Thyez – Eglise Saint Théodule

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L’église de Thyez, déjà attestée en 1083, aurait été érigée à l’emplacement d’un temple dédié à Mars. Près de l’édifice passait une voie romaine et se dressaient quelques habitats alignés. Une pierre de cette époque sur le parvis  nous le rappelle. Le clocher porche aux murs épais est percé en son sommet par des baies romanes. Son clocheton, quant à lui est ouvert par des baies géminées munies d’abats-son. Depuis la dernière restauration, l’église est plafonnée, sans voûte.

I – Sacré Coeur – 900 kilos – 110cm de diamètre. Paccard en 1887 – Fa3

II – La Thylonn » – 620 kilos – 101cm de diamètre – Paccard en 2000 – Sol3

III – Marie Louise – 450 kilos – 89cm de diamètre – Paccard en 1899 -La3

IV – Vierge Marie – 380 kilos – 93cm de diamètre – Guillaume Fribor en 1473 – Si Bémol 3

V –  Saint Bruno – 275 kilos – 74cm de diamètre – Paccard en 1887 – Do4

VI  – Thérèse – 180 kilos – 65cm de diamètre – Paccard en 1899 – Ré4

VII – Caroline Françoise – 145 kilos – 58 cm de diamètre – Paccard en 1899 – Mi4

VIII – Saint François de Sales – 110 kilos – 55 cm de diamètre – Paccard en 1887 – Fa4

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Remerciements à la mairie de Thyez, M. Vuagnat pour l’accueil. Mention spéciale à Gideon Bodden, pour la prise de son et amitiés à Anthony Gerfaud, organiste à Megève, sonneur au pied levé.

Servoz – Eglise Saint Loup

EGLISE

C’est en 1471 qu’a été entreprise la construction de l’actuelle église de Servoz, sur le hameau du Bouchet, en remplacement de l’ancienne église Notre-Dame du Lac, située dans le quartier du Lac, et jadis sous la juridiction de Chamonix Mont-Blanc. Placée autrefois sous le vocable de Marie, l’église St Loup doit son nom à la présence de reliques de l’Évêque de Troyes au XVe siècle. Le sanctuaire est en fait venu agrandir l’ancienne chapelle du château de La Tour, qui forme aujourd’hui le chœur de notre église. Celle-ci a été agrandie en 1537, remaniée en 1697, et consacrée en 1707 par Mgr de Bernex, évêque de Genève. Le clocher, restauré il y a quelques années, date de 1745. Son bulbe baroque est en parfaite harmonie avec la façade de l’église et le retable dans le chœur. Il est à noter que c’est depuis la construction de l’église que le Bouchet est devenu chef-lieu de la commune.

Le beffroi portait jadis 4 cloches. En 1817, Louis Gautier, originaire de Briançon fond trois cloches. En 1892, la paroisse passe commande d’une cloche chez les frères Paccard d’Annecy le Vieux. En 1957, une nouvelle cloche est installée. Elle remplace les deux petites cloches de 1817 toutes deux fêlées.

Cloche 1 : Louis Gautier, 1817, 95cm, 550 kilos – Sol Dièse 3 +1
Cloche 2 « Marie » : G&F Paccard, 1892 – 79cm – 300 kilos – Si 3 +7
Cloche 3 « Marie Jeanne » : Paccard, 1957 – 71cm – 275 kilos – Do Dièse 4 +4

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Un grand merci a Jean-Pierre Roseren, sacristain et conseiller municipal pour son accueil et sa disponibilité.

Mégevette – Eglise Saint Nicolas

P1010445D’abord dépendante de l’Abbaye d’Aulps, la première église de la paroisse de Mégevette date du Xe siècle. L’ancien édifice, devenu trop vétuste, a été remplacé entre 1872 et 1880 et peut accueillir mille fidèles. Il a été érigée dans le style mêlant « pseudo roman & renaissance italienne ». La base du clocher est occupée par une crypte du XVIIe siècle.

