Beaune – Basilique Insigne-Collégiale Notre-Dame

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Quand nous évoquons la ville de Beaune, le géographe pense immédiatement à la Bourgogne et a ses ducs, l’amateur de vin pense aux vignes de la Côte-d’Or, et l’historien pense immédiatement aux Hospices puis à l’Insigne Collégiale, devenue Basilique mineure en 1958.
P1010072Henri le Vénérable, alors Duc de Bourgogne, souhaite vers 970 bâtir un édifice religieux plus important que l’église Saint Baudèle (aujourd’hui disparue) et d’y installer des chanoines. Le lieu de culte sera bâti vers l’an mil avec des pierres du castrum jadis au même emplacement. Vers 1130, les ducs souhaitent édifier une plus grande collégiale, marquant la prospérité de la cité. Elle sera agrandie quelques années après (seconde moitié du XIIe siècle). Deux travées de nef seront ajoutées afin d’accueillir tous les pèlerins venant à Beaune. L’église romane sera terminée au XIIIe siècle. C’était alors la plus grande de la cité, et une des plus imposantes du duché.
P1060783Au XIIIe siècle, la Collégiale est la proie d’un incendie. Elle sera alors restaurée, mais dans un style gothique, « l’art français » étant à la mode à cette époque. Les chapelles latérales sont dans un style gothique flamboyant. Les ouvertures supérieures de la nef sont sans aucun doutes romanes, mais ladite nef est renforcée par des arcs-boutants, signature du gothique. Dans les années 1330-1340 sera bâti le porche gothique.
La façade gothique est marquée par un formidable porche et par deux clochers carrés non achevés. On pouvait imaginer avec ces deux tours un édifice semblable a la réputée église Saint-Nicolas de Saint-Nectaire (Auvergne).
P1080546Le clocher, à la croisée du transept est de plusieurs époques. Sa « base » est du XIIe siècle. L’étage des cloches date du XIIIe siècle. Son dôme, enfin, a été reconstruit après un incendie dans les années 1580.
Le remarquable chevet à trois niveaux mérite une attention toute particulière. Il marie le roman, pour ses chapelles situé à sa base, et le gothique et ses arcs boutants pour la partie supérieure. Le chevet témoigne à lui seul de l’histoire mouvementée du sanctuaire et de la complémentarité des deux grands courants architecturaux moyenâgeux.
Contrairement à l’extérieur, l’intérieur est dans l’homogénéité la plus parfaite. La nef, ses bas côtés, son transept et son déambulatoire sont dans un style roman bourguignon.

Il est fort possible que des cloches soient installées dans le clocher de la collégiale depuis sa création. En 1266, on compte déjà 6 cloches. Au XVe siècle, 16 cloches se balancent dans la tour malgré quelques refontes au XVIe siècle. Au XVIIIe siècle l’ensemble campanaire subira de grandes modifications. En 1702, deux petites cloches sont (re)fondues. Elles sont encore installées dans le lanternon. Dans les années 1780, une multitudes de nouvelles cloches sont rajeunies, dont un bourdon de trois tonnes, nommée « Marie » qui remonte à 1470. Malheureusement toutes ces cloches, hormis les deux cloches de 1702, ont péri dans les tourbillons de la Révolution. Avant cette période atroce pour les cloches, la basilique de Beaune comprenait à son apogée une vingtaine de cloches. Elles ont été remplacées par quatre cloches du XIXe siècle, trois grosses fondues à Dijon, installées dans la tour, et une petite, installée avec les deux cloches du XVIIIe siècle dans le lanternon. Cette dernière a été fondue à Lyon.

Fondeur Année Diamètre (cm) Masse (kg)

Note

1

Fort père & fils 1810 139,1 1700 Ré ♭ 3
2 Fort père & fils 1815 123,4 1200

Mi ♭ 3

3

Fort père & fils 1810 112,6 800 Fa 3
4 Ch. Arragon 1888 70,7 225

Ré ♭ 4

5

Inconnu 1702 45,2 50 La 4
6 Inconn 1702 40,3 35

Si ♭ 4

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Le massif beffroi en bois, vestige de l’ensemble campanaire du XVIIIe siècle.
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Un grand merci au père Yves Frot, recteur de la basilique pour ses autorisations, ainsi qu’a M. Yannick Comte, sacristain, pour son accueil, sa disponibilité et sa gentillesse. Mention enfin au père Gonneaud, curé de Notre-Dame de Dijon et à Mike « Quasimodo » pour leur collaboration et les moments de convivialité en ce samedi 27 juin.

