Albertville – Eglise Saint Sigismond (Saint-Sigismond)

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Sous-préfecture de la Savoie et « carrefour des quatre vallées » (Val d’Arly, Beaufortain, Tarentaise et Combe de Savoie), Albertville est bien entendu réputée pour avoir accueilli du 8 au 23 février 1992 les XVIe Jeux Olympiques d’hiver. Après cet événement mondial que sont les Jeux Olympiques, la commune continue occasionnellement d’attirer les organisateurs d’événements, comme par exemple le Tour de France, avec une arrivée d’étape en 1998, un simple passage en 2013 ou encore un départ d’étape en 2016. Mais cette commune de presque 20’000 habitants est en réalité très jeune. Elle est née en 1835 lorsque le Roi de Sardaigne et Duc de Savoie Charles-Albert réunit l’Hôpital avec le bourg médiéval de Conflans, l’occasion pour le souverain de laisser son nom à cette toute nouvelle bourgade. En 1965, Saint-Sigismond vient étoffer la commune. Des grands noms de France sont aussi intimement associés à Albertville. Jean Moulin, chef de la Résistance, fut sous-préfet d’Albertville entre 1925 et 1930. La ville a également vu naître l’architecte Henry Bernard, le skieur champion olympique Jean-Luc Crétier ou le vidéaste Jérôme Jarre. L’ancien ministre Michel Barnier réalisa ses années lycéennes à Albertville.

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L’église Saint Sigismond fut jadis le lieu de culte du village homonyme. Une pierre près de l’église atteste à cet emplacement ou aux alentours un temple romain au IIe siècle, certainement prédécesseur d’un sanctuaire chrétien. Mais les origines de l’église dédiée au roi saint Sigismond -fondateur de l’Abbaye de Saint-Maurice d’Agaune- sont incertaines. On sait seulement qu’une paroisse est attestée au XIIIe siècle. Si aujourd’hui Saint-Sigismond fait partie d’Albertville (avec comme chef-lieu l’ancienne commune de l’Hôpital) il est amusant de noter que la paroisse de l’Hôpital dépendait jadis de Saint-Sigismond. A l’époque de leur émancipation, l’église se trouvait beaucoup plus loin, à Chaudan, avant de se rapprocher. Cette dépendance prit fin au XIVe siècle. Nous apprenons que l’église de « Saint-Smond » -comme est surnommé ce hameau d’Albertville- fut incendiée lors du siège d’Henri IV à Conflans. En 1669, l’édifice est à nouveau consacré après quelques travaux de toiture. Un nouveau remaniement alieu quelques années plus tard et se conclut par une nouvelle consécration en 1728 : une église a chevet plat. L’église aurait pris la forme que nous connaissons vers 1862 avant de connaître de multiples restaurations.

Avant la Révolution, aucun clocher n’était mentionné, ni dans les archives, ni sur la mappe sarde. Il est cependant certain qu’une tour avec une ou plusieurs cloches devait se dresser à côté de l’église. Des archives post-révolutionnaires nous indiquent cependant que celui-ci fut mis à mal pendant la Terreur mais que des cloches de l’Ancien Régime ont pu retrouver leur perchoir. En 1797, alors que ladite Révolution est encore présente, mais sur le déclin, la paroisse commande une cloche, la plus grosse. Elle sera bénie en 1828 seulement, année où Louis Gautier, installé à l’Hôpital, fournit deux cloches, probablement les refontes des cloches post-révolutionnaires. En 1833, le clocher est rehaussé. En 1868, la grande et la petite cloche doivent retourner au creuset afin de revenir plus belles encore. Ce sont les frères Beauquis de Quintal, famille alliée des Paccard, qui les fondent. Il y a quelques décennies seulement, les sonneurs sont remerciés. Si les cloches possèdent toutes trois un marteau pour carillonner, la plus petite cloche n’est hélas pas motorisée à la volée. Heureusement, son bras de volée et sa corde sont restés en place et permettent une sonnerie occasionnelle à l’ancienne. Les amateurs d’objets anciens pourraient volontiers dire qu’elle est « dans son jus » car encore pourvue de ses équipements d’origine, contrairement aux deux grandes qui ont reçu de nouvelles montures en bois et de nouveaux battants lors de l’électrification.

Nom Fondeur(s) Année Masse (kg) Diamètre (cm) Note
1 Immaculée Conception Frères Beauquis 1868 450 90,8 La ♯ 3
2 Marie Louis Gautier 1828 320 81,5 Si 3
3 St Sigismond Frères Beauquis 1868 230 73,1 Do ♯ 4

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Les deux cloches Beauquis, ci-dessus et ci-dessous
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dsc_0037 dsc_0062_1 … puis la Gautier, doyenne : dsc_0055_1 dsc_0054_2

Mes remerciements pour cette visite à Madame Martine Berthet, maire d’Albertville, au Service Communication pour leur aimable autorisation et au Service Patrimoine de la commune pour la mise à disposition de la documentation et du temps précieux accordé. Remercié soit également le père Badaud, curé de la paroisse lors de ma venue pour les sonneries spéciales.

Sources :
Inventaire personnel
Fonds privés
Documentation sur l’église
Service Patrimoine – Mairie Albertville

Champanges – Eglise Saint Martin

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Bienvenue à Champanges, petit village du Chablais. Installé dans le Pays Gavot, connu pour donner au monde entier les eaux d’Évian, il domine le Lac Léman qui se trouve au nord. On peut même aisément distinguer quelques grandes villes suisses comme Lausanne, Morges, Vevey ou encore Montreux. Mais revenons en Haute-Savoie. La petite commune est encore blottie à l’ombre de son discret clocher en pierre. Comme son église, le village est sous la protection de saint Martin, les armes qui le représentent en témoignent. Si aucune festivité ne se déroule aux alentours du 11 novembre en son honneur, une grande fête populaire animait jadis le village le dimanche suivant la fête de la Pentecôte, vestige d’un pélerinage attestée déjà il y a quatre siècles.

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L’église est en réalité bien plus ancienne qu’il n’y parait. Une chapelle est évoquée en 1617, en même temps que le pélerinage mentionné ci-dessus. En effet, l’édifice attirait les âmes pieuses du Chablais : les fidèles devaient faire neuf fois le tour du sanctuaire qui abritait des reliques du saint. En 1723-1724, l’église est agrandie dans le style baroque. Anselme Boujon, émigré en Allemagne, fut le mécène de cette cure de jouvence. Probablement mis à mal à la Révolution, l’édifice continue au XIXe siècle de traverser les âges et d’accueillir les fidèles le dimanche, mais aussi pour les messes du casuel. Le décor néo-classique laisse penser à un remaniement dans la première moitié du XIXe siècle. Une des cloches nous apprend la présence d’une Confrérie du Saint-Sacrement en 1884. Un siècle plus tard – nous sommes en 1993/1994 – la municipalité, installée dans l’ancien presbytère, offre une restauration à l’édifice pour lui redonner sa couleur baroque d’antan.

