Magland – Eglise Saint-Maurice

Magland est une commune savoyarde se trouvant à l’entrée de la partie haute de la vallée de l’Arve. Son territoire s’étend sur deux massifs bien distincts : les Aravis (rive gauche de l’Arve) avec notamment la pointe d’Areu (2’478 mètres) et le massif du Giffre (rive droite) avec le sommet du Petit Colonné (2’600 mètres). C’est d’ailleurs dans ce massif qu’un hameau de Magland est réputé de tout bon amateur de ski : Flaine. Ce dernier, crée à partir de 1968, fait partie d’un grand domaine skiable : le Grand Massif. Mais la commune de Magland n’a pas toujours vécu grâce aux sports d’hiver. Il faut reconnaître que le bassin clusien, dont Magland fait partie intégrante, est réputée pour l’horlogerie ainsi que pour le décolletage depuis plus d’un siècle. Les fins gourmets n’oublieront pas de citer les fameux saucissons, au caractère singulier grâce à leur assaisonnement unique.

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La paroisse de Magland est très ancienne, en témoigne son vocable : saint Maurice. Ce saint particulièrement vénéré depuis plus de 1’500 ans est aussi le saint patron de la Savoie. En 1365, Magland fait l’objet d’une visite pastorale de l’évêque. C’est à cette période que sont d’ailleurs édifiés les différentes maisons forte de Magland, territoire ô combien stratégique car passage obligé vers le pays du Mont-Blanc. De l’édifice primitif, il n’existe plus aucunes informations car il a subi de nombreuses transformations au fil du temps. On sait simplement qu’une nouvelle église est consacrée en 1694 par Mgr Jean d’Arenthon d’Alex, évêque de Genève. Il était rapporté que l’ancienne, trop petite, ne permettait pas de rassembler toute la paroisse. A l’époque, le sanctuaire contenait six chapelles ! Ce même édifice a été agrandi entre 1836 et 1839 et son orientation a été modifiée de 180°. Ces travaux n’ont pourtant pas fait l’unanimité de tout le monde à l’époque. C’est le 12 juillet 1844 seulement que Mgr Rendu, évêque d’Annecy, consacre l’édifice agrandi et embelli dans le style néoclassique. En témoignent la façade de l’église et ses pilastres caractéristiques. Cette dernière se retrouve aujourd’hui dans l’ombre car l’édifice a été à nouveau tourné lors d’une grande restauration en 1979, lui redonnant ainsi l’orientation du premier édifice religieux. C’est pour cela que les chapelles latérales sont près de l’entrée, qui se fait par l’ancien chœur. La sacristie a été aménagée dans l’ancien narthex, derrière le maître-autel, déplacé pour l’occasion.

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L’église de Magland est forte d’un patrimoine campanaire conséquent : 13 cloches. 12 d’entre elles se serrent dans la tour principale et une dernière se situe dans le clocheton dominant l’ancien porche.  Aujourd’hui inutilisée, cette petite cloche est hélas inaccessible. C’est grâce à la réfection de la toiture que le curé, eu la chance de l’approcher et de lire une date : 1589. De quoi justifier le titre de « monument historique » en 1943. Ce petit clocheton coiffé d’un dôme en oignon sur un sanctuaire néoclassique peut surprendre. Il rappelle volontiers des constructions similaires sur les églises de Combloux et Saint-Gervais, sans oublier de nombreuses chapelles, toutes édifiées dans le style baroque. Le clocher, résolument plus classique, abrite une sonnerie plutôt imposante pour la région : la grosse cloche affiche à elle seule un poids de deux tonnes ! Livrée en 1900 avec sa petite sœur, elles ont été réalisées par les frères Paccard, maintes fois présentés ici. Les inscriptions nous indiquent qu’elles ont été bénies par le curé de l’époque, le 18 octobre. La grosse cloche affiche des finitions plutôt baroques, avec sur le bas de sa robe les médaillons des saints majeurs de la chrétienté. Sa petite sœur affiche quant à elle des décors néo-gothiques. Le beffroi date lui aussi de 1900. Il a été réalisé par les frères Ciclet. A l’étage en dessous, sur un beffroi métallique, une troisième cloche porte la date de 1956. Celle-ci nous indique qu’il s’agit d’une refonte, sans nous donner plus d’informations. Près d’elle, neuf cloches brillent encore. Elles ont été ajoutées en 2000 par la municipalité. Chaque cloche porte un segment de phrase qui raconte leur histoire : « J’ai vu l’aube de ce XXIème siècle – et je verrai son crépuscule – ainsi je témoignerai – de ce que vous avez fait – de votre temps – carillon offert par – la municipalité de Magland – pour l’entrée – dans le troisième millénaire ». Ce carillon est utilisé pour quelques ritournelles occasionnelles ainsi que pour les baptêmes et mariages.

