La première mention d’un édifice religieux en ces lieux remonte à 1271. En 1511, c’est le premier tournant majeur de l’édifice. Le chœur est reconstruit dans un style gothique tardif. Le vitrail principal représente Sainte Marie, patronne, et Saint Joseph. Le clocher, bâti la même année, culmine à 36 mètres. En 1607, Saint François de Salles y effectue une visite pastorale. En 1793, la flèche du clocher est détruite et les cloches sont descendues, elles seront réinstallées en 1802. En 1866, la nef est reconstruite dans un style néo-gothique car elle menaçait de tomber en ruines. Le clocher est ensuite rehaussé d’un étage et sa flèche reconstruite afin de retrouver sa silhouette d’origine. 90 ans plus tard, l’église est restaurée aussi bien à l’intérieur qu’a l’extérieur. Aujourd’hui, la majorité de ses trésors (vitrail et tableau patronal, crucifix…) sont les donations de curés ou de grandes familles qui ont un lien avec le sanctuaire.
La première mention de cloches remonte à 1501. Une pièce de 882 kilos nommée « Jeanne-Marie » est bénite par le curé Jean de Lornay. Elle aurait été fondue par François Paquelet, seigneur de Moiron. Elle est rejointe en 1591 par une cloche de 610 kilos. Cette dernière sera refondue en 1743 à Genève par Jean-Louis Revillard, fondeur réputé. Solennellement bénite le 10 août, elle reçoit le nom de Marguerite. Elle était 150 livres plus lourde que l’ancienne. En 1793, le département français du Mont-Blanc est lui aussi touché par la Révolution. Il était alors imposé de raser les clochers et descendre les cloches, à l’exception d’une seule. Après quelques négociations, on accorde au village un jour de plus pour amener la petite cloche, datée de 1501. Les jeunes du village décrochent alors la grosse cloche en pleine nuit pour laisser la petite cloche saine et sauve. Lors de l’arrivée du syndic de Villaz à Annecy, le changement de cloche est remarqué. Pour des raisons de sécurité, la petite cloche est d’abord enterrée près de l’église, puis au hameau du Felan. Elle sera déterrée en 1802. En 1796, l’administration donne une cloche à toutes les communes – dont Villaz – qui en sont dépourvues pour sonner le tocsin et les sonneries « républicaines ». Une cloche de 550 livres sera installée. Elle sera refondue en 1834 et augmentée de 10 quintaux soit une masse de 455 kilos. La cloche de 1501 ayant perdu 18 kilos de bronze en 1875 et sa sœur étant jugée trop petite pour les besoins de la commune, toutes deux seront refondues en 1876. La plus grande sera bénite le 16 mars, jour de Pâques. La plus petite sera consacrée le 1er octobre, fête du Rosaire. On peut donc supposer qu’elles sont issues de deux fontes différentes.
N°
Nom
Diamètre (cm)
Masse (kg)
Note
1
Marie-Anne
143
1796
Do ♯ 3
2
Adèle Jeanne Marie
113,5
900
Mi 3
Paccard frères fondeurs à Annecy-le-Vieux Haute-Savoie 1876
Les inscriptions de la plus petite cloche, finement décorée.
Un grand merci à M. Le Maire et son équipe municipale pour l’aimable autorisation ainsi qu’à M. André Savoy, sacristain, pour sa patience, ses indications et anecdotes. Amitiés à mes fidèles compagnons Mike « Quasimodo », Matthias Walter (campanologue Bernois) et Dominique « Valdom68 ».
Bâtie dès 1410, l’église de Groisy a été placée sous le vocable de Saint Euchère, archevêque de Lyon au Ve siècle. Depuis, on ne sait pas quand exactement, c’est Saint Just, également à la tête de l’archevêché lyonnais, qui protège l’église. Le clocher était jadis couronné d’un bulbe, rasé à la Révolution. Suite à l’incendie de 1923, la tour a été rehaussée et ornée d’une élégante flèche. L’intérieur de l’église, remanié en même temps que le sommet du clocher, est aujourd’hui dans un style néogothique. Composée d’une nef et de deux bas côtés, elle est d’une grande luminosité. Le chœur de l’édifice est profond et composé d’un retable et d’un autel néogothiques.
La sonnerie de l’église mérite à elle seule le détour : trois cloches qui forment un accord peu commun en do dièse mineur. La plus grande, talonnée par son homologue de Thônes, est considérée comme la pièce maîtresse de la dynastie Gautier. La plus petite, qui donne de la voix à chaque angélus, est une des seules cloche en Haute-Savoie signée des frères Vallier. Originaires de la même vallée que les Gautier, ils n’ont pas manqués de s’allier à eux lors de leurs passages en territoire savoyard. La cloche 2, datée de 1825, fut refondue par André Voegelé en 2010. Ce fut l’occasion de changer les équipements des cloches (nouveaux jougs, moteurs, beffroi) et de modifier l’ordonnance des sonneries. Si l’ancien règlement prévoyait d’utiliser la grande cloche aux offices, les deuils sur les deux grandes cloches et l’angélus sur la plus petite, Françoise a permis d’unifier les trois voix pour les offices et de laisser pleurer la plus grande cloche pour les sépultures.
N°
Nom
Fondeur
Année
Diamètre (cm)
Masse (kg)
Note
1
Louis Gautier
1825
136
1500
Do ♯ 3
2
Françoise
André Voegelé
2010
115
1050
Mi 3
3
Frères Vallier
320
80
320
Si 3
Détail de la plus petite cloche, au sommet du beffroi.
Un grand merci à M. le Maire de Groisy, M. Ghezzi pour leur autorisation et à leurs agents techniques pour nous avoir accompagnés au clocher. Mention spéciale à Mike « Quasimodo », Matthias Walter, campanologue à Berne pour et Dominique « Valdom68 » pour leur précieuse collaboration.