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Les trois cloches forment un agréable accord majeur, très prisé dans de nombreux clochers, ici et partout. La grande cloche en est la doyenne. Elle porte sur sa panse le date du 10 juin 1834 et les noms de Claude et Jean-Pierre Paccard en leur qualité de fondeurs. En son sommet, on lit volontiers le nom du Rd François-Nicolas Hudry, curé, et deux fois le nom du village : une fois écrit « Champanges » et une autre « Champenges »! La suspension de la cloche a été refaite, puisqu’elle est équipée aujourd’hui d’un système dit « rétrolancé » mis sur pied par les frères Paccard et breveté en 1891. Il fatigue moins le sonneur pour mettre la cloche en volée, et celle-ci renvoie moins d’efforts sur les poutres du clocher. Nombre de sonneries du Chablais possèdent ce système certes ingénieux mais moins parfait pour ce qui est du rendu sonore. Les deux petites cloches datent de 1884. La plus grande, avec son doux nom latin « Francisca Laura », rend hommage à la Bienheureuse Marie-Immaculée et à saint Martin, patron de la paroisse. Face à elle, la petite cloche a été financée par la Confrérie du Saint-Sacrement. Ses inscriptions précisent que son usage est exclusivement réservé à la confrérie et aux carillons (sonneries des fêtes avec les trois cloches tintées). Cette cloche, nommée « Caroline », a hélas perdu son usage premier puisque la Confrérie n’est plus. Cependant, elle continue de donner de la voix à chaque angélus et lors des carillons. Elle accompagne en outre ses deux grandes sœurs lors du glas, à toute volée, que je vous propose de découvrir ci-dessous :

Nom Fondeur Date Masse (kilos) Diamètre (cm) Note
1 Non connu C&JP Paccard 1834 900 115,6 Fa 3
2 Francisca Laura G&F Paccard 1884 430 89,7 La 3
3 Caroline G&F Paccard 1884 250 74,7 Do 4

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Ci-dessus, la grosse cloche en détails.
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Ci-dessus, enfin, l’iconographie soignée des deux petites cloches.

Mes remerciements à la mairie et son maire, M. Rénato Gobber, pour les aimables autorisations. Je remercie également M. Chapuis, en charge de l’église, pour son accueil et sa disponibilité. Enfin, mention à Mike « Quasimodo« , pour son indispensable collaboration sans failles.

Sources :

Mairie de Champanges
Champanges sur Wikipédia
Paroisse Saint-André en Gavot

Crest-Voland – Eglise de la Nativité de Notre-Dame

CRESTCrédit photo : loomji.fr

Bucolique village qu’est Crest-Voland. Constitué de 400 âmes, il est installé au nord du département de la Savoie, dans le Val d’Arly. Cette commune jouit comme beaucoup d’autres d’une forte affluence touristique, liée en majeure partie aux sports d’hiver. Crest-Voland est un village traditionnel : le clocher de son église se dresse au centre de la commune, il est encerclé de chalets qui entourent également deux chapelles, de part et d’autres de la commune.

L’église, dédiée à la Nativité de Notre-Dame, a été construite au XIXe siècle… ou plutôt reconstruite! L’édifice primitif, datant probablement de la Renaissance, a connu une longue période de dégradations qui commença début XVIIIe siècle. Le coup de grâce a été la destruction partielle du clocher pendant la Révolution. En 1857, une souscription est lancée pour le nouveau sanctuaire. Les travaux commencent en 1863. L’architecte est Ruphy d’Annecy (Haute-Savoie) qui dessine les plans d’un lieu de culte néo-gothique. Les travaux sont achevés en 1866. La dédicace a lieu la même année. L’édifice n’est pas en lien avec les réputés sanctuaires baroques de la vallée et le clocher ne ressemble en rien aux bulbes de ces mêmes églises! Il est plutôt couronné par une sobre flèche.

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Si les dimensions de l’église sont relativement modestes, son clocher pourtant proportionnel à l’édifice religieux abrite l’un des carillons de nos départements. Ce ne sont pas moins de 10 cloches, dont 3 en volée, qui se cachent derrière les baies gothiques au pied de la flèche. Avant la Révolution, pourtant, l’ancien clocher était maigre en cloches. On note une seule cloche de quatre quintaux installée en 1650. Cette cloche fut réparée en 1736. A cette même date, nous notons la présence d’un fondeur lorrain nommé Jean-Baptiste Chrétiennot. Il réalisa également une seconde cloche. La cloche de 1650 fut victime des masses révolutionnaires. La cloche lorraine, dédiée à la Vierge et à Saint Grat évêque d’Aoste, fut conservée. En 1818 est installée une petite cloche, hélas livrée sans inscriptions ni signature. Les archives nous apprennent que c’est Jacques Claray-Clarésy qui donna une somme pour qu’une seconde cloche soit fondue 8 ans après sa mort. Il prit congé de notre monde en 1810. En 1880 et 1882, les fondeurs Georges et Francisque Paccard reçurent la commande de deux cloches intermédiaires. En 1932, les fils de Georges réalisent encore deux cloches qui seront à poste fixe. Enfin, en 1997, trois cloches sont ajoutées pour permettre à l’instrument de passer de 7 à 10 cloches. Ces cloches proviennent des dons de villageois. Le carillon sert aujourd’hui quelques fois par an au bon vouloir des quelques carillonneurs locaux. Son clavier normalisé permet un jeu assez facile et la place de la mairie a proximité est un très bon lieu d’écoute pour des concerts, même s’ils sont limités par la tessiture et la justesse approximative de l’instrument. Les trois grandes cloches sonnent également en volée. Malgré une électrification restaurée il y a quelques années, les cloches peuvent encore être actionnées à grand renfort d’huile de coude, pour les sépultures, par exemple. La cloche de 1736 possède ses équipements pour la sonnerie en volée, mais elle n’a jamais été électrifiée : la vétusté de l’installation ne permet pas une sonnerie de cette cloche en toute sécurité.

Nom Fondeur Année Masse (kg) Diamètre (cm) Note
1 Ste Marie Frères Paccard 1842 500 95,1 La ♭ 3
2 inconnu G&F Paccard 1880 350 84,5 Si ♭ 3
3 inconnu G&F Paccard 1882 250 75,4 Do 4 +3
4 Ste Marie & St Grat JB Chrétiennot 1736 230 73,9 Ré ♭ 4
5 Alice Marie Thérèse Fils de G. Paccard 1932 130 60,5 Mi ♭ 4
6 inconnu inconnu 1818 ? 85 54 Fa 4
7 Estelle Paccard 1997 83 52,7 Sol ♭ 4
8 Charles Albert Fils de G. Paccard 1997 80 49,5 Sol 4
9 Amélie Marie Adèle Paccard 1932 70 44,4 La ♭ 4
10 Marie Rose Paccard 1997 45 41,2 Si ♭ 4
Nom Fondeur Année Masse (kg) Diamètre (cm) Note

Tout d’abord, voici quelques vues globales de l’ensemble campanaire. Ensuite, quelques détails sur les cloches de volée, puis les cloches fixes.

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Mes remerciements à M. Louis Mollier, paroissien, pour l’accès au clocher et pour l’autorisation de réaliser quelques morceaux et ces quelques volées. Amitiés à mes amis Mike « Quasimodo« , Mehdi « Cloches Comtoises« , Dominique « Valdom68 » et Guilhem, organiste d’Yverdon-les-Bains pour la collaboration et les échanges amicaux.

