 mètres.
Une grande partie des historiens se pencheront volontiers sur l’évolution des funiculaires, des téléphériques, du tourisme ou encore des premières ascensions des différents sommets des Alpes. Ceux qui aiment également les vielles pierres n’hésiteront pas à pousser les lourdes portes des églises Saint-Michel -vestiges d’un prieuré-, Saint-Pierre d’Argentière ou encore celles de la chapelle Saint-Bernard des Praz. Les lignes suivantes vous permettront de franchir des portes dérobées accessibles pour une poignée de personnes : celles des clochers chamoniards.

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L’église Saint-Michel de Chamonix est aujourd’hui la cœur spirituel de la Vallée Blanche en raison du regroupement des paroisses. Pour cette église, ce n’est qu’un retour aux sources. Au XIe siècle, Aymon Ier de Genève confie la vallée à l’Abbaye piémontaise de Saint-Michel-de-la-Cluse (I). Une première église bâtie par les moines est attestée en 1119. Il s’agit en fait d’une nouvelle église, une première existant déjà auparavant. En 1519, Guillaume de la Ravoire, alors prieur, lie l’église à la puissante Collégiale Saint-Jacques de Sallanches. Seulement, trois ans après, tout chamonix est la proie des flammes. Nous retrouvons le fil de son histoire presque deux siècles plus tard : en 1702. Le sanctuaire prieural est alors reconstruit. Le chapitre collégial de Sallanches finance le chœur et les paroissiens la nef. Après 12 ans de travaux, Mgr de Bernex, évêque d’Annecy, consacre l’église en soulignant sa beauté. Mais en 1758, voilà que l’église brûle à nouveau. La restauration est entreprise entre 1760 et 1790. Après la Révolution, il faut à nouveau redonner à l’église -rendue à la vie paroissiale- son faste d’antan : nous noterons alors une grande restauration entre 1830 et 1860 (nouvelle peinture, nouveau retable et nouvelle façade en 1840 remplacée en 1864 par celle que nous connaissons, avec une travée supplémentaire). L’orgue est le dernier arrivé dans cette église : inauguré en 1992 par Marie-Claire Alain, cet instrument est composé de deux buffets pour laisser entrer la lumière des vitraux de façade. Le bulbe du clocher est toujours au milieu du village. Chaque 15 août, les guides s’installent sur les bans de l’église pour une grande messe en mémoire de leurs confrères disparus ou décédés. Les murs du lieu de culte ne comptent plus les veillées de prières pour les incidents de montagne ou encore pour de grands montagnards comme tout récemment Maurice Herzog, héros de l’Annapurna et ancien député-maire de la commune.

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Le clocher à bulbe, typique de nos vallées, a été restauré une dernière fois en 2003. Il abrite quatre cloches qui -contrairement aux usages haut-savoyards- sont suspendues en fenêtre et non à l’intérieur du beffroi, ce qui permets aux chamoniards et touristes d’assister au spectacle des volées de ces quatre cloches. Côté nord se trouve la plus grosse cloche, aux origines très anciennes. Ses inscriptions indiquent qu’elle a été refondue en 1761. Après avoir survécu aux révolutionnaires, elle prit à nouveau le chemin du creuset en 1815. Enfin, en 1845, Claude et Jean-Pierre Paccard réalisent la pièce que nous connaissons : une cloche de 1’500 kilos dédiée à l’Archange saint Michel, patron de la paroisse. En 1822, nous notons le passage de deux fondeurs réputés dans l’arc alpin : les familles Vallier et Gautier. Établies quelques années à Conflans, elles ont réalisés trois cloches en profil relativement « lourd » contrairement à d’autres sonneries. La seconde cloche de l’ensemble souhaite la « paix (…) aux hommes de bonne volonté ». Ses deux petites sœurs prient respectivement pour le repos des défunts et pour que l’espérance des justes soit immortelle. Il faut noter que l’harmonie de cette sonnerie est discutable en raison de la présence d’un demi-ton et d’un « triton » dans cette sonnerie. En effet, si les trois cloches de 1822 forment un segment de gamme, la grande cloche sonne un demi-ton trop bas. En profil moyen, il est fort possible que les frères Paccard aient livré une cloche de dimensions identiques à sa prédécesseur, au détriment de l’accord. Mais la qualité des cloches dans cette station réputée fait presque oublier ce défaut qui rend la sonnerie singulière.

Nom Fondeurs Année Diamètre (cm) Masse (kg) Note
1 Saint Michel Frères Paccard 1845 136,2 1’560 Ré 3
2 Vallier & Gautier 1822 120 1’050 Fa 3
3 Vallier & Gautier 1822 106,5 700 Sol 3
4 Vallier & Gautier 1822 99,3 600 La bémol 3
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La cloche 3 qui prie pour les défunts, côté parvis.

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J’adresse mes remerciements pour mes différentes visites du clocher au père Vigliano, curé de la paroisse et chanoine d’honneur de l’Abbaye de Saint-Maurice. Je n’oublie pas toutes les personnes qui ont découvert ce clocher si célèbre : Matthias Walter, expert-campanologue à Berne, Mike alias « Quasimodo », Gideon Bodden -carillonneur d’Amsterdam- ou encore François-Xavier qui a aidé à réaliser la vidéo ci-dessus.

Sources & liens :
Mairie de Chamonix-Mont-Blanc
Paroisse de Chamonix-Mont-Blanc
Chamonix sur Wiki
L’église sur Wiki
Inventaire personnel
Fonds privés

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