Cruseilles – Eglise Saint Maurice

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L’histoire de l’église paroissiale Saint Maurice de Cruseilles demeure très vague. L’édifice primitif bâti à la « croisée des chemins » (signification du nom de la commune) remonte au VIIe siècle. Maintes fois remanié et reconstruit, il est possible qu’il utilise des éléments du XIIe siècle. Il est aujourd’hui certain que le chœur est plus ancien que la nef, puisqu’une fenêtre gothique a été découverte derrière le retable lors de la dernière restauration. Reconstruit presque intégralement dans un style néo-gothique au XIXe siècle, le monument réemploi les retables baroques remaniés dans un style néo-classique qui lui donnent une allure éclectique. Il est fort probable que le clocher bulbe soit le fruit de l’Ancien Régime, par son architecture et sa taille modeste aux vues des proportions de l’église. Le lieu de culte s’est offert une cure de jouvence au cours de l’année 2008 du sol jusqu’à la toiture. C’est un édifice flambant neuf qui accueille désormais les prières d’une communauté.

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Le beffroi en bois date de 1820. Il supportait jadis 3 cloches de 850, 550 et 380 kilos, électrifiées en 1934. L’installation électrique a été révisée en 1950. L’ancienne sonnerie a été descendue pour laisser place à quatre nouvelles cloches fondues par Alfred Paccard (Annecy le Vieux) et bénies le 20 octobre 1963. L’église abrite depuis plusieurs années une petite cloche près de la sacristie. Elle sonne en La5.

Cloche 1 « Marie, Reine de France » – 1250 kg – 126,5cm – Mi bémol 3 -2
Cloche 2 « Marie Françoise » – 650 kilos – 100,2cm – Sol 3 +1
Cloche 3 « Marie, Reine du Ciel » – 380 kg – 84,5cm – Si Bémol 3 ±0
Cloche 4 « Marie Thérèse » – 275 kg – 76cm – Do 4 -1

(Nom, poids, diamètre, note (La3 =435 Hz))

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Le « Panis Angelicus » sur la grande cloche, motif très couramment utilisé à cette période.
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P1000608Chaque cloche arbore différentes inscriptions. Elles possèdent toutes une quantité de parrains et marraines, mais souvent représentés par un homme et une femme. La grande cloche nommée « Marie, Reine du Ciel » est chargée de protéger la cité. Elle a pour parrain le conseil municipal de l’époque représenté par M. le Maire et pour marraines les employées communales, représentés par Mlle Jeanne Deshusses. La deuxième cloche « Marie Françoise » est dédiée à Notre-Dame des Coudrets et veille sur la paroisse. Elle a pour parrains et marraines les hommes et femmes de la paroisse. Elle rend hommage à François Fournier, sacristain pendant 40 ans. La troisième « Marie, Reine du Ciel » sonne l’angélus matin midi et soir. P1000648Elle a pour parrains et marraines les prêtres et religieuses nés à Cruseilles et elle est vouée à Saint Jean-Marie Vianney et à Sainte Jeanne Antide. La plus petite « Marie Thérèse » est dédiée à la patronne des mission Sainte Thérèse de Lisieux. Elle a pour parrain M. Portier, père d’un missionnaire. Ses marraines sont les enseignantes et catéchistes.

Un grand merci à M. Le Maire et M. Gréa, directeur des services techniques, pour leur autorisation et à M. Fournier. Mention à Mike « Quasimodo Sonneur de Cloches » pour l’aide apportée à la réalisation de se reportage.P1060384

 

LIENS :
Mairie
Paroisse
Wikipédia
Brochure de la paroisse

Annecy – Eglise Notre-Dame de Liesse

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Cela fait maintenant plus d’un millénaire qu’un sanctuaire se dresse à l’emplacement de Notre-Dame de Liesse. Ce n’était qu’un simple oratoire marial au XIe siècle est remplacé en 1360 par une église sous les ordres d’Amédée III, comte de Genève, qui voulait en faire sa nécropole familiale. En 1793, le chœur est rasé par les Révolutionnaires pour créer la place de la Liberté. Le clocher, contrairement à ses voisins, n’est amputé que de sa flèche. Il est aujourd’hui flanqué d’un nouvel édifice bâti entre 1846 et 1851.

