La première église dédiée à Saint Hippolyte, construite sur l’emplacement de l’église primitive, remonte au XIVè siècle. Elle devient chapelle papale sous le règne d’Amédée VIII, lorsque celui-ci est nommé Pape par le concile de Bâle. Elle est rebatisée « Temple de la Raison » lors de la Révolution, avant d’être rendue au culte catholique peu après. Dans la seconde moitiée du XIXe siècle, un projet de cathédrale néogothique à deux tours voit le jour. Le projet incluant la destruction de l’église Saint Hyppolyte, les habitants, qui y étaient très attachés, se dépêchent de la faire classer monument historique en 1909. Au final, seul le presbytère aura été sacrifié pour des raisons financières. L’église sert d’entrepôt lors de la Première Guerre. Le curé Chaumontet remet ensuite au goût du jour la transformation de l’édifice, qui se voit consacré et élevé au rang de basilique en 1930 par Mgr De La Villerabel, évêque d’Annecy. Comme on peut le voir sur la maquette ci-dessous, nous sommes aujourd’hui en présence de deux édifices accolés, non alignés, munis d’une unique tour.
Bourdon – G&F Paccard, 1871 – 2’750 kilos – Si2
Cloche 2 « Marie » – Les fils de G. Paccard 1931 – 1’500 kilos – Ré3
Cloche 3 « Françoise » – Les fils de G. Paccard – 350 kilos – Si3
Merci à M. le Curé pour la volée spéciale du Bourdon, et M. Walter pour avoir réussi a décrocher ce rendez-vous, à la dernière minute!
Traversée par la Menoge, le village de Boëge est au cœur de la Vallée Verte. Niché à 750 mètres d’altitude, le chef-lieu était jadis occupé par des Seigneurs. Deux familles sont aujourd’hui associé aux villages : la famille de Boëge puis la famille de Montvuagnard. Ces deux familles qui se succéderont construiront pas moins de quatre maisons forte. L’une d’entre elle était bâtie sur la place du village actuelle : la maison-fort de Montvuagnard.
C’est sur cette même place qu’au XIIe siècle que l’on construit l’église primitive de Boëge, probablement à côté de la maison-forte. Au début du XIXe siècle, l’église (délabrée) était entourée du cimetière. Si en 1832, une reconstruction est déjà dans les esprits, il faut attendre 1850 pour que ce souhait soit acté. La construction de la nouvelle église ne se fera que cinq ans plus tard sous la direction de MM. Michaud et Champlanaz, architectes. La pose de la première pierre s’est faite au début du mois de juillet 1855 et la cérémonie de consécration eut lieu le 3 juillet 1858, en la fête de Notre-Dame des Voirons, patronne secondaire de Boëge. Le patron du Duché de Savoie et des Gardes Suisse, saint Maurice d’Agaune, en est le titulaire . Ce soldat thébain qui repose non loin de là est représenté dans le chœur et dans un des bas côtés.
La sonnerie qui suit n’est ni historique, ni monumentale, ni hétérogène. Pourtant, elle mérite le détour car le plus illustre donateur n’est autre que Napoléon III comme se plait à le rappeler la plus grande des trois cloches. L’Empereur sera également à l’origine de l’orgue qui siège sur la tribune. A signaler aussi que l’ensemble campanaire a été fondu le 19 septembre 1860 : nous avons donc ici une des premières sonneries Paccard françaises, l’annexion ayant eu lieu le 12 juin de cette même année. C’est donc un nouvel ensemble campanaire qui accompagne l’église flambant neuve, laissant aux oubliettes les cloches de l’ancienne église, dont nous ne savons rien. En 1863, une horloge est installée : elle pilote à la fois le cadran de façade -encore en place- mais aussi le tintement horaire. Ces derniers pourront perdurer grâce à l’électrification en 1956. C’est à ce même moment que sera troqué le beffroi et les jougs en bois contre une installation entièrement métallique, sans doute que les autorités de l’époque ont préféré ménager le clocher des forces émises par les cloches lors des volées. Seuls restes de l’installation de l’ensemble campanaire, les battants ont été changés en septembre 2016 contre des nouvelles pièces plus adaptées pour la sonnerie actuelle, ultime preuve de la bienveillance de la municipalité envers le véritable trésor sonore du clocher.
Sur la grosse cloche, en plus du nom de Napoléon III, on peut lire celui du Pape Pie IX. Le Révérand Félix Sache était curé de Boëge. Le parrain de la cloche est François-Antoine Dumont, premier maire et la marraine Mélanie de Saint-Bon.
Sur la moyenne cloche, on peut lire à nouveau le nom du curé et celui de Pierre Charrière, « propriétaire ». Eugénie Charrière, en est la marraine. L’avocat C.F. Saillet est le parrain et M. Curt-Comte, négociant.
Sur la dernière, on retrouve Pierre Charrière en qualité de parrain, avec sa femme, Mme Annette Gavard comme marraine.