Nom Fondeur Année Diamètre (cm) Masse (kg) Note
1 Joséphine Thérèse G&F Paccard 1900 150,3 2’076

Do 3

2

Jeanne Françoise G&F Paccard 1900 119,5 ~1’000 Mi 3
3 Marie Augusta Paccard 1956 101 ~620

Sol 3

4

Inconnu Inconnu 1589 Inconnu Inconnu

inconnu

Carillon : 9 cloches Paccard, 2000 – Tessiture : Do5 diatonique Do6 +Sib6 – Masse totale : 343 kg.

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Mes remerciements à : 
MM. René Puchot et Johann Ravailler, ancien et actuel maires, pour leurs aimables autorisations.
M. Jérôme Ferrand, responsable des bâtiments, pour l’ouverture de l’église et du clocher.
Le personnel de la mairie de Magland pour la mise à disposition de l’ouvrage « Le Patrimoine Religieux de Magland » édité par la commune.
Mon ami Claude-Michaël Mevs « Quasimodo » pour son aide à la réalisation de ce reportage.

Sources & Liens :
Mairie de Magland
« Le Patrimoine Religieux de Magland » disponible en mairie
« Paccard, un nom qui sonne », Pierre Paccard, 2024
Fonds privés
Clichés et relevé personnels

Combloux – Eglise Saint Nicolas

P1000833

L’église Saint Nicolas de Combloux a été bâtie entre 1702 et 1704. Elle remplace un ancien édifice du XVe siècle. Il ne reste aujourd’hui de ce bâtiment primitif que les contreforts intégrés au chœur. Pendant la Révolution Française, le clocher a été détruit. Rebâti par les paroissiens en 1828 sur les plans de Claude François Amoudruz, architecte de Samoëns (74), il est réputé pour être le plus beau bulbe baroque de la région, voire de toute la France. Il fait la fierté du village et a fait l’objet d’un classement Monument Historique en 1971. Il sera restauré 4 années plus tard. L’église a fait l’objet de grandes modifications lors des restaurations de 1925 et en 1979.

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Cloche 1 « Claudine » – Gautier Louis Fils en 1815 – 1,18m de diamètre – 1’000kg – Fa3 -8

+ AYANT SEULE ECHAPPE AUX MAINS DES BOURREAUX . IE SUCCOMBE SOUS LES COUPS DES MARTEAUX MAIS GRACES A LA PROVIDENCE IE RENAIT+

+ DE MES PROPRES CENDRES MR CLAUDE TROMBERT RECTEUR . DON PAR MILLION CLE ATE CES BOTTOLLIER CURTET IRD CDE BRONDEX AIME GERFAUX+

+ HR FR ME RAMUS FS MR FLANRINS . IE M’APPELLE CLAUDINE . MON PARRAIN EST MR CDE MARIN BONNEROY HR ROYAL SIR DE LA VILLE DE SALLANCH+

+ ES . ET DE LA CNE DE COMBLOUX MME IEANNETTE CLAUDINE DUSUA SON EPOUSE MARRAINE+

+LOUIS GAUTIER FILS MTE FONDEUR DE BRIANCON MA FONDUE EN 1815+

Cloche 2 – Louis Fils Gautier en 1815 – 1,02m de diamètre – 700kg – Sol3 -3

+IL NEN EST PAS AINSI DE VOS CLOCHES EXILLES QUI PAR NOUS ONT ETE A GRANDS FRAIS REMPLACEES . JOSEPH MARIE PELL+

+OUX PARRAIN DEMOISELLE MARIE FRANCOISE VIOLLAT MARRAINE+

+GAUTIER FECIT 1815+

Cloche 3 « Marie Alexandrine » –  G&F Paccard en 1903 – 0,92m de diamètre – 475kg – La3 -8

