L’église Saint Joseph des Fins fut bénie en 1937 par Mgr De La Villerabel, évêque d’Annecy. Terminée en 1941 par l’architecte Dom Bellot, elle s’impose par sa flèche et par son architecture. L’intérieur est très particulier, puisque deux autels y prennent place: le grand autel dans le chœur de l’église, ainsi qu’un plus petit autel au centre de l’église, autour duquel l’assemblée se regroupe.
La cloche n°2, l’une des 54 répliques de la Liberty Bell.
En 1950, l’Amérique passe commande à Alfred Paccard de 54 cloches peu ordinaires… En effet, il s’agit de répliques de la Liberty Bell qui sonna l’indépendance américaine en 1776. Une cloche par Etat, ainsi qu’un petit « surplus ». Parmi ces 4 cloches supplémentaires, l’une d’entre elles a été offerte à Annecy. Elle a donc été installée dans l’édifice flambant neuf de la ville, la Basilique Saint Joseph des Fins.
Mes remerciements au père Cros, curé de la paroisse, pour l’accès au clocher ainsi que pour la sonnerie spéciale. Mention à Philippe pour la mise à disposition de ses belles photos.
De style néo-classique sarde, l’église de Cervens a été achevée en 1845. Sa façade est simple, sans statues, un simple vitrail en demi-cercle orne le dessus de la porte. Le clocher occupe l’angle nord-ouest et ne possède pas de murs intérieurs. Un escalier de bois en colimaçon permet l’accès au cloches.
Les cloches possèdent des inscriptions en deux parties : la partie « civile » avec une mention de la « République Française » puis la « Commune de Cervens » avec le maire, son adjoint et le conseil municipal. A l’opposé, le nom de la cloche, son parrain, sa marraine et le curé de la paroisse. On peut donc sentir une certaine distance entre la vie civile et religieuse, à trois ans de la loi de 1905, faisant séparation entre le Clergé et l’Etat.
Mes remerciement à M. Pinget, adjoint, pour l’accès au clocher et les sonneries spéciales.
La première église de Ballaison remonte a une époque fort lointaine. L’église actuelle, toujours placée sous le vocable de Saint-Étienne, premier Martyr, a été reconstruite sur l’emplacement du bâtiment primitif. L’édifice est remarquable par sa dissymétrie et sa disproportion entre la nef et le chœur. Le visiteur est également étonné par le fait que deux chapelles latérales sont placés sur le même côté, même si les murs extérieurs témoignent du fait que plusieurs chapelles ornaient la nef principale, reconstruite en 1764.
La présence de cloches à Ballaison remonte également au Moyen-Âge. La plus ancienne, coulée en 1471 par Guillaume Fribor, se trouve aujourd’hui à Genthod (CH-GE). Elle et sa grande sœur ont en effet été volées en 1589, par les Bernois venus conquérir la Savoie et convertir nos terres au protestantisme, la plus grosse des deux cloches est tombée dans le lac pendant le transport, la légende raconte qu’elle y serait toujours. La présence de cloches est encore signalée en 1718, bénies. Cachées pendant la Révolution, elles ont été retrouvées… fêlées. En 1804, l’église reçoit deux cloches, coulées par Jean Daniel Dreffet, à Genève, la plus grande pèse 826 kilos en Fa3, et la plus petite pèse 567 kilos en Sol Bémol 3.
Mes remerciement à M. Frossard, adjoint, ainsi qu’a M. Pugin-Bron, sacristain, pour l’accès et les volées.
Peu d’informations nous sont communiquées sur cette chapelle, relativement récente, de style contemporain, et située sur les hauts de la commune, sur la route de Thorens.
Dans le modeste clocheton, proche de la chapelle, est accrochée une cloche Paccard (1943) dont le poids est estimé à 250 kilos :
Isidora Germaine Alphonsine
Note Si 3, diamètre 0,72m.
