Queige – Eglise Sainte Agathe

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La première mention d’une église à Queige remonte à 1171. Un édifice religieux était déjà construit en contrebas de l’actuel, près du Doron. Suite à une importante crue de cette rivière, l’église fut déplacée à l’emplacement actuel en 1351. La base de la tour clocher, qui sert également de chœur, est bien plus ancienne, car il s’agit de la tour d’un ancien château. En 1674, le nouveau sanctuaire baroque est consacré. Les travaux sont réalisés par les tailleurs de pierres de la paroisse de Sixt, en vallée du Giffre. En 1793, Ablitte ordonne de raser la tour. Fini le temps du clocher majestueux qui dépassait fièrement la nef de l’église, sa flèche élancée et ses quatre clochetons. Aujourd’hui, une modeste flèche couronne un clocher qui ose à peine se démarquer de la nef. Grand classique pour les églises baroques des pays de Savoie, l’intérieur contraste nettement avec la sévérité extérieure. Le retable est sans doute l’élément le plus remarquable de l’édifice. Chaque année, début février, Queige fête sa patronne, Sainte Agathe. Une grande foule assiste à la messe patronale où est béni le pain de Sainte Agathe.

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dsc_0020bisLe clocher trapu, ancienne tour de château, abrite aujourd’hui quatre cloches. La plus grande des quatre, « Marie-Françoise », date de 1646. A la fin du XIXe siècle, cette cloche qui survécut à la Révolution se fêla. Il a fallu la refondre en 1886. Cette cloche prie pour les Queigerans qui l’ont financée. Elle arbore aussi le nom du curé, du maire de l’époque, du parrain et de sa marraine ainsi que l’inscription « Je sonne la messe, les heures et chasse l’orage ». La deuxième cloche se retrouve à être la doyenne aujourd’hui. Elle a été fondue en 1824 par un fondeur natif de Briançon, pourtant bien connu en Savoie : Louis Gautier. Elle est dédiée à Sainte Agathe. Comme les autres cloches, elle fut offerte par les queigerans vivant à Paris, en plus des villageois. Monseigneur Antoine Martinet -entre autres- docteur et professeur de théologie, chanoine honoraire de la Métropole de Chambéry et vicaire général de la Tarentaise, natif du village, a eu l’honneur de parrainer cette cloche. Une fois la cloche installée au clocher, il deviendra Archévêque de Chambéry jusqu’à sa mort. Lucie-Joséphine est la troisième cloche. Fondue en 1827 elle fut refondue à Quintal en décembre 1843. « Marie-Cécile » est la benjamine de la sonnerie, tant par sa taille que son âge. Fondue en 1845, et donnant un « ré » de deux quintaux à peine, elle fut refondue en 1950, alourdie et harmonisée avec ses trois grandes sœurs. Fondue quelques années après la seconde guerre mondiale, cette cloche se veut être « la cloche de la Paix ». Autrefois, les sépultures pouvaient être sonnées avec une seule ou trois cloches, selon le défunt. Aujourd’hui, le glas est composé à la fois d’un tintement des quatre cloches (un coup par cloche, pendant cinq minutes) puis de la grande volée, entonnant un solennel Salve Regina (nom de l’accord des cloches) avant et après la célébration de la sépulture.

Cl.1 « Marie-Françoise » : Paccard, 1886 – 1’263kg, 126,8cm – Mi Bémol 3 +3
Cl.2 « Ste Agathe » : Gautier, 1824 – 610kg, 101,2cm – Sol 3 +4
Cl.3 « Lucie-Joséphine » : Paccard, 1843 – 325kg, 81,6cm – Si Bémol 3 -3
Cl.4 « Marie-Cécile » : Paccard, 1950 – 275kg, 76,2cm – Do 4 -1

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La cloche de la Paix. En arrière plan, les deux plus grosses cloches.

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DSC_0064Anecdote : au début du XXe siècle, alors que l’Église et l’État divorçaient, le village de Queige était marqué par un fort anticléricalisme. Autrefois, a l’issue d’obsèques religieuses, les défunts étaient inhumés de manière à regarder l’église qui les surplombaient. Alors, les athées, enterrés « en libres penseurs » souhaitaient lui tourner le dos. De cette période subsiste cette tradition qui serait toujours en vigueur. En 1908, lors d’obsèques civiles, le fossoyeur -pour témoigner de sa colère- n’a même pas pris la peine de descendre le cercueil au fond de la tombe à l’aide de cordes : il l’a lâché et laissé tomber!

Mes sincères remerciements à M. Edouard Meunier, maire de Queige pour son aimable autorisation et son accueil plus que chaleureux. J’aimerais remercier également le véritable petit comité qui nous a accueillis et plus particulièrement M. Jean-Louis Vernaz pour ses anecdotes historiques et au sacristain, pour nous avoir permis de lancer nous-même les cloches à la volée. Enfin, mention à Mike « Quasimodo » pour sa collaboration.

Sources :
Jean-Louis Vernaz
Edouard Meunier, maire de Queige
« Cloches du Beaufortain et d’ailleurs » Marie-Françoise Doucet, 2003
Inventaire personnel
Fonds privés

Voir aussi :
Mairie de Queige
Wikipédia
Eglise Sainte-Agathe de Queige

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