Fièrement dressée sur l’île de la Cité, en plein centre de la capitale, la cathédrale Notre-Dame de Paris figure parmi les sanctuaires les plus connus au monde. Sa construction, lancée par Maurice de Sully en 1163, s’est étalée sur près de 200 ans. Elle est dans un style gothique et succède à l’abbaye de Saint-Denis et aux cathédrales de Noyon, Laon et Sens. Les deux tours, livrées respectivement en 1240 pour la tour sud et 1250 pour la tour nord n’ont jamais porté de flèche. Avec la cathédrale de Reims et l’abbaye de Saint Denis, la sanctuaire parisien est l’une des trois cathédrales royales. En effet, les souverains sont baptisés et sacrés à Reims puis inhumés à Saint-Denis, il ne faut cependant pas oublier qu’en plus des chapelles castrales, ils assistent marquent certaines solennités au cours d’offices à Notre-Dame (Te Deum, pompes funèbres…). Chaque roi a donc voulu montrer par sa générosité sa piété. Pour faire suite au Voeu de son père Louis XIII, Louis XIV réaménager le chœur en 1699. Le maître-autel, couronnée par une piéta sera encadrée de des statues des deux rois agenouillés devant la croix. En 1756, le clergé jugeait le sanctuaire sombre : tous les vitraux du chœur, daté du Moyen-Âge, seront remplacés par du verre blanc. Heureusement, les rosaces , dont deux de treize mètres de diamètre, véritables chefs d’oeuvre ont été conservées. La Révolution Française n’a pas épargné le véritable symbole monarchique que représentait la cathédrale. D’abord temple de la Raison, elle fut ensuite un vulgaire entrepôt. Après le Concordat, elle est rendue au culte catholique. Dans un état de délabrement, alors que des questions sur sa démolition se posaient, Victor Hugo écrit son célèbre roman et invente le sonneur de cloches « Quasimodo », dont le but premier était de sensibiliser le plus grand nombre. Ce grand auteur français a atteint son but, et une grande restauration sera lancée entre 1843 et 1868. Elle sera sous la direction de Jean-Baptiste-Antoine Lassus et d’Eugène Viollet le Duc. Ce dernier finira seul la restauration en suite au décès de Lassus en 1857. On leur doit -entre autres- la reconstruction de la flèche du transept et la sacristie qui abrite le Trésor. C’est encore à lui que nous devons les non-moins célèbres chimères au sommet de la cathédrale. Alors qu’elle était de nouveau prête à vaincre les siècles, en 1871, la guerre opposant la France et la Prusse bat son plein. Des émeutiers tentent d’y mettre le feu dans le but de la détruite, heureusement cet incendie fut vite maîtrisé. Contrairement à d’autres cathédrales, Notre-Dame n’a rencontré aucun obstacle pendant les deux guerres mondiales. En 1966, des vitraux plus nobles remplaceront les grisailles de la partie haute de la neuf installés deux siècles auparavant. Fort d’un mobilier et de reliques exceptionnels, il sera difficile de ne pas citer la fameuse « Couronne d’Épines », le grand orgue, de cinq claviers, de toutes époques, l’orgue de chœur, plus modeste, composé de deux claviers et les superbes stalles. Depuis 1958, la cathédrale est au cœur de la cinquième république. Elle accueille les plus grands de ce monde. Des services religieux y sont organisés lors de disparitions de grands qui incarnaient et représentaient fièrement notre nation. le 15 avril 2019, un incendie détruit flèche et combles. La cathédrale est hors d’usage et entre en restauration pendant plusieurs années. Affaire à suivre…
Vidéo du Grand Solemnel de la cathédrale, le 11 novembre 2014 à 11 heures. Vidéo publiée avec l’autorisation de la cathédrale – Jérôme Boutié – Tous droits réservés. Ont œuvré à la vidéo : Jérôme –CarillonsTarnais– ; Mike –Quasimodo Sonneur de Cloches– ; Dominique –Valdom68– et Antoine –Les Cloches Savoyardes.
La sonnerie de Notre-Dame, déjà réputée grâce à Victor Hugo et son sonneur « Quasimodo », a encore fait parler d’elle tout récemment. Dans le cadre du jubilé du 850ème anniversaire de la cathédrale, il a été décidé de redonner a la cathédrale son ensemble campanaire à l’image de son symbole et, avec l’aval des Monuments-Historique, reconstituer l’ensemble campanaire de celle-ci avant la Révolution Française. Le célèbre bourdon Emmanuel, qui a vaincu les siècles, a servi de maître étalon. La première étape était la descente des quatre cloches de la tour sud début 2012, à l’origine fondues à toute vitesse en 1856 par Guillaume & Besson, fondeurs d’Angers. Leur métal, d’une qualité mauvaise et leur musicalité ainsi que leur harmonie plus que douteuse les empêchaient d’embellir le ciel Parisien comme elles le devait. Elles sont aujourd’hui exposées à l’arrière de la cathédrale.
Durant l’année 2012, huit cloches ont été fabriquées chez Cornille-Havard, à Villedieu-les-Poëles (Manche) et une autre à Aasten (Pays-Bas) chez Royal Eijsbouts. Elles seront accueillies comme des reines le 31 janvier : leur arrivée sur le parvis Jean-Paul II sera non seulement salué par le bourdon Emmanuel, seul depuis près d’un an, mais également -grande surprise- par une foule immense. Elles seront bénites par le Cardinal André Vingt-Trois le 2 février, pour la fête de la Présentation de Jésus au Temple. Après avoir reçues plus d’un million de visiteurs dans la nef de la cathédrale en trois semaines, il était temps pour les cloches de gagner leurs perchoirs respectifs. Les huit cloches normandes dans la tour sud, et le bourdon Marie près d’Emmanuel. Viollet le Duc avait déjà prévu l’emplacement de la cloche, sans pour autant avoir un projet d’ordre campanaire. Quatre nuits ont été nécessaire pour les acheminer aux beffrois. Côté sud, les cloches sont sur deux niveaux. Les quatre plus grandes dites « les quatre coins » se trouvent au bas du beffroi. Les quatre « moyneaux » se trouvent au sommet, à l’emplacement des Benjamines de 1856.