Cloche 1 « La Salésienne » – G&F Paccard 1878 – 5’100 kilos – Sol2

Cloche 2 – G&F Paccard 1891 – 1’050 kilos – Mi3

Cloche 3 – N. Aubry, 1855 – 400 kilos – La3

Cloche 4 – Inconnu, 1699 – 50 kilos – Si4

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Merci à la paroisse et à Philippe Goix pour l’accès au clocher.

Vulbens – Eglise Saint Maurice

Au nord-ouest de la Haute-Savoie, entre le Vuache et le Rhône, la commune de Vulbens touche du doigt le bec de la Suisse, à l’extrémité nord de la commune. Vulbens est une commune essentiellement rurale, forte de 1’700 habitants. Elle a toujours été « à la frontière » car durant l’Occupation, le Nant de la Vosogne qui la sépare de Valleiry était utilisé comme référence pour délimiter la France dite « libre » de la France dite « occupée ». La vie à Vulbens ne date pas d’hier, la commune offrant deux trésors naturels pour les premiers hommes : un fleuve et une montagne remplie de grottes. Au gré des civilisations, Vulbens se trouvait donc naturellement sur les voies de communications. Le bourg est quant à lui en retrait du fleuve et à bonne distance de la montagne, évitant ainsi crues et éboulements probables. Vulbens intéressa donc tant sur le plan temporel que spirituel : on dit que les templiers s’y sont installés, près du Rhône, vers le XIIe siècle. Il est aussi relaté qu’une maison forte dite « du Vuache ou de Vulbens » construite par des seigneurs locaux passa ensuite aux mains des Comtes de Genève puis d’autres nombreuses familles seigneuriales de la région. Il est a noter que, contrairement à de nombreuses autres communes du Genevois, Vulbens restera catholique au XVIe siècle, alors que les genevois ont envahis une partie de la région pour y imposer, par la force, la religion protestante instituée par Calvin à Genève.

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L’église Saint-Maurice de Vulbens remonte au XIIIe siècle. C’est une grande église halle, agrandie de deux nefs latérales en 1820 et 1830. Il faut dire que la paroisse de Vulbens est vaste : elle couvre en effet les communes de Chevrier et une partie de la commune de Dingy-en-Vuache. Si cette dernière est aujourd’hui sans église, ni clocher, ni cloche, la commune de Chevrier conserve son ancienne église, rétrogradée en simple chapelle. A la Révolution, Vulbens absorbe aussi la paroisse de Bans, située sur le territoire de l’actuelle commune plus au nord, au bord du Rhône. Cette paroisse est aujourd’hui presque rayée de la carte, de vastes forêts occupant son territoire, exceptés quelques habitations dispersées sur les hameaux de Bans, Moissey et Cologny. L’église Saint-Maurice de Vulbens apparaît en 1265 dans les écrits de l’Abbaye de Chézery qui prélevait une partie de ses dîmes. On retrouve aussi une mention de la paroisse dans une donation de l’Abbaye de Saint-Maurice, tombeau de son saint patron, en 1026 ! De l’édifice du XVe siècle, il ne reste aujourd’hui que le chœur et la chapelle gauche. Au chevet de l’édifice, il est d’ailleurs encore possible de voir une baie gothique aujourd’hui obstruée. De l’autre côté, un retable représentant saint Maurice d’Agaune accueille le visiteur qui franchit la grande porte.

Le clocher flèche est reconstruit en 1835. Jadis au nord de l’édifice, il fut déplacé au sud du chœur. Pour l’occasion, la sonnerie est elle aussi intégralement refaite. Elle fut confiée à François Bulliod qui venait de reprendre les fours de son mentor, Jean-Baptiste Pitton. C’est ainsi que les deux cloches sont hissées au clocher, datées très précisément du 23 avril 1835. Le nom du curé figure sur les deux cloches : Maurice Peccoux. Sur la première, les noms de Antoine-François Gay, notaire, et de Rose Duc son épouse y figurent comme parrain et marraine. Sur la plus petite, figurait les noms de Jean-Gaspard Gay, curé de Bossey et Madeleine Bussat, sa mère. Figurait… car la cloche est déclarée fêlée en 1938 après un siècle de bons et loyaux services. En 1939, « Marthe-Bernardine » la remplace, avec un poids équivalent. Sur cette cloche, on a pris soin de faire mémoire de la pauvre cloche cassée, de lui donner une inscription religieuse latine lui demandant de « louer le Seigneur, inviter les vivants et pleurer les morts ». Elle cite aussi le curé, le Rd François Dunoyer, puis ses parrain et marraine, Georges et Marthe Gay. Elle cite aussi les maires des trois communes membres de la paroisse : Auguste Rossiaud, maire de Vulbens, Jean Marmilloud, maire de Chevrier et René Vincent, maire de Dingy-en-Vuache. Trouver ces trois édiles n’est pas étonnant quand on sait que les trois municipalités contribuent financièrement à l’entretien de l’édifice. On peut citer par exemple des travaux sur les clocher en 1885, payés par les trois communes : 52% par Vulbens, 25% par Chevrier et 23% par Dingy. D’élégantes effigies trônent sur la cloche de 1939 : un beau crucifix, la Vierge et saint Maurice auxquelles s’ajoutent des armoiries : celles de l’évêque d’Annecy, Mgr du Bois de la Villerabel, ainsi que celles de la fonderie Paccard. Ses décors tranchent avec la sa grande sœur, qui ne compte qu’un modeste crucifix et le discret cartouche de son fondeur. Installées côte à côte, elles sont électrifiées depuis 1953 et disposées sur un beffroi en bois refait en 2010 par Stéphane Cuzin, charpentier de Chevrier, l’ancien menaçant ruines. Ces deux cloches restent muettes en dehors des angélus et célébrations religieuses, la cloche de la mairie étant utilisée pour les sonneries civiles.