Sources :
Galloux : cloches et inscriptions campanaires de Beaune, 1980
Matthias Walter, campanologue
Bourgogne Romane
Ville de Beaune

A voir également :
Paroisse de Beaune

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Paris – Basilique du Sacré-Cœur (Montmartre)

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Cela fait quelques décennies que la Butte Montmartre est mondialement célèbre pour sa basilique. Mais l’endroit a toujours été un lieu propice au culte et au pélerinage. Les romains y ont fait construire deux temples, dédiés à Mars et à Vénus. C’est sur cette colline que fut martyrisé Saint-Denis, premier évêque de Paris. La première chapelle chrétienne a été placée sous la protection du martyr au Ve siècle. 1500 ans se sont écoulés, et la butte abrite deux églises paroissiales, dont l’église Saint Pierre, la plus ancienne de Paris, trois communautés religieuses et la célèbre Basilique du Sacré-Cœur.
SCM PHOTO10L’histoire de la basilique commence à la fin de la guerre de 1870 opposant les Français aux Prussiens. Alors que la France panse sa défaite, Messieurs Legentil et Rohault de Fleury décident d’édifier une église consacrée au Sacré-Cœur pour réparer les pêchés commis, car pour eux, cette défaite provient du Ciel et non de la politique. Fin 1872, le cardinal-archevêque de Paris Guibert approuve ce vœu, et choisit Montmartre comme lieu d’édification. Un an après, l’Assemblée Nationale reconnaît l’utilité publique de la construction. Début 1874, un concours est lancé pour choisir l’architecte en charge du projet. Le lauréat, Paul Abadie, opte pour un édifice néo-romano-byzantin. Six autres architectes lui succéderont pour superviser le travail à accomplir.
La première pierre est posée en juin 1875. Avant que la basilique ne sorte de terre, il aura fallu creuser jusqu’à 33 mètres de profondeur pour que le monument ne s’enfonce pas dans le sol constitué de glaise. En 1878, les bâtisseurs peuvent enfin commencer la crypte, puis l’église et ses murs trois ans après. En 1891, le sanctuaire est inauguré par le cardinal Richard, alors que le grand dôme est encore absent.

246525_337244826351155_606111573_nLe campanile, à l’arrière de l’édifice, sera achevé en 1912 sous les plans de Lucien Magne. En raison de la Première Guerre mondiale, l’édifice, qui devait être consacré fin 1914, ne le sera qu’en 1919 par le cardinal Amette. C’est à ce moment que l’église est élevée au rang de basilique mineure. La mosaïque du Christ en gloire est inaugurée, quant à elle, en 1923.Le campanile à l’arrière de la basilique abrite aujourd’hui cinq cloches, dont la plus grosse de France. En réalité, il en a compté bien plus jusqu’au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Depuis sa construction, la Savoyarde en a été la pièce maîtresse.

549551_347387318670239_2023822411_nOn doit cette immense cloche à Mgr. Leuillieux, archevêque de Chambéry. C’est lui qui en a eu l’idée et qui lança officiellement la souscription en janvier 1889 pour fondre une cloche destinée au campanile de la basilique. Ce fut la contribution officielle de la Savoie à France, pour le Vœu National, mais aussi pour son rattachement à l’Hexagone le 12 juin 1860. L’ecclésiastique avait ajouté que les familles, municipalités, paroisses et confréries les plus généreuses auraient leurs noms ou armes gravés sur la cloche. 406346_347387792003525_1285558239_nLa commande est passée le 27 octobre de la même année, et la coulée effectuée le 12 mai 1891 par la fonderie Paccard d’Annecy-le-Vieux. Curieusement, la date inscrite sur la cloche est 1890. De son vrai nom « Françoise Marguerite du Sacré-Cœur de Jésus », la Savoyarde effectue son entrée dans la capitale le 15 octobre 1895. Elle était partie d’Annecy cinq jours auparavant. En 1892, l’entreprise familiale se demandait déjà comment l’acheminer jusqu’à l’église. Le bourdon fut hissé sur la butte par vingt-six chevaux et les rues empruntées furent sablées pour faciliter le travail des percherons. La cloche fut solennellement bénite le 21 novembre 1895 par le cardinal Richard, des milliers de fidèles et des centaines de religieux assistèrent à la cérémonie. L’église fut décorée avec le plus grand soin pour cet événement unique. L’office fut scindé en deux : la première partie se déroula dans le monument encore en travaux, alors que la bénédiction proprement dite se tint à l’extérieur, où se trouvait la Savoyarde, à savoir au pied du campanile, lui aussi en construction. Quatre jours après la bénédiction, une fête populaire (mais religieuse) fut présidée cette fois par l’archevêque de Chambéry, accompagné de ses vicaires, de prêtres savoyards et -entre autres- des évêques de Bayeux et d’Évreux.
403820_337246153017689_1810226077_nInstallée sur un beffroi provisoire en bois depuis son arrivée, la cloche fut sabotée en 1905. Les autorités, peinées, ne souhaitaient tout d’abord plus la faire sonner. Malgré cet incident, la Savoyarde fut hissée dans le campanile en mars 1907. SCM PHOTO14C’est en octobre qu’elle se fit entendre pour la première fois depuis son emplacement définitif, alors que le campanile n’était pas encore achevé. Installé en « lancé », le bourdon nécessitait huit hommes pour appuyer sur les pédales (comme à Saint-Denis) et s’accrocher aux cordes pour sa mise en branle. Avec ses équipements, il pesait 27 tonnes. En 1908, M. Bollée, fondeur de cloches, est chargé d’optimiser la volée de la Savoyarde, mais aussi d’installer un marteau de tintement pour un usage plus quotidien. Ce marteau, aujourd’hui électrique, lui permet de retentir lors de l’élévation. En 1947, Paccard installe la cloche en rétro-lancé, car elle fragilisait son campanile.
300912_470524006356569_999135566_nLa Savoyarde n’est aujourd’hui plus la seule voix du Sacré-Cœur. Quatre autres cloches, plus modestes, y sont installées depuis 1969. Placées au dessus du bourdon, elles proviennent de l’église Saint Roch, aujourd’hui muette. Elles succèdent à un carillon de 37 cloches fondu par la fonderie alsacienne Causard. Bien qu’il ait survécu à la seconde guerre mondiale et aux Allemands, ce carillon électrique, d’un poids de 1’357 kg, est porté disparu en 1946. On ne connaît pas le(s) motif(s) de son démontage.