Sources :
Commune de Crest-Voland
Eglise de Crest-Voland, Calaméo
Fonds Privés
Inventaire propre

Saint-Pierre-d’Albigny – Eglise Saint Pierre

C’est sur le versant nord de la Combe de Savoie qu’est installée la commune de Saint-Pierre-d’Albigny. Cette bourgade de presque quatre milles âmes peut se vanter d’une histoire hors normes. L’église Saint-Pierre, les châteaux de Miolans ou de Minjoud et le Caveau des Augustins nous le prouvent. Naturellement ce n’est pas le seul avantage du lieu pour attirer les touristes. La Dent d’Arclusaz propose un très beau panorama sur la Maurienne, mais son accès n’est pas à la portée de tous! Le chemin des vignes, reliant Fréterive à Cruet, reste une consolation néanmoins intéressante. Il permet de découvrir un grand nombre de maisons fortes et de vignobles sur près de 15 kilomètres. Enfin, en contrebas du bourg, le lac de Carouge est un lieu propice à la détente, véritable clé de voûte de toute une base de loisirs.

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Avant la Révolution française, Saint-Pierre-d’Albigny comptait deux églises. L’église paroissiale dédiée à Saint Pierre, et l’autre, toute proche, était celle du couvent des Augustins qui disparut à la Révolution. Elle avait été construite par les seigneurs de Miolans lors de l’installation de ces moines entre 1350 et 1450 environ. Aujourd’hui, au milieu du village, c’est la flèche du clocher de Saint-Pierre qui subsiste. Sous la mairie, le « caveau des Augustins » reste néanmoins le témoin d’un passé religieux faste. Des cryptes sont encore visibles et permettent de pénétrer dans les anciennes sépultures de notables.
dsc_0199L’église paroissiale, est citée pour la première fois en 1013. Le bâtiment actuel date en tout cas du XIVe siècle. L’église ne faisait que 2/3 de la surface actuelle. Vers 1360 est créée en cette même église la Confrérie du Saint-Esprit qui durera des siècles. Vers 1700 a lieu le premier grand agrandissement d’une travée, vers l’ouest. Le fronton de pierre au-dessus de la porte d’entrée principale porte la date de 1700. De 1760 à 1768, le lieu de culte est agrandi une nouvelle fois. Cette fois, ce sera côté chœur, et on rehausse l’ensemble de la toiture de 4 m. Le fait d’avoir deux édifices religieux proches dans la même commune permet aux paroissiens d’aller au culte dans l’autre église « chez les Augustins ». Un luxe que peu de villages pouvaient se payer ! En 1787, l’ancien clocher est rehaussé à son tour pour une meilleure diffusion du son des cloches. Et l’on en profite pour remplacer sa flèche par un magnifique toit en « Comble Impérial ». Malheureusement, après seulement 7 ans d’existence, le clocher sera hélas arasé en 1794, sous les ordres d’Albitte… Un toit d’une seule pente lui apportera une étanchéité provisoire. Il fallut toutefois attendre 1831 pour qu’il retrouve sa hauteur, et qu’il soit coiffé de sa célèbre « Rave » qui en faisait sa fierté. 1927 sera l’année du retour d’une flèche, toujours en place aujourd’hui.
Pour revenir à l’église, la toiture fut abîmée par trois orages entre 1809 et 1824. Elle fut refaite en 1825. A l’intérieur, un bon nombre de fresques néoclassiques ornent l’église. Par exemple, les quatre Évangélistes entourent Saint Pierre, patron. La sacristie a été construite en 1844. L’Assomption figure également dans les représentations. Elle a été réalisée en 1857. D’où proviennent les stalles dans le chœur ? Peut-être de l’église des Augustins qui furent chassés en 1792, ou alors de l’église des Carmes de la Rochette. Aucune certitude. Elles datent du premier quart du XVIIIe siècle.
Un grand remaniement a eu lieu en 1928. Il concernait surtout la réfection des peintures et du plancher de la nef. Des modifications plus ou moins importantes ont eu lieu depuis. La dernière en date est l’installation d’un orgue du facteur Thomas en 2010.

dsc_0192Aujourd’hui, deux cloches sont locataires du clocher. Elles ont toutes deux été fondues à Quintal, chez Paccard en 1843 et 1846.
Lors de la Révolution, les neuf cloches de la commune, comprenant celles des deux églises et celles des chapelles de villages, ont été réquisitionnées et fondues. La Municipalité a d’abord voulu conserver, en vain, la plus grande de St-Pierre, avant de quémander une autre cloche pour avertir les habitants d’événements divers, notamment les incendies. Cette cloche de 22 quintaux sera donc livrée en 1795 et installée au clocher en 1797. Sur les cloches présentes avant la Révolution, une d’entre elles a été bénie le 7 octobre 1748. Elle répondait au nom de « Josephte ». La Confrérie du Saint Esprit fut l’un des principaux mécènes. En 1788, le curé de l’époque s’était porté acquéreur d’une cloche mise en vente par la paroisse Saint-Antoine de Chambéry afin d’étoffer la sonnerie d’une troisième cloche. Le Sénat de Savoie n’avait pas accédé à sa demande. Il est probable que d’autres dames d’airain ont pris place sur le beffroi du clocher, mais les archives ne sont pas assez bavardes à ce sujet.
Si les deux cloches actuelles sont en place depuis plus de 150 ans, il est bon de préciser que la commune veille toujours sur elles, comme elles le font sur les habitants. En 2012, par exemple, la société Bodet remplace le beffroi qui soutient les cloches. Pas moins de 3,7 mètres cubes de chêne sont assemblés pour une charpente capable de supporter près de 2500 kilos de charge pour près de cinq tonnes de force, lors de la grande volée utilisée aux sépultures.

Fondeur(s) Année Masse (Kg) Diamètre (cm) Note
1 Frères Paccard 1846 1860 144,2 Ré ♭ 3
2 Frères Paccard 1843 530 95,3 La ♭ 3

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Les deux cloches.
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La grosse cloche, détails.
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La petite cloche.

J’adresse pour cette visites mes sincères remerciements au maire Michel Bouvier pour son autorisation et à MM. Rémy Saint-Germain & Lionel Gouverneur pour l’accès au clocher et les sonneries spéciales. Remercié soit également M. Yves Pajean, président d' »Autrefois Saint-Pierre-d’Albigny » pour la mise à disposition de documents relatant l’histoire de l’église et de son clocher et pour son soutien. Qu’ils soient félicités, lui et son association, pour le travail accompli. Enfin, mention à Pierre Dubourgeat, conseiller municipal de Montailleur, pour l’organisation de cette étape ; à Matthias Walter, expert-campanologue à Berne et président de la GCCS pour la collaboration et Sébastien Savoy, conseiller municipal de Saint-Eustache (74), qui a pris part à cette visite.

Sources :
« Eglise et Clocher » Association « Autrefois Saint-Pierre-d’Albigny » J.E.P. 2004
Inventaire personnel
Fonds Privés
Mairie de Saint-Pierre-d’Albigny

Voir aussi :
Saint-Pierre-d’Albigny sur Wikipédia

 

Cléry – Eglise Saint Jean-Baptiste

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C’est à quelques kilomètres de la ville olympique d’Albertville qu’est installé le village de Cléry, à la fois sur les contreforts du Mont de la Coche et au sud-ouest du Parc Naturel du Massif des Bauges. Si le village nous offre une magnifique vue sur la Combe de Savoie avec en arrière-plan le Massif du Mont-Blanc, il possède une remarquable église dédiée à Saint Jean-Baptiste.