Nom Fondeur Année Diamètre (cm) Masse (kg) Note
1 François Bulliod 1835 116 ~920

Mi 3

2 Marthe Bernardine Les fils de G. Paccard 1939 88.5 ~420

La 3

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Comme relaté plus haut, les cloches de l’église Saint-Maurice réservent leurs voix pour les sonneries religieuses. Encore aujourd’hui, les sonneries civiles sont reservées à la cloche municipale située sur le toit de la mairie. Récemment rénové, le bâtiment abrite encore une horloge mécanique en fonctionnement, remontée chaque lundi matin par le cantonnier ! Installée en 1890 par Louis Delphin Odobey de Morez (Jura), elle actionne une cloche légèrement inférieure à 100 kilos qui chante un « fa dièse 4« . Une autre cloche plus petite (une treintaine de kilos) fut livrée pour sonner les temps d’école. Déposée il y a quelques années déjà, elle accueille les visiteurs dans le hall de la mairie, permettant de lire de près sa signature « L. D. Odobey horloger à Morez Jura, 1889 ». A-t-elle été fondue par l’horloger lui-même ? Pas sûr ! Il est en effet réputé qu’il ne fondait pas lui-même ses cloches mais confiait ce travail aux grandes fonderies de l’époque : Burdin, Drouot, Farnier (Dijon)… Qui n’apposait pas leur signature sur les cloches horlogères. La cloche déposée de Vulbens semble prouver que la cloche fut faite par les ateliers Drouot (Nord), comme en témoigne sa calligraphie et ses frises à perles.

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Mes remerciements à :
M. Gérard Giniez, sacristain, pour l’ouverture du clocher de l’église et les sonneries spéciales lors de mes deux visites (2012 et 2024).
M. Michel Brand, pour l’organisation du rendez-vous de 2024 à l’église.
M. Dominique Ernst pour l’accompagnement lors de ma seconde visite à l’église et la mise à disposition d’archives.
M. Florent Benoit, maire, pour l’autorisation d’accéder à l’horloge municipale et M. Ludovic Maillet pour l’accompagnement sur place.

Sources & Liens :
La Salévienne
Bulletin Municipal de Vulbens, 2011
Relevé personnel
Fonds privés

Annecy – Eglise Saint Bernadette

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Bâtie en 1964-1965, l’église Sainte Bernadette est visible de tout le quartier, avec son clocher élancé tel un silo en béton. Son architecture, alliant beauté, simplicité et art contemporain, offre un certain recueillement, ce qui lui vaut encore aujourd’hui une grande assemblée lors des offices.

Les trois cloches de l’église ont été fondues à la fin du XXe siècle par Paccard. Elles sonnent le Ré bémol, Mi bémol et Fa (octave 4). Elles pèsent entre 250 et 100 kilos.

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Annecy – Eglise Saint Maurice

564936_218191918285978_2017363227_nCommandée par le Cardinal de Brogny, l’église Saint Maurice d’Annecy a été bâtie entre 1422 et 1510. A la Révolution Française, l’édifice a été pillé. Elle faisait partie de la vie civile car c’était une grenette, et un important lieu de commerce, jusqu’en 1804 ou elle sera rendue au culte. Elle fait en ce moment l’objet d’une restauration complète pour plusieurs années.