N°
Nom
(marraine)
Masse
(kg)
Note
1
« Mélanie »
1’178
Mi bémol 3
2
« Eugénie »
603
Sol 3
3
« Annette »
325
Si bémol 3
PACCARD FRERES FONDEURS A ANNECY-LE-VIEUX – 1860
J’adresse mes remerciements à M. Jean-Paul Musard, maire, pour son aimable autorisation, M. Goy, directrice générale des services de la mairie de Boëge -pour l’organisation du rendez-vous- ainsi qu’à M. Jean-Marie Libert, sacristain, pour l’accueil.
Une commune relativement jeune Nichés au creux de la vallée de la rivière du Nom, entre la station de La Clusaz et le bourg de Thônes, Les Villards-sur-Thônes semblent s’être posés avec délicatesse sur les pentes du majestueux mont Lachat (2’019 m) et contre le tranquille plateau de Beauregard (1’741 m). Ce village haut-savoyard, jeune de ses trois siècles et désormais foyer d’un millier d’âmes, a su préserver son caractère authentique. Le temps semble y avoir ralenti sa course, au milieu de ses hameaux dispersés et de ses chalets traditionnels qui se fondent dans le paysage. Au cœur de ce tableau de vie montagnarde, l’église paroissiale dédiée à Saint-Laurent se dresse, veillée par son clocher à bulbe fraîchement restauré, tel un phare intemporel marquant l’horizon. Idéalement situé à l’entrée du col de Saint-Jean-de-Sixt, le village bénéficie d’une situation privilégiée, à la croisée du massif des Aravis et de la vallée de Thônes. Son âme vit au rythme des saisons, portée par un équilibre harmonieux entre le tourisme de montagne, l’agriculture qui façonne ses paysages et une vie associative vibrante qui maintient les traditions locales et fait battre le cœur de la communauté.
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De chapelle à église En 1583, les habitants du hameau du Villard bâtissent une première chapelle dédiée à Saint-Laurent. Le nom aurait été choisi par des villageois ayant séjourné à Rome, ville de grand culte pour ce martyr. Le curé de Thônes autorise une messe mensuelle, mais insiste pour que la chapelle reste sous son autorité. Le village grandit. En 1631, l’évêque de Genève, après sa visite, rattache les hameaux voisins du Fourjassoud à la paroisse plus proche de Saint-Jean-de-Sixt. Cette décision éveille l’espoir des habitants du Villard, qui rêvent de leur propre paroisse. En 1675, la nomination d’un vicaire dédié à la chapelle du Villard leur permet d’avoir accès aux sacrements sur place. Mais ce n’est pas suffisant. Dès 1681, les Villardins envoient une supplique pour obtenir leur indépendance. Après de longs débats, l’évêque de Genève-Annecy accède finalement à leur demande en 1695 et crée la nouvelle paroisse. L’émancipation civile suit. Le roi sépare le territoire de celui de Thônes en 1727. Finalement, en 1730, le premier syndic, Pierre Sylvestre, est élu, confortant la naissance officielle de la commune.
Une église de village L’église Saint-Laurent, bâtie à l’emplacement présumé de la chapelle primitive à l’ouest du village, a été construite entre 1700 et 1702 par les frères Guillot, tailleurs de pierres de Samoëns. L’évêque de Genève la consacre en 1705, saluant l’engagement des habitants. À l’époque, elle est une église modeste, avec un toit en tavaillons et un clocher inachevé. Une horloge est ajoutée en 1706 et le clocher est terminé en 1727. La Révolution ne l’épargne pas : le clocher est démoli et l’église est dépouillée de ses biens. Le clocher est reconstruit en 1812 et les autels latéraux sont remis en place. Jugée trop petite, l’église est agrandie entre 1844 et 1845 avec l’ajout de deux travées et d’une nouvelle façade. Au XXe siècle, l’église continue d’évoluer : le toit est remplacé, l’édifice est réaménagé après le concile Vatican II dans les années 1960 et un orgue est installé. L’arrivée de l’électricité modernise les lieux, mais l’église subit également des dommages : les vitraux sont soufflés par le bombardement de 1944, les portes de la sacristie et du clocher sont fracturées lors de l’inventaire de 1905, et des fissures apparaissent pendant le tremblement de terre de 1996. Tout récemment, le clocher à bulbe a été restauré pour retrouver sa splendeur d’antan.