Nom Fondeur Année Diamètre (cm) Masse (kg)

Note

1 Françoise-Marguerite du Sacré-Cœur, dite « Savoyarde » G&F Paccard 1891 303 18835

Do ♯ 2

2

Félicité Hildebrand 1838 148,6 1800 Do 3
3 Louise Hildebrand 1838 132,4 1300

Ré 3

4

Hyacinthe Elisabeth Hildebrand 1839 119,4 1000 Mi 3
5 Nicole Hildebrand 1838 110,1 800

Fa 3

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La Savoyarde, plus grosse cloche de France.
SCM PHOTO4 SCM PHOTO3 SCM PHOTO2 SCM PHOTO8 SCM PHOTO7 SCM PHOTO6 SCM PHOTO9

Nous allons maintenant nous déplacer au Sénat : il abrite la petite soeur de la Savoyarde. Fondue en 2010 dans les jardins du Palais du Luxembourg, cette miniature commémore le 150ème anniversaire du rattachement de la Savoie à la France. C’est la réplique au 1/6ème de la plus grosse cloche de France (diamètre de 50cm, 6 fois plus petite). Les inscriptions ont néanmoins été actualisées et tous les décors n’ont malheureusement pas pu être reproduits, car l’original, comme vous avez pu le constater, est richement décoré. Cette petite cloche pèse 150 kilos et sonne le Mi4.

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La « petite soeur de la Savoyarde ».
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Un grand merci à Monseigneur Jean Laverton, recteur de la basilique, Jacqueline Wormit (direction des affaires culturelles) et au service presse de la mairie de Paris. Des remerciements nourris au gardien de l’édifice pour nous avoir ouvert et accompagné. Mention spéciale à Mike « Quasimodo », Jérôme « Carillons Tarnais », Philippe « Senonais », Matthias, Denis-Pierre et Jean-Marie pour leur précieuse collaboration.
291586_337244939684477_641565284_oMes remerciements également à M. Loïc Hervé, sénateur de la Haute-Savoie, pour la visite guidée du Palais du Luxembourg (Sénat) qui abrite la petite sœur de la Savoyarde.


Sources :

Basilique du Sacré-Coeur de Montmartre
Matthias Walter, campanologue à Berne
Fonderie Paccard
Divers journaux et articles parus entre 1889 et 1907
Collections privées

Les textes, photos, vidéo, sont la propriété de leurs auteurs et ne sont pas libres de droits.
A. Cordoba, J. Boutié, C.-M. Mevs, P. Simonnet, M. Walter, D.P. Villenave, J.-M. Premat
Basilique du Sacré-Coeur – Mairie de Paris

Courmayeur – Eglise Saint Pantaléon

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Dédiée à Saint Pantaléon, patron des médecins, l’église de Courmayeur figure parmi les joyaux de l’art baroque en Vallée d’Aoste. La première mention d’un sanctuaire remonte à 1227. De celui-ci subsiste la base de la tour-clocher. Le sommet date quant à lui du XVe siècle. Le lieu de culte actuel fut consacré en 1742 par Pierre-François de Sales, évêque d’Aoste, né à Thorens-Glières en Haute-Savoie, membre de la famille de Saint François de Sales. L’édifice est le fruit du travail de trois maçons du Valsesia, MM. Michel & Jean-Pierre Mourqua et Pierre Caristia. La structure sera renforcée entre 1997 et 1999. C’est lors de ces travaux qu’on se rend compte que l’église actuelle est bâtie sur un éboulement, celui-là même qui a ravagé le précédent lieu de culte. Le retable central est dédié à la Vierge du Rosaire. Les autels latéraux sont dédiés à Sainte Rita et au Sacré-Cœur. L’orgue, quant à lui, est entièrement neuf. Il a été construit en 2012 par le facteur d’orgues Vegezzi-Bossi.