Le clocher de l’église abrite 4 cloches, un La4, Si3, un Sol3, et un Ré3. Le Ré3 est classé Monument Historique, coulée en 1561, elle a un diamètre de 1.46m, signée François Sermund (Franz Sermund).

Cloche 1 : François Sermond, 1581 – 1’500 kilos – Ré3

Cloche 2 : Claude Paccard, 1826 – 600 kilos – Sol3

Cloche 3 : Jacob Holtzer, 1867 – 250 kilos – Si3

Cloche 4 : ………….. – 50 kilos – La4

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Merci à Philippe Goix, pour l’accès au clocher.

Meythet – Eglise Saint Paul

De petit village à ville-préfecture
Ancienne commune de Haute-Savoie, Meythet est depuis 2017 une commune déléguée d’Annecy, intégrée lors de la grande fusion de six communes qui a alors doublé la population de la ville nouvelle. Forte de ses huit mille habitants, Meythet fut longtemps un simple bourg de quelques centaines d’âmes jusqu’au milieu du XXe siècle, avant de connaître une expansion spectaculaire. Son nom proviendrait soit du latin mansus, soit du gaulois maes, évoquant un champ ou une maison. Le territoire s’étend en rive droite du Fier, sur un plateau relativement plat qui favorisera alors les exploitations agricoles. Ce site s’est révélé propice à l’urbanisation… et à l’édification d’une paroisse.

De Saint Martin à Saint Paul
L’église Saint-Paul de Meythet fut consacrée en 1998. Elle est, à ce jour, la plus récente du diocèse d’Annecy et donc du département de la Haute-Savoie. Pour autant, les choses ne sont pas si simples. Si, en termes strictement factuels, cette église est bien la dernière-née, elle constitue surtout, d’un point de vue symbolique, un retour aux sources pour cette ancienne commune. En effet, en remontant les siècles, on découvre l’existence d’une ancienne paroisse placée sous le vocable de saint Martin de Tours. Quant à son origine, elle demeure difficile à établir, comme c’est le cas pour nombre de paroisses anciennes. Un document conservé aux Archives du Vatican mentionne néanmoins qu’un chapelain de “Maytez” percevait chaque année un revenu d’une livre et d’un sol. L’ancienne église subit au fil du temps de nombreuses péripéties, notamment en raison de son exposition aux crues du Fier. Les paroissiens avaient bien tenté de se prémunir de ces débordements en édifiant des digues, mais celles-ci se révélèrent parfois insuffisantes. Au début du XVIIIᵉ siècle, l’idée de déplacer l’église vers un site plus sûr fut envisagée, mais elle ne se concrétisa jamais. La Révolution française porta un coup fatal au sanctuaire : dépouillée et malmenée, l’église ne s’en releva pas. Le renouveau religieux du début du XIXᵉ siècle ne fut pas favorable à Meythet, contrainte de se rattacher à Épagny pour les affaires spirituelles. L’église de Meythet fut alors désacralisée. Vendue en 1831, elle devint une grange avant de disparaître peu après. Quelques décennies plus tard, Meythet se tourna vers Gevrier. L’érection d’une nouvelle paroisse en 1869, au bord du Fier entre Meythet et Gevrier, attira vivement l’attention des autorités. Après de longues tractations, Meythet fut rattachée à cette paroisse dite des Forges en 1873. Cette union ne devait toutefois pas être définitive. En 1964, Mgr Jean Sauvage, évêque d’Annecy, érigea de nouveau la paroisse de Meythet. Saint Martin demeura à Tours : on lui préféra l’apôtre Paul de Tarse. Une chapelle provisoire fut alors construite à Meythet, mais l’église paroissiale resta celle de l’Annonciation, édifiée un siècle plus tôt par les Forges de Cran-Gevrier.