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Une cloche à l’honneur de l’autonomie La plus grande cloche des Villards-sur-Thônes est prérévolutionnaire. Fondue en 1752 par Jean-François Livremont, membre de la célèbre dynastie pontalissienne, celui-ci s’établit durablement à Annecy, où il mourut en 1764. Cette belle cloche aux accents baroques est la seule rescapée d’une sonnerie homogène de trois cloches. On raconte qu’à la fin de l’année 1751, les frères Livremont (sans doute Jean-François et Jean-Claude) manquèrent leur première tentative de coulée, qui dut être reportée à l’année suivante. Les trois cloches remplaçaient alors une unique fondue en 1688, financée par Maurice Ducrest, comme laissent penser les inscriptions de la plus grosse. Si seule cette dernière nous est parvenue, c’est parce que les deux autres furent descendues à la Révolution pour être conduites à Annecy, une seule cloche ayant été autorisée à rester en place. La grosse cloche des Villards est d’ailleurs intéressante à plus d’un titre : au-delà de son âge vénérable et de son classement comme monument historique depuis 1943, elle témoigne du long chemin parcouru par les habitants pour conquérir leur autonomie. Elle rend également un hommage appuyé à la famille Ducrest, qui finança sa fonte et contribua largement à l’émancipation du village. L’un de ses membres, Claude Gaspard Ducrest, avocat au Sénat, en fut parrain aux côtés de Françoise Péronne Bastian, épouse de Joseph Ducrest, lui aussi avocat. On peut encore y lire une maxime en français, véritable devise baroque et conclusion heureuse de l’indépendance des Villards : « Sur la mère, la fille a remporté la victoire ; Je chante par mes sons son triomphe et sa gloire ». C’est cette cloche qui, encore aujourd’hui, donne l’heure aux villardins.
La grosse cloche :
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Trois nouvelles voix dont deux… identiques ! Le 18 février 1857, l’église des Villards est en effervescence : la population se presse pour la bénédiction des trois nouvelles cloches, coulées à la fin de l’année précédente. La cérémonie, présidée par l’abbé Mermillod, fut l’occasion de rappeler – avec une pointe d’orgueil – les efforts des habitants pour s’ériger en paroisse autonome. On en profita aussi pour installer le nouveau curé, accueilli en grande pompe, avec banquet festif à la clé… et même un feu d’artifice pour clore la journée ! Ces cloches, véritables vedettes locales, sont le fruit de la générosité des paroissiens et des natifs expatriés à Paris. Les plus généreux eurent d’ailleurs le privilège de les parrainer. La plus petite, surnommée « la cloche des trois cousins germains », fut financée par les abbés Mermillod et Clert-Biron, ainsi que par M. Clert-Biron. On raconte qu’elle fut considérablement augmentée lors de sa refonte. Les archives communales de 1843 mentionnent aussi une cloche fêlée de deux quintaux (environ 110 kg) qu’il fallait refondre et porter à huit quintaux (440 kg), sans en dire davantage sur la réalisation des travaux. Preuve qu’entre le Concordat et 1856, des cloches sont bel et bien passées par le clocher… mais n’y ont fait qu’un séjour éclair. Mais revenons à nos moutons – ou plutôt à nos cloches ! Car à l’écoute de la sonnerie, une surprise attend l’oreille avertie : les deux petites donnent la même note, et ensemble elles forment avec la grosse un parfait « triton ». Or, ce fameux intervalle, surnommé diabolus in musica, était autrefois assimilé… au Diable lui-même ! L’affaire est d’autant plus curieuse que les deux petites cloches sonnent presque exactement la même note. Pourtant, elles ne sont pas jumelles : sept centimètres de diamètre et près de 70 kilos les séparent, ce qui laisse penser qu’elles auraient dû produire deux tonalités distinctes. Autrement dit, non seulement la sonnerie offrait un triton « diabolique » avec la grosse, mais elle donnait en prime un doublon sonore entre les deux petites ! On pourrait imaginer que cette étrangeté ait été voulue. Mais en réalité, la pratique de couler des cloches « fonctionnelles » sans réelle recherche d’harmonie appartient surtout au Moyen Âge. On voulait alors des cloches puissantes, capables de porter loin, et peu importait leur justesse. Au XIXᵉ siècle, en revanche, la recherche d’accords était déjà bien installée et les sonneries se raffinaient. Il est donc plus probable que cette sonnerie si particulière soit le fruit d’un aléa de fonte ou d’une imprécision dans le calcul des notes, plutôt qu’une audace volontaire. Mais une fois installées, on suppose qu’il fut difficile de froisser les donateurs en proposant une nouvelle refonte ! Résultat : la petite cloche fit tapisserie, à peine utilisée – son état impeccable en témoigne – et fut reléguée définitivement lors de l’électrification en 1958. Double peine, elle est aussi coincée par des abat-sons trop proches pour qu’elle puisse encore chanter à la volée, au mépris de sa corde qui descend jusqu’au pied du clocher. Une cloche « star » déchue, donc, condamnée au silence… mais dont la mésaventure continue d’amuser autant qu’elle intrigue. Il n’en demeure pas moins que cette sonnerie reste unique en son genre dans nos vallées ! S’il n’est pas rare de croiser des tritons dans nos clochers – comme par exemple à Thônes, tout proche –, découvrir deux cloches fondues la même année donnant exactement la même note musicale relève en revanche d’une véritable rareté.
Les cloches de 1856 :
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En tête d’article : vue générale du beffroi, grosse cloche au premier plan.