Cloche 1 : Frères Paccard, 1839 – 1’250 kilos – Mi Bémol 3

Cloche 2 : fondeur et date inconnue – 900 kilos – Fa 3

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Merci au sacristain présent pour l’accès au clocher.

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Bonne sur Menoge – Eglise Saint Nicolas

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Si Bonne n’est aujourd’hui qu’un simple petit village, son passé est très mouvementé, témoin d’une richesse absolue. Le lieu de culte primitif de Bonne n’avait pas la même vocation, puisqu’il était dédié à Saint Pierre. D’autre part, il était situé dans la partie basse de la commune. Au XIIIe siècle, Bonne, capitale de la province du Faucigny (le Duché de Savoie était divisée en provinces) devint un carrefour important. L’église faisait alors office de chapelle du château bâti sous Aymon II, l’ancien édifice servant quant à lui uniquement aux sépultures. La chapelle de la ville haute nécessita au XVe siècle une grande restauration. Elle devint l’église en 1581. Malgré ces travaux elle sut garder son esprit ainsi que des éléments du XIIIe siècle. Au XIXe siècle, elle a fit l’objet d’une nouvelle restauration, de faible ampleur. L’église laisse aujourd’hui apparaître des signes de fatigue qui seront soulagés grâce à une prochaine cure de jouvence.

1 – Saint Nicolas – Frères Paccard, 1859 – 900 kilos – 1,13m – Fa3 + 9

2 – Sainte Vierge – Frères Paccard, 1859 – 400 kilos – 0,86m – La3 +5 

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Merci à François Roguet, ancien maire, pour l’accès au clocher et les sonneries spéciales.

Contamine-sur-Arve – Prieuré Sainte-Foy

Installé sur la rive droite de l’Arve, principale rivière du département, la commune de Contamine-sur-Arve possède une exposition remarquable tout au long de l’année. Presque à mi-distance entre Annemasse et Bonneville, cette petite commune rurale offre une certaine quiétude à ses presque deux milles habitants. Son territoire est frôlé par bien des habitants des communes voisines en raison de l’implantation du nouvel hôpital CHAL, qui a fusionné ceux d’Ambilly et Bonneville. Citons encore le lycée agricole, rassemblant des lycéens des alentours qui se destineront aux sports équins ou à la préservations de nos environnements et espaces verts. Enfin, le premier dimanche d’octobre, gens du villages et des environs se retrouvent dans le bourg pour la fête de la Saint-Bruno, durant laquelle de nombreux exposants vident leur greniers, des sportifs arpentent les sentiers du lieu et les passionnés d’histoire poussent la porte de l’église Sainte-Foy, vestige d’un prieuré.

 

