Villy-le-Bouveret – Eglise Saint-Pierre

Au cœur du plateau des Bornes se trouve Villy-le-Bouveret, c’est à dire le pays des bœufs. C’est en effet de là que la commune tire son nom : « Villicus » (fermier régisseur d’une grande ferme) et « Bovis » (les bœufs). S’il ne reste plus grand chose des multiples fermes que peut accueillir son territoire de 349 hectares, il n’en demeure pas moins un village offrant de magnifiques paysages sur tout le plateau des Bornes. Son chef-lieu, dominé par la flèche du clocher de l’église, est installé sur un promontoire le rendant visible de tous les villages voisin ou presque. Le territoire doit ses agréables reliefs aux différents ruisseaux et torrents qui la sillonne. Mais ils rejoignent tous rejoignent la rivière des Usses qui franchira plus en aval les magnifiques ponts de la Caille.

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L’église de Villy-le-Bouveret est dédiée à saint Pierre apôtre et selon la tradition premier pape de la chrétienté. Ce patronage à lui seul atteste d’une paroisse à l’histoire ancienne. Ce n’est pourtant qu’en 1411 qu’est cité le fait le plus ancien avec la nomination du curé J. de Pietra, mais rien n’empêche des évènements antérieurs. Le 29 juin 1581, la moitié du village est détruit par les flammes à cause d’un orage. Un acte notarié de 1582 recense d’ailleurs les dégâts sur la commune. Du côté de l’église, peu d’informations sont connues, si ce n’est que le 25 juillet 1486, un sanctuaire est consacré par Mgr François de Savoie. En 1897, on entreprend la construction d’une nouvelle église sous les plans de l’architecte Fontaine. Lors de la démolition de l’ancienne, on découvre la date de 1506 sur une pierre du chœur : elle marque probablement une restauration. Il faut aussi noter qu’il n’aura fallu qu’un an entre la pose de la première pierre et la consécration du nouveau lieu de culte par Mgr Isoard, évêque d’Annecy, le 4 août 1898. Dans cet édifice néogothique toujours existant, un importante campagne de restauration a eu lieu entre 1965 et 1971. Tout y est passé : l’ameublement, les peintures et même le clocher ! Cet aménagement a malheureusement dépouillé l’édifice de son mobilier préconciliaire.

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La belle flèche du clocher dissimule en son sein, trois cloches. « Barbara » est la plus ancienne. Elle porte la date de 1582. A ce moment-là, le village était en pleine reconstruction. On accorde à cette cloche le don d’éloigner les orages et sonne, encore aujourd’hui, à l’approche de nuages menaçants pour les détourner de la commune. D’autres disent qu’on la sonne pour préserver les récoltes. On raconte aussi que lors de la fonte de la cloche, la baronne du Turchet est venue avec son tablier rempli d’argent pour lui donner un son argentin et pur. La cloche a également été dédiée à sainte Barbe et porte l’inscription « la parole de Dieu demeure pour l’Eternité […] Dieu nous te louons » et les noms de Pingod et Bochet. Cette cloche, l’une des plus anciennes du département, est classée Monument Historique depuis 1943. Lors de la Révolution, elle a été enterrée dans un champ car les villageois ne voulaient pas qu’elle soit saisie pour être fondue. Sans doute qu’une autre cloche qui lui tenait compagnie a été envoyé à sa place car en 1796, Jean Sublet récupère à Bonneville une cloche d’occasion pour le clocher. Il est toutefois curieux qu’un villageois d’une commune du Genevois se rende à Bonneville, chef-lieu du Faucigny, une autre province savoyarde, pour récupérer une cloche alors que les communes alentours avaient déposés -puis récupérés- des cloches à Annecy, chef-lieu du Genevois. Mais en 1833 déjà, la cloche récupérée à Bonneville se fêle. Les autorités considèrent qu’ils est donc urgent de la remplacer mais aussi de l’augmenter car la « Barbara » ne suffit pas aux besoins de la paroisse. Le 7 septembre 1834, la commune passe donc une convention avec Claude Paccard pour refondre et augmenter la cloche cassée. Mais très vite, cette nouvelle cloche se trouve être au centre d’une importante discorde : MM. André Falconnet, conseiller municipal, et Maurice Sublet ont critiqués son arrivée, indiquant qu’elle n’est pas de qualité, qu’elle mettrait en péril le clocher et que le conseil pillent les modestes ressources de la commune. Les élus ont donc écrit à l’Intendant du Genevois (équivalent actuel du préfet) pour lui expliquer les faits, suppliant sa médiation. On apprend en fait que ces messieurs étaient les plus éloignés du clocher et voulaient, tout simplement, une cloche encore plus grosse pour l’entendre, mais sans sortir le moins centime de leur poche ! Presque deux siècles plus tard, on se rend compte que la cloche n’a pas été reprise : elle sonne même les angélus matin, midi et soir ! Enfin, en 1899, les frères François et Félix Bouchet offrent une troisième cloche pour équiper le nouveau clocher, en mémoire de leurs parents. Nommée « Françoise Félicienne Julie », elle pèse 834 kilos et marque, aujourd’hui encore, les heures. Outre les noms des élus et du conseil de fabrique, elle indique en latin qu’elle loue Dieu, convoque les fidèles, rassemble le clergé, embellit les fêtes et pleure les morts. Pour l’occasion, on installe sur la tour des cadrans d’horloge pilotés par un mouvement signé Mayet, horloger à Grenoble. Il est encore en place aujourd’hui, dans son jus, mais mis à la retraite car les cloches ont été par la suite électrifiées et des marteaux électriques marquent désormais le temps qui passe.

Nom Fondeur Année Diamètre (cm) Masse (kg) Note
1 Françoise Félicienne Julie G&F Paccard 1899 110,9 834

Fa 3

2

St Pierre Frères Paccard 1834 86,3 ~380 La 3
3 Barbara Inconnu 1582 63 ~130

Mi ♭ 4

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Mes remerciements :
M. Jean-Marc Bouchet, maire, pour son aimable autorisation
Mme Marion Lupkins, secrétaire de mairie, pour sa disponibilité et le prêt des clés.
L’association « la Salévienne » et Mme Nathalie Debize, pour la mise à dispositions d’archives historiques.
Mon ami Claude-Michaël Mevs dit « Quasimodo » pour son aide précieuse.

Sources & Liens :
Mairie de Villy-le-Bouveret
Archives départementales de Haute-Savoie
La Salévienne
Relevé et clichés personnels
Fonds privés

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