Situé en plein cœur de la Côte de Nuits entre Dijon et Beaune, Nuits Saint Georges est un nom bien connu. Ses vignes sont réputées dans le monde entier. Cette commune bourguignonne s’agence autour de deux églises : l’église Saint Symphorien et l’église Saint Denis. Cette dernière est la plus récente. Elle a été construite au XIXe siècle avec une architecture néo-romane à l’emplacement d’un autre édifice édifié par les chanoines du Chapitre de Saint-Denis de Vergy. L’orgue, conçu par le célèbre facteur Aristide Cavaillé Coll en 1878, est un des éléments les plus remarquables. Il faut également préciser que l’autel n’est pas dans le chœur de l’église mais dans le bas-côté à mi-hauteur de la nef selon les volontés de l’ancien curé de la paroisse. Aujourd’hui encore, son emplacement reste sujet à débat.
Le clocher de l’église abrite depuis 2011 deux cloches. La plus ancienne, datée de 1899, a été fondue à Dijon. En 2010, la famille Thomas offre la plus grande cloche qui pèse tout de même 1’500 kilos. Elle est coulée chez Paccard, à Sévrier, le 20 janvier 2011, puis bénie par le curé de la paroisse le 29 février suivant. C’est elle qui sonne seule lors des obsèques. Elle est accompagnée par sa petite sœur pour annoncer les offices.
N°
Nom
Fondeur
Année
Diamètre (cm)
Masse (kg)
Note
1
Marie Hélène
Paccard
2011
1500
Ré 3
2
Elisabeth Jeanne Marie
Arthur Farnier
1899
760
Fa 3
Un grand merci au père Yves Frot, curé administrateur, pour son aimable autorisation et à M. Gilles Turmel, sacristain, pour son accueil et sa disponibilité. Enfin, mention à mes camarades Christophe « Cloches71 » et Adrien pour leur précieuse collaboration!
Cela fait maintenant près de 750 ans qu’un édifice religieux est construit près de la frontière franco-suisse, soit juste après l’installation des colons Walser provenant du Haut-Valais. La paroisse est édifiée en 1272 par Richard, prieur de l’abbaye de Chamonix. 16 ans plus tard, l’église est reconstruite et placée sous le vocable de Notre-Dame. En 1756, le syndic et le conseil de Vallorcine devront reconstruire l’église, usée par le poids des ans. L’emplacement de la nouvelle église fait toutefois débat, en raison de la géographe de la paroisse et ses hameaux éparpillés. Certains voulaient la laisser à sa place et d’autres la construire dans le hameau du Nant, épargné par les avalanches et à mi-distance de tous. Le curé agira en médiateur et arrivera à convaincre tout le monde de la reconstruire à la même place. Domenico Guelino assure le bon déroulement des travaux qui prennent fin en 1757. Il a également été le maître-maçon de l’hôpital de Martigny (CH-VS) et de l’église des Contamines-Montjoie (F-74). Le retable baroque, enlevé en 1956, était une réalisation baroque installé en 1838.
Un élément plutôt inhabituel entoure l’église, ou plutôt la protège. Il s’agit d’une « tourne » (turne en patois). Une première avalanche avait endommagé l’église en 1594, à cause d’une mauvaise turne en bois. Durant l’hiver 1719-1720, une nouvelle avalanche a raison de la turne. Une nouvelle sera alors construite. Aujourd’hui, l’église semble excentrée du village. Il est bon de préciser que ce n’est pas elle qui s’en est éloignée mais le chef-lieu tout entier. Autrefois, il jouxtait l’église, avant d’être détruit par l’avalanche du 6 mars 1674. Dans l’hiver 1802-1803, une nouvelle grande avalanche investit toute la plaine de Vallorcine, épargnant l’édifice. Cependant en 1843, une avalanche plus grosse encore détruit le clocher et endommage en partie l’église et le presbytère. Le clocher sera rebâti et la turne consolidée. En 1861 et 1953, elle subit de nouvelles restaurations. La dernière en date date de 2006.
