La paroisse de Givry remonte a une époque fort lointaine… Le christianisme s’ implante dès le IVe siècle dans cette cité gallo-romaine. Au cours du XIXe siècle, on retrouve à l’Hôtel de Ville les registres paroissiaux du XIVe siècle : Givry était plongé en pleine peste. A la fin du XVIIIe siècle, alors que la paroisse perd en foi, une nouvelle église sera bâtie afin de symboliser son renouveau spirituel. Construite entre 1773 et 1791 sous la direction d’Emiland Gauthey, elle exprime un style néo-classique avec une forte inspiration sur l’antiquité. Lorsqu’on pénètre dans le remarquable édifice, c’est comme si nous remontions le temps pour arriver à l’Antiquité. Son orientation nord/sud a été souhaitée par les paroissiens pour que l’entrée donne sur la route, lieu de passage depuis des siècles.
C’est une sonnerie au caractère solennel qui nous attend au sommet du clocher de l’église. Œuvres de trois fondeurs différents, les cloches apportent chacune leurs caractères et forment une sonnerie certes hétérogène mais de qualité. La plus grande des cloches, datée de 1860 a été fondue par Gédéon Morel à Lyon (69) ce fondeur est réputé entre les connaisseurs pour sa qualité d’iconographie. La cloche 2 est signée François Goussel (Metz, 67), fondeur de l’Empereur Napoléon III et fut bénie le 21 mars 1969. La troisième cloche, fondue par Joseph Alexis Baudouin (Champingeulles, 52), très largement représenté dans la région, et aussi la plus haut perchée dans un beffroi massif en bois.
Cloche 1 « Marie Eugénie » : G. Morel, 1860 – 1’600 kilos – Ré 3 -1
Cloche 2 « Laure Eugénie » : F. Goussel, 1869 – 1’100 kilos – Mi 3 -2
Dédiée à Saint Martin tout comme 56 autres édifices du diocèse, l’église de Chagny succède à d’autres monuments religieux. Au temps des mérovingiens, une chapelle faisait partie intégrante du château féodal voisin. En 1220, l’évêque de Châlon y installe 12 moines, ce qui marqua la construction des deux églises dans le bourg. L’autre lieu de culte, paroissial, sera détruit en 1894. Les nefs de Saint-Martin datent du XIIIe siècle et expriment aujourd’hui un style gothique malgré un plan roman avec un clocher sur son chœur. En 1839, Victor Hugo écrivait « Il y a à Chagny un remarquable clocher roman, tour carrée, large, trapue, superbe ». Ses formes en imposent malgré la flèche de dimensions modestes.
La plus ancienne des cloches porte la date de 1489. De facture gothique, le plus impressionnant reste sa qualité sonore et celle de ses différentes harmoniques comparables à celles d’une cloche du XIXe siècle! La deuxième cloche, nommée Marie-Anne sonne chaque angélus à 7h30, 12h00 et 19h00. Elle a été fondue dans la Manche par Cornille-Havard 500 ans après sa petite sœur. Il est probable qu’elle remplace une ancienne cloche. Enfin, le bourdon, dépassant allègrement les deux tonnes d’airain, porte la signature de Joseph-Alexis Baudouin : ce fondeur s’inscrit dans la lignée des grands saintiers du Bassigny malgré sa forte présence dans les clochers bourguignons au XIXe siècle.
Bourdon : J.A. Baudouin en 1835 – 152,5cm – ~2’300 kilos- Si2 +2
Cloche 2 « Marie Anne » : Cornille-Havard en 1989 – 99,2cm – ~580 kilos – Fa Dièse 3 +2
Cloche 3 : Fondeur Inconnu en 1489 – 91cm – ~450 kilos – La Dièse -1
Le bourdon, oeuvre de Joseph-Alexis Baudouin, originaire de Champigneules (52).
Analyse Sonore (Déviation en 1/16e et ½ ton)
Harmonique
Cloche 1
Cloche 2
Cloche 3
Hum
Si 1 +2
Fa Dièse 2 +3
La Dièse 2 -10
Fondamentale
Si 2 +10
Fa Dièse 3 +3
La Dièse 3 +8
Tierce
Ré 3 +6
La 3 +4
Do Dièse 4 -4
Quinte
Fa Dièse 3 -1
Do Dièse 4 +11
Fa 4 +11
Note au coup
Si 2 +2
Fa Dièse 3 +2
La Dièse 3 -1
Un grand merci à M. le Curé pour son aimable autorisation ainsi que pour la sonnerie des cloches.