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C’est probablement en 1130-1140 que commence véritablement la grande histoire religieuse de Cléry. Des chanoines réguliers de Saint-Augustin viennent s’installer sur cette commune en construisant l’église que nous connaissons encore aujourd’hui.  Bien entendu, cette abbatiale devait faire partie intégrante d’un groupe de bâtiments similaire aux abbayes de Tamié ou de Saint-Maurice. Très vite, les chanoines vont également desservir les paroisses voisines. Sous leur présence, une première chapelle dédiée à St Jacques de Tarentaise sera édifiée sur un bas côté de l’église. Comment ne pas évoquer également l’installation de l’autel en marbre vert qui sert encore aujourd’hui de maître autel ? Bien plus ancien que l’âge roman, ce bijou architectural conserve encore bien des secrets. Après un siècle de présence, les chanoines sont forcés de partir pour Moutiers en 1263. Si le manque de qualité des chanoines sert à justifier leur départ, les raisons ne sont en fait que politiques et militaires car Cléry était à l’extrémité du diocèse de Tarentaise et sur une zone de friction entre l’archévêque et le comte de Savoie. Immédiatement après le départ des religieux, des fortifications et une maison forte sont bâtis. En 1600, l’invasion des français sur ordre d’Henri IV mis à mal le prieuré. Il ne restera que le gros oeuvre de l’église. Appauvrie, la paroisse de Cléry panse les blessures de l’invasion comme ils peuvent : l’église devenue paroissiale sera complétée avec les pierres de la maison forte. Après 150 ans de travaux, le mobilier baroque est installé dans l’église, en reprenant l’autel roman toujours aussi mystérieux. La Révolution Française n’épargnera pas le lieu de culte détruisant clocher et mobilier liturgique. En 1819, la tour-clocher est reconstruite, mais pas aussi élancée qu’auparavant. La croix tréflée de Saint-Maurice la couronne, en souvenir des chanoines. Le XIXe siècle fut florissant pour la paroisse, jusqu’au XXe siècle. Malgré son classement en 1930, l’église laissait de marbre les autochtones. Le dernier curé quitta les lieux en 1939. Le presbytère délabré sera vendu à un privé qui en fera bon usage, le cimetière entourant l’église, laissé à l’abandon des décennies sera restauré, tout comme le sanctuaire en 1985. Aujourd’hui, la seule église romane intacte de Savoie fascine les touristes et elle n’a pas fini de nous livrer ses secrets.

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Actuellement, trois cloches sont installées au sommet du clocher. Les deux plus grandes ont été fondues et installées alors que les paroisses de Cléry et Frontenex ne formaient encore qu’une. La plus grande, datée de 1836, demande que « Dieu protège la paroisse de Cléry-Frontenex ». Trois ans plus tôt, la cloche médiane est installée dans le beffroi. Elle demande que « le Seigneur protège la paroisse de la foudre et des tempêtes ». Ces deux cloches ont un parrain et une marraine. Elles arborent également le nom du recteur, le père Jean-Louis Pinget. La plus petite cloche est plus récente. Elle a été fondue pour le souvenir de la mission de 1923 par souscription paroissiale. Une mission est le fait de réinstaurer la pratique religieuse sollicitant l’aide de représentants de l’Eglise. Bien souvent, les croix frappées d’une date commémorent des missions. Pour revenir à cette petite cloche, elle a été fondue sous le mandat de M. Palluel-Petit-Claude François, maire, et du père Thouvard Louis, curé. Elle provient, comme pour ses grandes sœurs, des fours Paccard. Enfin, une quatrième cloche est sagement déposée à l’entrée de l’église. Fondue pour l’église des Fontaines à Ugine, cette cloche prit le chemin de l’église pour compléter dans l’avenir le trio en place au sommet du beffroi.

Nom Fondeurs Année Diamètre Masse Note
1 N.C. Frères Paccard 1836 117,8cm ~800 kilos Fa 3
2 N.C. Frères Paccard 1833 92,6cm ~500 kilos Sol ♯ 3
3 N.C. Les Fils de G. Paccard 1923 79,5cm ~300 kilos Si 3
4 Bernadette Paccard 1958 ~64cm ~100 kilos ? Mi4 ?

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Les trois cloches qui attendent impatiemment l’arrivée de leur petite sœur. 
Ci dessous, les quatre cloches.
dsc_0224 dsc_0109 dsc_0121 dsc_0124_1 Les cloches 1 & 2.

dsc_0118 dsc_0113 dsc_0207 dsc_0232 La cloche 3.

dsc_0246 Bernadette, la dernière.

Mes remerciements à M. Frédéric Palluel-Lafleur, maire de Cléry pour son aimable autorisation ; à M. Bernard Demotz, gardien de l’église pour sa disponibilité et enfin à M. Pierre Dubourgeat, conseiller municipal de Montailleur pour la bonne organisation. Mention à Mike « Quasimodo » et Matthias Walter, expert-campanologue bernois et président de la GCCS pour l’aide apportée à la réalisation de ce reportage et Sébastien Savoy, conseiller municipal de Saint-Eustache (74) qui prit part à cette intéressante visite.

Sources :
Dépliant « l’Eglise Romane de Cléry »
Mairie de Cléry
Cléry sur Wikipédia
Fonds privés
Relevé personnel

Voir aussi :
Paroisse Saint Pierre de Tarentaise en Haute-Combe de Savoie

Hauteluce – Eglise Saint Jacques d’Assyrie

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C’est au cœur du Massif du Beaufortain qu’est installé le village d’Hauteluce avec ses 800 âmes. Dressé sur le versant nord d’une combe creusée par les caprices du ruisseau du Dorinet, il semble vaincre le temps. Naturellement, ce secteur jouit d’un patrimoine considérable. Sur le plan environnemental, la commune offre une très belle vue sur le Mont-Blanc et son massif, mais aussi sur les montagnes alentours. Le barrage de la Girotte est également réputé comme ses confrères de Roselend ou de la Gittaz, sis non loin. Ses deux églises et ses multiples chapelles forment les fondations du patrimoine architectural. Il est bon de noter la présence d’un écomusée. Naturellement, sur le plan touristique, la commune profite de sa proximité avec plusieurs stations de ski renommées. Le col des Saisies possède sa propre station de ski qui communique avec celle de Praz-sur-Arly, près de Megève. Au fond de la vallée, la station du hameau de Belleville est reliée à celle des Contamines-Montjeoie, elle aussi installée en Haute-Savoie. Lors des grandes affluences, l’endroit est capable d’accueillir près de 16’000 personnes. Aujourd’hui, la commune est organisée en deux bourgs en sus de multiples hameaux : Hauteluce et les Saisies. Si ce dernier a été crée au XXe siècle avec le développement des sports d’hiver, il ne peut rivaliser avec le chef-lieu de la commune qu’est Hauteluce, fièrement organisé depuis des siècles à l’ombre de son clocher.