Du côté historique, il y aurait tant à dire sur le passé. Je ne peux que vous recommander la monographie de Contamine-sur-Arve, édité par l’association des « Amis de la Grande Maison », composée de contaminois ou non mais tous amoureux du patrimoine de la commune. Votre serviteur a eu le plaisir d’y contribuer sur la partie campanaire. Je vais cependant vous donner quelques informations sur l’évolution de l’église priorale, intimement liée à l’histoire de Contamine.
En 909 ou 910 était fondé à Cluny une abbaye qui, siècle après siècle, s’enrichira de maintes possessions et de territoires. Le 2 février 1083, Guy de Faucigny, évêque de Genève, confia les terres contaminoises à l’abbé Hugues de Semur. Les moines bénédictins y bâtiront immédiatement un premier monastère attenant à l’église Sainte-Marie, déjà construite par les paroissiens. Très rapidement, le prieuré sera connu sous le nom de « Prieuré Notre-Dame de Contamine ». La famille de Faucigny, seigneurs des lieux, choisiront ce sanctuaire comme lieu de sépulture pour le repos de leurs âmes. Au fur et à mesure, de nombreuses paroisses de la province seront confiés aux moines. Citons à titre d’exemple Les Gets ou Boëge. Jusqu’en 1625, les prieurs bénédictins se succéderont à la tête des lieux, malgré une fin périlleuse, en raison de l’invasion des troupes protestantes en 1589. Celle-ci a hélas mis à mal le prieuré, qui ne se relèvera jamais sous sa forme originale. En 1618, le vicaire général de l’ordre bénédictin rend visite à la communauté. Il affirme que les moines ne pourront jamais relever complètement les murs. En 1625, les derniers moines bénédictins sont relogés dans des prieurés plus modestes des communes voisines. 9 ans avant, les revenus de Contamine sont attribués à une communauté de barnabites, ordre fondé par saint Antoine-Marie Zaccaria un siècle auparavant. Ils prendront naturellement la suite des bénédictins. Entre 1620 et 1625, leur nouvelle demeure, la « Grande Maison » est bâtie à quelques mètres de l’église conventuelle. Mais la communauté commence déjà à s’essouffler à la fin du XVIIIe siècle, alors qu’un vent de sécularisation commence à souffler sur nos territoires. En 1793, après une présence de 168 ans, ils quittent les lieux. Les bâtiments seront aussitôt revendus comme « bien national », alors que la Révolution battait son plein. Le syndic de Contamine s’appropriera la majeure partie de la Grande Maison et y favorisera l’installation d’une fabrique de coton. Mais le pari n’a pas été concluant. Finalement, les bâtiments retrouveront leur usage primitif : abriter les prières d’une communauté. En 1846-47, une communauté rédemptoriste s’installe dans la Grande Maison. Si la commune était favorable au maintien de la communauté, les lois du début du XXe siècle forceront la congrégation à être dissoute et à quitter les lieux qu’ils occupaient, dont Contamine. A partir de cette période (1901-1905) la paroisse revient simplement sous l’administration de l’évêque diocésain qui nommera, autant de fois de nécessaire, un curé pour le représenter. Cette situation est donc l’actuelle.

Après cette histoire mouvementée des communautés, il convient de parler du lieu principal de prières : l’église. Ou plutôt… les églises.
Si l’église primitive était sous le vocable de sainte Marie, Mère de Dieu, les moines se la sont appropriés selon les normes en vigueur : elle était devenue à l’usage exclusif de la communauté et les paroissiens ne pouvaient pas s’y recueillir. Alors, comme ailleurs, il fallait prévoir un second sanctuaire. Celui-ci allait être attenant au premier… avec une seule nef ! Un jubé allait séparer deux lieux dédiées à deux saintes : sainte Marie pour les religieux, et sainte Foy pour les paroissiens. Ce dernier sanctuaire sera desservi par un clergé séculier, distinct à la communauté régulière. Cet édifice, dont les restes actuels sont encore debout, sont signés maître Jacques de Saint-Georges. Les plans établis, la construction pourra commencer en 1295 pour se terminer 21 ans plus tard. Les deux églises (paroissiale et conventuelle), le cloître et les bâtiments conventuels sortent donc de terre. Cet architecte à laissé là une église unique, par sa forme et surtout par ses ouvertures : rectangulaires ! Si vous voulez voir les mêmes fenêtres, vous devrez vous rendre… au Pays de Galles ! En 1589, les Bernois ne manqueront pas de saccager sanctuaire et bâtiments conventuels. En réalité, il ne demeure que l’équivalent de l’église conventuelle. Le reste a été tout simplement détruit car jamais relevé. Les décors intérieurs datent de 1625/1635. Ils ont été découverts lors de la restauration de 1994-1995. Le retable présent dans le chœur a été commandé entre 1607 et 1635, probablement à l’arrivée des barnabites. Il représente entre autres quatre saints majeurs : saint François de Sales, sainte Foy, Bienheureux Ponce, saint Antoine-Marie Zaccaria. La personne principale est bien-sûr la Vierge à l’Enfant, le jour de son Assomption.
Dans les années 1850-60, une restauration de l’église est envisagée, à l’occasion du rattachement de la Savoie à la France. Plusieurs projets sont proposés et l’un d’entre eux prévoyait de construire deux clochers, donnant à la façade une allure de cathédrale. Mais à chaque projet, un élément faisait défaut : le manque de moyens. En 1869, il sera finalement décidé de restaurer l’église avec une grande simplicité : le clocher sera allégé pour celui que nous connaissons, en bois, et les murs consolidés.