PAROISSE DE COMBLOUX SOUVENIR DE LA MISSION DE L ANNEE 1902

PRECHEE PAR LES R R . P P FAVRAT ALPHONSE BRACHET ET GICUET

L ABBEE F.B. PERISSIN ETANT CURE ET VIELLARD ALEXANDRE MAIRE

PARRAIN MABBOUX JOACHIM MARRAINE VIELLARD ALEXANDRINE NEE REVENAZ

JE M APPELLE MARIE ALEXANDRINE

+PRINCIPAUX SOUSCRIPTEURS BLANCHARD M. FRCS BRONDEX CLEMENT BRONDEX DAMIEN BRONDEX M. AUGUSTE DUCREY ARTHUR JH DUCREY JEAN LIS GORGES LOUISE MARIN EMILE MILLION JOSEPH MILLION PHILOMENE+

+PERE MILLION FERD MILLION ISIDORE MILLION J SERAPHIN MILLION JOSEPH FEU PIERRE MILLION MELANIE CNE PAGET JH NICOLAS PAGET JN PIERRE PERINET PAUL PERRIN JH NICOLAS SOQUET PROSPER VIELLARD FRANCOIS FD+

GEORGES & FRANCISQUE PACCARD FONDEURS A ANNECY LE VIEUX 1903

Cloche 4 attribuée à Gautier. Elle pèse autour de 100 kilos (poids estimé). 

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P1050553 P1050540 P1050539 P1000864 P1050512 P1050508

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Analyse Sonore (Dérivation en 1/16 de ½ ton) La3 = 435Hz

Harmonique

Cloche 1

Cloche 2

Cloche 3

Hum

Fa 2 +4

Sol 2 +7

La 2 -7

Fondamentale

Fa 3 +1

Sol 3 -5

La 3 -6

Tierce

La Bémol 3 -4

Si Bémol 3 -2

Do 4 -7

Quinte

Do 4 +15

Ré 4 -8

Mi 4 -2

Note au Coup

Fa 3 -8

Sol 3 -3

La 3 -8

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Remerciements à la Mairie de Combloux, M. Collot pour les autorisations. Merci à M. Ducrey pour nous avoir ouvert la porte du clocher. Amitiés à Mike « Quasimodo », Guilhem, organiste à Yverdon et Anthony, organiste à Megève, également présents pour cette étape de la journée du 5 mars.

Reignier-Esery – Eglise Saint Jean-Baptiste (Esery)

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Bien que le nom d’Esery prit naissance à l’époque Romaine, une vie religieuse est mentionnée en l’an 1000. Ce sont des moines clunisiens du prieuré de Saint Victor à Genève qui occupent les lieux. En 1153, on apprend par une bulle du pape Eugène III qu’il s’agit désormais d’une paroisse. L’édifice sera remanié et prendra sa forme actuelle peu après la Révolution, avec son clocher sarde à bulbe et les quelques décors typiques de l’époque.

http://www.reignier-esery.com/Decouvrir/Un-peu-d-histoire/Esery

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En 1838, une cloche a été ramenée d’Esserts-Salève. D’un poids de 924 kilos, elle était signée Jean Baptiste Pitton à Carouge en 1801. Son transport a été l’objet de contestations des paroissiens. En 1855 elle a été refondue chez les frères Paccard de Quintal et alourdie de quelques kilos.

Cloche 1 – Frères Paccard de Quintal en 1855 – 972 kilos – Fa3 -2

Cloche 2 – Jean Daniel Dreffet, Genève en 1804 – 342 kilos – Si Bémol 3 +2

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Merci à Michel de Magny pour l’accès au clocher.

Machilly – Eglise Saint Martin

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Très peu de récits nous sont contés sur l’histoire de la commune et de l’église de Machilly. Il y a des siècles à présent, l’église paroissiale de Machilly n’était qu’une simple chapelle. Cette dernière est aujourd’hui intégrée à la modeste église et forme le bas côté droit (opposé à la tour du clocher). La tour des cloches est très simple et couronnée d’une petite flèche. L’église est fièrement accolée aux Voirons, montagne surplombant le Lac Léman.