Le clocher de l’église abrite trois cloches. Fait plutôt insolite à notre époque, elles sont encore actionnées à la main! Il est évidemment dans la volonté des paroissiens et des autorités de conserver cette tradition devenue rare à cause de la fée électricité. Il s’agit de la dernière église paroissiale où les sonneurs remplacent des moteurs dans le département. En 1793, la France est plongée en pleine Révolution et la Savoie est annexée à la France. Sur ordre des Révolutionnaires, les cloches doivent être cassées. Les Vallorcins s’y opposent. Finalement, ils devront casser eux mêmes leurs cloches. Il y avait trois cloches : la grande de 488 livres, la « neuve » de 356 livres et la petite de 302 livres. Le commissaire de la vallée a la condescendance d’en épargner une, probablement la plus grande, encore en place (fondue par Jean-Baptiste Chrétiennot en 1735). Il est fort probable que la « neuve » ait été fondue par Louis Léonard en 1774. Fait étrange, la plus petite des cloches a été fondue par Gaspard Duonna en 1779, alors qu’il est attesté en 1793 qu’une seule une cloche a été conservée. Bien que certaines paroisses aient réussi à déjouer les Révolutionnaires en cachant des cloches, il est fort possible que cette petite dame de bronze n’ait pas joué à cache-cache. En effet, la cloche cite le curé et le syndic de Sanson. De même, la marraine ne possède pas de patronyme vallorcin et n’apparaît pas dans les actes de l’époque. Dans le Doubs, une commune nommée « Samson » est peut-être la clé de l’énigme. Il est fort possible que la cloche provienne de ce village car le fondeur, installé à Genève, n’avait pas une grande distance à faire pour couler la cloche dans ce village. En 1813, une dernière cloche, fondue par Louis Gautier à Martigny (CH-VS) complète la sonnerie. Les deux plus petites cloches sont en fenêtre (cloche 2 à l’est, petite au nord) et la plus grande au centre du clocher. Toutes possèdent encore leurs battants d’origine, de même que leurs beaux jougs en bois aux ferrures forgées avec soin.
Aujourd’hui encore, l’ordonnance des sonneries est des plus précises : lors des enterrements les trois cloches sont mises en volée. Autrefois, pour l’annonce du décès, les coups étaient comptés et se basaient sur la grande cloche : 100 pour une femme et 120 pour un homme. Aux mariages, les trois cloches sonnent également la grande volée. La messe est annoncée par la grand’cloche, les baptêmes sont carillonnés sur les trois cloches et le tocsin est sonné sur la plus petite des cloches.
N°
Nom
Fondeur
Année
Diamètre (cm)
Masse (kg)
Note
1
JB Chrétiennot
1735
94,3
500
La 3
2
Marie Josephte
Louis Gautier
1813
72,7
250
Do ♯ 4
3
Gaspard Déonna
1778
57,5
100
Mi 4
La petite cloche, décorée avec soin.
Un grand merci à M. Le Maire de Vallorcine et au chanoine Liaudat, curé de Finhaut et prêtre de Vallorcine pour leurs aimables autorisations. Des remerciements nourris à Mme Dominique Ancey, pour l’accès au clocher et à M. Jean-Marie Dunand, sonneur, pour ses précieuses indications. Mention à Mike « Quasimodo Sonneur de Cloches« , Mehdi « Les Cloches Comtoises » et Alex « Fred Phos » pour l’aide apportée à la réalisation de ce reportage.
La création d’une paroisse à Finhaut remonte au XVIIe siècle. Le territoire dépend alors de la paroisse de Salvan. Entre 1632 et 1638, la peste s’abat sur le village valaisan. Ne pouvant plus emmener leurs morts à l’église de Salvan, les villageois les enterrent à Finhaut. En 1638, l’abbaye de Saint-Maurice, dont dépend encore aujourd’hui la paroisse, autorise Finhaut à s’émanciper et à construire une église paroissiale à ses frais. Une petite chapelle est édifiée. Agrandie en 1652, elle est placée sous la protection de Notre-Dame, Saint Maurice et ses compagnons et Saint Sébastien. Au début du XXe siècle, l’édifice se révèle être trop exigu pour la communauté. Le conseil bourgeoisial convient en 1901 d’en reconstruire une nouvelle avec une grande contrainte : le nouveau sanctuaire doit pendre la place de l’ancien. Plusieurs projets seront alors soumis audit conseil en 1902, 1914 et 1917, mais tout seront abandonnés. Le projet qui retiendra favorablement son attention ne viendra qu’en 1927, portant la griffe de Fernand Dumas, architecte réputé en Suisse Romande. Comme convenu, le monument est repris intégralement, mais seul le clocher subsiste et fait un trait d’union avec l’ancien édifice. Il sera tout de même rehaussé d’un étage. De l’extérieur, l’église parait sobre, mais en poussant la porte, on découvre une nef surplombée par une charpente au bois vernie. Après l’avoir auscultée dans toute sa longueur, nos yeux sont immédiatement interpellés par le retable baroque de l’ancien édifice. Les couleurs de l’intérieur donnent à ce lieu de culte une richesse et une saveur particulière. Ceci est dû en partie à la restauration de 2001/2002 effectuée sous la direction de Jacques Dumas, fils de Fernand. Le clocher de l’église abrite au total 26 cloches. Les trois plus anciennes sonnent à la volée pour l’angélus, les offices et les moments forts des paroissiens. Depuis 1995, elles sont accompagnées par 23 nouvelles cloches. Le carillon a été financé en grande partie par Roger Lugon-Moulin (1926-2009). Sa dernière demeure, signalée par une cloche installée sur sa pierre tombale, trône face au clocher, comme si depuis sa dernière demeure, il continuait à veiller sur « son » carillon. Quelques cloches ont également été financées par la société du troisième âge de Finhaut. Les 5 plus grandes cloches possèdent des noms « Bernadette », « Claire », « Lucie », « Marie Madeleine », « Anne ». Des autres cloches rendent hommage à des membre de la famille Lugon-Moulin décédés avant 1995. Sa tessiture est : Sol3 La3 Si3 chromatique Sol5.