Véritable balcon sur la Vallée de l’Arve, la commune d’Arâches-la-Frasse prospère depuis plus d’un demi-siècle grâce au célèbre domaine skiable du « Grand Massif » dont elle fait doublement partie intégrante avec le hameau des Carroz et une partie de Flaine ! Au 1er janvier 1973, Arâches absorbe la commune voisine de la Frasse alors que les stations se développaient en parallèle. Cependant, il faudra attendre l’an 2000 pour que les autorités ajoutent l’ancienne localité dans son nom pour devenir Arâches-la-Frasse. Mais s’il faut raconter l’histoire du lieu sur douze heures, le tourisme n’est arrivé qu’à midi moins cinq ! La commune a pendant très longtemps bénéficié de l’agriculture et de l’horlogerie ! Dès le XVIIIème siècle, le secteur était réputé pour ses jeunes talents qui n’ont pas hésité à déménager pour exercer leur art, par exemple à Genève, la Chaux-de-Fonds en Suisse ou encore à Vienne, en Autriche. Mais ils n’ont jamais oublié leur pays aujourd’hui plein de richesses grâce à leurs dons généreux.
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Il fut un temps où la population de la Frasse devait parcourir près de trois kilomètres pour se rendre à l’église de Saint-Sigismond pour les offices. Elle était sans doute loin de s’imaginer que dans les années 1770, un enfant du pays allait les aider à s’émanciper au point de devenir une entité propre en 1869 ! C’est en effet grâce à un don généreux de Claude-Joseph Poncet, émigré à Vienne (Autriche), que la Frasse peut bâtir son église et son école ! La paroisse est donc érigée en 1783 et une église va vite remplacer la petite chapelle jadis construite par les habitants. De celle-ci ne subsiste qu’un inventaire réalisé en 1779 par les autorités alors en pleines discussions d’une scission de la paroisse. L’église est achevée en 1787 mais la consécration n’eut lieu qu’en 1827. On peut supposer que la Révolution mit à mal une paroisse très jeune. Cette date est conservée à l’arrière, près du cadran solaire avec cette inscription « Visitation de la Bienheureuse Vierge Marie à sa cousine Elisabeth ». L’église est, en effet, dédiée à la Visitation, tout comme l’ancienne chapelle. Une autre date, plus mystérieuse, se trouve au pied du clocher : 1844. Aujourd’hui encore, elle n’est pas correctement interprétée : s’agit-il de la construction du clocher ou -par exemple- de la réfection du porche ? A l’intérieur, le monument peut se targuer de posséder un orgue à tuyaux, fait assez rare dans la région où seules les grandes paroisses en possédaient un ! Construit par les frères Walpen en 1822, il a été démonté à la hâte en 1940, de peur qu’il soit saisi par l’Occupant. Restauré une première fois en 1958, il l’a été une seconde fois en 2011. Cette église à l’acoustique remarquable a malheureusement perdu son maître autel et sa chaire baroques. Il en subsiste cependant quelques éléments comme la croix ou encore les statues repeintes en tonalités ocres des saints François de Sales, Bernard de Menthon, Pierre et Jean-Baptiste.
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Les archives sont hélas lacunaires au sujet de la sonnerie de la Frasse. Il convient de rappeler que non seulement la paroisse est jeune mais que la commune ne s’est constituée qu’en 1869 en se séparant civilement de Saint-Sigismond. Un écrit attire cependant notre attention. Daté du 1er juillet 1779, le notaire Georges Pernal note que MM. Claude-Joseph Poncet et Aimé Reydet s’engagent à payer une cloche à leur frais pour leur paroisse. On retrouve le nom d’Aimé Reydet sur l’actuelle cloche médiane, fondue huit ans plus tard. Elle raconte, dans un latin fort approximatif que cet Aimé Reydet était un honnête homme issu de bons parents et qu’il est décédé le 3 mars 1787. La cloche ajoute que son fils nommé Jean-Baptiste a réalisé le mandat (donc l’acte notarié, certainement) cette même année. La cloche est signée Jean-Baptiste Pitton, maître fondeur à Carouge et dédiée à la Vierge et à saint Jean-Baptiste. Cette cloche, avec une autre installée la même année à Cernex, est la plus ancienne attestée de ce fondeur. En 1851, les frères Paccard de Quintal, héritiers du savoir faire de Pitton, complètent la sonnerie avec deux cloches : la première, d’environ 1’500 kilos, « envoie sa parole aux hommes pour qu’ils louent Dieu ». Elle cite également les bienfaiteurs de la sonnerie complétée : Sophie Poncet, installée à Chambéry, Philipe et Alexis Reydet, Nicolas Poncet et le curé de Viuz-Faverges, l’Abbé Reydet. A en lire la grosse cloche, les dons ont afflués sur l’initiative du curé de la paroisse, Barthélémy Poncet, de qui elle a pris le nom « Barthélémy Sophie » avec la bienfaitrice devenue chambérienne. La petite cloche, bien plus légère (environ 225 kilos) rend grâce au saint Sacrement. Elle a pris le nom de son parrain et de sa marraine « Philipine Sérapie ».
