Allinges – Chapelle Saint-Maurice (Mésinges)

Il est peut-être temps de vérifier l’adage « jamais deux sans trois ». Après vous avoir proposé l’église et la chapelle du Château, je vous propose de traverser la commune pour se rendre au hameau de Mésinges. Comme Allinges, sa terminaison serait d’origine burgonde. L’étymologie indique que c’était un lieu marécageux « où pousse la mousse ». Le village est mentionné dès le XIIIe siècle avec une population d’environ 100 personnes. En 1411 le même nombre de feux est cité : 16. Un siècle plus tard, la population sera doublée. En 1416, l’église Saint-Maurice de Mésinges est déclarée « filleule d’Allinges ». L’église sera totalement unie à celle d’Allinges par l’évêque de Genève, Mgr Claude de Granier et par le Prévôt de Montjoux (Grand-Saint-Bernard) et son Chapitre. Cette décision sera contestée jusqu’à la Révolution par cette commune, qui fut indépendante jusqu’en 1860. Distante de deux kilomètres du chef-lieu de cette commune actuelle, Mésinges possédait son école, encore debout, et la chapelle a longtemps été entourée du cimetière, délocalisé dans les années 1880 grâce à la donation d’un nouveau terrain, route de la Madeleine. L’entrée ouest du hameau, enjambant la voie ferrée reliant Evian à Annemasse n’est plus aujourd’hui. En effet, il est malheureusement à rappeler que dans ce hameau ou règne habituellement la quiétude, sept enfants perdirent la vie le 2 juin 2008, alors que leur car qui allait les emmener en sortie scolaire, bloqué au passage à niveau, fut happé par un TER qui n’a pu freiner à temps et l’éviter.

Nous avons hélas très peu de renseignements historiques sur cette chapelle. Pour être honnête, il a été même très compliqué de trouver son vocable ! Les ornements intérieurs, d’avant le Concile Vatican II, laissaient penser que le patron de la paroisse était la Vierge Marie, comme pour l' »église mère » de la commune, ou alors saint François de Sales. S’ajoute à cela une tradition disparue qui se tenait le 2 janvier, pour fêter saint Clair du Dauphiné, abbé de Saint-Marcel. A cette occasion était célébrée une messe à la chapelle avec ostension des reliques du saint. Pendant cette période se tenait aussi la vogue en ces lieux et il était coutume de s’y souhaiter la bonne année. Pourtant, le patron est saint Maurice, martyr d’Agaune en Suisse et patron des Pays de Savoie. La vie religieuse est aujourd’hui quasi nulle à la chapelle de Mésinges. Autrefois encore, quelques messes étaient dites chaque année et elle ouvrait ses portes pour le mois de Marie (mai). Cette chapelle séculaire, probablement édifiée à la fin du Moyen-Âge et dont le porche est signée de la date de 1788, aurait une infinité de secrets à livrer. Si la dernière restauration extérieure a été faite en 1999, la restauration intérieure serait quant à elle de la moitié du XIXe siècle.

Le clocher mur est très spécial. Son architecture est déjà à souligner parce que rare dans notre région. Les deux baies n’abritent en réalité aucune cloche, même si les yeux les plus fins voient dans la maçonnerie des trous rectangulaires, comme si prêts à abriter des suspensions pour deux cloches, une par baie. L’interrogation demeure sur le passé campanaire. Aucun indice peut nous susurrer à l’oreille une date du clocher, et si il a bien connu dans ses fenêtre une ou deux cloches pré-révolutionnaires, ou si il était prévu pour en recevoir. Quoi qu’il en soit, sa seule cloche actuelle est installée à l’arrière de celui-ci. Et elle ne loge pas dans les baies. Un petit toit a même été construit pour l’abriter. Prenant le nom de « Péronne » par sa marraine, cette cloche était autrefois actionnée à la corde matin, midi et soir, et au gré des offices, par un sonneur. Aujourd’hui électrifiée, elle est utilisée uniquement chaque midi, pour rappeler la présence de cette chapelle. Son accès est périlleux. Il faut en effet rejoindre les combles du sanctuaire avant d’emprunter un velux qui nous permet de la rejoindre. Mais le toit, trop raide, n’offre pas de bons appuis : il faut aller se loger dans une des deux baies du clocher.

Nom

Fondeur(s) Année Diamètre (cm) Masse (kg)

Note

Péronne Frères Paccard 1856 58,7 ~115

mi 4


Mes remerciements pour cette visite à M. François Deville, maire, pour son aimable accord. Je remercie également chaleureusement M. André Favier-Bosson, maire-adjoint en charge des bâtiments pour cet après-midi à la découverte de toutes les cloches allingeoises, mais aussi pour sa sympathie, sa collaboration et sa bonne humeur ! Je n’oublie pas non plus le gardien de la chapelle pour l’ouverture de celle-ci et pour nous avoir permis de faire sonner la cloche exceptionnellement un samedi soir.
Je remercie également Claude-Michael Mevs, dit « Quasimodo« , pour l’aide apportée à la réalisation des reportages sur les cloches d’Allinges.

Sources & liens :
Mairie d’Allinges
Allinges sur Wikipédia
Journal paroissial…
Photos personnelles
Fonds privés

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