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 Le clocher de l’église est doté de 6 cloches. Deux sonnent à la volée, et elles sont accompagnées de 4 cloches pour le carillon.

Cloche 1 – Fonderie Beauquis de Quintal en 1858 – 650 kg – 1m de diamètre – Sol3 +5

+VERSET SERIPTURAIRE P.S. 18 IN OMNEN TERRAM EXIMIT SONUS ET IN FINES ORBIS TERRAEVERBA EORUM+

+PARRAIN PIERRE FRANCOIS DUTIL SECRETAIRE COMMUNAL+

+MARRAINE JEANNETTE BARBERAZ SON EPOUSE+

+R JEAN CLAUDE CART RECTEUR+

+ JACQUES BIOLLEY SYNDIC+

+ JEAN PIERRE DUTIL A MOACHON JEAN CONSEILLERS DELEGUES+

+FONDERIE DE QUINTAL PRES ANNECY BEAUQUIS FRERES 1858+

Cloche 2 – Frères Bulliod de Carouge (CH) en 1842 – 350 kg – 0,82m de diamètre – Si3 -4

LAUDATE DOMINUM IN CYMBALIS BENE

SONANTIBUS I BIOLLEY SYNDICO EY P DELEAVAL

EIUS SPOUSA PATRONIS

J C CART PAROCHO

COMMUNE DE MACHILLY 1842

BULLIOD

FRERES FONDEURS

A

CAROUGE

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P1050175 P1050143 P1050124

P1050173 P1050132

Analyse Sonore des cloches « de volée » (Dérivation en 1/16 de ½ ton) La3 = 435Hz

Harmonique

Cloche 1

Cloche 2

Hum

Sol 2 -14

Si 2 -13

Fondamentale

Sol 3 -17

Si 3 -2

Tierce

Si Bémol 3 +3

Ré 4 -2

Quinte

Ré 4 +8

Fa Dièse 4 -13

Note au Coup

Sol 3 +5

Si 3 -4

P1050156 P1050129

Le carillon est composée de 4 cloches (Do, Fa, Sol, La5). Les cloches ont été fondues en 1996 par la fonderie Paccard. Elles ponctuent par le carillon de « Westminster » les heures et les offices.

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Mes remerciements à M. le Maire et M. Lionnet pour les autorisations, l’accès au clocher et les sonneries spéciales.

Saint Cergues – Eglise Saint Cyr

P1020827       Le nom de Saint Cergues nous vient de Saint Cyr (ou encore Cyrique) martyr au IVe siècle. Le nom Cergues n’est qu’une simple dérivation en patois savoyard (comme Saint Georges pour la commune de Saint Jeoire en Faucigny). La commune fut également citée comme une dépendance de l’Abbaye d’Aulps, qui régna entre le Xe siècle et la révolution Française. Historiquement, il y avait trois paroisses : St Cergues, mais aussi les actuels hameaux de Boringes et Genevray. Au XVIe siècle, les Bernois regroupèrent ces trois entité en une, non sans avoir pillé les trois églises. Un seul lieu de culte fut reconstruit, celui de Saint Cergues. Il fut utilisé jusqu’en 1865 pour être reconstruit sur le même emplacement. L’actuel édifice est de style néo-gothique, bâti entre 1870 et 1872. La façade ainsi que le clocher ont étés restaurés il y a quelques années.

 Jeanne Marie – Les Fils de J.-D. Dreffet de Genève en 1811 – 1050kg – 1,2m de d. – Fa3 -1