En plus de l’ensemble de volée, la cathédrale abritait six cloches fixes. Trois d’entre elles se situaient dans la flèche et annonçaient les volées. Elles sonnaient également l’élévation pour les abords de la cathédrale. Trois plus petites, cachés à la croisée du transept dans les combles, sonnaient également l’élévation à l’intérieur de la cathédrale.
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N°
Nom
Fondeur
Année
Diamètre (cm)
Masse (kg)
Note
1
Emmanuel
Florentin Le Guay
1686
262
13320
Fa ♯ 2
2
Marie
Royal Eijsbouts
2013
206,5
5830
Sol ♯ 2
3
Gabriel
Cornille-Havard
2013
182,8
4162
La ♯ 2
4
Anne-Geneviève
Cornille-Havard
2013
172,5
3477
Si 2
5
Denis
Cornille-Havard
2013
153,6
2502
Do ♯ 3
6
Marcel
Cornille-Havard
2013
139,3
1925
Ré ♯ 3
7
Etienne
Cornille-Havard
2013
126,7
1494
Mi ♯ 3
8
Benoit-Joseph
Cornille-Havard
2013
120,7
1309
Fa ♯ 3
9
Maurice
Cornille-Havard
2013
109,7
1011
Sol ♯ 3
10
Jean-Marie
Cornille-Havard
2013
99,7
782
La ♯ 3
Cloches déposées depuis 2012
N°
Nom
Diamètre (cm)
Masse (kg)
Note
1
Angélique Françoise
146
1915
Do ♯ 3
2
Antoinette Charlotte
125
1335
Ré ♯ 3
3
Hyacinthe Jeanne
111
925
Mi ♯ 3
4
Denise David
105
767
Fa ♯ 3
Guillaume-Besson 1856
Les cloches suivantes ont été partiellement détruites par l’incendie et par conséquent rendues inutilisables. Jadis reliées à l’horloge mécanique Collin, elle aussi disparue, elles servaient depuis 2012 pour le culte (élévation notamment). Flèche :
N°
Nom
Diamètre (cm)
Masse (kg)
Note
1
450
Sol 3
2
250
Si ♭ 3
3
Cloche du Chapître
120
Ré 4
Dubuisson-Gallois, 1864
Combles :
N°
Diamètre (cm)
Masse (kg)
Note
1
60
La 4
2
25
Do 5
3
20
Ré 5
Anonyme, 1867
Un grand merci à M. Prades Laurent, régisseur de la cathédrale, pour nous avoir guidés, accompagnés dans les entrailles de ce beau monument.
Les photos ne sont pas libres de droits. Cathédrale Notre-Dame de Paris – Claude-Michaël Mevs – Antoine Cordoba
L’Ossuaire de Douaumont est situé à quelques kilomètres de la ville de Verdun. Au lendemain de la Première Guerre Mondiale (1914-1918) et plus particulièrement de la bataille de Verdun qui a fait rage en ces lieux de février à décembre 1916, un cimetière pour les soldats a été constitué afin que tout le monde se souvienne et s’y recueille. Un premier monument a été construit et utilisé de 1920 à 1927. Le monument actuel et définitif a été conçu par les architectes Léon Azéma, Max Edrei et Jacques Hardy et financé en grande partie par des fonds privés. Il fut inauguré en 1932. Un cloître long de 132 mètres permet de voir les tombes de tous les soldats inconnus, sans distinction de nationalité. Une chapelle, perpendiculaire à celui-ci, accueille encore des fidèles pour des offices et les prières de ceux qui veulent s’y recueillir. En plus de 130’000 soldats non identifiés entre ses murs, le monument surplombe la nécropole composée de 16’142 tombes de Français, dont 592 de soldats musulmans.
La tour, au centre de l’édifice mesure 46 mètres. Elle abrite le phare « lanterne des morts » qui brille chaque nuit à l’horizon et le « bourdon de la Victoire » qui sonne l’Angelus matin midi et soir en mémoire des morts, le dimanche matin a 10h15 et qui ponctue chaque cérémonie. Fondu en 1927 par Blanchet et Bollée, il mesure 148cm et pèse 2’042kilos et sonne le Do Dièse 3. Il porte les prénoms de « Louise Anne Charlotte« . Pour les 100 ans de la déclaration de cette terrible guerre, Dominique Bollée a proposé la fonte de 100 répliques « et pas une de plus » a-t-il précisé pour un poids de 20 kilos et 33 centimètres de diamètre. Quelques unes sont exposées dans la chapelle, afin de profiter, en plus petit, des décors somptueux qui composent ce bourdon.
Le bourdon de la Victoire, au sommet de sa tour.
Mes remerciements à M. GERARD Olivier, directeur de la fondation de l’Ossuaire pour l’autorisation de publier ces quelques lignes sur cette belle cloche.
L’origine d’une congrégation religieuse remonte au XIIe siècle : en 1147 le Seigneur Aymon I de Faucigny fait une donation à des moines dans le but qu’ils s’installent dans sa province. Au retour de sa seconde croisade, il apprend que la congrégation s’est installée dans la vallée du Brévon. Elle partira ensuite dans la vallée du Béol, mais des difficultés climatiques lui feront abandonner son projet. Quelques décennies plus tard, Jean d’Espagne réinvestit ce site qui prendra le nom du Reposoir, puisque le vallon appelait -selon lui- au repos. Jean d’Espagne sera inhumé en ces lieux. En 1649, Charles-Auguste de Sales, neveu de Saint François de Sales et figurant parmi les successeurs de son oncle à la cathèdre du diocèse, le fait exhumer. Jean d’Espagne sera béatifié en 1864 par Pie IX. En 1671, les habitations sont restaurées. Une partie sera détruite par les flammes en 1705.