La charpente du clocher, avec au centre les deux cloches actuelles.

Les sonneries de Contamine ont évolué avec l’histoire. On sait que l’incendie du 31 octobre 1476 mis à mal l’ensemble campanaire. Le vicaire général de Genève ordonna aussitôt la reconstruction de l’édifice religieux et la fonte de deux cloches, afin de sonner les différents offices qui ont lieu dans les églises. En 1589, l’invasion par les Bernois n’épargnera pas le clocher et ses occupantes. En 1607, la visite pastorale de Jean Papon demande la fonte d’une cloche, plus grande que celle en place, sans doutes fondue à la hâte après la destruction partielle du sanctuaire. Il ajoute qu’une troisième cloche encore plus grande sera à prévoir. En 1654, le curé procède à une quête pour une nouvelle cloche. En 1752, l’intendant de Contamine s’inquiète de la refonte de la première cloche. En 1781, le Sieur Livremont est mandaté par la commune pour la refonte de la grosse cloche. En 1833, le conseil se réunit au grand complet pour demander une expertise de la cloche de l’église paroissiale. Seule une consolidation du joug sera faite. En 1835 elle sera accompagnée d’une petite sœur, fondue par Jean-Marie et François Bulliod de Carouge. Ils seront à nouveau mandaté par la commune en 1842, car la plus grande était hors service. Cette cloche nouvelle sera plus lourde de trois quintaux que l’ancienne. On ne sait hélas trop comment elles ont été mises hors d’usage. On sait simplement qu’en 1905, elles sont entreposées dans un hangar : l’une en miette, l’autre visiblement en un seul morceau. Les débris seront vendus à Georges et Francisque Paccard entre 1907 et 1909. On ne sait pas si il restait une cloche au clocher car pendant ce temps, on note qu’en 1908 un arrêté est pris par la mairie pour l’usage des cloches de l’église.
En 1914, une cloche fondue par les fils de Georges Paccard est installée à l’église. Elle sonna le tocsin de la mobilisation générale de la Première Guerre Mondiale. 20 ans plus tard, le curé Mermaz lance la souscription pour une cloche plus petite, également fournie par les frères Paccard. Elle est bénie le 30 avril 1934 par Mgr Du Bois de la Villerabel, évêque d’Annecy. En 1963, elles sont électrifiées et sonnent de manière automatique.

Nom Fondeur(s) Année Diamètre (cm) Masse (kg)

Note

1

N.D. du Perpetuel Secours Les Fils de G. Paccard 1914 101 620 Sol 3
2 Thérèse Alphonsine Emilie 1934 81 320

Si 3

Mes remerciements pour les sonneries spéciales et pour le prêt de la clé à l’ensemble de la municipalité de Contamine, sous le mandat de Serge Savoini, maire. Un grand merci également aux membres de l’association de la Saint-Bruno et de la Grande Maison pour les fructueux échanges tout au long de l’année autour de ce patrimoine campanaire contaminois.