N°
Nom
Fondeur
Année
Diamètre (cm)
Masse (kg)
Note
1
Barthélémy Sophie
Paccard frères
1851
133,8
~1’500
Ré 3
2
Ste Vierge et St Jean-Baptiste
Jean-Baptiste Pitton
1787
85,7
~375
La 3
3
Philipine Sérapie
Paccard frères
1851
72,5
~225
Do 4
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La paroisse de la Frasse se réjouit de posséder probablement les deux plus anciennes cloches de la commune. Classées en 1943, il s’agit en premier lieu de la cloche de 1787 présentée ci-dessus et d’une petite cloche fondue en 1689. Lors de son classement, elle était située dans la sacristie de l’église et pourrait être la cloche de la chapelle présente avant l’église actuelle. Fêlée puis réparée de manière plus ou moins maladroite, la cloche porte comme seules inscriptions « IN TEMPESTATVM EFFICAX C. PO 1 6 8 9 ». Elle est de dimensions très modestes : elle mesure 32 centimètres de diamètre et sonne un ré de l’octave 5. Elle proviendrait probablement de l’ancienne chapelle remplacée aujourd’hui par l’église. Elle se trouve depuis quelques années à Arâches, dans une pièce qui abrite nombre d’éléments témoins du passé historique et religieux de la commune.
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Mes remerciements nourris à :
La municipalité d’Arâches-la-Frasse et plus particulièrement M. Jean-Paul Constant, maire.
Mme Nathalie Lacraz, responsable du Pôle Culturel des Carroz.
M. Joseph Reydet, sacristain, pour l’ouverture du clocher.
Mme Mélanie Maréchal, du service des archives historiques du Diocèse d’Annecy pour la fournitures de documents anciens.
Mon ami Claude-Michael Mevs dit « Quasimodo » pour l’aide technique sur place et sa fidélité amicale.
Mes amis Me Pascal Krafft, expert-campanologue adjoint de l’archidiocèse de Strasbourg et M. Paul-Elie Rose dit « Les Cloches Iséroises » pour les traductions et lectures de documents anciens.
Comment ne pas rater sa silhouette, si puissante et élancée à la fois ? L’église Saints-Pierre-et-Paul de Bons-en-Chablais est au coeur d’une bourgade de 5’000 habitants. En empruntant l’une des deux voies qui relie Annemasse à Evian-les-Bains, on ne peut la manquer ! Cette église est le témoin d’une paroisse jadis puissante.
Avant de revenir plus en détail sur ce clocher, permettez-moi de présenter Bons. Cette commune résulte de la fusion de 3 villages : Bons, Brens et Saint-Didier-en-Chablais, en 1966. Mais ses origines bien-sûr remontent à fort longtemps, bien plus longtemps que l’église actuelle.
On sait qu’en 516, les terres du Chablais sont données à l’Abbaye de Saint-Maurice en Valais, fondée un an plus tôt par saint Sigismond, roi des Burgondes. En 1039, l’Abbaye cédera les terres à un certain « Louis », en échange de terres vaudoises, de l’autre côté du lac. Les Bernois ont envahi le territoire en 1536 et y ont imposés le protestantisme. Ce n’est qu’à la fin du siècle que les protestants sont chassés, aussi bien par la force que par la foi, grâce entre autres à saint François de Sales, futur évêque de Genève. Si il a pu libérer le chablais du joug protestant, il n’est jamais parvenu à récupérer « sa » cathédrale de Genève. Il se contentera, comme ses prédécesseurs et ses successeurs, de porter le titre d’évêque de Genève, tout en résidant à Annecy.
La paroisse de Saint-Didier, a seulement quelques centaines de mètres de celle de Bons, sera rattachée plusieurs fois à cette dernière : en 1601, au début du XIXe siècle, et il y a quelques années. Aujourd’hui, sept clochers, dont les trois de Bons-en-Chablais, font partie de l’ensemble paroissial « Saint-Jean-Bosco« .