La Révolution Française met un terme à cette page de l’histoire religieuse du Reposoir, car la Savoie, rebaptisée pour l’occasion « Département du Mont-Blanc » appartenait à la France jusqu’au temps de Napoléon I. Le Reposoir devient alors une paroisse en 1803. En 1855, les chartreux sont à nouveau chassés, mais ils reviendront en 1856, avant d’être définitivement expulsés en 1901. Six ans plus tard, l’ensemble est réaffecté en hôtel de luxe. 1910 voit l’entrée et le portail être classés aux Monuments Historiques. En 1932, les bâtiments sont réinvestis après des années de restauration. L’ensemble est placé intégralement sous la protection des Monuments Historiques en 1995.
Le Carmel possède aujourd’hui cinq cloches, réparties dans les deux clochetons : le premier, au dessus de la chapelle, abrite les quatre plus grandes. La plus petite prend place dans le clocheton au dessus du porche.
La plus ancienne mention de cloche remonte à 1721, cloche refondue en 1998. En 1946 une autre refonte aura lieu, mais cette fois ci, nous ne savons pas la date de l’ancienne cloche.
Le clocher de la chapelle est accessible en entrant en clôture. Il faut pour cela utiliser un ensemble de couloirs et passages pour enfin finir dans les combles de l’édifice. Des escaliers en bois nous mènent à un premier palier, là où l’extrémité d’une corde pend. Une autre volée de marches conduit au tableau électrique des cloches. Un dernier escalier mène au beffroi : nous y découvrons quatre belles cloches, réparties entre deux travées : nord et sud. La plus grande se trouve dans la travée sud, côté ouest. La deuxième est à l’opposé : travée nord, côté est. Ces deux premières cloches sonnent dans l’axe ouest-est (axe de la nef). Les deux plus petites sonnent dans l’axe nord-sud. La troisième, encore actionnée manuellement aujourd’hui (si panne de courant, par exemple) est dans la travée nord, vers l’ouest. La plus petite se trouve dans la travée sud, côté est. Les quatre cloches se trouvent donc chacune dans un angle du clocher.
Le clocheton possède lui aussi sa cloche, de dimensions beaucoup plus modestes. Elle est actionnée (rarement) à l’aide d’une corde et sonnait jadis pour annoncer que les Chartreux donnaient la soupe aux pauvres, m’ont confié les carmélites. La corde pend jusque dans l’entrée. Malgré sa petite taille, elle est « accordée » avec ses grandes sœurs du clocher principal. Les quatre grandes cloches rythment la vie religieuse des sœurs et s’entendent, tout comme l’église, depuis chaque hameau du Reposoir.
N°
Nom
Fondeur
Année
Diamètre (cm)
Masse (kg)
Note
1
Marie Cécile
Les fils de G. Paccard
1931
100
620
Sol 3
2
Michel
Les fils de G. Paccard
1931
79,3
320
Si 3
3
Ste Trinité & Ste Vierge
Fonderie Paccard
1998
67
230
Ré 4
4
Thérèse Magdeleine
Les fils de G. Paccard
1946
60
110
Mi 4
5
Immaculée Conception
Les fils de G. Paccard
1924
27
30
Sol 5
Dédicaces et décors sur la deuxième cloche dédiée à Michel et aux Archanges.
La plus petite des cloches du Carmel, dans son clocheton trônant au dessus du porche.
Le Carmel est ouvert toute l’année de 8h30 à 12h00 et de 14h30 à 18h00. La messe y est dite tous les jours à 8h30 et les Vêpres à 16h35. Néanmoins une majeure partie n’est pas accessible car les sœurs y vivent. Le cloître du XIIe siècle en clôture est néanmoins ouvert lors des journées du patrimoine en septembre.
Un remerciement à l’ensemble du Carmel du Reposoir sous la direction spirituelle de sa Mère-Prieure pour les autorisations, l’accueil et la disponibilité. Mention à mon camarade Guilhem Lavignotte, organiste à Yverdon-les-Bains, qui m’a prêté main forte.
Véritable balcon sur la Vallée de l’Arve, la commune d’Arâches-la-Frasse prospère depuis plus d’un demi-siècle grâce au célèbre domaine skiable du « Grand Massif » dont elle fait doublement partie intégrante avec le hameau des Carroz et une partie de Flaine ! Au 1er janvier 1973, Arâches absorbe la commune voisine de la Frasse alors que les stations se développaient en parallèle. Cependant, il faudra attendre l’an 2000 pour que les autorités ajoutent l’ancienne localité dans son nom pour devenir Arâches-la-Frasse. Mais s’il faut raconter l’histoire du lieu sur douze heures, le tourisme n’est arrivé qu’à midi moins cinq ! La commune a pendant très longtemps bénéficié de l’agriculture et de l’horlogerie ! Dès le XVIIIème siècle, le secteur était réputé pour ses jeunes talents qui n’ont pas hésité à déménager pour exercer leur art, par exemple à Genève, la Chaux-de-Fonds en Suisse ou encore à Vienne, en Autriche. Mais ils n’ont jamais oublié leur pays aujourd’hui plein de richesses grâce à leurs dons généreux.