N°
Nom
Fondeur
Année
Diamètre (cm)
Masse (kg)
Note
1
—
Jean-François Livremont
1752
104
~625
Fa 3
2
Gabrielle Laurence
Frères Paccard
1856
91
~420
Sol♯3
3
Jeanne Françoise Marie Mélanie
Frères Paccard
1856
81,7
~300
Si 3
4
Marie Françoise Alexie
Frères Paccard
1856
75
~225
Si 3
Mes remerciements nourris à :
M. Gérard Fournier-Bidoz, maire, pour son aimable autorisation et son accueil et les sonneries exceptionnelles.
Mme Alexia Mermillod-Blondin, adjointe, pour son accueil.
Le père Gérard Dupraz-Rollin, prêtre auxiliaire, pour les sonneries exceptionnelles.
Mme Mélanie Maréchal, conservatrice des archives historiques du diocèse d’Annecy, pour la mise à disposition d’archives.
Mon ami le Dr Matthias Walter pour l’expertise de la sonnerie en 2013.
Mes amis Claude-Michaël Mevs, Arthur Auger et Matthieu Jules pour l’aide apportée à la réalisation de ce reportage.
Savoyards ou non, il est certain que peu de personnes restent de marbre quand on évoque le nom du Grand-Bornand. Il est difficile de ne pas dissocier cette station aux sports d’hiver, véritable clé de voûte du tourisme dans les Aravis et même dans les Savoie. Cette commune peut ravir à la fois le gastronome avec une dégustation du célèbre Reblochon ; le randonneur avec ses multiples itinéraires au cœur de la Vallée du Bouchet, jusqu’aux cols de la Colombière ou des Annes, ou jusqu’au sommet du Pic du Jallouvre ou de la Pointe Blanche. Au milieu de cette somptueuse nature, le passionné de patrimoine bâti n’est pas en reste. Comment ne pas citer les honorables chalets traditionnels dispersés dans les différents alpages ou dans le chef-lieu ! Naturellement, comme dans chaque village savoyard, le « Point Zéro » reste le clocher de l’église, lieu de recueillement par excellence des Bornandins. Chaque hameau possède également une chapelle, une croix de mission ou un oratoire, si ce n’est les trois ! Les Bornandins sont fidèles au passé rural de la commune puisque c’est cette dernière qui possède le plus grand nombre d’exploitations agricoles en Haute-Savoie : 65! Les gens du pays n’hésitent pas à mettre en avant les produits locaux lors du marché du mercredi matin sous la « grenette ». Enfin, en septembre, la Foire agricole de la Saint-Maurice attire la foule des grands jour. Ce dimanche-là, avant ou après le 22 septembre, est donnée l’occasion de contempler de près les bêtes habituellement dispersées dans les fermes ou dans les alpages, ici et ailleurs.
Dédiée à Notre-Dame de l’Assomption, particulièrement vénérée dans notre région, l’église paroissiale du Grand-Bornand remonterait à 1146. C’est à cette date qu’est mentionnée une petit chapelle en bois dépendante de Thônes. La première église paroissiale semble avoir été construite au XIII siècle. C’est elle qui succomba lors de l’incendie de 1569. Elle aurait été reconstruite en 1661 dans le plus pur style baroque. Naturellement, à la Révolution, le mobilier liturgique est pillé, le clocher détruit et les cloches (sauf une) sont fondues. L’hiver 1816 donne le coup de grâce à ce lieu de culte ruiné qui s’effondre sous le poids de la neige. Dès 1817, l’édifice religieux est reconstruit. Les travaux seront véritablement achevés en 1877. Le clocher sera reconstruit entre 1820 et 1845. Il sera couronné d’un beau bulbe, à l’origine en fer blanc, et aujourd’hui en inox étamé. Si l’église est bâtie dans le style néogothique, le bulbe baroque du clocher, dont la base date du XVIIIe siècle, rappelle l’ancien édifice qui a péri il y a tout juste 200 ans. Les orgues actuelles et leurs 40 jeux ont été inaugurées en 1988. La chaire date de 1827. Les fonds baptismaux et une toile de Saint Dominique recevant le Rosaire sont les vestiges de l’ancienne église baroque.