FRERES DREFFET FONDEVRS A GENEVE

MEMBRES DU CONSEIL MUNICIPAL DE LA COMMUNE

DE ST CERGUE

CLAUDE MARIE BAUD MAIRE

FRANÇOIS D’ARTHAZ ADJOINT

PIERRE LOUIS BOSSON PROCUREUR ET CAISSIER DES

REVENUS DE LA FABRIQUE CIVILE

HENRY D’ARTHAZ

PIERRE FRANÇOIS COLOMB – HENRY GAILLARD

JOSEPH MOLLAZ – FRANÇOIS BAUD – JOSEPH GOREL

BAPTISTE DIGONAT – JACQUES GOBEL – PIERRE JANIN

SAINT CYRE               PATRON PRIEZ

NOTRE ILLUSTRE   POUR NOUS

S.TE MARIE MERE DE DIEU TOUS LES ANGES SAINTS

ET SAINTES DU PARADIS PRIEZ POUR NOUS

JE PRIS NAISSANCE L’AN 1811

A L’USAGE ET AUX FRAIS DE LA PAROISSE DE SAINT-

-CERGUE AU PIED DU MONT VOIRON CY-DEVANT PROVINCE

DU CHABLAIS

PIE VII SOUVERAIN PONTIFE

SOUS LE REGNE DE NAPOLEON Ier

EMPEREUR DES FRANÇAIS ET

ROI D’ITALIE

MON NOM EST JEANNE-MARIE

MON PARRAIN MON-RECTEUR SOIT MON

PASTEUR ACTUEL RD SR JEAN-PIERRE MOUCHET

MA MARRAINE DAME ANNE MARIE GIROD

EPOUSE DU SR CLAUDE MARIE BAUD MAIRE

CROIX PRETTEUSE NOTRE UNIQUE

VOUS ETES ESPERANCE

Marie Claudine – G&F Paccard à Annecy le Vx en 1871 – 550kg – 0,97m – La Bémol 3 -3

+LAUDO DEUM VERUM POPULUM VOCO CONGREGO CLERUM DEFUNCTOS PLORO FUGO FULMINA FESTA DECORO+

+JE SUIS NEE L AN 1871 SOUS LE PONTIFICAT DE PIE IX LE GRAND+

+MON PATRON EST ST CYR – MON CURE PISSART NICOLAS+

+DUBOULOZ FRANCOIS PRESIDENT DU CONSEIL DE FABRIQUE CARRIER ALEXIS TRESORIER LACORBIERE FRANCOIS CARRIER FELIX FROLLIET FRANCOIS+

+MON PARRAIN FALLEVOZ CLAUDE MARIE MA MARRAINE MULLAT MARIE SON EPOUSE M ONT DONNE LES NOMS DE MARIE CLAUDINE+

M M MOUCHET JOSEPH MAIRE

FALLEVOZ CLAUDE MARIE ADJOINT

BOSSON JEAN MARIE

CARRIER ALEXIS

DUPERRIER GEORGES

BAUD MARIE

FROLLIET FRANCOIS

REGARD AMEDEE

CONGET CLAUDE

CHEVALIER JOSEPH

JANIN EMANUEL

BARBAZ JEAN MARIE

CONSEILLERS

PACCARD FRERES FONDEURS A ANNECY LE VIEUX 1871

P1050028

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Analyse Sonore (Dérivation en 1/16 de ½ ton) La3 = 435Hz

Harmonique

Cloche 1

Cloche 2

Note au Coup

Fa 3 -1

La Bémol 3 -3

Hum

Fa 2 -9

La Bémol 2 -9

Fondamentale

Fa 3 +12

La Bémol 3 +5

Tierce

La Bémol 3 +2

Si 3 -2

Quinte

Do 4 +6

Mi Bémol 4 -4

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P1050022

 Mes remerciements à M. Gabriel Doublet, maire, pour les autorisations. Remerciements à Jean Viguier, sacristain, pour l’accès au clocher et les sonneries des cloches.

Draillant – Eglise Saint Pierre

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L’église de Draillant telle que nous la connaissons aujourd’hui est composée d’une nef néo-classique du XIXe siècle accolée à un clocher roman du XIIe siècle. Celui ci marque le trait d’union entre les deux églises, à savoir la primitive et l’actuelle. Le contraste entre le côté mystérieux de cette tour carrée et la peinture blanche de l’église est clair et n’est pas désagréable à l’œil. Une crypte est également sous le chœur, malgré son entrée murée dans les années 1980, un projet de réhabilitation est néanmoins à l’étude.

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 Dissimulées derrière les baies romanes du clocher, deux cloches rythment la vie de la commune.