Sources & Liens :
Contamine-sur-Arve
Mairie de Contamine-sur-Arve
Abbaye de Cluny
Antoine Cordoba & Josiane Croset : « A Toute Volée », in « Contamine-sur-Arve – Art, Histoire, Emotions » Josiane Croset & Les Amis de la Grande Maison, 2015.
Clichés personnels
Fonds privés

Pers-Jussy – Eglise Saints-Pierre-et-Paul

Une commune de 3 000 âmes au caractère rural
Véritable balcon sur la vallée de l’Arve, la commune de Pers-Jussy est visible — dit-on — de plus de 40 villages alentour ! Si le chiffre est sans doute un peu enjolivé, il suffit de lever les yeux pour apprécier l’ampleur du panorama : la vallée de l’Arve s’ouvre à l’ouest, glisse vers la plaine d’Annemasse et rejoint plus loin le Rhône en aval de Genève.
Le regard embrasse alors un paysage à plus de 180°, du Salève aux Bornes, en passant par le Jura, les Brasses, le Môle et, au loin, quelques cimes du Massif du Mont-Blanc.
Éparpillée en hameaux sur un territoire de plus de 18 km², la commune conserve une identité rurale et montagnarde : fermes anciennes, chemins de crête, vergers, forêts… et, au cœur du bourg, une église qui domine fièrement le paysage. Avec sa couleur orangée si singulière, elle est visible à des kilomètres et incarne l’union de deux paroisses réunies au début du XIXe siècle.

Une église-phare dans la vallée
L’église Saints-Pierre-et-Paul, achevée en 1854, est bâtie dans le style néoclassique sarde, sur un plan basilical typique des constructions religieuses de l’époque.
Sa réalisation, précédée de quinze années de débats, coûta 90 000 livres, soit trois fois plus que ce qui avait été prévu : un effort considérable pour une communauté de 2 000 paroissiens.
À l’intérieur, la nef baigne dans une atmosphère chaleureuse. Le maître-autel, commandé en 1856 et livré en 1860, met en scène les deux saints patrons de la paroisse. Deux autels latéraux complètent l’ensemble : à droite, un autel dédié à la Vierge Marie, à gauche, un autre à saint Antoine, patron de Jussy.
Fait étonnant, l’église ne fut consacrée que le 6 mai 1863, près de dix ans après son achèvement, sans qu’aucun document n’en explique la raison.
En 2004, pour son 150e anniversaire, l’édifice a bénéficié d’une restauration complète. Depuis, sa façade orangée capte la lumière et se repère de très loin, telle un phare dans la plaine.

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Deux paroisses pour une église
L’actuelle église remplace les anciens lieux de culte de Pers et Jussy, distants d’à peine un kilomètre. Réunies au lendemain de la Révolution spirituellement puis administrativement, les deux paroisses se retrouvent dans l’église de Pers, agrandie puis remplacée au XIXe siècle par l’édifice actuel, bâti un peu plus bas dans le village.
Les archives mentionnent Pers dès 1212 (possession de l’abbaye d’Entremont) et Jussy en 1291 (rattachée au prieuré de Saint-Victor de Genève).
À Pers, un terre-plein artificiel fut créé en 1498 pour y ériger une nouvelle église, entourée d’un cimetière. Elle servit jusqu’au milieu du XIXe siècle avant qu’on construise l’actuelle, en contrebas. Le terre-plein existe encore et a abrité des terrains de tennis qui ont depuis peu laissé leur place à un parking et une aire de jeux.

Les églises disparues de Jussy
De Jussy, il ne reste plus rien : sa première église fut remplacée au XIVe siècle, restaurée avant la Révolution, puis vendue en 1829 avant de disparaître.
Heureusement, quelques éléments de mobilier furent préservés et intégrés à l’église de Pers-Jussy : la statue de saint Antoine, patron de Jussy, ou encore le Christ suspendu entre le chœur et l’autel de la Vierge. Certains paroissiens de Jussy dénoncèrent d’ailleurs à l’époque un véritable vol de la part de leurs voisins de Pers.
De l’ancienne église de Pers, quelques œuvres subsistent également : deux tableaux (saint François et l’Annonciation) dans le chœur, et un Christ « Renaissance » à la tribune.

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Cloches en voyage
L’histoire des cloches est particulièrement mouvementée.