N°
Fondeur
Année
Diamètre (cm)
Masse (kg)
Note
1
Samuel Tréboux
1852
97,7
500
Sol 3
2
Livremont
1750
74,1
250
Si 3
3
Samuel Tréboux
1852
62
120
Ré ♯ 4
Quelques cloches du carillon…
Écouter l’intégralité (5 minutes) du programme lancé pour les visites de l’église.
Des remerciements nourris au chanoine Jean-Pierre Liaudat, curé de Finhaut pour son aimable autorisation et sa disponibilité. Mention à Mike « Quasimodo » et Mehdi « Les Cloches Comtoises » pour l’aide apportée à la réalisation de ce reportage. Enfin, mention à Alex « Fred Phos » également de la partie pour cette étape de la virée du 15 avril 2015.
Évêché depuis le IVe siècle, Genève voit la religion prendre un virage déterminant au XVIe siècle. La Renaissance prend effet dans la cité avec la Réforme de Jean Calvin en 1536. Pendant plus de trois siècles, la religion catholique y est interdite. Au début du XIXe siècle, les catholiques obtiennent enfin un lieu de culte. L’église Saint Germain leur est rendue (elle est aujourd’hui catholique chrétienne). Peu après, ils reçoivent en cadeau un terrain en vue de construire une église, qui deviendra l’église Notre-Dame. Bâti entre 1851 et 1857 sur les plans d’Alexandre Grigny, ce superbe sanctuaire néo-gothique sera consacré le 8 septembre 1859. Dans le bas-côté sud, les armoiries des évêques de Genève du XIe au XXe siècle sont représentés. Dans les chapelles et sur les vitraux, des hommages sont rendus aux plus illustres : une chapelle est dédiée à Saint François de Sales, évêque d’Annecy-Genève, qui -après la Réforme- venait discrètement dans la citée Calviniste; un vitrail est dédié au Cardinal Jean Allarmet de Brogny qui a fait entre autres construire l’église Saint Maurice d’Annecy et la chapelle des Macchabées de la cathédrale réformée Saint-Pierre. L’église Notre-Dame est élevée au rang de basilique mineure en 1954. L’édifice est un lieu de prières pour les croyants du monde entier mais aussi un endroit particulièrement aimé des Genevois. La statue de Notre-Dame, offerte par Pie IX, y est particulièrement vénérée.
L’unique cloche nommée « Marie Augustine » en reconnaissance à sa bienfaitrice Madame Augustine de Monthoux a été fondue par Jean-Claude Burdin (Burdin Fils Ainé) en 1861. D’un poids estimé à 1’500 kilos (1639 avec son battant d’origine) elle mesure 133,5cm de diamètre et sonne le Ré3. Bénie en 1861, elle ne sera installée dans la tour qu’en 1862. Électrifiée en 1935, elle sonne automatiquement a 12h et 18h l’angélus et à 9h50 le dimanche. Elle est également mise en volée pour les mariages.