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L’église de Courmayeur ne compte pas moins de huit cloches. Cinq d’entre elles peuvent sonner à la volée et les sept plus grandes sont munies de marteaux pour carillonner. Ce sont ces mêmes cloches qui sont installées dans la tour-clocher. La plus petite cloche se situe dans un discret clocher mur au dessus de la sacristie. C’est une sonnerie historique qui a véritablement été constituée au XVIIe siècle. Les autres cloches datent quant à elles du XVIe, XIXe et XXe siècle. Ces deux dernières ont été coulées en 1967 par la fonderie Achille Mazzola, qui a fermé en 2003, mais qui a commencé ses activités au XVe siècle!

Fondeur Année Diamètre (cm) Masse (kg)

Note

1

Picasso 1859 110,3 800 Mi 3
2   1673 88,5 350

La 3

3

Achille Mazzola 1967 70,5 250 Si 3
4   1557 70,3 230

Do ♯ 4

5

  1604 63,2 150 Ré 4
6 Achille Mazzola 1967 53,5 100

Mi 4

7

  1673 40 48,2 La 4
8   XVIIème    

Si 4

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Dominant la place de l’église, les cloches 4 et 5 (volée). 
P1010202 P1010148 P1010147 P1010153 P1010203 P1010176 P1010154 P1010183 P1010208 P1010108

Un grand merci au père Mario Trigali, curé de Courmayeur pour son autorisation et à Alex « Fred Phos » pour l’organisation.

LIENS :

Courmayeur sur Wikipédia France
Eglise sur Wikipédia France
Paroisse de Courmayeur (site Italien)
Eglise sur Wikipédia Italie

Publier – Eglise Saint Ferréol

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Placée sous le vocable de Saint Ferréol, martyr au IIIe siècle, l’église de Publier surplombe fièrement le plus grand lac d’Europe qu’est le Léman. Construite dans le style néoclassique sarde entre 1826 et 1831, elle a subi dernièrement une importante rénovation. Elle présente aujourd’hui un aspect plus contemporain. En pénétrant dans le sanctuaire paroissial, on se rend compte de l’absence de maître-autel. Il est remplacé par une fresque représentant Emmaüs. Sur les bas-côtés, deux chapelles latérales avec des autels néoclassiques. Le clocher, qui remplit la fonction de porche, est couronné d’une haute flèche.

Le clocher cache trois cloches, toutes trois fondues en 1834 par les frères Claude & Jean-Pierre Paccard. Il semblerait qu’en 1906, l’installation ait été révisée, car elles sont désormais équipées de jougs cintrés et de battants pour la volée en « rétro-lancé ». Breveté en 1891 par les frères G&F Paccard, ce système pemettait aux sonneurs de sonner les cloches plus facilement mais aussi de réduire les forces sur le beffroi et le clocher lors de la volée. Le joug étant cintré, cela permet également d’installer des cloches plus conséquentes dans de modestes clochers. C’est cette même année qu’une des paroisses voisines (Saint-Paul-en-Chablais) a refondu ses quatre cloches suite à un incendie. Les trois cloches de Publier égrènent un plus ou moins joyeux « Pater Noster » (accord « campanaire » donné à la suite de notes) audible lors des funérailles.

Diamètre (cm) Masse (kg) Note
1 121 1100

Mi 3

2

109 750 Fa ♯ 3
3 96 550

Sol ♯ 3

Faites à Quintal près d’Annecy l’an 1834 par les frères Claude et Jean-Pierre Paccard

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Les trois cloches, installées depuis 1834 sur leur beffroi en bois. 
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Un grand merci au père Colloud, prêtre résidant de Publier, pour son aimable autorisation. Merci à Philippe pour les photos de l’édifice. Mention à Mike et Jean-Marcel, également présents pour cette étape de la journée du 2 mai 2015.

LIENS :

Publier sur Wikipédia
Paroisse Saint-André en Gavot (Évian)

Dijon – Eglise Saint Michel

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Le premier sanctuaire construit à l’emplacement de l’église Saint Michel remonte à 889. Il est certain que l’édifice était en bois. Devenu rapidement exigu, il fut très vite reconstruit sous l’impulsion de l’abbé de l’église Saint Étienne, édifice voisin aujourd’hui désacralisé. Saint Michel mesurait alors 58,44m de longueur et 9,74m de largeur. Son fondateur y a été inhumé en 1051. En 1497, le monument jugé « petit » par rapport au nombres de fidèles est rebâti. Les travaux sont interrompus en 1507 puis en 1513, lorsque la nef gothique fut achevée. Des mystères planent autour du chœur, car il a été allongé en conservant l’ouverture côté ouest (elle n’a donc pas été détruite). Les familles riches font bâtir – à leurs frais – des chapelles latérales. Vite édifiée, l’église sera consacrée en 1529. Cependant elle ne prendra sa forme actuelle qu’en 1667, date à laquelle la dernière des deux tours en façade est achevée. La façade figure parmi les plus remarquables de France, car elle mêle les styles gothique et renaissance. Ce mélange de courants architecturaux est expliqué par l’importance que les bourguignons donnaient au retour des formes antiques et l’influence de l’art italien.