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Dédiée à Saint Jacques d’Assyrie, premier évêque de Tarentaise, l’église paroissiale est classée monument historique. Cette église halle est conforme aux édifices du Beaufortain : la tribune ne se contente pas d’être au fond de la nef : elle remplit également une grande surface des bas côtés, représentant ainsi un « U » dans le sanctuaire. Notable exemple de l’art baroque en Savoie, le gros-œuvre semble avoir été achevé en 1558. Il y a donc fort à parier que l’église actuelle ait été le fruit d’un grand remaniement au XVIIIe siècle, après le ministère de Saint François de Sales qui introduit en Pays de Savoie le style baroque architecture de la « contre-réforme ». Il serait un tantinet long de citer un à un les remarquables éléments de cet édifice. Il est toutefois utile de préciser que la façade, les retables, la chaire, la tribune… enfin l’édifice dans son intégralité, méritent le détour et une grande attention! Un élément peut perturber le visiteur s’il est tête en l’air… l’ancienne horloge du clocher est décorée d’un squelette représentant « la mort » !

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Le clocher -parlons en- a été reconstruit entre 1820 et 1825 ! Lors de cette reconstruction, on installa une première cloche, toujours en place. Elle a été fondue par les fondeurs Vallier & Gautier en 1824, un temps établis à Albertville. Louis Gautier a fondu la même année une des cloches de Queige. Il est difficile de dire si elle en remplace d’autres et si elle tenait compagnie à d’autres vases sonores. Cette cloche est aujourd’hui accompagnée par quatre Paccard livrées par trois générations différentes. La troisième cloche, nommée « Honorine », a été fondue en 1973. Elle est affectueusement surnommée « cloche du midi ». La quatrième porte la date de 1884 et les noms de Georges & Francisque Paccard, illustres représentants de la troisième génération des maîtres-fondeurs. La génération précédente a eu le soin de réaliser deux cloches : Claude Paccard a réalisé en 1851 la plus petite, encore actionnée à la corde, alors que Claude & Jean-Pierre Paccard ont coulé le « bourdon » nommé « Marie-Hélène » à une date inconnue, car non mentionnée. Ses différents motifs et son lieu de fonte nous permettent d’affirmer qu’elle a été fondue entre 1830 et 1857. Il se peut que les archives soient plus bavardes sur son sujet, et j’espère que ce mystère sera résolu un jour! Si cette grosse cloche égrène chaque heure qui passe et ce depuis l’installation d’une horloge mécanique puis électrique en 1914, elle était lancée en volée avec ses sœurs selon un code précis : l’angélus était sonné par la troisième cloche dite « du midi ». Elle sonnait en volée 60 coups. Suivaient les traditionnels 3*3 coups de l’angélus. Cet angélus dit « inversé » était jadis particulièrement prisé par les paroisses de montagne. Les habitants du lieu étaient conviés à l’office divin par une volée de la grosse cloche. Ses 22 quintaux nécessitaient pas moins de trois sonneurs, souvent usés à la fin de la volée. Avant l’électrification en 1949, tout un code prenait place pour annoncer les décès : le curé faisait d’abord quelques coups pour convoquer une dizaine de sonneurs au clocher (au moins huit). Si la personne décédée était mariée, la seconde cloche ouvrait le bal. La troisième cloche était lancée en premier pour un homme célibataire, et la quatrième pour une femme célibataire. Enfin, la plus petite avait préséance pour les plus jeunes. Les cloches étaient lancées pour trois « moeudes » (3* 10 minutes) et si la personne vivait dans un hameau, elles n’en sonnait que deux, car la chapelle aussi sonnait deux « moeudes ». Les membres des confréries avaient eux aussi droit à des sonneries particulières, mais plus aucune archive ne nous les décrit. Lors des fêtes religieuses, des mariages et des baptêmes, le carillon jouait un mélodie joyeuse. Il pouvait aussi résonner lors des sépultures d’enfants en bas âge car ceux ci étaient considérés comme des anges qui montaient directement au ciel. Le soir de Toussaint, les cloches sonnaient un autre glas : elles tintaient l’une après l’autre, jusqu’à minuit. Encore aujourd’hui, elles font partie intégrante du paysage sonore de la commune.


Le plénum : volée des cinq cloches.

Nom Fondeur(s) Année Masse (kg) Diamètre (cm) Note
1 Marie Hélène Frères Paccard Entre 1830 1857 2’200 153,8 Do 3
2 Jacoba Vallier & Gautier 1824 925 117 Mi 3
3 Honorine Paccard 1973 620 100 Sol 3
4 Sophia Emilia G&F Paccard 1884 250 74,4 Do 4
5 Ste Vierge Claude Paccard 1851 100 53,3 Fa 4
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La cloche numéro quatre, arrimée derrière une des baies est du clocher.
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La grande cloche, seule.

Mes remerciements pour cette visite à Madame Mireille Gioria, maire d’Hauteluce pour ses autorisations et son accueil. Je remercie également l’agent technique qui a pris de son temps en pleine saison pour nous accompagner dans ce beau clocher. Remerciés soient également l’actuel « sonneur » qui nous a permis de lancer ces quelques volées de la sacristie et M. Edouard Meunier, maire de Queige, pour l’organisation de cette visite attendue depuis des années. Enfin, je ne peux oublier mon ami Matthias Walter, expert-campanologue à Berne et président de la GCCS pour l’aide et les moments de convivialité!

Sources :
Mairie d’Hauteluce
Fonds privés
Relevé personnel

Voir aussi :
Office du Tourisme
Paroisse Saint Roch en Beaufortain
Hauteluce sur Wikipédia
Eglise d’Hauteluce sur Wikipédia

Glières-Val-de-Borne – Abbatiale Notre-Dame-de-l’Assomption (Entremont)

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En prononçant le nom d’Entremont, nous pouvons tout de suite penser à l’entreprise leader mondial dans le fromage à pâte cuite. Mais l’enseigne doit son nom au patronyme de ses fondateurs!
Entemont se situe tout simplement entre quelques monts dont la Pointe de Québlette, le Roc de Charmieux et les Rochers des Traversiers. Ils encerclent les méandres du Borne qui a creusé la combe d’Entremont – Petit-Bornand. Le village est réparti sur les deux versants de la vallée. Le chef-lieu du village, lui, s’étale autour des berges de la rivière. Si la commune est fréquemment traversée, été comme hiver, par les touristes qui rejoignent les prestigieuses stations des Aravis comme Le Grand-Bornand ou La Clusaz, ils sont aussi nombreux a faire une halte sur cette commune qui jouit d’un patrimoine historique et naturel considérable.

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Si aujourd’hui Entremont compte une église paroissiale, deux chapelles et quelques oratoires, le passé religieux sur ces terres demeure riche…
En 1115, les chanoines réguliers de Saint-Augustin, installés à l’Abbaye d’Abondance érigent un prieuré suite à une donation du comte de Genève. En 1154, celui-ci sera érigé en abbaye. Comme Sixt et Abondance, Entremont devient un centre de lumière et de civilisation. Pendant plus d’un demi millénaire, les chanoines occupent l’Abbaye qui possédait six paroisses, des terres et des vignobles allant jusqu’à Albertville et les moulins de Cran. Cependant, avec la Sécularisation, les chanoines doivent quitter l’Abbaye en 1772, peu de temps avant la Révolution.
Heureusement, les chanoines n’ont pas emporté avec eux le patrimoine indéniable qu’ils ont construit au fil du temps. Au centre du village, l’église-abbatiale formait avec un bâtiment conventuel, toujours debout l’Abbaye Sainte Marie. Cependant, le passage reliant les deux fut détruit. L’église-abbatiale était autrefois baptisée « Notre-Dame de Tous les Saints » en raison du grand nombre de reliques accumulées avec le temps. Le sanctuaire primitif a été construit lors de l’installation des chanoines au XIIe siècle dans un style roman. En 1411, l’évêque Jean de Bertrand prescrivait déjà des réparations urgentes à réaliser. Les stalles ont été installées au XVe siècle. L’abbé-évêque restaurateur Marc de Granery sera également très important dans l’histoire de l’Abbaye. C’est à lui que nous devons le retable baroque, consacré en 1685. Son blason demeure sur la façade de l’église, avec la date de la restauration et les armes de notre saint-évêque François de Sales.