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Il semble qu’il y a un millénaire, la paroisse d’Arâches dépendait de Magland. Les archives ne sont pas certaines, mais il semblerait que ces terres étaient depuis longtemps utilisées par les maglanchards ou alors par les habitants de Saint-Sigismond, les « matondus ». C’est en tout cas vers 1200 qu’Arâches s’émancipe et une première église est bâtie en 1222. Le clocher d’alors possédait cette date parfaitement gravée dans sa croix sommitale. On présage que l’église était fort modeste puisqu’au XVe siècle, Arâches comptait à peine 200 habitants. Au fil des siècles et de l’accroissement de la population, diverses chapelles agrandissent l’église et ce jusqu’au XVIIIe siècle où le curé Jean de Lucinges entreprend de construire un tout nouveau sanctuaire pour la paroisse. Ces travaux, achevés en 1725, ont donné à l’église une allure unique puisque le presbytère fait partie intégrante du bâtiment. Ce chantier a pu être finalisé avec les dons des émigrés de la commune en Allemagne ou encore à Vienne. Ils ont aussi fait fabriquer dans cette même ville le retable principal évoquant la descente de l’Esprit Saint, au dépit du saint patron de l’église, saint Michel. Le 6 octobre 1765, Mgr Biord, évêque de Genève, consacre l’église à saint Michel avec deux autel latéraux dédiés au Rosaire, à saint Jean-Baptiste et à saint François de Sales. Ce dernier a visité l’église en 1606 en tant qu’évêque du lieu. L’église a été particulièrement dépouillée à la Révolution mais elle a promptement retrouvé de sa superbe car, en 1827, l’évêque souligne dans sa visite pastorale que l’église est bien entretenue. Tout récemment, la mérule a été détectée dans l’église : des bancs ont hélas dû être brûlés ainsi que les confessionnaux, totalement envahis par le champignon destructeur. Par chance, les stalles et les retables sont intacts.
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En 1777, un état des lieux de la sonnerie d’Arâches est donné : elle se compose de trois cloches de 12 quintaux, 460 et 175 livres. L’année suivante, un don de Pierre-François Passy permet de fondre trois nouvelles cloches de 4, 6 et 16 quintaux pour remplacer les deux petites. Des fondeurs de Thonon ont été mandaté mais ils ont dû refaire les cloches, la première coulée n’ayant pas été concluante. Le 20 novembre 1793, la Révolution bat son plein : deux cloches sont envoyées à Cluses avec la cloche de la chapelle de Pernant. Le 15 janvier 1794, une pétition circule pour qu’Arâches conserve deux cloches au clocher. Mais la réponse est sans appel : il faut encore en envoyer une à Cluses. Ce sera chose faite dès le 17 février. Quoi qu’il arrive, une des cloches d’Armoy, près de Thonon-les-Bains, possède aujourd’hui la cloche de six quintaux fondue pour Arâches en 1778. Cette cloche arbore encore une dédicace à saint François de Sales ainsi que son parrain et sa marraine, Claude et Marie Ducrue. Non signée, elle possède néanmoins des décors identifiant les fondeurs Livremont de Pontarlier. Certains membres de la famille se sont installées à Thonon durant la seconde moitié du XVIIIème siècle.
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Nous retrouvons nos archives campanaires vers 1840. Là encore, des dons affluent pour offrir un Arâches, 400 habitants, un véritable « carillon » à en croire les archives. C’est le cas d’un autre Ducrue, Pierre-François, qui envoie 2’800 francs depuis Munich. G. Bartelozon, qui a porté le titre de « comte d’Arâches » a également offert une somme considérable pour une nouvelle sonnerie. Quatre cloches sont donc prévues et commandées aux frères Bulliod de Carouge. Mais la Confrérie du Saint-Sacrement va profiter de l’occasion pour avoir une cloche dédiée à leur usage. Cette dernière, en marge du carillon, est également offerte par un couple de bienfaiteurs, mais cette fois du village. La sonnerie de cinq cloches est donc bénie pour la saint Michel, le 29 septembre 1840, sous le mandat de l’abbé Marullaz. Chaque cloche ne porte pas un nom, mais rend hommage à un saint : Michel, pour la plus grosse ; la Vierge pour la seconde ; François de Sales pour la troisième (comme la cloche exilée) ; Pierre pour la quatrième et le Saint-Sacrement pour la petite. Les cloches sont remarquablement ornées de feuillages, qui semblent être la signature des frères fondeurs qui ont pris la suite, au début des années 1830, de Jean-Baptiste Pitton. Mais la ligne nominale de la sonnerie étonne. Lorsqu’on l’écoute, on se rend bien compte que la seconde et la quatrième cloche ne vont pas ensemble lors de la grande volée. Quel accord était vraiment prévu par les autorités et les fondeurs ? Il convient toutefois de préciser que cette sonnerie est -à notre connaissance- la seule complète qui subsiste de ce fondeur. En 1842, ils ont réalisé une sonnerie de trois cloches pour l’église de Pers-Jussy mais en 1946, la grosse cloche a dû être remplacée. Dans beaucoup de cas, malheureusement trop pour apprécier correctement leur travail, les fondeurs se sont bornés à compléter des sonneries où alors ils ont vu, malgré eux, leur cloches être ultérieurement remplacées.
N°
Nom
Diamètre (cm)
Masse (kg)
Note
1
St Michel
130,5
~1’350
Ré♯3
2
Ste Vierge
111,3
~800
Fa♯3
3
St François de Sales
96,1
~550
Sol♯3
4
St Pierre
80
~325
Si♯3
5
St Sacrement
54
~95
Fa♯4
Bulliod frères fondeurs à Carouge – 1840
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Mes remerciements à :
La municipalité d’Arâches-la-Frasse, sous le mandat de M. Jean-Paul Constant, maire.
Mme Nathalie Lacraz, responsable du centre culturel des Carroz.
La paroisse Saint-Bruno en Vallée d’Arve et Mme Michèle Ronchietto, sacristine.
Mon ami Claude-Michaël Mevs dit « Quasimodo » pour l’amitié et l’aide apportée au reportage.