P1000996Les huit cloches que compte l’édifice sont installées dans le clocher s’élevant sur le transept, et non dans les deux tours de façade. Six d’entre elles peuvent sonner à la volée, et deux sont fixes. Ces deux cloches tintant les quarts datent de 1560. Ce sont donc les doyennes de la sonnerie. Elles étaient auparavant accompagnées d’une cloche fondue en 1583, également pour l’horloge. L’heure est sonnée sur le bourdon, fondu en 1572 dans un profil lourd. Il était accompagné de deux cloches fondues en 1814. En 1860, une nouvelle cloche, fondue par des lorrains, est ajoutée. La sonnerie ne prendra véritablement sa forme actuelle qu’en 1899 avec la fonte de quatre nouvelles cloches par Arthur Farnier, installé à Dijon. Il est fort probable que les deux cloches fondues il y a tout juste deux siècles aient quitté le clocher à ce moment-là en vue d’être refondues.

Nom Fondeur Année Diamètre (cm) Masse (kg)

Note

1

  Mauris Jornot 1572 169,9 3150 Si 2
2 Armande Arthur Farnier 1899 140 1746

Do ♯ 3

3

Suzanne Arthur Farnier 1899 127,1 1271 Ré ♯ 3
4 Marie Arthur Farnier 1899 105,6 751

Fa ♯ 3

5

  Petitfour & Richebourg 1860 91,2 480 La 3
6 Catherine Arthur Farnier 1899 79 321

Si 3

7

    1560 43,5 50 Si 4
8 Barbe   1560 38,7 40

Do ♯ 5

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Vue sur le bourdon et les cloches 3 et 6.
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Le métier de saintier, puis fondeur de cloches remonte au XVIIIe siècle pour les Farnier, originaires du Bassigny (Lorraine). Associés en 1877 à la fonderie de Robécourt (F-88), Arthur se sépare de son frère Ferdinand en 1894. Il partira pour s’installer à Dijon, rue de Jouvence, pour créer la fonderie Saint-Bernard qui se voudra d’abord concurrente, puis complémentaire de la fonderie lorraine. En 1902, le fis d’Arthur, Adolphe, est associé à la fonderie Saint-Bernard. 1906 sonnera le glas de cette association et la fonderie sera cédée à Eugène Farnier, neveu d’Arthur et cousin d’Adolphe. Parallèlement, Adolphe s’installe à Velars sur Ouche (F-21). Il est probable que la seconde guerre mondiale stoppa les activités de ces différentes fonderies.

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Un grand merci au père Bernard Card, curé de la paroisse Saint Michel de Dijon pour son aimable autorisation ainsi qu’à Paul-Even Du Fou, sacristain pour son accueil et sa disponibilité. Des remerciements nourris à Matthias Walter, campanologue à Berne (CH) pour la mise a disposition de son relevé réalisé en 1999. Enfin, mention au père Gonnaud, curé de l’église Notre-Dame ; au père Christophe « Cloches71 » et Adrien pour leur précieuse collaboration et les moments d’amitié.

LIENS :

Eglise Saint-Michel (Wikipédia)
Eglise Saint-Michel (Patrimoine et Histoire)
Paroisse Saint-Michel
Dijon (Wikipédia)
Fondeurs de Cloches du Bassigny

 

Nuits Saint Georges – Eglise Saint Denis

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Situé en plein cœur de la Côte de Nuits entre Dijon et Beaune, Nuits Saint Georges est un nom bien connu. Ses vignes sont réputées dans le monde entier. Cette commune bourguignonne s’agence autour de deux églises : l’église Saint Symphorien et l’église Saint Denis. Cette dernière est la plus récente. Elle a été construite au XIXe siècle avec une architecture néo-romane à l’emplacement d’un autre édifice édifié par les chanoines du Chapitre de Saint-Denis de Vergy. L’orgue, conçu par le célèbre facteur Aristide Cavaillé Coll en 1878, est un des éléments les plus remarquables. Il faut également préciser que l’autel n’est pas dans le chœur de l’église mais dans le bas-côté à mi-hauteur de la nef selon les volontés de l’ancien curé de la paroisse. Aujourd’hui encore, son emplacement reste sujet à débat.
Le clocher de l’église abrite depuis 2011 deux cloches. La plus ancienne, datée de 1899, a été fondue à Dijon. En 2010, la famille Thomas offre la plus grande cloche qui pèse tout de même 1’500 kilos. Elle est coulée chez Paccard, à Sévrier, le 20 janvier 2011, puis bénie par le curé de la paroisse le 29 février suivant. C’est elle qui sonne seule lors des obsèques. Elle est accompagnée par sa petite sœur pour annoncer les offices.

Nom Fondeur Année Diamètre (cm) Masse (kg)

Note

1

Marie Hélène Paccard 2011   1500 Ré 3
2 Elisabeth Jeanne Marie Arthur Farnier 1899   760

Fa 3

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Un grand merci au père Yves Frot, curé administrateur, pour son aimable autorisation et à M. Gilles Turmel, sacristain, pour son accueil et sa disponibilité. Enfin, mention à mes camarades Christophe « Cloches71 » et Adrien pour leur précieuse collaboration!