L’église de Bons, sous le vocable des apôtres Pierre et Paul montre bien son grand âge. Des origines, on en sait pas grand chose. On suppose qu’elle tire ses origines au début du christianisme. Au Ve siècle, au plus tard. On cite la paroisse pour la première fois en 1279. A cette date, la forteresse de Langin avait déjà quelques siècles… L’église sera pillée en 1536 par les protestants avant de devenir temple réformé. Ce n’est qu’en 1598 qu’un curé siège à nouveau dans la cure et prêche dans l’église Saint-Pierre. En 1671, le clocher est refait sur le porche de l’église. Sa flèche sera abattue en 1792, à cause de la Révolution. L’église servira d’entrepôt pour les cloches de la région, avant d’être cassées et fondues. Mais la Révolution abîma l’église, dont on a refait le sommet du clocher au Concordat. En 1839, l’église nécessitait déjà des restaurations. Elle était à bout de souffle. En 1860, alors que Napoléon III visite la cité, le curé Chavannaz interpelle sur la dangerosité de son église, dont la voûte menaçait de tomber. L’empereur a accueilli sa demande et à versé à Bons une somme importante, mais insuffisante. Cela n’a pas empêché la commune de voter cette nouvelle église. Les travaux seront confiés à M. César Pompée, architecte de la région, a qui l’on doit aussi les églises d’Annemasse (Saint-André) ou Saint-Cergues, à quelques kilomètres de là. Il opte pour un monument néo-gothique, architecture qui faisait son entrée dans la région. Depuis 1864 et pendant deux ans, on déconstruit l’ancienne église pour édifier la nouvelle. Le 1er novembre 1866, l’église est consacrée. Cependant, il restait bien des choses à ajouter, comme un clocher. L’ancien avait été gardé, jusqu’en 1898.
Des anciennes cloches, on apprend plusieurs choses intéressantes : Une de 1442 livres, poids de Genève est bénie le 14 février 1791. Elle en remplace une autre de 432 livres et s’appelait Thérèse Christine. Mais en 1792 déjà, son avenir est menacé : les français, et la Révolution, entrent en terres savoyardes. Le clocher fut alors privé d’une de ses deux cloches : que savons-nous de la seconde cloche ? Rien. On retrouve partiellement le fil en 1820, avec la bénédiction d’une cloche « Marie-Polyxène », payée par les paroissiens. En 1853, la fonte de deux nouvelles cloches est mentionnée. Cette fois, on nous donne le poids des deux anciennes : 831 et 447 kilos. Leur poids a été doublé !
Les deux cloches actuelles, parlons-en ! La grande cloche « Clotilde Étiennette » porte gravé sur son flanc tout le conseil municipal de l’époque, M. Cottet Jean-Louis en tête, alors syndic. Les inscriptions de la cloche, qui loue la piété des paroissiens, est vouée à la sainte Trinité. Sa petite sœur « Marie », chargée de sonner les angélus, est vouée à l’Immaculée Conception, bien que fondue un siècle avant la promulgation du dogme par le Pape Pie IX. Elle cite le conseil de fabrique, Rd Chavannaz en tête.
Nota : l’enregistrement sonore de la vidéo est pris de l’intérieur du clocher, à cause des conditions de circulations au pied de l’église, assez intenses. Voici cependant un enregistrement extérieur :
N°
Nom
Diamètre (cm)
Masse (kg)
Note
1
Clotilde Etiennette
139
1620
Ré ♭ 3
2
Marie
111,3
872
Fa 3
« FAITES A QUINTAL PRES D’ANNECY L’AN 1853 PAR LES FRERES PACCARD »
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Je remercie pour les deux visites du clocher la paroisse Saint-Jean-Bosco en Chablais, et plus particulièrements MM. Jean-Claude Trolliet et Michel Genoud, en charge de l’église. Remercié soit également Mike « Quasimodo » pour son aide infaillible.
C’est « au croisement des vallées » que se trouve l’église Saint-Georges que vous allez découvrir sur cette page. Ce « croisement des vallées » est la traduction apportée pour le nom de « Vailly ». Ce petit village chablaisien se trouve en effet à la confluence du torrent de « la Follaz » venant de Lullin et du « Brévon » venant de Bellevaux. Une autre hypothèse nous fait remonter à l’époque romaine. Le nom de la commune serait un dérivé de « Valliacum » signifiant « domaine de Vallius » du nom d’un citoyen romain qui aurait élu domicile sur ces terres. On a d’ailleurs retrouvé des pièces romaines sur la commune voisine de Reyvroz et une route secondaire menait de Thonon-les-Bains jusqu’au col de Jambaz, à Bellevaux.