La municipalité d’Armoy, son maire, et la responsable de l’église pour l’accès au clocher.
La paroisse de Givry remonte a une époque fort lointaine… Le christianisme s’ implante dès le IVe siècle dans cette cité gallo-romaine. Au cours du XIXe siècle, on retrouve à l’Hôtel de Ville les registres paroissiaux du XIVe siècle : Givry était plongé en pleine peste. A la fin du XVIIIe siècle, alors que la paroisse perd en foi, une nouvelle église sera bâtie afin de symboliser son renouveau spirituel. Construite entre 1773 et 1791 sous la direction d’Emiland Gauthey, elle exprime un style néo-classique avec une forte inspiration sur l’antiquité. Lorsqu’on pénètre dans le remarquable édifice, c’est comme si nous remontions le temps pour arriver à l’Antiquité. Son orientation nord/sud a été souhaitée par les paroissiens pour que l’entrée donne sur la route, lieu de passage depuis des siècles.
C’est une sonnerie au caractère solennel qui nous attend au sommet du clocher de l’église. Œuvres de trois fondeurs différents, les cloches apportent chacune leurs caractères et forment une sonnerie certes hétérogène mais de qualité. La plus grande des cloches, datée de 1860 a été fondue par Gédéon Morel à Lyon (69) ce fondeur est réputé entre les connaisseurs pour sa qualité d’iconographie. La cloche 2 est signée François Goussel (Metz, 67), fondeur de l’Empereur Napoléon III et fut bénie le 21 mars 1969. La troisième cloche, fondue par Joseph Alexis Baudouin (Champingeulles, 52), très largement représenté dans la région, et aussi la plus haut perchée dans un beffroi massif en bois.
Cloche 1 « Marie Eugénie » : G. Morel, 1860 – 1’600 kilos – Ré 3 -1
Cloche 2 « Laure Eugénie » : F. Goussel, 1869 – 1’100 kilos – Mi 3 -2
Dédiée à Saint Martin tout comme 56 autres édifices du diocèse, l’église de Chagny succède à d’autres monuments religieux. Au temps des mérovingiens, une chapelle faisait partie intégrante du château féodal voisin. En 1220, l’évêque de Châlon y installe 12 moines, ce qui marqua la construction des deux églises dans le bourg. L’autre lieu de culte, paroissial, sera détruit en 1894. Les nefs de Saint-Martin datent du XIIIe siècle et expriment aujourd’hui un style gothique malgré un plan roman avec un clocher sur son chœur. En 1839, Victor Hugo écrivait « Il y a à Chagny un remarquable clocher roman, tour carrée, large, trapue, superbe ». Ses formes en imposent malgré la flèche de dimensions modestes.
La plus ancienne des cloches porte la date de 1489. De facture gothique, le plus impressionnant reste sa qualité sonore et celle de ses différentes harmoniques comparables à celles d’une cloche du XIXe siècle! La deuxième cloche, nommée Marie-Anne sonne chaque angélus à 7h30, 12h00 et 19h00. Elle a été fondue dans la Manche par Cornille-Havard 500 ans après sa petite sœur. Il est probable qu’elle remplace une ancienne cloche. Enfin, le bourdon, dépassant allègrement les deux tonnes d’airain, porte la signature de Joseph-Alexis Baudouin : ce fondeur s’inscrit dans la lignée des grands saintiers du Bassigny malgré sa forte présence dans les clochers bourguignons au XIXe siècle.
Bourdon : J.A. Baudouin en 1835 – 152,5cm – ~2’300 kilos- Si2 +2
Cloche 2 « Marie Anne » : Cornille-Havard en 1989 – 99,2cm – ~580 kilos – Fa Dièse 3 +2
Cloche 3 : Fondeur Inconnu en 1489 – 91cm – ~450 kilos – La Dièse -1
Le bourdon, oeuvre de Joseph-Alexis Baudouin, originaire de Champigneules (52).
Analyse Sonore (Déviation en 1/16e et ½ ton)
Harmonique
Cloche 1
Cloche 2
Cloche 3
Hum
Si 1 +2
Fa Dièse 2 +3
La Dièse 2 -10
Fondamentale
Si 2 +10
Fa Dièse 3 +3
La Dièse 3 +8
Tierce
Ré 3 +6
La 3 +4
Do Dièse 4 -4
Quinte
Fa Dièse 3 -1
Do Dièse 4 +11
Fa 4 +11
Note au coup
Si 2 +2
Fa Dièse 3 +2
La Dièse 3 -1
Un grand merci à M. le Curé pour son aimable autorisation ainsi que pour la sonnerie des cloches.
Véritable balcon sur la Vallée de l’Arve, la commune d’Arâches-la-Frasse prospère depuis plus d’un demi-siècle grâce au célèbre domaine skiable du « Grand Massif » dont elle fait doublement partie intégrante avec le hameau des Carroz et une partie de Flaine ! Au 1er janvier 1973, Arâches absorbe la commune voisine de la Frasse alors que les stations se développaient en parallèle. Cependant, il faudra attendre l’an 2000 pour que les autorités ajoutent l’ancienne localité dans son nom pour devenir Arâches-la-Frasse. Mais s’il faut raconter l’histoire du lieu sur douze heures, le tourisme n’est arrivé qu’à midi moins cinq ! La commune a pendant très longtemps bénéficié de l’agriculture et de l’horlogerie ! Dès le XVIIIème siècle, le secteur était réputé pour ses jeunes talents qui n’ont pas hésité à déménager pour exercer leur art, par exemple à Genève, la Chaux-de-Fonds en Suisse ou encore à Vienne, en Autriche. Mais ils n’ont jamais oublié leur pays aujourd’hui plein de richesses grâce à leurs dons généreux.