LIENS :

Nuits sur Wikipédia
Paroisse
Eglise sur l’Office du Tourisme
Office du Tourisme

Vallorcine – Eglise Notre-Dame de l’Assomption

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Cela fait maintenant près de 750 ans qu’un édifice religieux est construit près de la frontière franco-suisse, soit juste après l’installation des colons Walser provenant du Haut-Valais. La paroisse est édifiée en 1272 par Richard, prieur de l’abbaye de Chamonix. 16 ans plus tard, l’église est reconstruite et placée sous le vocable de Notre-Dame. En 1756, le syndic et le conseil de Vallorcine devront reconstruire l’église, usée par le poids des ans. L’emplacement de la nouvelle église fait toutefois débat, en raison de la géographe de la paroisse et ses hameaux éparpillés. Certains voulaient la laisser à sa place et d’autres la construire dans le hameau du Nant, épargné par les avalanches et à mi-distance de tous. Le curé agira en médiateur et arrivera à convaincre tout le monde de la reconstruire à la même place. Domenico Guelino assure le bon déroulement des travaux qui prennent fin en 1757. Il a également été le maître-maçon de l’hôpital de Martigny (CH-VS) et de l’église des Contamines-Montjoie (F-74). Le retable baroque, enlevé en 1956, était une réalisation baroque installé en 1838.

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Un élément plutôt inhabituel entoure l’église, ou plutôt la protège. Il s’agit d’une « tourne » (turne en patois). Une première avalanche avait endommagé l’église en 1594, à cause d’une mauvaise turne en bois. Durant l’hiver 1719-1720, une nouvelle avalanche a raison de la turne. Une nouvelle sera alors construite. Aujourd’hui, l’église semble excentrée du village. Il est bon de préciser que ce n’est pas elle qui s’en est éloignée mais le chef-lieu tout entier. Autrefois, il jouxtait l’église, avant d’être détruit par l’avalanche du 6 mars 1674. Dans l’hiver 1802-1803, une nouvelle grande avalanche investit toute la plaine de Vallorcine, épargnant l’édifice. Cependant en 1843, une avalanche plus grosse encore détruit le clocher et endommage en partie l’église et le presbytère. Le clocher sera rebâti et la turne consolidée. En 1861 et 1953, elle subit de nouvelles restaurations. La dernière en date date de 2006.

Le clocher de l’église abrite trois cloches. Fait plutôt insolite à notre époque, elles sont encore actionnées à la main! Il est évidemment dans la volonté des paroissiens et des autorités de conserver cette tradition devenue rare à cause de la fée électricité. Il s’agit de la dernière église paroissiale où les sonneurs remplP1000727acent des moteurs dans le département. En 1793, la France est plongée en pleine Révolution et la Savoie est annexée à la France. Sur ordre des Révolutionnaires, les cloches doivent être cassées. Les Vallorcins s’y opposent. Finalement, ils devront casser eux mêmes leurs cloches. Il y avait trois cloches : la grande de 488 livres, la « neuve » de 356 livres et la petite de 302 livres. Le commissaire de la vallée a la condescendance d’en épargner une, probablement la plus grande, encore en place (fondue par Jean-Baptiste Chrétiennot en 1735). Il est fort probable que la « neuve » ait été fondue par Louis Léonard en 1774. Fait étrange, la plus petite des cloches a été fondue par Gaspard Duonna en 1779, alors qu’il est attesté en 1793 qu’une seule une cloche a été conservée. Bien que certaines paroisses aient réussi à déjouer les Révolutionnaires en cachant des cloches, il est fort possible que cette petite dame de bronze n’ait pas joué à cache-cache. En effet, la cloche cite le curé et le syndic de Sanson. De même, la marraine ne possède pas de patronyme vallorcin et n’apparaît pas dans les actes de l’époque. Dans le Doubs, une commune nommée « Samson » est peut-être la clé de l’énigme. Il est fort possible que la cloche provienne de ce village car le fondeur, installé à Genève, n’avait pas une grande distance à faire pour couler la cloche dans ce village. En 1813, une dernière cloche, fondue par Louis Gautier à Martigny (CH-VS) complète la sonnerie. Les deux plus petites cloches sont en fenêtre (cloche 2 à l’est, petite au nord) et la plus grande au centre du clocher. Toutes possèdent encore leurs battants d’origine, de même que leurs beaux jougs en bois aux ferrures forgées avec soin.
Aujourd’hui encore, l’ordonnance des sonneries est des plus précises : lors des enterrements les trois cloches sont mises en volée. Autrefois, pour l’annonce du décès, les coups étaient comptés et se basaient sur la grande cloche : 100 pour une femme et 120 pour un homme. Aux mariages, les trois cloches sonnent également la grande volée. La messe est annoncée par la grand’cloche, les baptêmes sont carillonnés sur les trois cloches et le tocsin est sonné sur la plus petite des cloches.