Le clocher abrite aujourd’hui quatre cloches. Trois ont été fondues en 1861 par les frères Beauquis de Quintal, beaux-frères de Jean-Pierre Paccard, lui-même fondeur de cloches. Bénies le 30 mai 1861, jour de la Fête-Dieu, elles avaient réuni l’assemblée des grands jours. La presse de l’époque souligne le fait que le village entier louait la qualité du travail des deux frères fondeurs de cloches. Pesée à Annecy, avant de rejoindre son perchoir définitif, la plus grande pèse 2’834 kilos. Il s’agit de l’un des neuf « bourdons » du département. Les deux petites pèsent ensemble 1’306 kilos, soit environ neuf quintaux pour l’une, et quatre pour l’autre. Toutes trois ont rejoint une vénérable cloche de 1767. Réalisée par Jean-Claude Livremont, maître-fondeur de Pontarlier établi à Annecy, c’est la seule qui a pu survivre à la terrible Révolution française. Ses trois sœurs ont été victimes des Révolutionnaires, comme la quasi-totalité des cloches à l’époque. Des cloches plus anciennes sont attestées au Grand-Bornand : quatre ont succombé à l’incendie de 1569…
Malgré leur électrification, les cloches respectent encore la majorité des traditions locales. Lors des sépultures, les quatre cloches étaient lancées à toute volée. Aujourd’hui, seules les trois plus petites sonnent l’annonce du décès, la veille et le jour des funérailles. Lors de l’annonce, cette volée est précédée par l’âge, tinté sur la troisième cloche pour une femme, et sur la seconde pour un homme. Les quatre cloches peuvent sonner lors des funérailles, par exemple pour un ancien maire ou conseiller de la commune, ou un ancien prêtre. On parle alors du « Grand Glas ». Ce dernier est également actionné l’après-midi de la Toussaint, lorsque la communauté se rend au cimetière pour honorer les défunts de l’année écoulée. Pour les offices, c’est la seconde cloche, dite « la Vieille » qui est lancée. Elle laisse volontiers sa place au bourdon lors des fêtes religieuses. Enfin, le « carillon » sur les quatre cloches est actionné pour les baptêmes et mariages. Si l’actuel sonneur n’a qu’à manipuler quelques boutons en sacristie, il n’est pas en reste pour raconter ses souvenirs d’enfance, lorsque son père et d’autres personnes du village étaient préposés au tirage des cordes. Lors de l’Armistice de 1945, les cloches ont sonné de manière ininterrompue pendant 24 heures ! Une douzaine d’hommes répartis en deux groupes se relayaient pour actionner en volée le bourdon pendant une heure. Ensuite, ils laissaient place au carillonneur le temps de reprendre leur souffle. Puis ils repartaient pour une heure de volée. Comment imaginer aujourd’hui une telle sonnerie de nos cloches?
Nº
Nom
Fondeur(s)
Année
Masse (kg)
Diamètre (cm)
Note
1
Croix, Joseph, Marie, Pierre, Paul
Beauquis Fr.
1861
2’834
1,663
Si Bémol 2 -1
2
N.C.
I.C. Livremont
1767
1’300
132,9
Mi bémol 3 -1
3
François, Augustin, Victoire
Beauquis Fr.
1861
800
111,2
Sol bémol 3 -8
4
Joseph, Marie, Cécile
Beauquis Fr.
1861
400
89,9
Si bémol 3 -8
Détails de la cloche nº2, fondue par Livremont J.C. en 1767. Ci dessous, les détails des cloches 1, 3 & 4 signée des frères Beauquis.
Mes remerciements à M. André Périllat-Amédée, maire de la commune pour son aimable autorisation ; à M. Olivier Delgrange, responsable des bâtiments pour sa disponibilité et M. Julien Michel, responsable des services techniques pour l’organisation du rendez-vous. Remercié soit également M. Périllat, actuel sonneur, pour les anecdotes très intéressante sur « ses » cloches qu’il affectionne tant. Je remercie également Mme Yolande Thabuis, présidente d' »Entremont Patrimoine« , pour la prise de contact. Je remercie également le père André Arnet, curé du lieu, pour la première autorisation attribuée il y a déjà quelques anneés.
Enfin, amitiés à mes amis Mike « Quasimodo« , Mehdi « Cloches Comtoises« , Guilhem Lavignotte, organiste d’Yverdon-les-Bains, Dominique « Valdom68 » et Matthias Walter, président de la GCCS et campanologue à Berne, qui ont eux aussi contribué chacun à leur manière à la réalisation de ce reportage sur l’une des plus imposantes sonneries de Savoie.
C’est au pays du Reblochon que je vous donne rendez-vous aujourd’hui. A mi chemin entre Annecy et les stations de ski du Grand-Bornand et de La Clusaz, le bourg de Thônes se trouve installé à la confluence du Fier et du Nom, rivières qui ont façonné deux vallées dont les alpages bénéficient encore aujourd’hui à la production de ce fromage, largement popularisé par la Tartiflette, plat récent mais devenu rapidement l’emblème gastronomique de toute une région, sinon un plat d’hiver caractéristique de notre pays ! Si Thônes est aujourd’hui la « capitale des Aravis », c’est le fruit d’un long chemin, parfois semé d’embûches. Tout commence par une décision du comte de Genève Guillaume III qui lui autorisa à tenir un marché hebdomadaire. Grâce à cette activité, le bourg a pu s’émanciper progressivement de la famille des Clets, installés dans la paroisse voisine des Clefs et qui contrôlaient tout un secteur, s’étendant de Thônes jusqu’à Faverges. Ensuite, un hôpital puis un collège s’y établissent, de même qu’un châtelain. Après la Révolution, la ville de Thônes vit principalement grâce à la production de Reblochon mais aussi la coupe de bois. A son apogée, 70 scieries se répartissaient autour des deux rivières. La Seconde Guerre Mondiale n’épargnera pas la ville de Thônes, qui est aujourd’hui décorée de la Médaille de la Résistance. Sa proximité avec le Plateau des Glières a rendu très actifs des réseaux de résistances pour finalement libérer la ville de manière autonome le 19 août 1944, alors que 15 jours avant encore, les allemands avaient bombardés la ville en représailles du Maquis des Glières ! Aujourd’hui, Thônes continue d’attirer en raison de son emplacement stratégiques entre lacs et stations de ski, mais aussi grâce à sa production de fromage et la présence de quelques industries, comme par exemple Mobalpa, dont le siège social est sur la commune depuis sa création en 1907.