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Il fut un temps où la population de la Frasse devait parcourir près de trois kilomètres pour se rendre à l’église de Saint-Sigismond pour les offices. Elle était sans doute loin de s’imaginer que dans les années 1770, un enfant du pays allait les aider à s’émanciper au point de devenir une entité propre en 1869 ! C’est en effet grâce à un don généreux de Claude-Joseph Poncet, émigré à Vienne (Autriche), que la Frasse peut bâtir son église et son école ! La paroisse est donc érigée en 1783 et une église va vite remplacer la petite chapelle jadis construite par les habitants. De celle-ci ne subsiste qu’un inventaire réalisé en 1779 par les autorités alors en pleines discussions d’une scission de la paroisse. L’église est achevée en 1787 mais la consécration n’eut lieu qu’en 1827. On peut supposer que la Révolution mit à mal une paroisse très jeune. Cette date est conservée à l’arrière, près du cadran solaire avec cette inscription « Visitation de la Bienheureuse Vierge Marie à sa cousine Elisabeth ». L’église est, en effet, dédiée à la Visitation, tout comme l’ancienne chapelle. Une autre date, plus mystérieuse, se trouve au pied du clocher : 1844. Aujourd’hui encore, elle n’est pas correctement interprétée : s’agit-il de la construction du clocher ou -par exemple- de la réfection du porche ? A l’intérieur, le monument peut se targuer de posséder un orgue à tuyaux, fait assez rare dans la région où seules les grandes paroisses en possédaient un ! Construit par les frères Walpen en 1822, il a été démonté à la hâte en 1940, de peur qu’il soit saisi par l’Occupant. Restauré une première fois en 1958, il l’a été une seconde fois en 2011. Cette église à l’acoustique remarquable a malheureusement perdu son maître autel et sa chaire baroques. Il en subsiste cependant quelques éléments comme la croix ou encore les statues repeintes en tonalités ocres des saints François de Sales, Bernard de Menthon, Pierre et Jean-Baptiste.
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Les archives sont hélas lacunaires au sujet de la sonnerie de la Frasse. Il convient de rappeler que non seulement la paroisse est jeune mais que la commune ne s’est constituée qu’en 1869 en se séparant civilement de Saint-Sigismond. Un écrit attire cependant notre attention. Daté du 1er juillet 1779, le notaire Georges Pernal note que MM. Claude-Joseph Poncet et Aimé Reydet s’engagent à payer une cloche à leur frais pour leur paroisse. On retrouve le nom d’Aimé Reydet sur l’actuelle cloche médiane, fondue huit ans plus tard. Elle raconte, dans un latin fort approximatif que cet Aimé Reydet était un honnête homme issu de bons parents et qu’il est décédé le 3 mars 1787. La cloche ajoute que son fils nommé Jean-Baptiste a réalisé le mandat (donc l’acte notarié, certainement) cette même année. La cloche est signée Jean-Baptiste Pitton, maître fondeur à Carouge et dédiée à la Vierge et à saint Jean-Baptiste. Cette cloche, avec une autre installée la même année à Cernex, est la plus ancienne attestée de ce fondeur. En 1851, les frères Paccard de Quintal, héritiers du savoir faire de Pitton, complètent la sonnerie avec deux cloches : la première, d’environ 1’500 kilos, « envoie sa parole aux hommes pour qu’ils louent Dieu ». Elle cite également les bienfaiteurs de la sonnerie complétée : Sophie Poncet, installée à Chambéry, Philipe et Alexis Reydet, Nicolas Poncet et le curé de Viuz-Faverges, l’Abbé Reydet. A en lire la grosse cloche, les dons ont afflués sur l’initiative du curé de la paroisse, Barthélémy Poncet, de qui elle a pris le nom « Barthélémy Sophie » avec la bienfaitrice devenue chambérienne. La petite cloche, bien plus légère (environ 225 kilos) rend grâce au saint Sacrement. Elle a pris le nom de son parrain et de sa marraine « Philipine Sérapie ».
N°
Nom
Fondeur
Année
Diamètre (cm)
Masse (kg)
Note
1
Barthélémy Sophie
Paccard frères
1851
133,8
~1’500
Ré 3
2
Ste Vierge et St Jean-Baptiste
Jean-Baptiste Pitton
1787
85,7
~375
La 3
3
Philipine Sérapie
Paccard frères
1851
72,5
~225
Do 4
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La paroisse de la Frasse se réjouit de posséder probablement les deux plus anciennes cloches de la commune. Classées en 1943, il s’agit en premier lieu de la cloche de 1787 présentée ci-dessus et d’une petite cloche fondue en 1689. Lors de son classement, elle était située dans la sacristie de l’église et pourrait être la cloche de la chapelle présente avant l’église actuelle. Fêlée puis réparée de manière plus ou moins maladroite, la cloche porte comme seules inscriptions « IN TEMPESTATVM EFFICAX C. PO 1 6 8 9 ». Elle est de dimensions très modestes : elle mesure 32 centimètres de diamètre et sonne un ré de l’octave 5. Elle proviendrait probablement de l’ancienne chapelle remplacée aujourd’hui par l’église. Elle se trouve depuis quelques années à Arâches, dans une pièce qui abrite nombre d’éléments témoins du passé historique et religieux de la commune.
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Mes remerciements nourris à :
La municipalité d’Arâches-la-Frasse et plus particulièrement M. Jean-Paul Constant, maire.
Mme Nathalie Lacraz, responsable du Pôle Culturel des Carroz.
M. Joseph Reydet, sacristain, pour l’ouverture du clocher.
Mme Mélanie Maréchal, du service des archives historiques du Diocèse d’Annecy pour la fournitures de documents anciens.
Mon ami Claude-Michael Mevs dit « Quasimodo » pour l’aide technique sur place et sa fidélité amicale.
Mes amis Me Pascal Krafft, expert-campanologue adjoint de l’archidiocèse de Strasbourg et M. Paul-Elie Rose dit « Les Cloches Iséroises » pour les traductions et lectures de documents anciens.