Un immense merci au père Pierre Jaquet, recteur de la basilique pour son aimable autorisation ; à M. Richard Batjom, sacristain et à son collègue, M. Serge Laurent, pour sa disponibilité et pour la visite passionnante de ce monument si cher aux Genevois. Mention spéciale à Mike « Quasimodo Sonneur de Cloches » et Matthias Walter, campanologue à Berne (CH-BE) pour l’aide apportée à la réalisation de ce reportage.
Perchée à plus de 900 mètres d’altitude, l’église de Saint Sigismond présente toutes les caractéristiques de l’art religieux baroque savoyard, l’élément le plus remarquable étant son clocher bulbe. En poussant la porte du monument, le fidèle assiste à une véritable rupture entre l’extérieur, plein de sobriété, et les trois retables, d’une grande richesse. Les origines de l’église remontent au XIIIe siècle, lorsqu’une une paroisse fut érigée par le père Nicod Festie. En 1471, l’église subit une cure de jouvence. De cette période gothique ne subsiste que la porte latérale avec ses trois arcs brisés. En 1823, l’église est jugée délabrée par l’abbé Le Rouge. Sa reconstruction tout en conservant certains éléments (retables baroques avec une inspiration néoclassique) explique le style presque éclectique du sanctuaire.
La sonnerie est composée de trois cloches. Les deux plus grandes ont été fondues en 1845 par les frères Paccard à Quintal. La cloche 2 est la refonte d’une cloche de 1560, augmentée de 7 quintaux. La petite cloche est la plus mystérieuse. De facture baroque, ses inscriptions ont été limées. Cette cloche, sans doute antérieure à la Révolution, est attribuée à la dynastie des Livremont, originaires de Pontarlier. Quelques décennies avant la Révolution, Jean-François Livremont s’était établi à Annecy. Une cloche de ce fondeur est suspendue dans le clocher voisin de Châtillon sur Cluses. Un autre membre de sa famille, Antoine, a fondu une cloche au Grand Bornand et l’ancien carillon de Megève, dont il ne reste aujourd’hui qu’une seule cloche.
N°
Nom
Fondeur
Année
Diamètre (cm)
Masse (kg)
Note
1
Frères Paccard
1845
143,1
1700
Ré ♭ 3
2
Sigismonde
Frères Paccard
1845
114,6
900
Fa 3
3
Livremont ?
XVIIIème
88,2
400
La ♭ 3
La grande cloche.
De vifs remerciements à Madame le Maire pour son aimable autorisation, et à la secrétaire de mairie pour l’accueil. Remerciements nourris à Mike « Quasimodo » et Matthias Walter, campanologue à Berne, pour l’aide apporté à la réalisation de ce reportage. Enfin, mention à Fred Phos, également de la partie.
Situé au cœur du quartier des Vallées, l’église dédiée à la Dijonnaise Sainte Jeanne-de-Chantal (fondatrice de l’Ordre de la Visitation avec Saint François de Sales) a été bâtie entre 1965 et 1967. Le clocher fut ajouté en 1975. Si les deux autres églises construites au XXe siècle suite à l’évolution démographique de la cité portuaire ont été élevées sur les plans du célèbre Thononais Maurice Novarina, la construction de l’église des Vallées est l’oeuvre de Claude Marin, architecte local passé à la postérité avant tout pour ses bâtiments civils.
Le clocher, relativement sobre, est séparé de l’église. Il possède en son sommet une horloge moderne. Les trois cloches, montées pour la volée rétrograde, sont disposées à la verticale l’une de l’autre, la plus grande en bas. Les deux plus grandes ont été fondues chez Paccard, probablement pour l’édification du clocher. La plus petite cloche, elle, est sortie des ateliers Cornille-Havard en 2000. Les trois cloches donnent les notes Ré4, Mi4 et Fa♯4 (accord du Pater Noster).
Village placé sur le plateau de Gavot, entre Alpes et Léman, Féternes compte cinq édifices religieux. L’actuelle église paroissiale, dédiée à l’Assomption, en remplace une ancienne devenue chapelle de Châteauvieux, dont les origines remontent au XIIIe siècle. C’est dans ce hameau qu’était installé le bourg, comme en témoigne la maison forte de Compey-Lucinge, bâtie au XIVe siècle, puis fortement remaniée. Le sanctuaire actuel, bâti dans un style néoclassique sarde, a été consacré en 1855. Sur un plan basilical, c’est la deuxième église en taille dans la paroisse d’Evian qui comporte 16 clochers. Le chœur est remarquable par sa profondeur et ses belles stalles.