A la fin du Moyen-Âge, le nom de Vailly apparaît à plusieurs reprises, pour des donations, par exemple à la fin du XIe siècle ou encore en 1233. La paroisse, ou certains de ses biens, sont ballottés jusqu’au XVIe siècle par des familles seigneuriales ou la puissante Abbaye d’Aulps qui avait presque main mise sur tout le Chablais.
L’église Saint-Georges telle que nous la connaissons aujourd’hui à été bâtie entre 1844 et 1848 selon les plans de l’architecte turinois Ernesto Melano. C’est également à lui que nous devons la décoration actuelle de la Sainte-Chapelle et de la Métropole de Chambéry, ou encore la restauration des deux autres cathédrales de l’archidiocèse savoyard. Il est considéré comme le chef de file de l’art néogothique troubadour italien.
Cependant, le monument religieux qu’il nous laisse à Vailly est néoclassique sarde, architecture en vogue à l’époque dans nos contrées. Les spécialistes la considèrent comme le « joyau » des églises néoclassiques du chablais. Si l’extérieur, assez simple et dépouillé, peut ne pas donner cette impression, il ne faut pas hésiter à pousser les lourdes portes en bois pour y découvrir un remarquable ensemble de fresques et une décoration intérieure soignée. En avançant vers le chœur, on peut regarder derrière soi et admirer l’orgue de tribune. Il est en effet assez rare qu’une église de village possède un véritable orgue à tuyaux. L’idée a germé dans l’esprit de Raymond Morel-Vulliez, organiste, en 1978, alors qu’il prenait des cours d’orgue. Vingt-ans plus tard, Mgr Hubert Barbier, évêque d’Annecy, bénit cet orgue, réalisé par une poignée de personnes avec le concours du facteur d’orgues Xavier Silberman.
La tour-clocher de l’église, adossée contre le chœur, est couronnée d’une grande flèche. Pourtant, il n’en a pas toujours été ainsi. Le 28 octobre 1941, le clocher est la proie des flammes, à cause d’un cierge resté allumé dans l’église. Seule la maçonnerie a pu tenir. Le lanternon et la sonnerie n’ont quant à eux pas été épargnés.
Prodige, miracle… les superlatifs se bousculent quand on essaie d’évoquer la sonnerie de Vailly. D’abord parce que les ensembles de cinq cloches sont rares dans la région. Le fait que quatre nouvelles cloches ont pu être financées, coulées et installées en pleine Seconde Guerre Mondiale tient de l’exploit. Exploit que nous devons à l’infatigable abbé Million, alors curé de cette paroisse. A cela s’ajoute une touche de mystère : les origines de la plus petite cloche. On sait qu’elle a survécu aux flammes qui ravagèrent la partie supérieure du clocher et endommagèrent une partie de l’église, mais on ne connaît pas avec certitude son fondeur. Matthias Walter, expert-campanologue en Suisse, pense volontiers à une production Burdin de Lyon du XIXe siècle aux vues des décors et du profil. Mais les anses de cette énigmatique demoiselle de bronze, qui a subi un accordage chez Paccard avant d’être réinstallée, feraient plutôt penser au style de la fonderie savoyarde. Les inscriptions auraient pu nous en dire plus, mais elles ont été pour la plupart limées. La cloche a-t-elle été réparée après avoir été endommagée par les flammes ? Lui a-t-on greffé de nouvelles oreilles ? La patine ayant fait son œuvre en trois quarts de siècle, le mystère risque de planer longtemps encore sur cette vénérable hôte du clocher de Vailly.
Le beffroi en bois, aux formes typiques de la fonderie Paccard, range les quatre nouvelles cloches en bas. La plus grande se partage la travée centrale et la seconde cloche est seule dans une seconde travée, à l’ouest. Les trois petites cloches se partage la travée de l’est. L’ancienne cloche est plus haute, sur une sorte d’extension. Chaque cloche possède ses propres décors et inscriptions. Cependant, à part la mystérieuse cloche 5, chaque cloche arbore le blason de la fonderie Paccard et les armes de Mgr Auguste Cesbron, évêque d’Annecy de 1940 à 1962. La plus grande cloche « Jeanne d’Arc » qui « sonne pour le salut de la France » est dédiée aux « combattants de 1914-1918 et 1939-1940 ». « Marie » la seconde cloche est celle de l' »action catholique ». La troisième cloche, baptisée « Thérèse » est celle des agriculteurs. La quatrième, « Geneviève » prie pour les vocations et pour la paroisse. Contrairement aux trois autres, elle possède un joug en bois (et non en fonte) et ne possède pas d’anses. Au dessus, la « mystérieuse » petite cloche n’a en relief qu’une phrase en latin. Il a fallu que mes yeux s’attardent sur chacun de ses détails pour lire des inscriptions gravées timidement sur son épaule. On y apprend qu’elle est dédiée à Notre-Dame de la Salette, que c’est un « souvenir de Mission de 1942 ». Elle possède bien-sûr son parrain et sa marraine, contemporains à sa réinstallation.