Saint François de Sales est intimement lié à l’histoire des cloches d’Entremont. Si le clocher abritait avant la Révolution jusqu’à quatre cloches, il en abrite aujourd’hui plus que deux. La plus grande date de 1607, alors que Thomas Pobel était à la tête de l’Abbaye. C’est cette même année que Saint François de Sales, alors évêque, faisait sa visite pastorale. Il y a donc fort à parier que c’est lui qui eut le privilège de bénir cette vénérable cloche fondue par J.P. Colone et destinée a protéger le village. Ce fondeur, probablement Italien, a fondu l’année suivante le « bourdon » de la collégiale de La Roche-sur-Foron. En 1802, une cloche de huit quintaux -poids de Genève- a été fondue par Jean-Baptiste Pitton à Carouge. Mais depuis 1852, une cloche Paccard tient compagnie à notre cloche abbatiale. Plus aiguë d’un demi-ton à peine, elle possède le même diamètre que sa « grande » sœur. Véritable rareté pour les passionnés de cloches, elle permet de prouver que la tonalité d’une cloche ne se fait pas qu’avec le diamètre, mais aussi avec le profil et l’épaisseur de la cloche.

Fondeur(s) Année Diamètre (cm) Masse (kg) Note
1 J.P. Colone 1607 97 575 Sol 3
2 Frères Paccard 1852 97 550 La ♭ 3 

dsc_0128 (2)Les deux cloches, avec au premier plan celle de 1852.
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Mes remerciements à M. Christophe Fournier, maire et à sa première adjointe Mme. Christiane Périllat-Charlaz pour leur autorisation. Je remercie également Mme Yolande Thabuis, présidente de l’association « Entremont Patrimoine » et Mme Jacqueline Bétignies, sacristine, pour l’accès au clocher et les sonneries spéciales.

Sources :
Entremont Patrimoine
Commune d’Entremont
Fonds Privés
Relevés personnel

Voir aussi :
Paroisse Saint-Pierre Favre
Entremont sur Wikpédia
Abbaye d’Entremont sur Wikipédia

Passy – Eglise Saint Pierre & Saint Paul

Passy_villagePhoto Wikipédia

C’est sur les contreforts de la Tête du Colleney et de la Pointe du Platé qu’est installée la ville de Passy. Avec ses onze milles résidents, c’est la onzième commune de Haute-Savoie sur le plan démographique. Cette commune est en revanche la plus grande sur le plan territorial. Son nombre élevé d’habitants est dû à la grande quantité de hameaux, du Plateau d’Asssy jusqu’aux Plagnes et de Bay jusqu’à Monfort. C’est sur son territoire que sont installées les usines de Chedde et le viaduc des Egrats qui permet de rejoindre la Vallée Blanche. Même si la ville est réputée pour sa pollution élevée, en raison des industries et des passages incessants de camions en route vers l’Italie, Passy offre par beau temps une vue somptueuse sur le Mont-Blanc et toute sa chaîne. Elle partage avec le village de Sixt-Fer-à-Cheval une réserve naturelle qui représente pas moins de 9’200 hectares. L’histoire de Passy ne date pas d’hier. Les Romains semblent s’y être installés au Ier siècle puisque ce lieu possède une exposition remarquable. Cette commune fera partie intégrante de la province du Faucigny au moyen-âge. Son développement prendra un véritable tournant au XIXe siècle avec l’arrivée de l’industrie à Chedde et le tourisme médical au Plateau d’Assy. La commune ne manquera pas de favoriser le tourisme avec la petite station de ski à Plaine-Joux.

800px-Église_Saint-Pierre-et-Saint-Paul_de_Passy_coté_NordPhotos Wikipédia

Passy_Interieur_de_l'Église_Saint-Pierre-et-Saint-PaulL’église dédiée à Saint Pierre et Saint Paul est véritablement l’église historique de Passy. Installé près de la mairie, son clocher perdure de génération en génération. Lorsqu’on pénètre dans l’église par son porche, on peut contempler des pierres gravées. Retrouvées à Chedde, en contrebas, elles attestent de la présence d’un temple romain dédié à Mars. Si les origines du culte catholique à Passy demeurent vagues, on sait qu’un sanctuaire roman est cité dans un acte de donation en 1012. Remanié au XIIe siècle, il sera reconstruit en 1486. Entre 1680 et 1781, un grand nombre d’églises médiévales en ruines sont démolies puis rebâties dans la vallée. Le chœur est le seul vestige du Moyen-Âge. Ces reconstructions laissent donc place à l’architecture baroque insufflée par Saint François de Sales lui-même, alors évêque d’Annecy-Genève. Cette nouvelle église est consacrée en 1701. A l’intérieur, le baroque n’est pas omniprésent, car il cohabite avec l’architecture néoclassique sarde, témoin d’une restauration au XIXe siècle. Le retable possède une toile polychrome mettant en avant les deux patrons de la paroisse, les apôtres Pierre et Paul. L’éditice est restauré début 2016. Le clocher, quant à lui, a bénéficié d’une cure de jouvence en 1869 pour prendre l’aspect que nous connaissons aujourd’hui. Enfin, sur la face sud, une élégant cadran solaire est dirigé vers la vallée de l’Arve.

dsc_0097Ce clocher relativement discret semble bien antérieur à la dernière restauration du XIXe siècle. Ses assises seraient contemporaines à l’église citée en 1012. Il semblerait que seule cette restauration ait modifié son aspect inchangé depuis sa première construction, ce qui expliquerait pourquoi la tour en hors d’oeuvre empiète sur la superficie du sanctuaire, le privant d’une imposante tribune qui aurait pu allègrement loger un orgue à tuyaux. L’accès se fait donc par cette tribune. Deux étages servent d’intermédiaires avant d’entrer véritablement dans la chambre des cloches. Au deuxième niveau, un accès aux combles de l’église est possible. L’horloge, réalisée par des fabricants de Morez, dans le Jura, est toujours là. Elle semble défier les décennies depuis son arrêt définitif en 1930. C’était elle qui actionnait les marteaux des tintements, faisant résonner les deux petites cloches tous les quarts d’heure, et la plus grande aux heures pleines. Ces marteaux sont toujours présents. Ils font hélas doublon avec les masses électriques qui ont pris le relais chaque demi-heure et qui font joyeusement carillonner les cloches aux baptêmes et mariages.
En 1793, toutes les cloches durent quitter leur perchoir pour rejoindre le plancher des vaches avant d’êtres cassées et refondues en pièces et en canons. Les différentes archives de cette période – qui sera en fait un génocide campanaire – nous apprennent que le clocher logeait 4 cloches. La commune a pu garder la plus grande pour le toscin. Les cloches descendues pesaient respectivement 20, 5 et 4 quintaux et demi. Une cinquième cloche, cassée, déposée dans le chœur, fut elle aussi la proie des Révolutionnaires. En 1820, les fondeurs Vallier & Gautier -maintes fois présentés ici- livrèrent deux cloches. La plus grande dédiée aux patrons de la paroisse, Saints Pierre et Paul, et une plus petite en l’honneur de Saint François de Sales. La restauration du clocher permit l’ajout d’une troisième cloche, plus grande, bénie le 5 août 1877. M. Jacques Pin et son épouse Célestine, qui se sont cotisés pour elle, ont eu l’honneur de parrainer cette cloche, véritable chef-d’oeuvre des frères Paccard tant sur l’esthétique que sur la qualité sonore. Si autrefois ces dames d’airain donnaient du fil à retordre aux vaillants sonneurs, aujourd’hui une simple pression sur les quelques boutons d’un automate en sacristie permet de lancer les trois cloches aux sépultures: les deux petites aux offices et la plus grande cloche pour commémorer les Armistices ou lors des deuils nationaux.

