Cléry – Eglise Saint Jean-Baptiste

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C’est à quelques kilomètres de la ville olympique d’Albertville qu’est installé le village de Cléry, à la fois sur les contreforts du Mont de la Coche et au sud-ouest du Parc Naturel du Massif des Bauges. Si le village nous offre une magnifique vue sur la Combe de Savoie avec en arrière-plan le Massif du Mont-Blanc, il possède une remarquable église dédiée à Saint Jean-Baptiste.

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C’est probablement en 1130-1140 que commence véritablement la grande histoire religieuse de Cléry. Des chanoines réguliers de Saint-Augustin viennent s’installer sur cette commune en construisant l’église que nous connaissons encore aujourd’hui.  Bien entendu, cette abbatiale devait faire partie intégrante d’un groupe de bâtiments similaire aux abbayes de Tamié ou de Saint-Maurice. Très vite, les chanoines vont également desservir les paroisses voisines. Sous leur présence, une première chapelle dédiée à St Jacques de Tarentaise sera édifiée sur un bas côté de l’église. Comment ne pas évoquer également l’installation de l’autel en marbre vert qui sert encore aujourd’hui de maître autel ? Bien plus ancien que l’âge roman, ce bijou architectural conserve encore bien des secrets. Après un siècle de présence, les chanoines sont forcés de partir pour Moutiers en 1263. Si le manque de qualité des chanoines sert à justifier leur départ, les raisons ne sont en fait que politiques et militaires car Cléry était à l’extrémité du diocèse de Tarentaise et sur une zone de friction entre l’archévêque et le comte de Savoie. Immédiatement après le départ des religieux, des fortifications et une maison forte sont bâtis. En 1600, l’invasion des français sur ordre d’Henri IV mis à mal le prieuré. Il ne restera que le gros oeuvre de l’église. Appauvrie, la paroisse de Cléry panse les blessures de l’invasion comme ils peuvent : l’église devenue paroissiale sera complétée avec les pierres de la maison forte. Après 150 ans de travaux, le mobilier baroque est installé dans l’église, en reprenant l’autel roman toujours aussi mystérieux. La Révolution Française n’épargnera pas le lieu de culte détruisant clocher et mobilier liturgique. En 1819, la tour-clocher est reconstruite, mais pas aussi élancée qu’auparavant. La croix tréflée de Saint-Maurice la couronne, en souvenir des chanoines. Le XIXe siècle fut florissant pour la paroisse, jusqu’au XXe siècle. Malgré son classement en 1930, l’église laissait de marbre les autochtones. Le dernier curé quitta les lieux en 1939. Le presbytère délabré sera vendu à un privé qui en fera bon usage, le cimetière entourant l’église, laissé à l’abandon des décennies sera restauré, tout comme le sanctuaire en 1985. Aujourd’hui, la seule église romane intacte de Savoie fascine les touristes et elle n’a pas fini de nous livrer ses secrets.

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Actuellement, trois cloches sont installées au sommet du clocher. Les deux plus grandes ont été fondues et installées alors que les paroisses de Cléry et Frontenex ne formaient encore qu’une. La plus grande, datée de 1836, demande que « Dieu protège la paroisse de Cléry-Frontenex ». Trois ans plus tôt, la cloche médiane est installée dans le beffroi. Elle demande que « le Seigneur protège la paroisse de la foudre et des tempêtes ». Ces deux cloches ont un parrain et une marraine. Elles arborent également le nom du recteur, le père Jean-Louis Pinget. La plus petite cloche est plus récente. Elle a été fondue pour le souvenir de la mission de 1923 par souscription paroissiale. Une mission est le fait de réinstaurer la pratique religieuse sollicitant l’aide de représentants de l’Eglise. Bien souvent, les croix frappées d’une date commémorent des missions. Pour revenir à cette petite cloche, elle a été fondue sous le mandat de M. Palluel-Petit-Claude François, maire, et du père Thouvard Louis, curé. Elle provient, comme pour ses grandes sœurs, des fours Paccard. Enfin, une quatrième cloche est sagement déposée à l’entrée de l’église. Fondue pour l’église des Fontaines à Ugine, cette cloche prit le chemin de l’église pour compléter dans l’avenir le trio en place au sommet du beffroi.

Nom Fondeurs Année Diamètre Masse Note
1 N.C. Frères Paccard 1836 117,8cm ~800 kilos Fa 3 -7
2 N.C. Frères Paccard 1833 92,6cm ~500 kilos Sol dièse 3 -3
3 N.C. Les Fils de G. Paccard 1923 79,5cm ~300 kilos Si 3 -3
4 Bernadette Paccard 1956 ~64cm ~100 kilos ? Mi4 ?

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Les trois cloches qui attendent impatiemment l’arrivée de leur petite sœur. 
Ci dessous, les quatre cloches.
dsc_0224 dsc_0109 dsc_0121 dsc_0124_1 Les cloches 1 & 2.

dsc_0118 dsc_0113 dsc_0207 dsc_0232 La cloche 3.

dsc_0246 Bernadette, la dernière.

Mes remerciements à M. Frédéric Palluel-Lafleur, maire de Cléry pour son aimable autorisation ; à M. Bernard Demotz, gardien de l’église pour sa disponibilité et enfin à M. Pierre Dubourgeat, conseiller municipal de Montailleur pour la bonne organisation. Mention à Mike « Quasimodo » et Matthias Walter, expert-campanologue bernois et président de la GCCS pour l’aide apportée à la réalisation de ce reportage et Sébastien Savoy, conseiller municipal de Saint-Eustache (74) qui prit part à cette intéressante visite.

Sources :
Dépliant « l’Eglise Romane de Cléry »
Mairie de Cléry
Cléry sur Wikipédia
Fonds privés
Relevé personnel

Voir aussi :
Paroisse Saint Pierre de Tarentaise en Haute-Combe de Savoie

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