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La paroisse Saint-Maurice est attestée dès le XIe siècle, dans un document relatant les conflits entre le curé de Thônes et l’Abbaye de Talloires à la suite d’une donation de cette paroisse à ce monastère. On trouve le nom « Taunii » vers 1121, probablement dérivé d’un domaine gallo-romain venant de Tonniacum. Une église est mentionnée dans les visites pastorales de 1411, 1414 et 1445. En 1453, une nouvelle église est construite après un incendie qui ravage une partie du bourg et son sanctuaire. Entre 1663 et 1664, l’église est restaurée : le mur antérieur, le portail et l’avant portail sont refaits pour 1420 florins. Ces réparations interviennent dans une église qui commence à montrer des signes de fatigue. En 1687, la reconstruction de l’église se décide pour 6200 florins. A l’époque, c’est un petit sanctuaire sans voûte, avec un modeste clocher en bois au dessus du chœur et des chapelles sans symétrie. La reconstruction de l’église sera compliquée, car si toute la paroisse souhaite y mettre du sien, tant manuellement que financièrement, tout le pan des Villards s’y refuse ! Et pour cause, ils sont en instance de séparation et projettent de bâtir leur propre église ! Quoi qu’il en soit, en 1697, le gros œuvre et le clocher sont achevés. Pierre Chiesaz, architecte milanais, fut chargé de la bonne réalisation de l’édifice. Il fallut encore réaliser l’ameublement et la décoration intérieure du monument, sur le premier quart du XVIIIe siècle, ce qui n’empêcha pas une consécration en 1714. La cerise sur le gâteau sera la réalisation du somptueux retable, aujourd’hui encore pièce majeure de l’édifice. Représentant saint Maurice, patron de la paroisse, il fut commandé en 1726 à Pierre Jacquetti. Ce travail est soldé en 1728. En 1866, les peintures du chœur sont ajoutées et en 1883, on remplace le portail par l’actuel, dans un style néo roman. En 1930-31, le sanctuaire est restauré mais il sera malheureusement un dommage collatéral de la guerre. Lors du bombardement de Thônes le 3 août 1944, un bâtiment voisin est visé et l’explosion endommage alors le bas côté droit de l’église, qui sera partiellement reconstruit. En 1963, une nouvelle restauration de l’église est réalisée, avant qu’un orgue -en cours de relevage- soit ajouté sur la tribune en 1965. L’église est protégée par les Monuments Historiques depuis 1971, à l’exclusion de sa façade. Le retable l’était déjà depuis 1912, en raison de son intérêt patrimonial. A noter qu’il s’agit du plus grand retable baroque des Pays de Savoie !
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En 1455, des nouvelles cloches sont fondues pour la nouvelle église reconstruite après l’incendie. Pour se faire, on amène de Genève 14 quintaux de métal et 4 quintaux d’airain. La fonte de la grosse cloche est confiée à Jean Perrodet de Genève. On ajoute deux quintaux de cuivre. Pour les trois autres, on missionne Pierre Quarta, lui aussi fondeur genevois et on ajoute 5 quintaux de métal. Deux curiosités sont à noter : qu’ils aient été appelés à travailler séparément sur les cloches. Si cette façon de faire n’est pas unique -plusieurs fondeurs ont été mandatés pour la fonte de nouvelles cloches à l’Abbaye de Saint-Maurice (Suisse) en 1702- elle peut surprendre, car ces deux fondeurs sont surtout connus pour avoir collaborés ensemble, par exemple à Sion ou encore Moudon (Suisse). A Nyon et Savières, toujours en Suisse, existent deux cloches de Jean Perrodet seul. Le 14 août 1664, la grande cloche tombe. Elle est réinstallée, non sans peine, le surlendemain. Ce n’est pas la première fois que cette cloche inquiétait car, lors d’une visite pastorale quelques décennies plus tôt, l’état de son installation était déjà jugé inquiétant.