1 – Louis Gautier de Briançon en 1827 – 750 kilos – 1,07m – Fa Dièse 3 +3

+MR. DEPIERRE FRANCOIS FEU BALTAZARD NEGOCIANT NE A LUBERSE POCHE DOMICILIE+

+A LAUZANNE PARRAIN . MME NOBLE DE NUOD DE MEUIGNY MARIE MAGDELEINE EPOUSE DU+

+DIT MR DEPIERRE MARRAINE. MR LE CURÉ BLANC JOSEPH FEU JEAN – CONSEIL VERBOUD BERNARD+

+SINDIC DUCREZ CLAUDE MARIE MARMOUEX JOSEPH ET LAPERROUZAZ GASPARD CONSEILLERS+

GAUTIER MA FAIT A LA VILLE DE L’HOPITAL EN 1827

STE VIERGE MARIE PRIEZ POUR NOUS

2 – Baudy de Marseille en 1830 – 400 kilos – 0,92m – La Dièse 3 -6

+1830 PARRAIN Mr CHRISTIN PIERRE CURE DE LA PAROISSE MARRAINE RUPTIER JACQUELINE+

+SINDIC Mer VERBOU BERNARD DE DRAILLANT VICESINDIC LAPERROUZAZ GASPARD CONSEILLER MARMOUEX JOSEPH DUCRET FRANÇOIS+

+BAUDY MTE FONDEUR A PERJUSSY+

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Le fondeur Baudy de Marseille nous a laissé dans sa région peu de cloches, mais je n’ai pas encore trouvé la raison de son voyage vers la Savoie au début du XIXe siècle. Je sais qu’il s’est établi, comme en témoigne la signature, à Pers-Jussy (Persjussy). La cloche reflète l’iconographie de sa région, puisque nous sommes habitués à avoir des fleurs sur les cloches, pour le côté campagnard de la notre. Baudy a, en revanche, posé comme décoration « profane » de coquillages.

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Harmonique

Cloche 1

Cloche 2

Note au Coup

Fa dièse 3 +3

La 3 +10

Hum

Fa dièse 2 -12

La 2 +17

Fondamentale

Fa dièse 3 -2

La 3 -4

Tierce

La 3 +6

Do 4 +8

Quinte

Do dièse 4 +11

Mi 4 + 22

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Mes remerciements à M. Le Maire pour l’accès au clocher ainsi que les sonneries spéciales.

Genève – Eglise Saint Germain

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Se dressant avec la cathédrale réformée Saint Pierre au sommet de la cité genevoise, l’église Saint Germain est un témoin clé de l’histoire genevoise, et demeure l’un des lieux de cultes les plus anciens de Genève. De style gothique tardif, le bâtiment date du XVe siècle. Après la Réforme son affectation fut profane, et ne servit qu’en commerce. Au début du XIXe siècle elle a été protestante et remplaça la cathédrale quelques années, avant de retourner entre les mains des catholiques. Le clocher en pierre massif reste sobre. Il est percé par des baies munies d’abats-son aux deux derniers étages, et couronné d’un fier toit à quatre pans. Au début du XXe siècle le clocher est victime d’un incendie, en 1908 l’église rouvre ses portes après restauration.

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Le clocher de l’église abrite aujourd’hui une sonnerie de dimensions modestes. Ce sont deux cloches des fondeurs Revillard qui sonnaient du clocher de l’église (1726 et 1765) jusqu’au début du XXe siècle ou elles furent fondue dans l’incendie du clocher de l’église. Il fallut donc placer une cloche dans la tour. Elle a été acheté à une tour d’horloge dans la ville, ce qui explique qu’elle n’a pas de couronne. Elle fut équipée pour sonner en volée. En 2008, pour les cent ans de cette restauration, deux cloches ont été coulées par la fonderie annecienne Paccard.

1 – Fonderie Paccard d’Annecy en 2008 – 260 kilos – Do4 +4

2 – Jean-Louis Revillard, Genève en 1764 – 120 kilos – Mi4 +8

3 – Fonderie Paccard d’Annecy en 2008- 70kg – Sol4 +5

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La plus petite des cloches ne dépasse pas le quintal.

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Un grand merci à Nicolas Dériaz, organiste, pour l’accès au clocher et les sonneries spéciales. Amitiés à Mike « Quasimodo Sonneur de Cloches » également de la partie.

Bogève – Eglise Saint-Etienne

Le bourg.