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L’église la plus récente du diocèse
Mais cette chapelle provisoire, simple bâtiment fonctionnel orné d’une croix, n’avait pas vocation à durer. Au bout de vingt-cinq ans d’existence de la paroisse, l’idée de la construction d’une nouvelle église est relancée. Cette fois-ci, le projet progresse concrètement : un comité se constitue autour de l’architecte retenu, Jacques Hergott, le tout avec la bénédiction de l’évêque d’Annecy. Dès 1989, le projet évolue et, en moins d’une décennie, il devient réalité. Pour en assurer le financement, de nombreux leviers sont actionnés : vente de terrains paroissiaux, souscriptions, mais aussi organisation d’événements dédiés. En 1995, le permis de construire est accordé et, en 1996, Mgr Hubert Barbier, évêque d’Annecy, pose et bénit la première pierre d’une nouvelle église pour son diocèse. À Pâques 1998, les paroissiens prennent congé de leur chapelle provisoire avant d’entrer pour la première fois dans leur nouvelle église, qui sera consacrée le 11 octobre de la même année. En franchissant le seuil de l’édifice, le visiteur découvre une magnifique fresque du Christ ressuscité, œuvre de l’artiste Arcabas. Construite en béton, l’église de Meythet permet une disposition que nombre d’églises plus anciennes ne pouvaient offrir : un vaste espace intérieur sans aucun pilier porteur. Seules douze petites colonnes, évoquant les apôtres, prennent place dans le monument. Elles entourent les bancs de la nef et le chœur, comme pour enlacer prêtres et fidèles. La plupart d’entre elles ne sont d’ailleurs pas porteuses et relèvent d’un choix purement symbolique. Dans le narthex subsiste toutefois le baptistère de l’église Saint-Martin, unique vestige de cet ancien édifice jadis situé non loin de là, qui accueillait autrefois les prières des quelques feux composant ce village rural, devenu aujourd’hui commune déléguée de la préfecture de la Haute-Savoie.

Une cloche plus ancienne
Le campanile voisin de l’église ne faisait pas partie du projet initial. Il put toutefois voir le jour grâce aux excédents financiers dégagés lors de la construction. Cette tour abrite une imposante cloche, un petit carillon et une horloge, le tout surmonté d’une croix, élément incontournable de tout clocher. L’ouvrage, composé de deux ailes de béton reliées par quelques dalles, est d’un accès peu aisé ; heureusement, des archives et relevés complets en documentent l’intérieur, même si l’auteur n’a pas résisté à l’envie d’y monter afin de compléter les inventaires photographiques. La cloche principale mérite une attention particulière. Nommée Georgine-Augustine, elle pèse 892 kg et date de 1898, soit près d’un siècle avant la consécration de l’église de Meythet. Cette apparente anomalie s’explique par son origine : elle provient de l’église des Forges, dite première église de l’Annonciation. Érigée en 1869 par l’entreprise des Forges de Cran, celle-ci fut d’abord dotée d’une cloche de 350 kg, qui se fendit en 1898. La fabrique de Gevrier décida alors de son remplacement, la paroisse ayant grandi avec l’annexion de Meythet. Les frères Georges et Francisque Paccard proposèrent deux projets : une cloche d’une tonne ou une autre de 840 kg, le métal de l’ancienne étant déduit du coût. C’est cette seconde option qui fut retenue. Meythet participa à hauteur de 250 francs, la commune de Gevrier compléta le financement et une souscription paroissiale couvrit le solde. L’inscription de la cloche rappelle sa vocation première : appeler les fidèles à l’église, « un jour passé dans la maison du Seigneur valant mieux que mille années dans le siècle », et mentionne parrain, marraine, curé et maires des deux communes. En 1911, une seconde cloche, Joséphine-Antoinie, de 461 kg, fut ajoutée. Cette cloche indique d’ailleurs qu’elle répond à sa grande sœur. Lorsque l’église des Forges fut désacralisée en 1994, à la suite de la construction d’une nouvelle église de l’Annonciation à Cran-Gevrier, les deux cloches furent descendues. La petite resta à Cran-Gevrier, tandis que la grande fut confiée à la paroisse de Meythet, alors en pleine gestation de son église. Après trois années d’attente, Georgine-Augustine fut hissée dans le campanile en 1997. Autrefois compagnes de clocher, aujourd’hui séparées d’environ 1 500 mètres, il arrive encore qu’elles sonnent de concert, au gré des vents.