A la Révolution, les cloches sont descendues non sans mal. Les révolutionnaires imposent de ne garder qu’une cloche au clocher. Problème : trois cloches étaient utilisées par l’horloge. Les habitants réclament donc de garder les trois cloches, indiquant que si elles sont partiellement saisies, l’horloge ne sera plus d’aucune utilité. Qu’importe : une seule doit rester au clocher, dont le sommet fut détruit. 13 cloches (église et chapelles) furent livrées à Annecy en vue d’être cassées en 1793. Voici leurs poids : 478, 436, 283, 208, 95 livres ; quatre cloches de 90 livres chacune, 2 cloches de 89 livres, une de 83 livres et une dernière de 20 livres. L’année suivante, Thônes se retrouve orpheline de cloches car la dernière doit être livrée à Annecy à son tour, au mépris de la Convention qui oblige les communes à garder une seule cloche. En 1795, Thônes peut récupérer une cloche à Annecy, selon les dernières instructions reçues. La plus grande reviendra aux frais des habitants, accompagnée de deux timbres pour l’horloge. En 1802, la seule cloche présente au clocher se trouve bien seule et jugée trop petite (c’était dit-on, la plus grande cloche prérévolutionnaire !). Elle sera rejointe par une seconde cloche, fondue l’année d’après pour la somme de 900 francs. Elle a été fondue en même temps que des cloches de plusieurs chapelles de la paroisse.
En 1828, le curé Jean-François Lavorel, nouvellement installé, se penche très rapidement sur les cloches de sa paroisse. Rappelons qu’à son arrivée, deux cloches se partagent le grand clocher : une première prérévolutionnaire et une seconde fondue en 1803. Sur ces deux objets d’airain, l’une d’elles -la plus grosse- était déjà fêlée. Le curé passe reprend en main les discussions menées entre les autorités et le fondeur Louis Gautier de Conflans, initiées peu avant sa nomination. Les différentes fontes de cloches entre les années 1828 et 1831 ne sont pas claires, tant les archives et les récits divergent. Le 44e tome des « Mémoires de l’Académie Salésienne » consacré à l’histoire de Thônes et rédigé par le chanoine Pochat-Baron donne une première version de l’histoire. Il est en effet fait mention que la grosse cloche est cassée et qu’une souscription est en place pour sa refonte et que l’argent récolté est de 1100 francs sur les 1400 nécessaires. En parallèle, une poignée de paroissiens (MM. Joseph-François Tessier, Jean-Michel Granger, Laurent Hugon-Gaillard dit Bornans et François André dit Jouvenceau) souhaite en profiter pour refondre l’autre cloche, bien que saine. On évoque aussi la fonte de deux autres petites cloches. On précise aussi que la fonte de la grosse cloche a manqué et qu’elle fut remise au printemps suivant.
Du côté des archives conservées au diocèse d’Annecy, la plume du curé Lavorel est bien représentée, avec quelques courriers d’époque, les inscriptions qu’il souhaitait apposer sur les quatre cloches ou encore la situation financière entre Thônes et le fondeur. Un autre écrit du prêtre, cosigné par quelques élus, fait mention du déroulé de la refonte des cloches : la souscription pour la refonte de la plus grosse est mentionnée comme tellement généreuse que la paroisse peut alors rajouter deux cloches plus petites et refondre la seconde cloche, bien que jugée « saine », afin de donner une sonnerie harmonieuse avec le même métal. La fonte sera confiée au sieur Louis Gautier qui se charge déjà de préparer la refonte de la grosse cloche sur place. Quant au paiement, n’apparait en 1828 qu’une facture pour les deux petites cloches, d’un poids final de 551 et 420 kilos. Il est précisé que la plus grande des deux est en partie financée par la Confrérie du Saint-Sacrement, attestée à Thônes depuis déjà plusieurs siècles. Pour retrouver la suite des opérations, il faut maintenant gravir le clocher. La seconde cloche de l’actuel ensemble campanaire porte deux dates : 1803 et 1829. Il est probable que sa fonte ait été différée l’année d’après. Quant à la plus grosse cloche, elle porte la date de 1831 et la double signature « Vallier et Gautier ». Deux choses sont à savoir à propos de cette cloche : la fonte est mentionnée comme « manquée et reportée » une première fois, probablement en 1829. Peut-être que cela s’explique car Louis Gautier a fondu peu de cloches d’un tel gabarit (on ne compte aujourd’hui que deux cloches plus lourdes, fondues en 1825 pour Groisy et Marthod). Il faut aussi noter que 1831 correspond à l’année de disparition de ce fondeur, il est donc fort possible que n’ayant pu honorer son contrat, ce fut les Vallier qui l’ont fait à sa place, comme semble le confirmer des archives privées détenus par les descendants. En regardant toujours de près nos cloches thônaines, nous remarquons que les deux petites ne datent pas de 1828, mais de 1891 pour la troisième, et de 1841 pour la plus petite. Si les archives manquent pour cette dernière, nous comprenons aisément que la cloche de 420 