Trois cloches, toutes antérieures à l’église, sont installées au sommet du clocher. Elles sont équipées pour la volée rétro-lancé depuis le début du siècle dernier. La plus grande est aussi la doyenne. Datée de 1780 et fondue par un Tessinois, elle est classée depuis 1943 aux Monuments Historiques. La deuxième cloche a été fondue le 12 décembre 1833 par les frères Paccard de Quintal. Les parrains et marraines de ces deux grandes cloches sont les barons de Féternes aussi comte de Lucinges. La plus petite cloche, datée de 1809, est le fruit d’une heureuse rencontre entre deux fondeurs de talents: Goussel (itinérant) et Pitton (Carouge). Jean-Baptiste Pitton, fondeur basé dans une ville actuellement en Suisse a livré un grand nombre de cloches pour les pays de Savoie. Le fait de retrouver le nom de Goussel est plus insolite car peu de cloches de la région portent le patronyme de cette famille itinérante qui s’installera ensuite en Lorraine à Metz.
N°
Fondeur
Année
Diamètre (cm)
Masse (kg)
Note
1
Jacques-Antoine Ruestelli
1780
120,3
1050
Mi 3
2
Claude & Jean-Pierre Paccard
1833
107,5
700
Fa 3
3
Goussel & Pitton
1809
80,4
300
La 3
La plus grande cloche, richement décorée.
Un grand merci à M. le Maire pour son autorisation et à M. Dutruel pour son accueil et sa disponibilité. Mention à Mike « Quasimodo » pour le lancement des cloches et la photo intérieure de l’église et à Mathieu également de la partie.
Les origines d’une paroisse a Anthy restent vagues. On peut penser qu’elle naquit au XIIIeme siècle, lorsque le diocèse de Genève créa les paroisses. Il est fort probable qu’une chapelle se dressait dès le XVIIIeme siècle à l’emplacement de l’église actuelle. Remaniée en 1818 pour la toiture et le clocher, puis l’intérieur quatre ans plus tard. L’église sera rasée en 1880 pour être reconstruite dans un style néogothique. Elle sera consacrée en 1882.
Deux cloches sont dissimulées derrière les abat-sons du clocher-flèche. La plus petite a été fondue en 1790 par Jean-Daniel Dreffet à Genève. Classée en 1943, cette cloche aux inscriptions limées est au centre de plusieurs légendes. Certains racontent qu’elle a été récupérée en période révolutionnaire, alors que d’autres pensent que sa grande sœur a été amenée à Morges. Depuis 1865, une grosse cloche fondue à Annecy le Vieux tient compagnie à cette petite cloche.
N°
Fondeur
Année
Diamètre (cm)
Masse (kg)
Note
1
Frères Paccard
1865
88,6
380
Si ♭ 3
2
JD Dreffet
1790
64
232
Ré 4
Un grand merci à M. Le Maire; à son adjoint, M. Favre-Victoire, pour les autorisations; M. Deplante, conseiller municipal, et son oncle, sacristain, pour l’accueil. Mention à Mike « Quasimodo » et à Mathieu également de la partie.
La première mention d’un édifice religieux en ces lieux remonte à 1271. En 1511, c’est le premier tournant majeur de l’édifice. Le chœur est reconstruit dans un style gothique tardif. Le vitrail principal représente Sainte Marie, patronne, et Saint Joseph. Le clocher, bâti la même année, culmine à 36 mètres. En 1607, Saint François de Salles y effectue une visite pastorale. En 1793, la flèche du clocher est détruite et les cloches sont descendues, elles seront réinstallées en 1802. En 1866, la nef est reconstruite dans un style néo-gothique car elle menaçait de tomber en ruines. Le clocher est ensuite rehaussé d’un étage et sa flèche reconstruite afin de retrouver sa silhouette d’origine. 90 ans plus tard, l’église est restaurée aussi bien à l’intérieur qu’a l’extérieur. Aujourd’hui, la majorité de ses trésors (vitrail et tableau patronal, crucifix…) sont les donations de curés ou de grandes familles qui ont un lien avec le sanctuaire.