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Un carillon pour le nouveau millénaire
Mais les affaires campanaires ne s’arrêtent pas là à Meythet. À l’aube du nouveau millénaire, le curé bâtisseur Daniel Barrel projette l’installation d’un petit carillon au sommet du campanile. Douze cloches sont d’abord envisagées ; ce seront finalement dix-sept cloches qui seront fondues à Sévrier le 19 octobre 2000, puis installées le 24 novembre suivant. Pesant entre 115 et 22 kg, elles couvrent un peu plus d’une octave, du sol⁴ au do⁶, selon une gamme chromatique privée du premier la bémol. Cet ensemble permet l’exécution de diverses mélodies, au gré des baptêmes, des mariages ou simplement du temps qui passe. Le prêtre bâtisseur n’hésita d’ailleurs pas à composer lui-même plusieurs airs, encore joués aujourd’hui depuis le sommet du campanile. Chaque cloche porte en inscription sa note musicale, la signature du fondeur, le nom de la paroisse ainsi que la mention « Jubilé An 2000 », accompagnée du logo de l’événement — à l’exception des six plus petites, qui n’en portent que le texte. Les quatre cloches les plus imposantes reçoivent en outre des inscriptions inspirées du psaume 150 : « Daniel Barrel, curé » ; « Cordes, flûtes et harpes, jouez pour le Seigneur ! » ; « Cors, hautbois et cymbales, résonnez pour le Seigneur ! » ; « Trompettes, orgues et cloches, sonnez pour le Seigneur ! ». L’horloge qui complète le clocher résulte quant à elle d’une volonté municipale, pleinement partagée par les autorités religieuses. Ainsi, à Meythet, entre la grande cloche, le carillon et le cadran, il est aujourd’hui difficile d’y voir midi à quatorze heures !

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Des cloches oubliées…
L’église Saint-Martin de Meythet abritait elle aussi des cloches. Si leur histoire demeure très mal connue, elle est toutefois bien documentée pour les années de la Révolution. Au nombre de deux, elles pesaient respectivement 120 et 132 livres d’Annecy. Descendues toutes deux en 1794 afin d’être amenées à Annecy, place de la Liberté, leur destin semblait alors scellé : elles allaient être détruites, comme des milliers d’autres en France, et transformées en matière première pour la fabrication de canons et de monnaie. Quelques mois plus tard, Meythet put toutefois récupérer ses cloches… mais la plus lourde avait déjà été détruite. Afin de pallier ce manque, une cloche de 183 livres, provenant d’Annecy — sans que l’on connaisse l’édifice d’origine — fut alors attribuée à Meythet. Or, comme nous l’avons vu plus haut, Meythet ne redevint pas une paroisse autonome et l’église fut finalement détruite. Que sont alors devenues ces deux cloches ? Deux hypothèses s’affrontent. La plus probable est celle d’un transfert vers Épagny, voyage sans retour. On peut aisément imaginer que les cloches y furent ensuite refondues pour en réaliser de plus grandes. La seconde hypothèse suppose qu’elles soient restées dans l’église en ruines et qu’elles aient été vendues avec l’édifice en 1831. Toutefois, il était très rare que des cloches — airain sacré et objet de valeur — aient été laissées dans un édifice désacralisé au devenir incertain.

Nom Fondeur Année Diamètre (cm) Masse (kg) Note
1 Georgine-Augustine G&F Paccard 1898 115 892 Fa 3
Carillon Fonderie Paccard 2000 Total : 877 Sol4…Do6

Mes remerciements à :
M. Christophe Mugnier, référent paroissial de Meythet, pour l’accès au clocher et les sonneries spéciales.
M. Christian Regat, historien spécialiste des Savoie et -entre autres- vice-président des Amis du Vieil Annecy, pour l’organisation de cette visite.
Mes amis Claude-Michaël Mevs, Dominique Fatton, Arthur Auger et Paul-Elie Rose pour la contribution à ce reportage.

Sources & Liens :
Barrel, Daniel. Dans la lumière du Ressuscité : Église Saint-Paul de Meythet. Paris : Bayard, 2005.
Archives paroissiales de Meythet
Archives communales de Cran-Gevrier
Archives communales de Meythet
Paroisse Saint-Luc entre Fier et Mandallaz
Les Amis du Vieil Annecy
Relevé sur site
Fonds privés
Clichés personnels

Annecy – Basilique de la Visitation

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Accolée à la Montagne du Semnoz, la Basilique de la Visitation a été bâtie de 1909 a 1930 dans un style néo-byzantin. Elle abrite les deux saints fondateurs de l’ordre de la Visitation : Saint François de Sales & Sainte Jeanne de Chantal. La crypte abrite également deux autres figures savoyardes, dont un évêque annecien.

Le clocher de la basilique, s’élevant à 72 mètres, abrite 38 cloches: un bourdon, « Marie Françoise », de 4’000 kilos et sonnant le LA, et un carillon de 37 cloches.