Nom Fondeur(s) Date Masse (ks) Diamètre (cm) Note
1 Marie Angéline Céléstine Frères Paccard 1877 1’500 134,5 Ré 3
2 Sts Pierre & Paul Vallier & Gautier 1820 1’070 122,5 Mi 3 
3 St François de Sales Vallier & Gautier 1820 773 109 Fa ♯ 3 

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La montée de la grosse cloche, le 5 août 1877.
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Un grand à la Municipalité et aux services de la mairie de Passy pour l’autorisation sous le mandat de M. Patrick Kollibay, maire. Des remerciements chaleureux au Père Blanc, curé de la paroisse pour son autorisation et à M. Rigoli, sacristain pour sa disponibilité. Je remercie également l’association « Culture, Histoire et Patrimoine de Passy » sous le mandat de son président M. Pierre Dupraz, pour la mise à disposition d’images d’archives et d’anecdotes historique. Par ces quelques mots, je salue le travail de cette association qui met en valeur le riche patrimoine de cette commune savoyarde.

Sources :
Mairie de Passy
Fonds Privé
Inventaire personnel
Culture, Histoire et Patrimoine de Passy :
Les cloches de Passy
L’église Saint Pierre & Saint Paul de Passy

Voir aussi :
Passy sur Wikipédia
Eglise Saints-Pierre et Paul de Passy sur Petit-Patrimoine
Paroisse Saint François d’Assise

Praz-sur-Arly – Eglise Sainte Marie-Madeleine

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C’est à 1’035 mètres d’attitude qu’est installé le village de Praz-sur-Arly. Limitrophe avec le département de la Savoie, la commune est à la fois orientée vers la cité olympique d’Albertville et le Massif du Mont-Blanc. Elle jouxte également Megève, rendu célèbre par la famille de Rothschild. Si elle semble avoir toujours existé avec ses chalets blottis autour du clocher de l’église, la commune voit en fait son histoire démarrer au XVIe siècle. Quelques paysans s’installent alors à l’actuel hameau de la Tonnaz. L’un d’entre eux imaginait-t-il qu’ils allaient former une nouvelle commune? Pour voir la naissance réelle de Praz, il faut toutefois attendre le XIXe siècle. Cette construction sera longue, mais fructueuse : au fil des ans, d’autres hameaux vont se créer, dont celui de Pratz, à l’emplacement actuel du chef-lieu Il faut savoir que « Praz » est un mot savoyard signifiant « Pré » : cela signifie donc que le territoire choisi était déboisé et offrait de vastes champs, entourant les méandres de l’Arly qui prend sa source non loin de là. Avec ces foyers, des chapelles vont être érigées, puis une église. Cependant, la commune restera sous la tutelle de Megève. Après la Révolution, l’envie d’indépendance commence à hanter les esprits. En 1834, la proposition est officiellement lancée, mais Megève refuse catégoriquement. Pratz-de-Megève devra donc prendre son mal en patience jusqu’en 1869. En 1907, le nom devient celui que nous connaissons sur demande du conseil municipal, sans doute pour accentuer de séparation de la jeune commune avec la station voisine.

La première chapelle sur le territoire de l’actuelle commune remonte à 1600. Saint François de Sales la visite en 1606. Il ne manquera pas de dire qu’elle était « couverte et ornée ». Il s’agit de la chapelle de Tonnaz. A Pratz, un petit sanctuaire voit le jour en 1646. Il sera vite remplacé en 1696 par l’église Sainte Marie-Madeleine, dépendante cependant de l’église Saint Jean-Baptiste de Megève. Un siècle passe. Après le retrait des troupes Révolutionnaires, l’église est partiellement rebâtie et l’évêque l’érige en paroisse indépendante le 4 août 1803, jour de la consécration du sanctuaire. Ce dernier sera rasé et reconstruit en 1881 dans un style néo-gothique, à la charge de la paroisse. L’édifice subira une cure de jouvence entre 1950 et 1955, toujours aux frais des paroissiens. En forme de croix latine, l’église est dotée d’un clocher flèche fin et élancé ainsi que d’une sacristie de part et d’autre du chœur. Si la tribune demeure dépouillée d’un éventuel orgue à tuyaux, le fond de l’église est tout de même occupé par un harmonium signé Debain. Ces harmoniums remplaçaient jadis les orgues à tuyaux dans nombre de nos paroisses qui n’avaient pas les moyens de se payer des grandes orgues.

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Le clocher abrite aujourd’hui quatre cloches sur le motif musical dit du « Salve Regina » audible lors des sépultures. Lancées à toute volée, ces cloches ne laissent pas l’oreille indifférente. Le contraste entre la puissance des petites cloches accrochées en haut du beffroi et la discrétion des grandes cloches situées plus bas laisse sans voix. A la fin de la volée, les petites cloches se taisent relativement rapidement laissant chanter le « mi bémol » de la grosse cloche, presque pur, témoignant d’une grande période pour Georges et Francisque Paccard, quelques années avant la réalisation de la célèbre « Savoyarde« . Les trois plus grandes cloches sont contemporaines à l’église : elles datent de 1882. La plus petite, fondue en 1938, est un souvenir de mission. Cette cloche n’en remplace aucune autre, aux vues de son installation. Des trois cloches du XIXe siècle, les deux plus petites citent leurs prédécesseures, fondues en 1822 et aujourd’hui disparues. Malheureusement, l’identité du fondeur est inconnu. Les expériences des clochers voisins nous permettent cependant d’avancer des hypothèses. La plus plausible serait celle de deux cloches Vallier & Gautier. Cette année là, ces fondeurs établis à Conflans sont allés jusqu’à Chamonix pour livrer trois des quatre cloches de l’église Saint-Michel. Si les amateurs ou campanologues s’accordent à dire que le travail de ces fondeurs des Hautes-Alpes est fort convenable, il est bon de rappeler qu’un nombre non négligeable de leurs pièces ont été contraintes de reprendre le chemin du creuset, quelques mois seulement après leur mise en service pour certaines, et tout récemment pour une autre.