Nom Fondeur Année Diamètre (cm) Masse (kg) Note
1 JB Chrétiennot 1735 94,3 500

La 3

2

Marie Josephte Louis Gautier 1813 72,7 250 Do ♯ 4
3 Gaspard Déonna 1778 57,5 100

Mi 4

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La petite cloche, décorée avec soin.
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Un grand merci à M. Le Maire de Vallorcine et au chanoine Liaudat, curé de Finhaut et prêtre de Vallorcine pour leurs aimables autorisations. Des remerciements nourris à Mme Dominique Ancey, pour l’accès au clocher et à M. Jean-Marie Dunand, sonneur, pour ses précieuses indications. Mention à Mike « Quasimodo Sonneur de Cloches« , Mehdi « Les Cloches Comtoises » et Alex « Fred Phos » pour l’aide apportée à la réalisation de ce reportage.

LIENS :

Village de Vallorcine
Mairie de Vallorcine
Vallorcine sur Wikipédia
Paroisse Saint Bernard du Mont-Blanc

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Finhaut – Eglise Notre-Dame de l’Assomption

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La création d’une paroisse à Finhaut remonte au XVIIe siècle. Le territoire dépend alors de la paroisse de Salvan. Entre 1632 et 1638, la peste s’abat sur le village valaisan. Ne pouvant plus emmener leurs morts à l’église de Salvan, les villageois les enterrent à Finhaut. En 1638, l’abbaye de Saint-Maurice, dont dépend encore aujourd’hui la paroisse, autorise Finhaut à s’émanciper et à construire une église paroissiale à ses frais. Une petite chapelle est édifiée. Agrandie en 1652, elle est placée sous la protection de Notre-Dame, Saint Maurice et ses compagnons et Saint Sébastien. Au début du XXe siècle, l’édifice se révèle être trop exigu pour la communauté. Le conseil bourgeoisial convient en 1901 d’en reconstruire une nouvelle avec une grande contrainte : le nouveau sanctuaire doit pendre la place de l’ancien. Plusieurs projets seront alors soumis audit conseil en 1902, 1914 et 1917, mais tout seront abandonnés. Le projet qui retiendra favorablement son attention ne viendra qu’en 1927, portant la griffe de Fernand Dumas, architecte réputé en Suisse Romande. Comme convenu, le monument est repris intégralement, mais seul le clocher subsiste et fait un trait d’union avec l’ancien édifice. Il sera tout de même rehaussé d’un étage. De l’extérieur, l’église parait sobre, mais en poussant la porte, on découvre une nef surplombée par une charpente au bois vernie. Après l’avoir auscultée dans toute sa longueur, nos yeux sont immédiatement interpellés par le retable baroque de l’ancien édifice. Les couleurs de l’intérieur donnent à ce lieu de culte une richesse et une saveur particulière. Ceci est dû en partie à la restauration de 2001/2002 effectuée sous la direction de Jacques Dumas, fils de Fernand.
P1120404Le clocher de l’église abrite au total 26 cloches. Les trois plus anciennes sonnent à la volée pour l’angélus, les offices et les moments forts des paroissiens. Depuis 1995, elles sont accompagnées par 23 nouvelles cloches. Le carillon a été financé en grande partie par Roger Lugon-Moulin (1926-2009). Sa dernière demeure, signalée par une cloche installée sur sa pierre tombale, trône face au clocher, comme si depuis sa dernière demeure, il continuait à veiller sur « son » carillon. Quelques cloches ont également été financées par la société du troisième âge de Finhaut. Les 5 plus grandes cloches possèdent des noms « Bernadette », « Claire », « Lucie », « Marie Madeleine », « Anne ». Des autres cloches rendent hommage à des membre de la famille Lugon-Moulin décédés avant 1995. Sa tessiture est : Sol3 La3 Si3 chromatique Sol5.

Fondeur Année Diamètre (cm) Masse (kg) Note
1 Samuel Tréboux 1852 97,7 500

Sol 3

2

Livremont 1750 74,1 250 Si 3
3 Samuel Tréboux 1852 62 120

Ré ♯ 4

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Quelques cloches du carillon…
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Écouter l’intégralité (5 minutes) du programme  lancé pour les visites de l’église.

Des remerciements nourris au chanoine Jean-Pierre Liaudat, curé de Finhaut pour son aimable autorisation et sa disponibilité. Mention à Mike « Quasimodo » et Mehdi « Les Cloches Comtoises » pour l’aide apportée à la réalisation de ce reportage. Enfin, mention à Alex « Fred Phos » également de la partie pour cette étape de la virée du 15 avril 2015.

