Quand nous évoquons la ville de Beaune, le géographe pense immédiatement à la Bourgogne et a ses ducs, l’amateur de vin pense aux vignes de la Côte-d’Or, et l’historien pense immédiatement aux Hospices puis à l’Insigne Collégiale, devenue Basilique mineure en 1958.
Henri le Vénérable, alors Duc de Bourgogne, souhaite vers 970 bâtir un édifice religieux plus important que l’église Saint Baudèle (aujourd’hui disparue) et d’y installer des chanoines. Le lieu de culte sera bâti vers l’an mil avec des pierres du castrum jadis au même emplacement. Vers 1130, les ducs souhaitent édifier une plus grande collégiale, marquant la prospérité de la cité. Elle sera agrandie quelques années après (seconde moitié du XIIe siècle). Deux travées de nef seront ajoutées afin d’accueillir tous les pèlerins venant à Beaune. L’église romane sera terminée au XIIIe siècle. C’était alors la plus grande de la cité, et une des plus imposantes du duché.
Au XIIIe siècle, la Collégiale est la proie d’un incendie. Elle sera alors restaurée, mais dans un style gothique, « l’art français » étant à la mode à cette époque. Les chapelles latérales sont dans un style gothique flamboyant. Les ouvertures supérieures de la nef sont sans aucun doutes romanes, mais ladite nef est renforcée par des arcs-boutants, signature du gothique. Dans les années 1330-1340 sera bâti le porche gothique.
La façade gothique est marquée par un formidable porche et par deux clochers carrés non achevés. On pouvait imaginer avec ces deux tours un édifice semblable a la réputée église Saint-Nicolas de Saint-Nectaire (Auvergne).
Le clocher, à la croisée du transept est de plusieurs époques. Sa « base » est du XIIe siècle. L’étage des cloches date du XIIIe siècle. Son dôme, enfin, a été reconstruit après un incendie dans les années 1580.
Le remarquable chevet à trois niveaux mérite une attention toute particulière. Il marie le roman, pour ses chapelles situé à sa base, et le gothique et ses arcs boutants pour la partie supérieure. Le chevet témoigne à lui seul de l’histoire mouvementée du sanctuaire et de la complémentarité des deux grands courants architecturaux moyenâgeux.
Contrairement à l’extérieur, l’intérieur est dans l’homogénéité la plus parfaite. La nef, ses bas côtés, son transept et son déambulatoire sont dans un style roman bourguignon.
Il est fort possible que des cloches soient installées dans le clocher de la collégiale depuis sa création. En 1266, on compte déjà 6 cloches. Au XVe siècle, 16 cloches se balancent dans la tour malgré quelques refontes au XVIe siècle. Au XVIIIe siècle l’ensemble campanaire subira de grandes modifications. En 1702, deux petites cloches sont (re)fondues. Elles sont encore installées dans le lanternon. Dans les années 1780, une multitudes de nouvelles cloches sont rajeunies, dont un bourdon de trois tonnes, nommée « Marie » qui remonte à 1470. Malheureusement toutes ces cloches, hormis les deux cloches de 1702, ont péri dans les tourbillons de la Révolution. Avant cette période atroce pour les cloches, la basilique de Beaune comprenait à son apogée une vingtaine de cloches. Elles ont été remplacées par quatre cloches du XIXe siècle, trois grosses fondues à Dijon, installées dans la tour, et une petite, installée avec les deux cloches du XVIIIe siècle dans le lanternon. Cette dernière a été fondue à Lyon.
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N° |
Fondeur | Année | Diamètre (cm) | Masse (kg) |
Note |
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1 |
Fort père & fils | 1810 | 139,1 | 1700 | Ré ♭ 3 |
| 2 | Fort père & fils | 1815 | 123,4 | 1200 |
Mi ♭ 3 |
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3 |
Fort père & fils | 1810 | 112,6 | 800 | Fa 3 |
| 4 | Ch. Arragon | 1888 | 70,7 | 225 |
Ré ♭ 4 |
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5 |
Inconnu | 1702 | 45,2 | 50 | La 4 |
| 6 | Inconn | 1702 | 40,3 | 35 |
Si ♭ 4 |

Le massif beffroi en bois, vestige de l’ensemble campanaire du XVIIIe siècle.