Mes vifs remerciements à l’Abbé Contat pour son aimable autorisation.
L’origine du sanctuaire qui se dresse au cœur de ce village jadis médiéval est sans cesse remise en question. Alors que certains attribuent sa construction à Aymon Ier en 1111, d’autres pensent qu’il est l’œuvre de son fils Guillaume Ier en 1190. En partie détruite en 1507, la collégiale a été rebâtie dix ans après. Elle succomba une seconde fois aux flammes en 1530, avant d’être reconstruite plus grande, avec deux chapelles latérales, l’une dédiée à Sainte Catherine, l’autre à Notre-Dame de Grâce. Deux restaurations furent menées au cours du XIXe siècle. La première en 1806, après la Révolution Française, la seconde en 1876, date à laquelle la nef fut reconstruite dans un style néogothique. Le chœur est de style gothique tardif, alors que la chapelle Sainte-Catherine, de type gothique flamboyant, abrite un membre de la famille Fabri qui commanda la chapelle, Adhémar Fabri, évêque et cardinal de Genève.
Le clocher de la collégiale de La Roche referme trois cloches. Bâti en 1575, il est réédifié en 1640. La flèche du bulbe, elle, sera reconstruite en 1914 après avoir été frappée par la foudre. Le rez-de-chaussée abrite l’actuelle sacristie. L’accès aux étages supérieurs se fait par le premier niveau via une porte surélevée. Deux niveaux sont percés d’abat-son. Le premier est totalement vide et le deuxième, percé de grandes ouvertures, referme le massif beffroi en bois. En plus de tinter les heures, le bourdon, remarquable par sa taille et son âge, donne de la voix à chaque messe dominicale. Sa petite sœur la cloche deux, qui sonne les funérailles en compagnie de la cloche trois, a soufflé ses trois cent bougies. Une petite dernière a été ajoutée à la fin du XIXe siècle et sonne infatigablement chaque angélus.
Mairie de la Roche sur Foron, pour l’autorisation de principe,
Père Contat (ancien curé) pour son accueil (première visite),
Père Mutabazi (actuel curé) pour son autorisation et à M. Viguier pour son accueil (deuxième visite),
Mention à Mike « Quasimodo », auteur de la vidéo du plénum et quelques photos, amitiés enfin à Matthias Walter, campanologue à Berne et Dominique « Valdom68 » également de la partie.
Construite en 1896, cette église figure a l’emplacement du château du village. Elle remplace le sanctuaire primitif devenu trop petit pour les besoins du bourg. Son clocher, dont la flèche culmine à une trentaine de mètres, est visible de tout village.
Le clocher est loin d’être inoccupé! on y trouve en effet pas moins de 8 cloches
Mes remerciements vont à Adrien Parret, carillonneur a Grézieu la Varenne (69), pour l’organisation de cette sortie campanaire, ainsi qu’a Yoann Mourrat, carillonneur, pour sa gentillesse et disponibilité.
Inauguré en 1959, le temple de Montbrillant est situé a l’écart du centre de Genève, face à un des parcs de la ville. Son clocher blanc est assez voyant, et la forme du temple assez particulière: le triangle cohabite effectivement avec le carré.
Le clocher, typique des années 1950, aux formes rectangulaires et triangulaires, possède trois cloches Rüestchi. La grosse cloche, coulée en 1961, est la plus récente. Ses deux petites sœurs portent la date de 1959.