Liens :

Commune
Eglise
Paroisse Notre-Dame des Glaciers
Paroisse Saint Bernard du Mont-Blanc

 

Genève – Basilique Notre-Dame

P1000515Évêché depuis le IVe siècle, Genève voit la religion prendre un virage déterminant au XVIe siècle. La Renaissance prend effet dans la cité avec la Réforme de Jean Calvin en 1536. Pendant plus de trois siècles, la religion catholique y est interdite. Au début du XIXe siècle, les catholiques obtiennent enfin un lieu de culte. L’église Saint Germain leur est rendue (elle est aujourd’hui catholique chrétienne). Peu après, ils reçoivent en cadeau un terrain en vue de construire une église, qui deviendra l’église Notre-Dame. Bâti entre 1851 et 1857 sur les plans d’Alexandre Grigny, ce superbe sanctuaire néo-gothique sera consacré le 8 septembre 1859.  Dans le bas-côté sud, les armoiries des évêques de Genève du XIe au XXe siècle sont représentés. Dans les chapelles et sur les vitraux, des hommages sont rendus aux plus illustres : une chapelle est dédiée à Saint François de Sales, évêque d’Annecy-Genève, qui -après la Réforme- venait discrètement dans la citée Calviniste; un vitrail est dédié au Cardinal Jean Allarmet de Brogny qui a fait entre autres construire l’église Saint Maurice d’Annecy et la chapelle des Macchabées de la cathédrale réformée Saint-Pierre. L’église Notre-Dame est élevée au rang de basilique mineure en 1954. L’édifice est un lieu de prières pour les croyants du monde entier mais aussi un endroit particulièrement aimé des Genevois. La statue de Notre-Dame, offerte par Pie IX, y est particulièrement vénérée.

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L’unique cloche nommée « Marie Augustine » en reconnaissance à sa bienfaitrice Madame Augustine de Monthoux a été fondue par Jean-Claude Burdin (Burdin Fils Ainé) en 1861. D’un poids estimé à 1’500 kilos (1639 avec son battant d’origine) elle mesure 133,5cm de diamètre et sonne le Ré3. Bénie en 1861, elle ne sera installée dans la tour qu’en 1862. Électrifiée en 1935, elle sonne automatiquement a 12h et 18h l’angélus et à 9h50 le dimanche. Elle est également mise en volée pour les mariages.

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Un immense merci au père Pierre Jaquet, recteur de la basilique pour son aimable autorisation ; à M. Richard Batjom, sacristain et à son collègue, M. Serge Laurent, pour sa disponibilité et pour la visite passionnante de ce monument si cher aux Genevois. Mention spéciale à Mike « Quasimodo Sonneur de Cloches » et Matthias Walter, campanologue à Berne (CH-BE) pour l’aide apportée à la réalisation de ce reportage.

LIENS :

http://cath-ge.ch/notre-dame
https://fr.wikipedia.org/wiki/Basilique_Notre-Dame_de_Gen%C3%A8ve

 

Saint Sigismond – Eglise Saint Sigismond

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Perchée à plus de 900 mètres d’altitude, l’église de Saint Sigismond présente toutes les caractéristiques de l’art religieux baroque savoyard, l’élément le plus remarquable étant son clocher bulbe. En poussant la porte du monument, le fidèle assiste à une véritable rupture entre l’extérieur, plein de sobriété, et les trois retables, d’une grande richesse. Les origines de l’église remontent au XIIIe siècle, lorsqu’une une paroisse fut érigée par le père Nicod Festie. En 1471, l’église subit une cure de jouvence. De cette période gothique ne subsiste que la porte latérale avec ses trois arcs brisés. En 1823, l’église est jugée délabrée par l’abbé Le Rouge. Sa reconstruction tout en conservant certains éléments (retables baroques avec une inspiration néoclassique) explique le style presque éclectique du sanctuaire.

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La sonnerie est composée de trois cloches. Les deux plus grandes ont été fondues en 1845 par les frères Paccard à Quintal. La cloche 2 est la refonte d’une cloche de 1560, augmentée de 7 quintaux. La petite cloche est la plus mystérieuse. De facture baroque, ses inscriptions ont été limées. Cette cloche, sans doute antérieure à la Révolution, est attribuée à la dynastie des Livremont, originaires de Pontarlier. Quelques décennies avant la Révolution, Jean-François Livremont s’était établi à Annecy. Une cloche de ce fondeur est suspendue dans le clocher voisin de Châtillon sur Cluses. Un autre membre de sa famille, Antoine, a fondu une cloche au Grand Bornand et l’ancien carillon de Megève, dont il ne reste aujourd’hui qu’une seule cloche.

Nom Fondeur Année Diamètre (cm) Masse (kg) Note
1   Frères Paccard 1845 143,1 1700

Ré ♭ 3

2

Sigismonde Frères Paccard 1845 114,6 900 Fa 3
3   Livremont ? XVIIIème 88,2 400

La ♭ 3

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La grande cloche.
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De vifs remerciements à Madame le Maire pour son aimable autorisation, et à la secrétaire de mairie pour l’accueil. Remerciements nourris à Mike « Quasimodo » et Matthias Walter, campanologue à Berne, pour l’P1060151aide apporté à la réalisation de ce reportage. Enfin, mention à Fred Phos, également de la partie.

LIENS :

http://saint-sigismond.fr
http://saintsigismond.free.fr
http://fr.wikipedia.org/wiki/Saint-Sigismond_%28Haute-Savoie%29
http://quasimodosonneurdecloches.ch

 

P1060138L’horloge mécanique, encore en place.