kilos fondue en 1828 ne fit pas long feu. La refonte fut commandé aux frères Paccard de Quintal, dont la génération suivante réitèrera l’opération pour refondre cette fois la troisième, la portant de 551 à 620 kilos. Dans leurs devis, ils suggèrent même d’étoffer la sonnerie avec trois plus petites cloches ! Ces quatre cloches, aux décors typiques de leurs fondeurs, ne comportent presque pas de français : seule la signature de la cloche de 1891 l’est ! Même celle de la cloche de 1841 est dans la langue de l’Eglise, alors que les Paccard ont d’habitude leur manière de signer en français, propre à chaque génération ! Le patron de la paroisse, saint Maurice, est représenté sur les quatre cloches, il accompagne la Vierge, un Christ ou un simple crucifix et sur la troisième cloche, un ostensoir pour rappeler son lien avec la confrérie du Saint-Sacrement. Il est à noter que cette même confrérie a peut être aidée au financement de la cloche de 1841, car son prieur en est le parrain. Quant aux inscriptions, les quatre cloches appellent à la prière. La plus grosse reprend la lettre de saint Paul apôtre aux Ephésiens « Il y a un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême. » alors que la seconde lui répond « Louez le Seigneur tous les peuples, louez le avec des cymbales bénies » tirée des psaumes 116 et 150. La troisième cloche appelle le Seigneur à bénir montagnes et collines et cite un extrait de la prière « Panis Angelicus » : « Ô chose admirable ! Il se nourrit de son Seigneur. Le pauvre, le serviteur, le petit. », nouvelle référence à la Confrérie du Saint-Sacrement. La petite cloche, enfin, reprend le Psaume 121 « Quelle joie quand on m’a dit : « Nous irons à la maison du Seigneur ! » »
N°
Nom
Fondeur
Année
Diamètre (cm)
Masse (kg)
Note
1
Saint Maurice
Vallier & Gautier
1831
135,4
~1’500
Ré3
2
Saint Maurice
Louis Gautier
1829
114,6
~900
Fa3
3
Marie Julienne
G&F Paccard
1891
100,2
620
Sol3
4
Saint Maurice
Frères Paccard
1841
90,3
~420
La♭3
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Mes remerciements vont à :
La commune de Thônes et plus particulièrement M. Pierre Bibollet, maire, pour son autorisation.
Mme Nicole Lauria, conseillère déléguée à la valorisation du patrimoine historique, pour son accueil et l’ouverture des différentes portes.
La paroisse de Thônes et ses prêtres, pour les sonneries exceptionnelles hors célébrations liturgiques.
Mes amis Claude Michael-Mevs, Arthur Auger et Matthieu Jules pour l’aide à la réalisation de ce reportage.
Mme Mélanie Maréchal, conservatrice des archives historiques du diocèse d’Annecy, pour la mise à disposition d’archives sur le patrimoine campanaire de Thônes.
Peu de choses nous sont enseignées sur l’église Saint Antoine de Genève. Erigée en 1899, elle possédait en son chœur un autel en marbre. Le Concile Vatican II entraîna hélas la destruction de ce dernier pour un autel en transept. Son orgue est moderne.
Dans le clocher de l’église, se logent 4 cloches coulées chez les frères Paccard d’Annecy le Vieux, en 1899. Elles sont tintées, mais 2 cloches (cloches 1 et 2) semblent être en volée (marqué sur la commande en sacristie).
Merci au sacristain présent pour indications et Matthias Walter pour les informations au sujet des cloches.
De style néo-gothique, elle fut édifiée en 1876. Les Gaillardins allaient d’abord à Thônex (CH-GE), mais une usurpation de l’édifice par Genève empêcha les villageois de s’y rendre.
Le clocher de l’édifice ne contient qu’une seule cloche, coulée en 1881 par les frères BEAUQUIS. De note Fa Disèe 3, elle pèse 800 kilos et sonne en rétrograde. Curiosité son joug est en bois.
Merci à M. Frison, président de paroisse, pour l’accueil et la montée au clocher!
Accolé à ce lieu culturel et sportif en 2004, ce carillon de 25 cloches de type ‘Ars Sonora’ remplace une fontaine. Il sort de la maison Paccard de Sévrier, près Annecy (74).
« Baptisée « Jeu d’eau », elle fut imaginée par l’artiste Jean Marc Bonnard. Cette sculpture illustre parfaitement le concept ARS SONORA, par lequel la matière première de la sculpture est la cloche. » (Site Paccard).
A l’origine catholique, l’église Saint Gervais a été construite au XVè siècle sur l’emplacement d’un « édifice funéraire ». Une plaque incrustée dans le mur extérieur du chevet nous le rappelle. A la Réforme, l’église fut vouée au culte protestant. Des fouilles ont permis de retrouver les bases des murs. C’est la plus ancienne paroisse de Genève.
Bien que cette église soit aujourd’hui « pseudo-gothique » elle était déjà citée dans une bulle du Pape Eugène III (1145). Il parait qu’une chapelle de l’église fut le lieu d’ordination de Saint François de Sales. Aujourd’hui ce n’est qu’une église paroissiale.
Cloche 1 « Mathilde Maurice » – Les Fils de G. Paccard, 1917 – 1’100 kilos – Mi3
Cloche 2 – Antoine & J.P. Paccard, 1817 – 550 kilos – Sol Dièse 3
Mes remerciements à Pierre Paccard et au sacristain, pour l’ouverture de la porte!