Cranves-Sales – Eglise Saint Jean-Baptiste

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Cranves-Sales est aujourd’hui le fruit de deux paroisses qui ont fusionné il y a plus de deux siècles, au lendemain du Condordat. L’église de Cranves, actuelle église paroissiale, remonte au XIIIème siècle (clocher). Placée dès l’origine sous le vocable de Notre Dame, elle est aujourd’hui protégée par Saint Jean-Baptiste. L’église de Sales, rendue à la vie civile, était vouée à Saint Férréol et Saint Fergeux.
Le clocher de l’église de Cranves-Sales a été décapité lors de la Révolution. Son bulbe a été refait au cours du XIXe siècle. L’église est remaniée en 1890. L’ancien chœur était à l’emplacement de l’actuelle sacristie. Le transept réutilise la nef tandis qu’une nouvelle a été bâtie perpendiculairement. En 1957, les fresque du chœur ont été dessinés sous le pinceau de Nicolas Grechny. L’église a profité d’une dernière cure de jouvence en 2008.

La grande cloche, signée Claude et Jean-Pierre Paccard (deuxième génération) fut financée par souscription. La plus petite cloche, datée de 1883, est une refonte d’une ancienne cloche. Nous avons aucune information sur cette dernière. La même année, une horloge fut installée dans le clocher.

Cloche 1 : Paccard Claude & Jean-Pierre, 1838 – 950 kilos – Fa3 +3
Cloche 2 « Pauline » : Gustave Tréboux, 1883 – 450 kilos – La3 -4

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Détails de la petite cloche signée Gustave Tréboux.

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Sincères remerciements à M. le Maire de Cranves-Sales et son équipe pour les autorisations, M. Guérini pour les démarches et à M. Thomasson, sacristain, pour son accueil et sa gentillesse.

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Reignier-Esery – Eglise Saint Martin

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L’église Saint Martin de Reignier a été bâtie de 1843 à 1845 dans un style néoclassique sarde de type ‘halle’. Consacrée en 1846, ses dimensions sont à la hauteur de la commune. La tour-clocher est édifiée en 1868, pour un prix supérieur à celui de l’église.

Cloche 1 : Frères Paccard, 1866 – 2’068 kilos – Do Dièse 3

Cloche 2 : JD & B Dreffet, 1807 – 1’100 kilos – Mi3

Cloche 3 : Les Fils de G. Paccard, 1919 – 535 kilos – Sol Dièse 3

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Un grand merci à M. Shaer pour l’accès au clocher et les sonneries spéciales.

Annemasse – Eglise Saint-Joseph

Pour ce nouvel article, je vous propose un rendez-vous à Annemasse. Un clocher que je connais depuis longtemps : c’est ici que j’ai été baptisé ! Annemasse est aujourd’hui l’une des communes plus peuplées du département après Annecy et Thonon-les-Bains. Le développement rapide du siècle dernier fait que d’Annemasse, nous pouvons rejoindre Genève (et même l’Ain) sans quitter la ville ! Annemasse compte 35’000 habitants… et 10x plus pour son aire urbaine ! Pourtant, la ville actuelle est restée longtemps rurale. D’abord installée près de l’Arve, elle s’est étendue progressivement. La première étape fut l’arrivée du chemin de fer et de la gare. C’est sur cette ligne dite « du Tonkin » que continuent de passer les interminables wagons remplis d’eau Evian. Après la Première Guerre, Annemasse connaît un accroissement énorme de la population. Une seconde église sera bâtie pour suppléer à l’église historique. La ville n’a jamais cessée de grandir depuis. Actuellement, le tramway qui reliait Annemasse à la Suisse entre 1921 et 1959 est en cours de reconstruction pour une mise en service fin 2019.