La première église dédiée à Saint Hippolyte, construite sur l’emplacement de l’église primitive, remonte au XIVè siècle. Elle devient chapelle papale sous le règne d’Amédée VIII, lorsque celui-ci est nommé Pape par le concile de Bâle. Elle est rebatisée « Temple de la Raison » lors de la Révolution, avant d’être rendue au culte catholique peu après. Dans la seconde moitiée du XIXe siècle, un projet de cathédrale néogothique à deux tours voit le jour. Le projet incluant la destruction de l’église Saint Hyppolyte, les habitants, qui y étaient très attachés, se dépêchent de la faire classer monument historique en 1909. Au final, seul le presbytère aura été sacrifié pour des raisons financières. L’église sert d’entrepôt lors de la Première Guerre. Le curé Chaumontet remet ensuite au goût du jour la transformation de l’édifice, qui se voit consacré et élevé au rang de basilique en 1930 par Mgr De La Villerabel, évêque d’Annecy. Comme on peut le voir sur la maquette ci-dessous, nous sommes aujourd’hui en présence de deux édifices accolés, non alignés, munis d’une unique tour.
Bourdon – G&F Paccard, 1871 – 2’750 kilos – Si2
Cloche 2 « Marie » – Les fils de G. Paccard 1931 – 1’500 kilos – Ré3
Cloche 3 « Françoise » – Les fils de G. Paccard – 350 kilos – Si3
Merci à M. le Curé pour la volée spéciale du Bourdon, et M. Walter pour avoir réussi a décrocher ce rendez-vous, à la dernière minute!
Traversée par la Menoge, le village de Boëge est au cœur de la Vallée Verte. Niché à 750 mètres d’altitude, le chef-lieu était jadis occupé par des Seigneurs. Deux familles sont aujourd’hui associé aux villages : la famille de Boëge puis la famille de Montvuagnard. Ces deux familles qui se succéderont construiront pas moins de quatre maisons forte. L’une d’entre elle était bâtie sur la place du village actuelle : la maison-fort de Montvuagnard.
C’est sur cette même place qu’au XIIe siècle que l’on construit l’église primitive de Boëge, probablement à côté de la maison-forte. Au début du XIXe siècle, l’église (délabrée) était entourée du cimetière. Si en 1832, une reconstruction est déjà dans les esprits, il faut attendre 1850 pour que ce souhait soit acté. La construction de la nouvelle église ne se fera que cinq ans plus tard sous la direction de MM. Michaud et Champlanaz, architectes. La pose de la première pierre s’est faite au début du mois de juillet 1855 et la cérémonie de consécration eut lieu le 3 juillet 1858, en la fête de Notre-Dame des Voirons, patronne secondaire de Boëge. Le patron du Duché de Savoie et des Gardes Suisse, saint Maurice d’Agaune, en est le titulaire . Ce soldat thébain qui repose non loin de là est représenté dans le chœur et dans un des bas côtés.
La sonnerie qui suit n’est ni historique, ni monumentale, ni hétérogène. Pourtant, elle mérite le détour car le plus illustre donateur n’est autre que Napoléon III comme se plait à le rappeler la plus grande des trois cloches. L’Empereur sera également à l’origine de l’orgue qui siège sur la tribune. A signaler aussi que l’ensemble campanaire a été fondu le 19 septembre 1860 : nous avons donc ici une des premières sonneries Paccard françaises, l’annexion ayant eu lieu le 12 juin de cette même année. C’est donc un nouvel ensemble campanaire qui accompagne l’église flambant neuve, laissant aux oubliettes les cloches de l’ancienne église, dont nous ne savons rien. En 1863, une horloge est installée : elle pilote à la fois le cadran de façade -encore en place- mais aussi le tintement horaire. Ces derniers pourront perdurer grâce à l’électrification en 1956. C’est à ce même moment que sera troqué le beffroi et les jougs en bois contre une installation entièrement métallique, sans doute que les autorités de l’époque ont préféré ménager le clocher des forces émises par les cloches lors des volées. Seuls restes de l’installation de l’ensemble campanaire, les battants ont été changés en septembre 2016 contre des nouvelles pièces plus adaptées pour la sonnerie actuelle, ultime preuve de la bienveillance de la municipalité envers le véritable trésor sonore du clocher.