Le système primitif électrique est encore en place aujourd’hui.
N°
Nom
Fondeur(s)
Année
Diamètre (cm)
Masse (kg)
Note
1
Jeanne d’Arc
Paccard
1942
120,5
1080
Mi3
2
Marie
Paccard
1942
101,5
650
Sol3
3
Thérèse
Paccard
1942
90
450
La3
4
Geneviève
Paccard
1942
76,5
275
Do4
5
N.D. de la Salette
Burdin ?
XIXe
75
250
Si3
Tout d’abord, vues sur les nouvelles cloches, puis, en plus grand, sur notre doyenne.
Mes remerciements pour cette visite du clocher à la municipalité de Vailly sous le mandat de Mme Yannick Trabichet, maire, et Michael Stehlin, troisième maire-adjoint. Je remercie également la communauté paroissiale et plus particulièrement Luc Chatelain, sacristain, qui n’hésite pas à mettre ses connaissances d’électricien pour entretenir l’horloge actionnant les cloches. Enfin, je réédite une nouvelle fois toute mon amitié à Mike « Quasimodo » qui m’a épaulé pour la réalisation de ce reportage.
Le premier édifice religieux à Brens remonte à 518-520. Il était déjà dédié à Saint-Maurice. Durant un millénaire, il a été construit, remanié et consolidé au gré des guerres à plusieurs reprises. Entre 1536 et 1598 le village est occupé par les Bernois. L’édifice se voit alors imposer le culte protestant. Le clocher actuel, ainsi que la nef, sont construits entre 1863 et 1868. L’église se voit remaniée entre 1966 et 1967 suite au concile Vatican II.
Situé à la fois près du lac Léman et des montagnes chablaisiennes, Evian est mondialement connu pour son eau et ses cures thermales. Des plus illustres monuments éviantais, on peut citer le palais Lumière, la buvette de la source Cachat ainsi que l’église Notre-Dame de l’Assomption.
Construite majoritairement au XIIIe siècle, la partie la plus ancienne reste la tour-clocher construite un siècle auparavant dans un style gothique savoyard. Elle a subi, au fil des siècles, nombre de modifications, dont la plus importante date de 1926. On y ajoute deux travées vers l’ouest, ce qui nous donne une façade néo-byzantine. Le chœur de l’église occupe en grande partie la base du clocher. Un décor savoyard habille les murs. Plus près du sol, de magnifiques stalles du XVe siècle dans un néo-gothique flamboyant donnent encore plus de beauté à cet édifice. Il faut noter qu’elles font partie des 13 stalles « Savoisiennes » réparties entre Aoste et Saint-Claude. Le thème iconographique est la concordance entre apôtres et prophètes. En 1823, la tour clocher a été tronquée de sa flèche pour recevoir un gracieux lanternon. Il a été jadis occupé par nombreuses cloches, dont, deux cloches fondues en 1687 par les frères Livremont de Pontarlier, de passage dans le Chablais. Il est aujourd’hui doté de quatre belles cloches, fondues par Claude Paccard à Quintal en 1852.
Cloche 1 – 2’100 kilos – diamètre 152cm – Do3 +3
Cloche 2 – 950 kilos – diamètre 115cm – Mi3 +9
Cloche 3 – 550 kilos – diamètre 97,7cm – Sol3 +6
Cloche 4 – 250 kilos – diamètre 73,5 – Do4 +4
Sonnerie du Plenum :
Un grand merci à M. Le Curé et à Madame Blanc, pour leur accueil et leurs autorisations. Mention spéciale au dévoué Mike « Quasimodo« , qui a filmé le plénum (vidéo du haut).
L’église Saint Pierre de Faverges, de style néo-classique sarde, a été bâtie dès 1830 sur les plans de l’architecte annecien Ruphy, et fut consacrée par Mgr Rendu le 13 avril 1844. C’est inscription sur le fronton qui nous l’apprend. L’ancien édifice était de dimensions plus modestes. L’imposante nef et ses deux bas-côtés ont subi une restauration intérieure en 2012. Deux élégantes portes dans le chœur nous permettent d’accéder au clocher à gauche, et à la sacristie à droite.