Je vous invite aujourd’hui, après quelques articles « extérieurs », de fouler à nouveau le sol savoyard. La commune de Bogève et son millier d’habitants se trouvent au pied de la montagne des Brasses, petite station de ski familiale très proche de Genève. Le « Foron » (petit ruisseau de montagne signifiant « source profonde ») y prend sa source et traverse la localité, avant de se jeter dans la « Menoge » qui creuse la vallée voisine, dite « Vallée Verte« . Le « Col du Perret » permet de la rejoindre en quelques minutes seulement.

 

Au cœur du village de Bogève se trouve l’église paroissiale, bâtiment aux allures sobres, typiques d’un édifice religieux bâti au XIXe siècle. Pourtant, au Moyen-Âge, l’église de « Bogeva » est cité par deux papes : Eugène IV en 1153 et Innocent IV en 1250 qui attestent la possession du lieu par l’Abbaye d’Ainay (Lyon). L’édifice actuel qui en remplace naturellement un autre a été construite dès 1832, comme en témoigne la date sur le porche. Une plaque sur la façade indique que l’église a été consacrée par Mgr Rey, évêque d’Annecy, le 8 octobre 1837. L’intérieur du sanctuaire, restauré en 1993, est rempli de fresques. Dans un style néo-gothique, le maître-autel dénote presque avec l’esprit néo-classique de l’édifice religieux, en vogue à l’époque. Les deux retables latéraux sont dédiés à la Vierge Marie et à Saint Etienne, premier martyr.

Le clocher de l’église, adossé au cœur, est couronné d’une flèche très sobre. Derrière les fines baies géminées se trouvent quatre cloches fondues au XIXe siècle.
En 1808, une cloche est installée au clocher de l’ancienne église. A la fin de l’été 1833, François Bulliod de Carouge est appelé pour réaliser deux cloches. Il sera à nouveau sollicité par les autorités en 1835 pour refondre celle de 1808, baptisée « Joséphine« . Quelques décennies après, la sonnerie est jugée peu harmonieuse. Deux cloches sont refondues par les établissements Paccard d’Annecy-le-Vieux : la grosse et la petite. « Françoise-Louise » datée du 24 août 1833 est la seule rescapée. « Célestine-Pie » et « Augustine-Catherine » rejoindront donc le clocher et seront bénies le 8 février 1872. Mais une troisième cloche plus modeste « Julie-Thérèse » est arrivée. En effet, l’abbé Chardon, curé de Marignier et natif de la commune, tenait à offrir sur ses deniers une plus petite cloche. Depuis 1956 et l’électrification du clocher, cette petite cloche est hélas réduite à un usage restreint. En raison de ses modestes dimensions, elle n’a pas été ajoutée à la volée de ses trois grandes sœurs. Mais lors des carillons (baptêmes, mariages) on peut deviner son « sol aigu » cristallin. Récemment, la fonderie Paccard, en charge du clocher, a installé trois nouveaux battants pour les trois cloches de volée. Les brides de fixations ont également été changées. La petite cloche a reçu un nouveau marteau de tintement.

Nom

Fondeur(s)

Année

Diamètre (cm)

Masse (kg)

Note

1

Célestine-Pie

Paccard Frères

1871

139,5

1654

Ré3

2

Françoise-Louise

Bulliod F.

1833

99,5

580

Sol3

3

Augustine-Catherine

Paccard Frères

1871

82,5

350

Si3

4

Julie-Thérèse

Paccard Frères

1871

52

95

Sol4

Les quatre cloches, vues depuis l’étage inférieur. On notera la différence de taille entre la grosse (à droite) et la plus petite (centre gauche).

Donnons la préséance à la cloche François Bulliod, datée de 1833…

…et place maintenant aux trois autres cloches fondues en 1871.

Mes remerciements pour l’accès du clocher à la Municipalité de Bogève sous le mandat de Patrick Chardon, maire. Je remercie également M. Chardon, responsable des services techniques pour l’accès au clocher et l’accompagnement le jour du rendez-vous. Mention, enfin, à Mike « Quasimodo » pour l’aide apportée à la réalisation du reportage et à Matthias Walter, expert-campanologue à Berne (CH) pour le partage des mesures.