Comment ne pas rater sa silhouette, si puissante et élancée à la fois ? L’église Saints-Pierre-et-Paul de Bons-en-Chablais est au coeur d’une bourgade de 5’000 habitants. En empruntant l’une des deux voies qui relie Annemasse à Evian-les-Bains, on ne peut la manquer ! Cette église est le témoin d’une paroisse jadis puissante.
Avant de revenir plus en détail sur ce clocher, permettez-moi de présenter Bons. Cette commune résulte de la fusion de 3 villages : Bons, Brens et Saint-Didier-en-Chablais, en 1966. Mais ses origines bien-sûr remontent à fort longtemps, bien plus longtemps que l’église actuelle.
On sait qu’en 516, les terres du Chablais sont données à l’Abbaye de Saint-Maurice en Valais, fondée un an plus tôt par saint Sigismond, roi des Burgondes. En 1039, l’Abbaye cédera les terres à un certain « Louis », en échange de terres vaudoises, de l’autre côté du lac. Les Bernois ont envahi le territoire en 1536 et y ont imposés le protestantisme. Ce n’est qu’à la fin du siècle que les protestants sont chassés, aussi bien par la force que par la foi, grâce entre autres à saint François de Sales, futur évêque de Genève. Si il a pu libérer le chablais du joug protestant, il n’est jamais parvenu à récupérer « sa » cathédrale de Genève. Il se contentera, comme ses prédécesseurs et ses successeurs, de porter le titre d’évêque de Genève, tout en résidant à Annecy.
La paroisse de Saint-Didier, a seulement quelques centaines de mètres de celle de Bons, sera rattachée plusieurs fois à cette dernière : en 1601, au début du XIXe siècle, et il y a quelques années. Aujourd’hui, sept clochers, dont les trois de Bons-en-Chablais, font partie de l’ensemble paroissial « Saint-Jean-Bosco« .
L’église de Bons, sous le vocable des apôtres Pierre et Paul montre bien son grand âge. Des origines, on en sait pas grand chose. On suppose qu’elle tire ses origines au début du christianisme. Au Ve siècle, au plus tard. On cite la paroisse pour la première fois en 1279. A cette date, la forteresse de Langin avait déjà quelques siècles… L’église sera pillée en 1536 par les protestants avant de devenir temple réformé. Ce n’est qu’en 1598 qu’un curé siège à nouveau dans la cure et prêche dans l’église Saint-Pierre. En 1671, le clocher est refait sur le porche de l’église. Sa flèche sera abattue en 1792, à cause de la Révolution. L’église servira d’entrepôt pour les cloches de la région, avant d’être cassées et fondues. Mais la Révolution abîma l’église, dont on a refait le sommet du clocher au Concordat. En 1839, l’église nécessitait déjà des restaurations. Elle était à bout de souffle. En 1860, alors que Napoléon III visite la cité, le curé Chavannaz interpelle sur la dangerosité de son église, dont la voûte menaçait de tomber. L’empereur a accueilli sa demande et à versé à Bons une somme importante, mais insuffisante. Cela n’a pas empêché la commune de voter cette nouvelle église. Les travaux seront confiés à M. César Pompée, architecte de la région, a qui l’on doit aussi les églises d’Annemasse (Saint-André) ou Saint-Cergues, à quelques kilomètres de là. Il opte pour un monument néo-gothique, architecture qui faisait son entrée dans la région. Depuis 1864 et pendant deux ans, on déconstruit l’ancienne église pour édifier la nouvelle. Le 1er novembre 1866, l’église est consacrée. Cependant, il restait bien des choses à ajouter, comme un clocher. L’ancien avait été gardé, jusqu’en 1898.
Des anciennes cloches, on apprend plusieurs choses intéressantes : Une de 1442 livres, poids de Genève est bénie le 14 février 1791. Elle en remplace une autre de 432 livres et s’appelait Thérèse Christine. Mais en 1792 déjà, son avenir est menacé : les français, et la Révolution, entrent en terres savoyardes. Le clocher fut alors privé d’une de ses deux cloches : que savons-nous de la seconde cloche ? Rien. On retrouve partiellement le fil en 1820, avec la bénédiction d’une cloche « Marie-Polyxène », payée par les paroissiens. En 1853, la fonte de deux nouvelles cloches est mentionnée. Cette fois, on nous donne le poids des deux anciennes : 831 et 447 kilos. Leur poids a été doublé !
Les deux cloches actuelles, parlons-en ! La grande cloche « Clotilde Étiennette » porte gravé sur son flanc tout le conseil municipal de l’époque, M. Cottet Jean-Louis en tête, alors syndic. Les inscriptions de la cloche, qui loue la piété des paroissiens, est vouée à la sainte Trinité. Sa petite sœur « Marie », chargée de sonner les angélus, est vouée à l’Immaculée Conception, bien que fondue un siècle avant la promulgation du dogme par le Pape Pie IX. Elle cite le conseil de fabrique, Rd Chavannaz en tête.
Nota : l’enregistrement sonore de la vidéo est pris de l’intérieur du clocher, à cause des conditions de circulations au pied de l’église, assez intenses. Voici cependant un enregistrement extérieur :
N°
Nom
Diamètre (cm)
Masse (kg)
Note
1
Clotilde Etiennette
139
1620
Ré ♭ 3
2
Marie
111,3
872
Fa 3
« FAITES A QUINTAL PRES D’ANNECY L’AN 1853 PAR LES FRERES PACCARD »
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Je remercie pour les deux visites du clocher la paroisse Saint-Jean-Bosco en Chablais, et plus particulièrements MM. Jean-Claude Trolliet et Michel Genoud, en charge de l’église. Remercié soit également Mike « Quasimodo » pour son aide infaillible.