La tour clocher de l’église abrite quatre cloches :
MARRAINE LEONTINE BROUDEL POUR DME SIDONIE BLANC NEE PELOUX
CHARITAS
ST FRANCOIS DE SALES PATRON DU DIOCESE P P N
6 JUIN 1869 A MARULLAZ CURE DE FAVERGES
PACCARD FRERES FONDEURS A ANNECY LE VIEUX 1869
La Grande Cloche, d’un poids avoisinant deux tonnes.
Analyse Sonore (Dérivation en 1/16 de ½ ton) La3 = 435Hz
Harmonique
Cloche 1
Cloche 2
Cloche 3
Cloche 4
Hum
Ré Bémol 2 -10
Sol Bémol 2 -3
Si Bémol 2 -10
Ré Bémol 3 -6
Fondamentale
Ré Bémol 3 +4
Sol Bémol 3 +2
Si Bémol 3 +5
Ré Bémol 4 +4
Tierce
Mi 3 -2
La 3 -1
Ré Bémol 4 -1
Mi 4 +4
Quinte
La Bémol 3 -7
Ré Bémol 4 +/-0
Fa 4 -8
La Bémol 3 +3
Note au Coup
Ré Bémol 3 -2
Sol Bémol 3 -4
Si Bémol 3 -1
Ré Bémol 4 +2
Rares sont les beffrois où les cloches sont disposées sur deux niveaux, et sur une même charpente. Nous noterons également que la cloche numéro deux, la doyenne de Faverges, a été fondue pour la paroisse Sainte Agathe de Rumilly en 1639. Lors de la Révolution, l’ensemble campanaire de l’église a été quelque peu dissimulé. Une cloche a été transférée à Annecy, elle portait le surmon de « cloche de l’Entrée », elle sonnait peut être le début des offices. Le scénario ne variait pas tellement entre les vallées. On peut donc penser que la paroisse pensait récupérer ou sauver « sa » cloche. Cette cloche, nommée Agathe était celle qui avait la charge de pleurer, seule, les défunts puisque son surnom était « La Pleureuse ». Elle se retrouve aujourd’hui en compagnie de trois cloches coulées plus de deux siècles après elle. Les trois cloches Paccard portent également pour nom les trois vertus théologales : la Foi, l’Espérance, la Charité. Elle invoquent également les prières de grands Saints qui ont permis l’évangélisation plus ou moins locale. Saint Pierre, patron de la paroisse, Saint François de Sales, patron du diocèse mais aussi saint Joseph, patron « de notre bonne mort »et sainte Agathe, patronne de la paroisse de Rumilly.
Un grand merci à M. le Curé pour ses autorisations et à M. Chaffarod pour nous avoir ouvert le clocher de Faverges à deux reprises.
Si les premières traces de civilisation humaine sur le territoire communal remontent au néolithique, le premier écrit sur sa vie cléricale date de 1031. Le Roi Rodolphe III de Bourgogne fait cadeau de ce territoire (ainsi que quelques communes voisines) à son épouse qui les lègue à l’Abbaye de Talloires, au bord du Lac d’Annecy. En 1734 est décidé le transfert de l’église vers la position actuelle, afin de se mettre à l’abri des crues des différents torrents. A la Révolution Française, l’église est détruite, puis reconstruite, avant d’être ravagée par un incendie. L’actuel édifice, de style néoclassique sarde, date 1850 ; il sera consacré trois ans plus tard. En 1967, la foudre endommage le clocher et met le feu à l’église. On peut regretter la disparition des fresques, et le replacement de la flèche par un dôme et un lanternon, donnant à l’église une silhouette plus comtoise que savoyarde.
Cloche 1 – Ets Paccard en 1967 – 900 kilos – 1,10m – Fa 3 +5
292
RDUS STEPHANUS BIGEX PAROCHUS AB ANNO 1781 PATRINUS DAME CHAMBAZ NEE SAVIOZ MARRAINE
PACCARD M A FAIT EN L AN 1967
Cloche 2 « Antoine Marie » – G&F Paccard en 1891 – 550 kilos – 0,95m – La Bémol 3 -1
+EX ALTIS AD ALTIORA EVOCO+
+RD L.T. MOCCANT VIC. GEN. D ANNECY M A BAPTISEE+
+MR ANTOINE BURNOD ET SON EPOUSE MARIE DUMONTIER NEGET A PARIS INSIGNES BIENFAITEURS FURENT MES PARRAIN ET MARRAINE+
+ET ME DONNERENT LE NOM D ANTOINE MARIE+
+MR C.F. CARTIER ETAIT MAIRE ET RD G.M. DUNOYER CURE DE DOUSSARD 1891+
+GEORGES & FRANCISQUE PACCARD FONDEURS A ANNECY LE VIEUX 1891+
Cloche 3- Les Fils de G. Paccard en 1920 – 200 kg – 0,7m – Do 4 +3
« 292 » est la seule inscription marquée.