Sur la grosse cloche, en plus du nom de Napoléon III, on peut lire celui du Pape Pie IX. Le Révérand Félix Sache était curé de Boëge. Le parrain de la cloche est François-Antoine Dumont, premier maire et la marraine Mélanie de Saint-Bon.
Sur la moyenne cloche, on peut lire à nouveau le nom du curé et celui de Pierre Charrière, « propriétaire ». Eugénie Charrière, en est la marraine. L’avocat C.F. Saillet est le parrain et M. Curt-Comte, négociant.
Sur la dernière, on retrouve Pierre Charrière en qualité de parrain, avec sa femme, Mme Annette Gavard comme marraine.
N°
Nom
(marraine)
Masse
(kg)
Note
1
« Mélanie »
1’178
Mi bémol 3
2
« Eugénie »
603
Sol 3
3
« Annette »
325
Si bémol 3
PACCARD FRERES FONDEURS A ANNECY-LE-VIEUX – 1860
J’adresse mes remerciements à M. Jean-Paul Musard, maire, pour son aimable autorisation, M. Goy, directrice générale des services de la mairie de Boëge -pour l’organisation du rendez-vous- ainsi qu’à M. Jean-Marie Libert, sacristain, pour l’accueil.
Une commune relativement jeune Nichés au creux de la vallée de la rivière du Nom, entre la station de La Clusaz et le bourg de Thônes, Les Villards-sur-Thônes semblent s’être posés avec délicatesse sur les pentes du majestueux mont Lachat (2’019 m) et contre le tranquille plateau de Beauregard (1’741 m). Ce village haut-savoyard, jeune de ses trois siècles et désormais foyer d’un millier d’âmes, a su préserver son caractère authentique. Le temps semble y avoir ralenti sa course, au milieu de ses hameaux dispersés et de ses chalets traditionnels qui se fondent dans le paysage. Au cœur de ce tableau de vie montagnarde, l’église paroissiale dédiée à Saint-Laurent se dresse, veillée par son clocher à bulbe fraîchement restauré, tel un phare intemporel marquant l’horizon. Idéalement situé à l’entrée du col de Saint-Jean-de-Sixt, le village bénéficie d’une situation privilégiée, à la croisée du massif des Aravis et de la vallée de Thônes. Son âme vit au rythme des saisons, portée par un équilibre harmonieux entre le tourisme de montagne, l’agriculture qui façonne ses paysages et une vie associative vibrante qui maintient les traditions locales et fait battre le cœur de la communauté.
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De chapelle à église En 1583, les habitants du hameau du Villard bâtissent une première chapelle dédiée à Saint-Laurent. Le nom aurait été choisi par des villageois ayant séjourné à Rome, ville de grand culte pour ce martyr. Le curé de Thônes autorise une messe mensuelle, mais insiste pour que la chapelle reste sous son autorité. Le village grandit. En 1631, l’évêque de Genève, après sa visite, rattache les hameaux voisins du Fourjassoud à la paroisse plus proche de Saint-Jean-de-Sixt. Cette décision éveille l’espoir des habitants du Villard, qui rêvent de leur propre paroisse. En 1675, la nomination d’un vicaire dédié à la chapelle du Villard leur permet d’avoir accès aux sacrements sur place. Mais ce n’est pas suffisant. Dès 1681, les Villardins envoient une supplique pour obtenir leur indépendance. Après de longs débats, l’évêque de Genève-Annecy accède finalement à leur demande en 1695 et crée la nouvelle paroisse. L’émancipation civile suit. Le roi sépare le territoire de celui de Thônes en 1727. Finalement, en 1730, le premier syndic, Pierre Sylvestre, est élu, confortant la naissance officielle de la commune.
