Lullin – Eglise Saint-Jean-Baptiste

Un village aux origines glaciaires…
Quelque soit notre provenance, nous pouvons être comme étonné de la vallée de Lullin : large et plate, et entourée de franches montagnes aux silhouettes rassurantes. Situé au plein cœur du « Géopark Chablais » (soutenu par l’Unesco), le village est à bonne distance de plusieurs cols le reliant au Lac Léman ou à la Vallée Verte. En suivant le torrent de la Follaz, on peut aussi rejoindre la Vallée de la Dranse. Cette position stratégique vaut la construction d’un château durant le Moyen-Age. D’ailleurs, deux siècles durant, une famille portait le nom de « Genève-Lullin » et possèdait le titre de « Seigneurs de Lullin ». Il y a fort à parier qu’ils aient un quelconque lien avec ce château.

Une église néoclassique aux allures comtoises…
L’église actuelle a été construite au début du XIXe siècle, comme la majorité des édifices religieux de la région. Il en résulte d’un transfert doublé d’un agrandissement de l’ancienne église paroissiale, située au cimetière. La paroisse est citée pour la première fois sous le mandat de Guy de Faucigny, évêque de Genève, à la fin du XIe siècle. Elle était sous le patronage de saint Oyen (parfois écrit saint Eugend), quatrième abbé de Condat (Jura). L’église est alors donnée au Prieuré Saint-Victor de Genève puis au Prieuré de Bellevaux, à quelques jets de pierres de là. Au XVe siècle, elle passe sous le patronage de Jean le Baptiste et devient indépendante en raison de son importance. En 1577, une nouvelle église est construite. Son clocher sera rasé à la Révolution et reconstruit en 1806. Peu après, une première souscription émane pour construire un nouveau lieu de culte à la fois plus grand et mieux situé dans le village qui avait alors connu une grande expansion. En 1834, le terrain est acheté, en face de la cure, et les plans sont arrêtés par l’architecte Blanchet. Les paroissiens construisent eux-mêmes une grande partie de l’édifice dès 1837. L’année suivante, le gros oeuvre est terminé ainsi que l’intérieur en 1840. En 1841, quelques modifications sont apportées. Mgr Rendu, évêque d’Annecy, consacrera le lieu de culte en 1848. Quelques modifications ont ensuite été apportées : une flèche au sommet du clocher en 1864 puis un dôme en 1881 et une tribune au fond de l’église en 1890.

Un malheureux accident…
Un certain soir de 15 avril, les habitants de Lullin ont dû avoir un sentiment de « déjà vu » en allumant leur télé. En effet, le tragique incendie de Notre-Dame de Paris a pu rappeler aux plus anciens de la commune un événement semblable sur leur clocher : son embrasement. Le 13 janvier 1963, un incendie se déclare à sa base et gagne progressivement les étages. Les flammes deviennent apparentes et dévorent toute la tour : les cloches, puis le dôme. Ce dernier disparaîtra dans les flammes. A vue de l’église, un championnat de ski nordique s’y déroulait. Très vite, ils sont nombreux à déchausser pour entrer dans l’église et débarrasser ce qui pouvait l’être, de peur que l’incendie ne ravage la nef. Fort heureusement, celle-ci se trouve relativement épargnée. L’année 1963 est alors consacrée à la restauration de l’édifice. Parmi une des plus grandes étapes eut lieu la bénédiction des nouvelles cloches.
Depuis cette grande restauration forcée, une nouvelle campagne à eu lieu entre 2002 et 2003 avec une restauration complète de l’intérieur de l’édifice.

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Un retour en force !
Elles s’appellent « Marie-Baptistine », « Marie-Cécile » ou encore « Marie-Jeanne-Françoise » et sont toutes brillantes. Elles viennent tout droit des fourneaux de la fonderie Paccard d’Annecy-le-Vieux. Elles sont trois, comme dit la chanson, prêtes à sonner au sommet d’une tour nouvellement ornée d’un dôme comtois refait à l’identique ! Il est bon de préciser que ce malheureux accident permit un agrandissement : seules deux cloches étaient présentes lors de l’incendie. Cependant, elles étaient un petit peu plus lourdes que les actuelles (1500 et 700 kilos). Elles ont probablement été fondues au XIXème siècle et électrifiées en 1935 déjà.
Comme il est de coutume au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale, on attribue plus systématiquement un parrain et une marraine. Ainsi, la petite cloche se voit parrainée par les enfants du cathétérisme (certainement en raison de sa taille) et la moyenne par les choristes (car dédiée à sainte Cécile, patronne des musiciens). Pour la grosse cloche, ce sont les membres de l’Action Catholique qui l’ont parrainé.

Noms Diamètre (cm) Masse (kg) Note

1

Marie Baptistine 123 1250

Mi ♭ 3

2

Marie Cécile 100,5 650 Sol 3
3 Marie Jeanne Françoise 85,5 380

Si ♭ 3

Fonderie Paccard (Annecy-le-Vieux) 1963

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Mes remerciements pour cette visite du clocher à M. et Mme Gilbert Meynet, membres de la paroisse et couple dévoué pour cette belle église ! Je remercie également mon ami Claude-Michaël « Quasimodo » Mevs, pour son aide de toujours et sa présence chaleureuse !

Sources & liens :
Lullin
Eglise de Lullin
Mairie de Lullin
Relevé personnel
Clichés personnels

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