La première mention de cloches remonte à 1501. Une pièce de 882 kilos nommée « Jeanne-Marie » est bénite par le curé Jean de Lornay. Elle aurait été fondue par François Paquelet, seigneur de Moiron. Elle est rejointe en 1591 par une cloche de 610 kilos. Cette dernière sera refondue en 1743 à Genève par Jean-Louis Revillard, fondeur réputé. Solennellement bénite le 10 août, elle reçoit le nom de Marguerite. Elle était 150 livres plus lourde que l’ancienne. En 1793, le département français du Mont-Blanc est lui aussi touché par la Révolution. Il était alors imposé de raser les clochers et descendre les cloches, à l’exception d’une seule. Après quelques négociations, on accorde au village un jour de plus pour amener la petite cloche, datée de 1501. Les jeunes du village décrochent alors la grosse cloche en pleine nuit pour laisser la petite cloche saine et sauve. Lors de l’arrivée du syndic de Villaz à Annecy, le changement de cloche est remarqué. Pour des raisons de sécurité, la petite cloche est d’abord enterrée près de l’église, puis au hameau du Felan. Elle sera déterrée en 1802. En 1796, l’administration donne une cloche à toutes les communes – dont Villaz – qui en sont dépourvues pour sonner le tocsin et les sonneries « républicaines ». Une cloche de 550 livres sera installée. Elle sera refondue en 1834 et augmentée de 10 quintaux soit une masse de 455 kilos. La cloche de 1501 ayant perdu 18 kilos de bronze en 1875 et sa sœur étant jugée trop petite pour les besoins de la commune, toutes deux seront refondues en 1876. La plus grande sera bénite le 16 mars, jour de Pâques. La plus petite sera consacrée le 1er octobre, fête du Rosaire. On peut donc supposer qu’elles sont issues de deux fontes différentes.
N°
Nom
Diamètre (cm)
Masse (kg)
Note
1
Marie-Anne
143
1796
Do ♯ 3
2
Adèle Jeanne Marie
113,5
900
Mi 3
Paccard frères fondeurs à Annecy-le-Vieux Haute-Savoie 1876
Les inscriptions de la plus petite cloche, finement décorée.
Un grand merci à M. Le Maire et son équipe municipale pour l’aimable autorisation ainsi qu’à M. André Savoy, sacristain, pour sa patience, ses indications et anecdotes. Amitiés à mes fidèles compagnons Mike « Quasimodo », Matthias Walter (campanologue Bernois) et Dominique « Valdom68 ».
Bâtie dès 1410, l’église de Groisy a été placée sous le vocable de Saint Euchère, archevêque de Lyon au Ve siècle. Depuis, on ne sait pas quand exactement, c’est Saint Just, également à la tête de l’archevêché lyonnais, qui protège l’église. Le clocher était jadis couronné d’un bulbe, rasé à la Révolution. Suite à l’incendie de 1923, la tour a été rehaussée et ornée d’une élégante flèche. L’intérieur de l’église, remanié en même temps que le sommet du clocher, est aujourd’hui dans un style néogothique. Composée d’une nef et de deux bas côtés, elle est d’une grande luminosité. Le chœur de l’édifice est profond et composé d’un retable et d’un autel néogothiques.
La sonnerie de l’église mérite à elle seule le détour : trois cloches qui forment un accord peu commun en do dièse mineur. La plus grande, talonnée par son homologue de Thônes, est considérée comme la pièce maîtresse de la dynastie Gautier. La plus petite, qui donne de la voix à chaque angélus, est une des seules cloche en Haute-Savoie signée des frères Vallier. Originaires de la même vallée que les Gautier, ils n’ont pas manqués de s’allier à eux lors de leurs passages en territoire savoyard. La cloche 2, datée de 1825, fut refondue par André Voegelé en 2010. Ce fut l’occasion de changer les équipements des cloches (nouveaux jougs, moteurs, beffroi) et de modifier l’ordonnance des sonneries. Si l’ancien règlement prévoyait d’utiliser la grande cloche aux offices, les deuils sur les deux grandes cloches et l’angélus sur la plus petite, Françoise a permis d’unifier les trois voix pour les offices et de laisser pleurer la plus grande cloche pour les sépultures.
N°
Nom
Fondeur
Année
Diamètre (cm)
Masse (kg)
Note
1
Louis Gautier
1825
136
1500
Do ♯ 3
2
Françoise
André Voegelé
2010
115
1050
Mi 3
3
Frères Vallier
320
80
320
Si 3
Détail de la plus petite cloche, au sommet du beffroi.
Un grand merci à M. le Maire de Groisy, M. Ghezzi pour leur autorisation et à leurs agents techniques pour nous avoir accompagnés au clocher. Mention spéciale à Mike « Quasimodo », Matthias Walter, campanologue à Berne pour et Dominique « Valdom68 » pour leur précieuse collaboration.