Avec le développement de la ville, il faut prévoir une seconde paroisse : l’excentricité de l’église Saint-André (qui dessert aussi Etrembières et Ambilly) devient un problème car la ville s’en éloigne petit à petit. En 1938, un appel d’offre est passé par la nouvelle paroisse pour construire une grande église sur un terrain rectangulaire entre l’Avenue Jules Ferry et la rue Madame Fleutet, sur un terrain triangulaire. Le moine bénédictin Don Bellot est retenu. Il est auteur de plusieurs sanctuaires en Europe ou en Canada. Dans la région, on retiendra de lui la Basilique Saint-Joseph d’Annecy (Les Fins) qui lui est similaire. Le terrain a été acquis en 1940 et le chantier débute le 19 mars de la même année, jour de la saint Joseph, patron de la nouvelle église. Le défi de l’époque était non seulement l’utilisation de béton armé (matériau nouveau) mais aussi de trouver la matière première, en raison de la guerre. Notons que les pierres extérieures au monument proviennent de la carrière Montessuit sur le Salève (à quelques kilomètres de là). Le 31 mars 1946, la nouvelle église est inaugurée. Décédé en 1944, le moine-architecte n’a pas pu voir son oeuvre achevée. A l’intérieur, l’usage de béton armé laisse des grands espaces avec une absence remarquable de piliers. La coupole amplifie cette impression. Entre 1987 et 1998, l’église est profondément restaurée pour son cinquantenaire : toiture, chauffage ou encore la décoration sont au cœur des discussions. Pour ce dernier point, les travaux seront confiés à M. Philippe Kaeppelin, qui a aussi travaillé à Saint-André. En tribune, un orgue trois claviers prend place depuis peu. En provenance de Mons en Belgique, il a été racheté d’occasion grâce à un mécénat mené par l’association « les Orgues Annemassiennes » et installé fin 2011. Dès lors, des concerts sont proposés en plus de son utilisation cultuelle, pour permettre de mieux profiter de cet instrument.

Le clocher n’est hélas pas conforme aux plans de Dom Bellot : la longue flèche prévue n’a jamais vue le jour. Le manque de moyens prédomine pour cet inachèvement. En gravissant la tour, il semble se confirmer : sur les deux cloches présentes dans ce vaste espace, une seule sonne aujourd’hui. En arrivant au 2ème étage (le 0 correspondant au porche, et le 1er à l’arrière de la tribune) on constate qu’une modeste cloche est installée sur un beffroi en acier. D’un poids d’environ 200 kilos, elle porte un nom « Joséphine Marguerite » et une inscription vouée à saint Joseph, patron de la paroisse. Problème : elle n’est pas datée. Un blason épiscopal se trouve sur le côté, symétrique au blason de ses créateurs : la fonderie Paccard. Mais il ne corrobore pas avec les blasons des évêques d’Annecy du XXe siècle (NN. SS. Campistron, Du Bois de la Villerabel et Cesbron). Par ailleurs, Annemasse n’a semble-t-il jamais donné d’évêque à l’Eglise. Les quelques indices du blason laissent toutefois entendre que le prélat était des environs, car il représente entre autres une croix savoyarde. Une dernière théorie est envisagée : une cloche pour un autre clocher, rachetée d’occasion par la paroisse. Quoi qu’il en soit, elle a servi dans un premier temps, avant une sonnerie plus grande et plus puissante.
Le sommet du clocher se mérite : il faut emprunter une échelle d’environ 10 mètres, sans aucun palier ! Une gigantesque salle s’offre à nous, offrant un point de vue unique sur cette ville et ses environs. Au centre, sur un modeste beffroi métallique, l’actuelle cloche titulaire est installée, prête à sonner. Elle aussi n’est pas assez bavarde à notre goût. Seule sa date et son auteur sont mentionnés en relief : la fonderie Paccard d’Annecy-le-Vieux et 1977. La cloche ne possède aucun motif religieux. Seul un bouquet floral sur une face avec en dessous, semi effacé « Gabriel ». De l’autre côté, une phrase de trois mots est presque intégralement supprimée, elle aussi. On peut distinguer le mot final « ana ». Cette cloche d’une tonne possède quand même, gravé timidement, la mention de son actuel lieu d’installation « Paroisse St-Joseph Annemasse ». Là aussi, pourrions-nous parler d’un réemploi ? Probablement une cloche réalisée pour un autre lieu que l’actuel. Dernier questionnement : la petite cloche devait-elle la rejoindre ? Un emplacement est encore vide aujourd’hui, au-dessus de cette grande cloche. Pourrions-nous espérer à l’avenir un ensemble plus conséquent pour un des plus grands édifices du diocèse ?

Nom Fondeur Année Masse (kg)

Note

1

Gabriel ? Paccard 1977 1100 Mi3
2 Joséphine-Marguerite Fils de G. Paccard 19.. 200

ré4

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Mes remerciements pour cette visite du clocher au père Pierre Marmilloud, curé de la paroisse Saint-Benoît-des-Nations d’Annemasse. Une visite émouvante car c’est en ces lieux que j’ai reçu le sacrement du baptême… probablement que les cloches (ou la cloche!) ont sonné !

Sources & liens :
Annemasse
Eglise Saint-Joseph Annemasse
Paroisse Annemasse
Clichés personnels
Fonds privés