Un grand merci au père Yves Frot, recteur de la basilique pour ses autorisations, ainsi qu’a M. Yannick Comte, sacristain, pour son accueil, sa disponibilité et sa gentillesse. Mention enfin au père Gonneaud, curé de Notre-Dame de Dijon et à Mike « Quasimodo » pour leur collaboration et les moments de convivialité en ce samedi 27 juin.
Sources :
Galloux : cloches et inscriptions campanaires de Beaune, 1980
Matthias Walter, campanologue
Bourgogne Romane
Ville de Beaune
A voir également :
Paroisse de Beaune














C’est en octobre qu’elle se fit entendre pour la première fois depuis son emplacement définitif, alors que le campanile n’était pas encore achevé. Installé en « lancé », le bourdon nécessitait huit hommes pour appuyer sur les pédales (comme à Saint-Denis) et s’accrocher aux cordes pour sa mise en branle. Avec ses équipements, il pesait 27 tonnes. En 1908, M. Bollée, fondeur de cloches, est chargé d’optimiser la volée de la Savoyarde, mais aussi d’installer un marteau de tintement pour un usage plus quotidien. Ce marteau, aujourd’hui électrique, lui permet de retentir lors de l’élévation. En 1947, Paccard installe la cloche en rétro-lancé, car elle fragilisait son campanile.





















































acent des moteurs dans le département. En 1793, la France est plongée en pleine Révolution et la Savoie est annexée à la France. Sur ordre des Révolutionnaires, les cloches doivent être cassées. Les Vallorcins s’y opposent. Finalement, ils devront casser eux mêmes leurs cloches. Il y avait trois cloches : la grande de 488 livres, la « neuve » de 356 livres et la petite de 302 livres. Le commissaire de la vallée a la condescendance d’en épargner une, probablement la plus grande, encore en place (fondue par Jean-Baptiste Chrétiennot en 1735). Il est fort probable que la « neuve » ait été fondue par Louis Léonard en 1774. Fait étrange, la plus petite des cloches a été fondue par Gaspard Duonna en 1779, alors qu’il est attesté en 1793 qu’une seule une cloche a été conservée. Bien que certaines paroisses aient réussi à déjouer les Révolutionnaires en cachant des cloches, il est fort possible que cette petite dame de bronze n’ait pas joué à cache-cache. En effet, la cloche cite le curé et le syndic de Sanson. De même, la marraine ne possède pas de patronyme vallorcin et n’apparaît pas dans les actes de l’époque. Dans le Doubs, une commune nommée « Samson » est peut-être la clé de l’énigme. Il est fort possible que la cloche provienne de ce village car le fondeur, installé à Genève, n’avait pas une grande distance à faire pour couler la cloche dans ce village. En 1813, une dernière cloche, fondue par Louis Gautier à Martigny (CH-VS) complète la sonnerie. Les deux plus petites cloches sont en fenêtre (cloche 2 à l’est, petite au nord) et la plus grande au centre du clocher. Toutes possèdent encore leurs battants d’origine, de même que leurs beaux jougs en bois aux ferrures forgées avec soin.














Évêché depuis le IVe siècle, Genève voit la religion prendre un virage déterminant au XVIe siècle. La Renaissance prend effet dans la cité avec la Réforme de Jean Calvin en 1536. Pendant plus de trois siècles, la religion catholique y est interdite. Au début du XIXe siècle, les catholiques obtiennent enfin un lieu de culte. L’église Saint Germain leur est rendue (elle est aujourd’hui catholique chrétienne). Peu après, ils reçoivent en cadeau un terrain en vue de construire une église, qui deviendra l’église Notre-Dame. Bâti entre 1851 et 1857 sur les plans d’Alexandre Grigny, ce superbe sanctuaire néo-gothique sera consacré le 8 septembre 1859. Dans le bas-côté sud, les armoiries des évêques de Genève du XIe au XXe siècle sont représentés. Dans les chapelles et sur les vitraux, des hommages sont rendus aux plus illustres : une chapelle est dédiée à Saint François de Sales, évêque d’Annecy-Genève, qui -après la Réforme- venait discrètement dans la citée Calviniste; un vitrail est dédié au Cardinal Jean Allarmet de Brogny qui a fait entre autres construire l’église 