  • Celles de Jussy sont presque inconnues. Après la Révolution, Joseph Pugin, agent municipal de Jussy, récupère à Bonneville une cloche de 250 livres poids de marc (env. 120 kilos). Confisquée à la Révolution, sa provenance est inconnue. Cette cloche sera ensuite récupérée par la paroisse de Pers à la fusion des deux paroisses.
  • À Pers, les premières mentions datent de 1754, quand les deux cloches en place furent refondues et augmentées par Jean-François Livremont, fondeur originaire de Pontarlier installé à Annecy. Mais elles disparurent à la Révolution. Joseph Naville, agent communal, récupère alors à Bonneville une cloche estimée entre 470 et 515 kilos pour l’installer au clocher de Pers. La description et la provenance de la cloche sont connues : elle a été fondue en 1784 par Claude-Joseph Livremont, membre de la même dynastie que Jean-François, pour la paroisse d’Argentière (Chamonix). Confisquée à la Révolution, elle fait partie des 92 cloches réinstallées dans un clocher dès 1796. En 1816, les élus chamoniards essayent en vain de la récupérer.

Au début du XIXe siècle, Pers possédait donc deux cloches : une petite (Jussy) et une grosse (Pers). Cette dernière, fêlée en 1820, fut refondue une première fois, sans en savoir plus sur les conditions de sa fonte, ni par qui. Légèrement augmentée, elle se cassa en 1824 déjà et fut alors refaite et doublée de poids par Claude Baudy en 1829, atteignant plus d’une tonne. Pour financer l’opération (entre autres), la commune vendit l’ancienne église et le cimetière de Jussy… à Baudy lui-même !
Mais les déboires continuèrent : en 1836, la cloche de Jussy se brisa, puis en 1842, la grosse cloche refondue en 1829. La paroisse se retrouva sans aucune cloche.

1842 : trois nouvelles voix pour Pers-Jussy
En juillet 1842, trois nouvelles cloches, fondues par les frères François et Jean-Marie Bulliod à Carouge (Genève), furent livrées et bénies. Leurs poids respectifs étaient de 1 089 kg, 569 kg et 211 kg.
Elles portent des inscriptions classiques : parrain, marraine, curé, vicaire et élus de la commune. Si la grosse cloche est clairement mentionnée dans les délibérations communales quant à son acquisition, le financement des deux petites restent mystérieux à l’heure actuelle. Sont-elles l’œuvre de souscriptions ou de libéralités privées ?

Le XXe siècle : la naissance de « Marie-Pierre »
En 1946, la grosse cloche, fêlée une fois encore, fut refondue sous le nom de Marie-Pierre, avec un poids légèrement inférieur (1 069 kg). Elle porte une inscription laconique rappelant son histoire, sans parrain ni marraine. Seul le nom du curé, Gaston Bouvard, y apparaît.
Depuis lors, les trois cloches rythment la vie du village et sonnent électriquement : heures, angélus, annonces de décès, offices… et chaque dimanche matin, elles sonnent encore la Résurrection, même en l’absence de messe.

Nom Fondeur Année Diamètre (cm) Masse (kg) Note
1 Marie-Pierre Les fils de G. Paccard 1946 119,4 1’069

Mi3

2

Bulliod frères 1842 97,1 569 Sol3
3 Bulliod frères 1842 70,6 211

Do4

Remerciements :
Mme Isabelle Roguet, maire, pour son aimable autorisation et son accompagnement au clocher.
M. Denis Dupanloup, maire adjoint, pour l’ouverture du clocher.
M. Matthieu Jules, guide à la fonderie Paccard et passionné breton, pour l’aide apportée à la réalisation de ce reportage.