Une église de village L’église Saint-Laurent, bâtie à l’emplacement présumé de la chapelle primitive à l’ouest du village, a été construite entre 1700 et 1702 par les frères Guillot, tailleurs de pierres de Samoëns. L’évêque de Genève la consacre en 1705, saluant l’engagement des habitants. À l’époque, elle est une église modeste, avec un toit en tavaillons et un clocher inachevé. Une horloge est ajoutée en 1706 et le clocher est terminé en 1727. La Révolution ne l’épargne pas : le clocher est démoli et l’église est dépouillée de ses biens. Le clocher est reconstruit en 1812 et les autels latéraux sont remis en place. Jugée trop petite, l’église est agrandie entre 1844 et 1845 avec l’ajout de deux travées et d’une nouvelle façade. Au XXe siècle, l’église continue d’évoluer : le toit est remplacé, l’édifice est réaménagé après le concile Vatican II dans les années 1960 et un orgue est installé. L’arrivée de l’électricité modernise les lieux, mais l’église subit également des dommages : les vitraux sont soufflés par le bombardement de 1944, les portes de la sacristie et du clocher sont fracturées lors de l’inventaire de 1905, et des fissures apparaissent pendant le tremblement de terre de 1996. Tout récemment, le clocher à bulbe a été restauré pour retrouver sa splendeur d’antan.
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Une cloche à l’honneur de l’autonomie La plus grande cloche des Villards-sur-Thônes est prérévolutionnaire. Fondue en 1752 par Jean-François Livremont, membre de la célèbre dynastie pontalissienne, celui-ci s’établit durablement à Annecy, où il mourut en 1764. Cette belle cloche aux accents baroques est la seule rescapée d’une sonnerie homogène de trois cloches. On raconte qu’à la fin de l’année 1751, les frères Livremont (sans doute Jean-François et Jean-Claude) manquèrent leur première tentative de coulée, qui dut être reportée à l’année suivante. Les trois cloches remplaçaient alors une unique fondue en 1688, financée par Maurice Ducrest, comme laissent penser les inscriptions de la plus grosse. Si seule cette dernière nous est parvenue, c’est parce que les deux autres furent descendues à la Révolution pour être conduites à Annecy, une seule cloche ayant été autorisée à rester en place. La grosse cloche des Villards est d’ailleurs intéressante à plus d’un titre : au-delà de son âge vénérable et de son classement comme monument historique depuis 1943, elle témoigne du long chemin parcouru par les habitants pour conquérir leur autonomie. Elle rend également un hommage appuyé à la famille Ducrest, qui finança sa fonte et contribua largement à l’émancipation du village. L’un de ses membres, Claude Gaspard Ducrest, avocat au Sénat, en fut parrain aux côtés de Françoise Péronne Bastian, épouse de Joseph Ducrest, lui aussi avocat. On peut encore y lire une maxime en français, véritable devise baroque et conclusion heureuse de l’indépendance des Villards : « Sur la mère, la fille a remporté la victoire ; Je chante par mes sons son triomphe et sa gloire ». C’est cette cloche qui, encore aujourd’hui, donne l’heure aux villardins.