Inscriptions sur la cloche 2, doyenne, fondue l’an 1891, tout comme la célèbre « Savoyarde » de Montmartre. Ci-dessous, divers plans des trois cloches.
Analyse Sonore (Dérivation en 1/16 de ½ ton) La3 = 435Hz
Harmonique
Cloche 1
Cloche 2
Cloche 3
Hum
Fa 2 +5
La Bémol 2 +/-0
Do 3 -1
Fondamentale
Fa 3 -2
La Bémol 3 -1
Do 4 +/-0
Tierce
La Bémol 3 +3
Si 3 -1
Mi Bémol 4 +/-0
Quinte
Do 4 +3
Mi Bémol 4 +4
Sol 4 +5
Note au Coup
Fa 3 +5
La Bémol 3 -1
Do 4 +3
Un grand merci à M. Corboz pour l’accès au clocher et les sonneries spéciales. Mention à mes amis Mike, Guilhem, Romain, Baptiste & John également de la partie.
Bons en Chablais est le fruit de la fusion de trois communes, ce qui explique pourquoi nous avons ici trois églises. Le hameau de Saint-Didier tire son nom de son lieu de culte. Datée du XIXe siècle, l’église est composée d’un clocher flèche – jadis crénelé – aux pierres apparentes. Il était anciennement porche, probablement construit pour l’ancienne église. Lors de la construction de l’actuel édifice, le plan a été tourné. L’entrée se trouve donc aujourd’hui à l’opposé du clocher, qui abrite en son pied le tabernacle.
La sonnerie est composée de deux cloches fondues en 1865 par les frères Beauquis de Quintal. La plus grosse cloche est en rétrograde et pèse une tonne. La plus petite est en lancé-franc et pèse 500 kilos.
CLOCHE 1 – Fa3 -4
AIRAIN SACRE SA PROCLAMER LA GLOIRE DU TRES HAUT JUSQU AU FOND DE NOS VALLEES
LEURS FIDELES ECHOS REDIRONT A JAMAIS DES ENFANTS DE ST DIDIER FELIAL AMOUR
PARRAIN JEAN LOUIS RAVASSE CURE DU LIEU
MARRAINE MADAME MARIETTE PIGNAL NEE GENTIL
MR JEAN MAURIS MAIRE
MRS MAURIS JACQUES JUGET JAQUES CONSEILLERS
VIVE † JESUS FONDERIE DE QUINTAL PRES ANNECY BEAUQUIS FRERES 1865 VIVE † MARIE IMMACULEE
Cloche 2 – La3 +/-0
+DIGNES HABITANTS DE ST DIDIER VOS CLOCHES A DIEU CONSACREES PUBLIERONT A LA PROSPERITE LA PLUS RECULEE+
+ET VOS RELIGIEUX SACRIFICES ET VOS DONS SPONTANES+
+PARRAIN RUCHE FRANCOIS+
+MARRAINE RUCHE JOSEPHTE+
+RAVASSE JEAN LOUIS DE LA VILLE DEVIAN CURE+
+MAURIS JEAN MAIRE MAURICE JACQUES JUGET JACQUES CONSEILLERS+
+VIVE † JESUS FONDERIE DE QUINTAL PRES ANNECY BEAUQUIS FRERES 1865 VIVE MARIE †
IMMACULEE+
Les deux cloches sont équipées de jougs en acier et supportées par un beffroi lui aussi métallique.
Analyse Sonore (Dérivation en 1/16 de ½ ton) – Diapason La3 = 435Hz
Harmonique
Cloche 1
Cloche 2
Hum
Fa 2 +4
La 2 +11
Fondamentale
Fa 3 -14
La 3 -10
Tierce
La Bémol 3 -3
Do 4 +2
Quinte
Do 4 +5
Mi 4 -4
Note au Coup
Fa 3 -4
La 3 +/-0
Un grand merci à M. Joseph Bosson, sacristain, pour sa disponibilité.