Nom Fondeurs Année Diamètre (cm) Masse (kg)

Note

1

Jeanne Françoise Cécile G&F Paccard 1882 129,5 1300 Mi ♭ 3
2 Joséphine Nicolarde G&F Paccard 1882 102,8 650

Sol 3

3

Anastasie Aimée G&F Paccard 1882 86,4 385 Si ♭ 3
4 Marie Léonie Les fils de G. Paccard 1938 77,5 250

Do 4

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La grande cloche dans le beffroi tout en bois.
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Mes sincères remerciements pour cette visite du clocher à M. Yann Jaccaz, maire de Praz-sur-Arly, pour son aimable autorisation et à M. Olivier Perrin, directeur des services techniques, pour l’accueil et pour la confiance qu’il nous a témoignée. Enfin, je ne peux pas oublier mon ami Guilhem Lavignotte, organiste titulaire d’Yverdon-les-Bains, pour son étroite collaboration, fort utile!

Sources :
Office du Tourisme de Praz-sur-Arly
Relevé personnel
Fonds privés.

Voir aussi :
Mairie de Praz-sur-Arly
Praz sur Wikipédia
Eglise de Praz-sur-Arly
Paroisse Sainte-Anne de Megève
Megève
« Les Vallier de Plampinet, fondeur de cloches » Jean Vallier, chez Fournel, 2009

Sixt-Fer-À-Cheval – Abbatiale Sainte Marie-Madeleine

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Le Bout du Monde.

C’est au fond de la vallée du Giffre qu’est installé le petit village de Sixt-Fer-à-Cheval. Classée parmi les « Plus Beaux Villages de France », cette commune de huit cents âmes jouit d’un patrimoine naturel considérable ! On peut citer le cirque classé du Fer à Cheval, dominé par le Tenneverge et le Mont Ruan, deux sommets tutoyant tous deux les 3’000 mètres d’altitude. De leur parois émanent des centaines de cascades et ruisseaux. Seuls nos pieds peuvent nous emmener contempler le « Bout du Monde ». Le bon natif de la vallée du Giffre n’oublierait pour rien au monde d’évoquer la fameuse cascade du Rouget, surnommée la Reine des Alpes, et le Mont Buet, toit du village avec ses 3’099 mètres.

P1010577L’Abbaye, fraîchement rénovée.

L’amateur d’histoire, quant à lui, cite volontiers l’Abbaye. Le Bienheureux Ponce de Faucigny demande à ses frères, respectivement baron de la province du Faucigny et évêque de Genève, des terres pour y installer un monastère. Ceux-ci lui confient donc le fond de la vallée du Giffre, et le monastère y est installé en 1135. En 1144, ce dernier devient abbaye dépendante de Saint-Maurice d’Agaune, alors située au hameau actuel de « la Chapelle ». Mais cet emplacement est vite abandonné au profit de celui que nous connaissons. L’actuelle abbaye est probablement bâtie dans la seconde moitié du XIIe siècle. En 1680, un important incendie a raison d’une grande partie de l’ensemble abbatial. En 1765, la visite de Mgr Biord nous informe que l’Abbaye n’est que partiellement reconstruite, mais correcte. La Révolution Française, arrivée en Savoie en 1792 sonne le glas de de la période abbatiale. Les chanoines sont chassés, l’abbaye est vendue à deux sizerets. Les bâtiments sont alors réinvestis pour accueillir une auberge, puis un grand hôtel après l’agrandissement de 1925. Cet hôtel fermera ses portes en 1993. Rachetée par le département, l’abbaye vient de bénéficier d’une cure de jouvence avant d’être ouverte au public.

P1060154L’abbatiale Sainte Marie-Madeleine.

P1060158Blottie contre la montagne, l’abbatiale Sainte Marie-Madeleine ne livre ses secrets qu’aux plus curieux. Pour pouvoir la contempler, il faut soit quitter les grandes routes ou alors revenir du « Bout du Monde ». Si aujourd’hui l’église possède un seul vocable, elle fut, jusqu’à la Révolution, scindée en deux. Le chœur et le transept actuel appartenaient à l’église abbatiale dédiée à l’Annonciation, et le reste de la nef représentait l’église paroissiale déjà dédiée à Sainte Marie-Madeleine. Un jubé séparait jadis ces deux parties. L’église abbatiale a été bâtie au XIIe siècle. L’église paroissiale, quant à elle, date du XIIIe siècle. A l’origine romanes, ces deux églises ont été la proie des flammes en 1680. Sept ans plus tard, les chanoines pansent comme ils peuvent ces douloureuses blessures. C’est probablement de cette époque que date la voûte gothique. Après la Révolution Française, l’église, mise à mal, est profondément remaniée. Le jubé disparaît. Deux chapelles viendront créer un transept : la première, dédiée à Saint Ponce, sous le clocher, à l’emplacement du passage reliant l’église aux bâtiments conventuels ; l’autre, bâtie en 1836, est dédiée à Sainte Marie. En 1838, la nef de l’église paroissiale est agrandie dans un style néoclassique. Depuis cet agrandissement, peu de choses ont évolué. En 1912, les stalles sont classées. A leurs côtés trône depuis un retable néo-gothique succédant à un retable baroque. L’édifice arbore donc fièrement un style éclectique constitué d’un chœur roman, d’une voûte gothique, d’un nef partiellement néoclassique et d’un mobilier partiellement néo-gothique. De l’époque baroque ne subsiste que le bulbe du clocher refait après la Révolution.

P1060161L’intérieur de l’église-abbatiale.

Le clocher -parlons en- a été bâti dans les années 1820. Il abrite aujourd’hui quatre cloches fondues en XIXe siècle. La doyenne, cloche de la Confrérie du Très Saint Sacrement, porte la date du 8 décembre 1828 et le nom de Claude Paccard. Cette cloche, chargée de sonner les angélus quotidiens, est accompagnée de trois sœurs fondues en 1872 aux célèbres ateliers d’Annecy-le-Vieux. Elles unissent leurs voix pour annoncer les décès et lors des sépultures. La plus grande cloche, volontiers surnommée « bourdon », annonce les offices et salue baptisés et mariés.

Nom Fondeurs Année Diamètre (cm) Masse (kg) Note
1 Magdeleine Frères Paccard 1872 133,5 1500

Ré 3

2

Ponce Marie Frères Paccard 1872 90,1 420 La 3
3 Sophie Claude Paccard 1828 73,1 250

Do ♯ 4

4 Marie Frères Paccard 1872 52,9 95

Fa ♯ 4

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Détail de « Ponce-Marie », cloche numéro 2.
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Mes sincères remerciements à M. Stéphane Bouvet, maire de la commune, pour son aimable autorisation et sa disponibilité, ainsi qu’à MM. Dominique Barbier et Marc Deffayet, sacristains, pour leur accueil. Remercié soit également le personnel de la mairie pour le bon déroulement des deux rendez-vous à un an d’intervalle, presque jour pour jour ! Je ne manquerai pas non plus de citer Suzanne Ducroz, guide du patrimoine, pour ses anecdotes historiques, de même que mes valeureux amis campanaires Mike « Quasimodo » et Matthias Walter, expert-campanologue à Berne et président de la GCCS, pour leur aide indispensable à la publication de cette sonnerie qui me tient tout particulièrement à cœur.

Sources :
Panneaux sur site.
Fonds privés.
Relevé personnel.

Voir aussi :
Office du Tourisme de Sixt-Fer-à-Cheval
Sixt sur Wikipédia
Abbaye de Sixt sur Wikipédia
Cirque du Fer-à-Cheval sur Wikipédia
Le Bout du Monde sur Wikipédia
Cascade du Rouget sur Wikipédia