La grosse cloche :
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Trois nouvelles voix dont deux… identiques ! Le 18 février 1857, l’église des Villards est en effervescence : la population se presse pour la bénédiction des trois nouvelles cloches, coulées à la fin de l’année précédente. La cérémonie, présidée par l’abbé Mermillod, fut l’occasion de rappeler – avec une pointe d’orgueil – les efforts des habitants pour s’ériger en paroisse autonome. On en profita aussi pour installer le nouveau curé, accueilli en grande pompe, avec banquet festif à la clé… et même un feu d’artifice pour clore la journée ! Ces cloches, véritables vedettes locales, sont le fruit de la générosité des paroissiens et des natifs expatriés à Paris. Les plus généreux eurent d’ailleurs le privilège de les parrainer. La plus petite, surnommée « la cloche des trois cousins germains », fut financée par les abbés Mermillod et Clert-Biron, ainsi que par M. Clert-Biron. On raconte qu’elle fut considérablement augmentée lors de sa refonte. Les archives communales de 1843 mentionnent aussi une cloche fêlée de deux quintaux (environ 110 kg) qu’il fallait refondre et porter à huit quintaux (440 kg), sans en dire davantage sur la réalisation des travaux. Preuve qu’entre le Concordat et 1856, des cloches sont bel et bien passées par le clocher… mais n’y ont fait qu’un séjour éclair. Mais revenons à nos moutons – ou plutôt à nos cloches ! Car à l’écoute de la sonnerie, une surprise attend l’oreille avertie : les deux petites donnent la même note, et ensemble elles forment avec la grosse un parfait « triton ». Or, ce fameux intervalle, surnommé diabolus in musica, était autrefois assimilé… au Diable lui-même ! L’affaire est d’autant plus curieuse que les deux petites cloches sonnent presque exactement la même note. Pourtant, elles ne sont pas jumelles : sept centimètres de diamètre et près de 70 kilos les séparent, ce qui laisse penser qu’elles auraient dû produire deux tonalités distinctes. Autrement dit, non seulement la sonnerie offrait un triton « diabolique » avec la grosse, mais elle donnait en prime un doublon sonore entre les deux petites ! On pourrait imaginer que cette étrangeté ait été voulue. Mais en réalité, la pratique de couler des cloches « fonctionnelles » sans réelle recherche d’harmonie appartient surtout au Moyen Âge. On voulait alors des cloches puissantes, capables de porter loin, et peu importait leur justesse. Au XIXᵉ siècle, en revanche, la recherche d’accords était déjà bien installée et les sonneries se raffinaient. Il est donc plus probable que cette sonnerie si particulière soit le fruit d’un aléa de fonte ou d’une imprécision dans le calcul des notes, plutôt qu’une audace volontaire. Mais une fois installées, on suppose qu’il fut difficile de froisser les donateurs en proposant une nouvelle refonte ! Résultat : la petite cloche fit tapisserie, à peine utilisée – son état impeccable en témoigne – et fut reléguée définitivement lors de l’électrification en 1958. Double peine, elle est aussi coincée par des abat-sons trop proches pour qu’elle puisse encore chanter à la volée, au mépris de sa corde qui descend jusqu’au pied du clocher. Une cloche « star » déchue, donc, condamnée au silence… mais dont la mésaventure continue d’amuser autant qu’elle intrigue. Il n’en demeure pas moins que cette sonnerie reste unique en son genre dans nos vallées ! S’il n’est pas rare de croiser des tritons dans nos clochers – comme par exemple à Thônes, tout proche –, découvrir deux cloches fondues la même année donnant exactement la même note musicale relève en revanche d’une véritable rareté.
Les cloches de 1856 :
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En tête d’article : vue générale du beffroi, grosse cloche au premier plan.
N°
Nom
Fondeur
Année
Diamètre (cm)
Masse (kg)
Note
1
—
Jean-François Livremont
1752
104
~625
Fa 3
2
Gabrielle Laurence
Frères Paccard
1856
91
~420
Sol♯3
3
Jeanne Françoise Marie Mélanie
Frères Paccard
1856
81,7
~300
Si 3
4
Marie Françoise Alexie
Frères Paccard
1856
75
~225
Si 3
Mes remerciements nourris à :
M. Gérard Fournier-Bidoz, maire, pour son aimable autorisation et son accueil et les sonneries exceptionnelles.
Mme Alexia Mermillod-Blondin, adjointe, pour son accueil.
Le père Gérard Dupraz-Rollin, prêtre auxiliaire, pour les sonneries exceptionnelles.
Mme Mélanie Maréchal, conservatrice des archives historiques du diocèse d’Annecy, pour la mise à disposition d’archives.
Mon ami le Dr Matthias Walter pour l’expertise de la sonnerie en 2013.
Mes amis Claude-Michaël Mevs, Arthur Auger et Matthieu Jules pour l’aide apportée à la réalisation de ce reportage.