Sources & Liens :
Mairie de Pers-Jussy.
Paroisse Saint-Jean-XIII d’Arve et Salève.
Constantin de Magny, Claude. L’église de Pers-Jussy, ou la fusion de deux paroisses. Non édité, 2015.
Archives départementales de la Haute-Savoie, EDEPOT 211.
Archives départementales de la Haute-Savoie, EDEPOT 330.
Coutin, François, « Histoire de la Collégiale de Sallanches et ses annexes », Mémoires et documents de l’Académie salésienne, no 59,‎ 1941.
Relevé personnel
Clichés personnels

Chamonix Mont-Blanc – Eglise Saint Michel

Statue du Dr. Michel Paccard et de Jaques Balmant, premiers hommes a gravir le Mont-Blanc
Statue du Dr. Michel Paccard et de Jaques Balmat, premiers hommes a gravir le Mont-Blanc

Chamonix-Mont-Blanc est probablement l’une des communes savoyardes les plus estimées dans le monde. C’est sur son territoire même que se dresse le Mont-Blanc -toit de l’Europe-, l’Aiguille du Midi ou encore la Mer de Glace. Ce haut lieu touristique abrite des pans entiers de l’histoire de l’alpinisme en plus d’un riche passé patrimonial. Ce sont MM. Michel Paccard et Jacques Balmat qui ont pu atteindre le toit de l’Europe en 1786. Aujourd’hui, une des principales rues chamoniardes porte le nom du Dr Paccard et un des établissements scolaires porte le nom de son compagnon de cordée, Jacques Balmat. Dès lors, le Mont-Blanc est gravi par des alpinistes confirmés ou non venant du monde entier. Maurice Herzog, député-maire de Chamonix de 1968 à 1977, est le premier homme à avoir gravi l’Annapurna. C’est la première fois qu’une expédition entière parvient à atteindre un sommet de plus de 8’000 mètres.
Une grande partie des historiens se pencheront volontiers sur l’évolution des funiculaires, des téléphériques, du tourisme ou encore des premières ascensions des différents sommets des Alpes. Ceux qui aiment également les vielles pierres n’hésiteront pas à pousser les lourdes portes des églises Saint-Michel -vestiges d’un prieuré-, Saint-Pierre d’Argentière ou encore celles de la chapelle Saint-Bernard des Praz. Les lignes suivantes vous permettront de franchir des portes dérobées accessibles pour une poignée de personnes : celles des clochers chamoniards.

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L’église Saint-Michel de Chamonix est aujourd’hui la cœur spirituel de la Vallée Blanche en raison du regroupement des paroisses. Pour cette église, ce n’est qu’un retour aux sources. Au XIe siècle, Aymon Ier de Genève confie la vallée à l’Abbaye piémontaise de Saint-Michel-de-la-Cluse (I). Une première église bâtie par les moines est attestée en 1119. Il s’agit en fait d’une nouvelle église, une première existant déjà auparavant. En 1519, Guillaume de la Ravoire, alors prieur, lie l’église à la puissante Collégiale Saint-Jacques de Sallanches. Seulement, trois ans après, tout chamonix est la proie des flammes. Nous retrouvons le fil de son histoire presque deux siècles plus tard : en 1702. Le sanctuaire prieural est alors reconstruit. Le chapitre collégial de Sallanches finance le chœur et les paroissiens la nef. Après 12 ans de travaux, Mgr de Bernex, évêque d’Annecy, consacre l’église en soulignant sa beauté. Mais en 1758, voilà que l’église brûle à nouveau. La restauration est entreprise entre 1760 et 1790. Après la Révolution, il faut à nouveau redonner à l’église -rendue à la vie paroissiale- son faste d’antan : nous noterons alors une grande restauration entre 1830 et 1860 (nouvelle peinture, nouveau retable et nouvelle façade en 1840 remplacée en 1864 par celle que nous connaissons, avec une travée supplémentaire). L’orgue est le dernier arrivé dans cette église : inauguré en 1992 par Marie-Claire Alain, cet instrument est composé de deux buffets pour laisser entrer la lumière des vitraux de façade. Le bulbe du clocher est toujours au milieu du village. Chaque 15 août, les guides s’installent sur les bans de l’église pour une grande messe en mémoire de leurs confrères disparus ou décédés. Les murs du lieu de culte ne comptent plus les veillées de prières pour les incidents de montagne ou encore pour de grands montagnards comme tout récemment Maurice Herzog, héros de l’Annapurna et ancien député-maire de la commune.

