Vailly – Eglise Saint-Georges

C’est « au croisement des vallées » que se trouve l’église Saint-Georges que vous allez découvrir sur cette page. Ce « croisement des vallées » est la traduction apportée pour le nom de « Vailly ». Ce petit village chablaisien se trouve en effet à la confluence du torrent de « la Follaz » venant de Lullin et du « Brévon » venant de Bellevaux. Une autre hypothèse nous fait remonter à l’époque romaine. Le nom de la commune serait un dérivé de « Valliacum » signifiant « domaine de Vallius » du nom d’un citoyen romain qui aurait élu domicile sur ces terres. On a d’ailleurs retrouvé des pièces romaines sur la commune voisine de Reyvroz et une route secondaire menait de Thonon-les-Bains jusqu’au col de Jambaz, à Bellevaux.
A la fin du Moyen-Âge, le nom de Vailly apparaît à plusieurs reprises, pour des donations, par exemple à la fin du XIe siècle ou encore en 1233. La paroisse, ou certains de ses biens, sont ballottés jusqu’au XVIe siècle par des familles seigneuriales ou la puissante Abbaye d’Aulps qui avait presque main mise sur tout le Chablais.

L’église Saint-Georges telle que nous la connaissons aujourd’hui à été bâtie entre 1844 et 1848 selon les plans de l’architecte turinois Ernesto Melano. C’est également à lui que nous devons la décoration actuelle de la Sainte-Chapelle et de la Métropole de Chambéry, ou encore la restauration des deux autres cathédrales de l’archidiocèse savoyard. Il est considéré comme le chef de file de l’art néogothique troubadour italien.
Cependant, le monument religieux qu’il nous laisse à Vailly est néoclassique sarde, architecture en vogue à l’époque dans nos contrées. Les spécialistes la considèrent comme le « joyau » des églises néoclassiques du chablais. Si l’extérieur, assez simple et dépouillé, peut ne pas donner cette impression, il ne faut pas hésiter à pousser les lourdes portes en bois pour y découvrir un remarquable ensemble de fresques et une décoration intérieure soignée. En avançant vers le chœur, on peut regarder derrière soi et admirer l’orgue de tribune. Il est en effet assez rare qu’une église de village possède un véritable orgue à tuyaux. L’idée a germé dans l’esprit de Raymond Morel-Vulliez, organiste, en 1978, alors qu’il prenait des cours d’orgue. Vingt-ans plus tard, Mgr Hubert Barbier, évêque d’Annecy, bénit cet orgue, réalisé par une poignée de personnes avec le concours du facteur d’orgues Xavier Silberman.

La tour-clocher de l’église, adossée contre le chœur, est couronnée d’une grande flèche. Pourtant, il n’en a pas toujours été ainsi. Le 28 octobre 1941, le clocher est la proie des flammes, à cause d’un cierge resté allumé dans l’église. Seule la maçonnerie a pu tenir. Le lanternon et la sonnerie n’ont quant à eux pas été épargnés.
Prodige, miracle… les superlatifs se bousculent quand on essaie d’évoquer la sonnerie de Vailly. D’abord parce que les ensembles de cinq cloches sont rares dans la région. Le fait que quatre nouvelles cloches ont pu être financées, coulées et installées en pleine Seconde Guerre Mondiale tient de l’exploit. Exploit que nous devons à l’infatigable abbé Million, alors curé de cette paroisse. A cela s’ajoute une touche de mystère : les origines de la plus petite cloche. On sait qu’elle a survécu aux flammes qui ravagèrent la partie supérieure du clocher et endommagèrent une partie de l’église, mais on ne connaît pas avec certitude son fondeur. Matthias Walter, expert-campanologue en Suisse, pense volontiers à une production Burdin de Lyon du XIXe siècle aux vues des décors et du profil. Mais les anses de cette énigmatique demoiselle de bronze, qui a subi un accordage chez Paccard avant d’être réinstallée, feraient plutôt penser au style de la fonderie savoyarde. Les inscriptions auraient pu nous en dire plus, mais elles ont été pour la plupart limées. La cloche a-t-elle été réparée après avoir été endommagée par les flammes ? Lui a-t-on greffé de nouvelles oreilles ? La patine ayant fait son œuvre en trois quarts de siècle, le mystère risque de planer longtemps encore sur cette vénérable hôte du clocher de Vailly.
Le beffroi en bois, aux formes typiques de la fonderie Paccard, range les quatre nouvelles cloches en bas. La plus grande se partage la travée centrale et la seconde cloche est seule dans une seconde travée, à l’ouest. Les trois petites cloches se partage la travée de l’est. L’ancienne cloche est plus haute, sur une sorte d’extension. Chaque cloche possède ses propres décors et inscriptions. Cependant, à part la mystérieuse cloche 5, chaque cloche arbore le blason de la fonderie Paccard et les armes de Mgr Auguste Cesbron, évêque d’Annecy de 1940 à 1962. La plus grande cloche « Jeanne d’Arc » qui « sonne pour le salut de la France » est dédiée aux « combattants de 1914-1918 et 1939-1940 ». « Marie » la seconde cloche est celle de l' »action catholique ». La troisième cloche, baptisée « Thérèse » est celle des agriculteurs. La quatrième, « Geneviève » prie pour les vocations et pour la paroisse. Contrairement aux trois autres, elle possède un joug en bois (et non en fonte) et ne possède pas d’anses. Au dessus, la « mystérieuse » petite cloche n’a en relief qu’une phrase en latin. Il a fallu que mes yeux s’attardent sur chacun de ses détails pour lire des inscriptions gravées timidement sur son épaule. On y apprend qu’elle est dédiée à Notre-Dame de la Salette, que c’est un « souvenir de Mission de 1942 ». Elle possède bien-sûr son parrain et sa marraine, contemporains à sa réinstallation.

Le système primitif électrique est encore en place aujourd’hui.

Nom

Fondeur(s)

Année

Diamètre (cm)

Masse (kg)

Note

1

Jeanne d’Arc

Paccard

1942

120,5

1080

Mi3

2

Marie

Paccard

1942

101,5

650

Sol3

3

Thérèse

Paccard

1942

90

450

La3

4

Geneviève

Paccard

1942

76,5

275

Do4

5

N.D. de la Salette

Burdin ?

XIXe

75

250

Si3

Tout d’abord, vues sur les nouvelles cloches, puis, en plus grand, sur notre doyenne.


Mes remerciements pour cette visite du clocher à la municipalité de Vailly sous le mandat de Mme Yannick Trabichet, maire, et Michael Stehlin, troisième maire-adjoint. Je remercie également la communauté paroissiale et plus particulièrement Luc Chatelain, sacristain, qui n’hésite pas à mettre ses connaissances d’électricien pour entretenir l’horloge actionnant les cloches. Enfin, je réédite une nouvelle fois toute mon amitié à Mike « Quasimodo » qui m’a épaulé pour la réalisation de ce reportage.

Sources & Liens :
Vailly sur Wikipédia
Eglise de Vailly
Mairie de Vailly
Histoire de l’orgue
Matthias Walter
Fonds privés
Sources personnelles
Inventaire personnel

 

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