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Le clocher à bulbe, typique de nos vallées, a été restauré une dernière fois en 2003. Il abrite quatre cloches qui -contrairement aux usages haut-savoyards- sont suspendues en fenêtre et non à l’intérieur du beffroi, ce qui permets aux chamoniards et touristes d’assister au spectacle des volées de ces quatre cloches. Côté nord se trouve la plus grosse cloche, aux origines très anciennes. Ses inscriptions indiquent qu’elle a été refondue en 1761. Après avoir survécu aux révolutionnaires, elle prit à nouveau le chemin du creuset en 1815. Enfin, en 1845, Claude et Jean-Pierre Paccard réalisent la pièce que nous connaissons : une cloche de 1’500 kilos dédiée à l’Archange saint Michel, patron de la paroisse. En 1822, nous notons le passage de deux fondeurs réputés dans l’arc alpin : les familles Vallier et Gautier. Établies quelques années à Conflans, elles ont réalisés trois cloches en profil relativement « lourd » contrairement à d’autres sonneries. La seconde cloche de l’ensemble souhaite la « paix (…) aux hommes de bonne volonté ». Ses deux petites sœurs prient respectivement pour le repos des défunts et pour que l’espérance des justes soit immortelle. Il faut noter que l’harmonie de cette sonnerie est discutable en raison de la présence d’un demi-ton et d’un « triton » dans cette sonnerie. En effet, si les trois cloches de 1822 forment un segment de gamme, la grande cloche sonne un demi-ton trop bas. En profil moyen, il est fort possible que les frères Paccard aient livré une cloche de dimensions identiques à sa prédécesseur, au détriment de l’accord. Mais la qualité des cloches dans cette station réputée fait presque oublier ce défaut qui rend la sonnerie singulière.

Nom Fondeurs Année Diamètre (cm) Masse (kg) Note
1 Saint Michel Frères Paccard 1845 136,2 1’560 Ré 3
2 Vallier & Gautier 1822 120 1’050 Fa 3
3 Vallier & Gautier 1822 106,5 700 Sol 3
4 Vallier & Gautier 1822 99,3 600 La bémol 3
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La cloche 3 qui prie pour les défunts, côté parvis.

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J’adresse mes remerciements pour mes différentes visites du clocher au père Vigliano, curé de la paroisse et chanoine d’honneur de l’Abbaye de Saint-Maurice. Je n’oublie pas toutes les personnes qui ont découvert ce clocher si célèbre : Matthias Walter, expert-campanologue à Berne, Mike alias « Quasimodo », Gideon Bodden -carillonneur d’Amsterdam- ou encore François-Xavier qui a aidé à réaliser la vidéo ci-dessus.

Sources & liens :
Mairie de Chamonix-Mont-Blanc
Paroisse de Chamonix-Mont-Blanc
Chamonix sur Wiki
L’église sur Wiki
Inventaire personnel
Fonds privés

Marnaz – Eglise Saint Pierre aux Liens

MarnazConstruite de 1848 à 1851 sur le lieu-dit « La Contamine », l’église Saint Pierre de Marnaz a également été construite pour la paroisse voisine : Scionzier. Lors de la scission de 1866, elle est attribuées aux Marmerots. Les Shonverots, mécontents, sont alors venu récupérer la cloche, qui, après jugement, sera restituée à la fonderie Paccard.

Cloche 1 « Jeanne Marceline » – G&F Paccard, 1900 – 1’250 kilos – Mi Bémol 3

Cloche 2 « Elisa Célestine » – G&F Paccard, 1900 – 620 kilos – Sol 3

Cloche 3 « Marie Josephte » – Frères Paccard, 1863 – 150 kilos – Mi Bémol 4

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Un grand merci à M. Le Maire pour l’accès au clocher et les sonneries spéciales.