Sources & Liens :
Fonds privés
Photos personnelles
Relevé de MM. Walter & Cordoba
Eglise de Bogève sur Paysalp
Eglise de Bogève sur Wikipédia
Bogève sur Wikipédia
Mairie de Bogève

Saint Jean d’Aulps – Eglise Saint Jean-Baptiste (Plan d’Avoz)

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Le village de Saint Jean d’Aulps est situé en plein cœur de la Haute-Savoie, dans la vallée d’Aulps, où coule la Dranse. Cette petite commune ne compte maintenant que 1’200 habitants, mais possède tout de même un passé très riche, qui a un rapport direct avec la vie religieuse actuelle. En 1036, une abbaye y est fondée et on apprend qu’elle est sous la dépendance de Molesme. Le début du XIIe siècle est marqué par l’arrivée de l’Abbé Guérin, il restera quelques années et finira évêque de Sion (Valais suisse) puis sera canonisé, on peut se recueillir sur sa châsse dans l’église du Plan d’Avoz. Durant des siècles, de nombreux pères abbés d’Aulps eurent un franc succès, la plupart finiront d’ailleurs évêques ou même cardinaux. L’abbaye et ses moines furent heureusement oubliés durant la Révolution, mais ce n’est que l’incendie d’un des trois édifices (la Moussière) qui signera définitivement la fin de cette vie religieuse à Saint Jean. Les paroissiens iront eux-mêmes détruire cette grande abbaye pour transporter les matériaux dans le but de reconstruire leur édifice. En 1883, l’église du Plan d’Avoz est rebâtie dans le style néo-gothique et la présence de la châsse et des reliques du défunt Saint Guérin marquent un point d’orgue au passif abbatial de Saint Jean d’Aulps.

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La sonnerie de l’église reste tout aussi majestueuse que la longue histoire de la commune. La plus grande cloche demeure la plus ancienne, et porte la date de 1747. La troisième cloche a été commandée pour l’ancienne église, en 1874 aux frères Beauquis de Quintal. La sonnerie sera renouvelée en 1898 avec trois cloches neuves. On peut penser qu’elles remplacent des anciennes cloches.

1 – Jeanne-Antoinaz Jean-Claude et Jean-François Livremont 1747 – 1’600kg – 1,35m – Ré3 -8

IE M’APPELLE IEANNE-ANTOINAZ

ET IAI POUR PARRAIN IEAN FILS

DE LEM NICOLAS DELERCE

ET POVR MARRAINE ANTOINA PREMAT

+IEAN CLAVDE ET IEAN FRANCOIS LIVREMONT FRERES BOVRGEOIS DE PONTARLIER M’ONT FAITE EN 1747+

2 – Félicie Josephine – G&F Paccard 1898 – 750 kilos – 1,07m – Fa#3 +2

+FELICIE-JOSEPHINE+

+PARRAIN Rd FELIX FAVRE CURE DE BASSY NEVEU DE FEU Rd FAVRE CURE-ARCHIPR DE SEYSSEL+

+MARRAINE MELANIE FAVRE NIECE DE FEU Rd JOS. M. FAVRE. CURE DU SAPPEY+

+CURE-ARCHIPR Rd CH. EUG. VIGNY DE LOISIN+

+MAIRE Fd LABARRE NEVEU DE FEU Rd F. G. BUTTET VICAIRE GENERAL 1898+

GEORGES & FRANCISQUE PACCARD FONDEURS A ANNECY-LE-VIEUX 1898

3 – Beauquis frères 1874 – 650 kilos – 1,03m – Sol3 -1

+PARRAIN Rd LACOMBE CURE ARCHIPRETRE DE St JEAN DAULPH MARRAINE Dme ANNE MARIE MONTANIER EPOUSE DE Mr FELIX JORDAN +

+AVOCAT CONSEILLER GENERAL+

+FONDERIE DE QUINTAL PRES ANNECY BEAUQUIS FRERES 1874+

4 – Guérine Françoise – G&F Paccard 1898 – 450 kilos – 0,9m – La3 +6

+GUERINE-FRANÇOISE+

+PARRAIN Rd GUERIN J. DELALE CURE DE St GINGOLPH NEVEU DE FEU Rd F. G. BUTTET VICAIRE GENERAL+

+MARRAINE JULIE TAVERNIER Vve COLLET NIECE DE FEU Rd FR. COLLET CURE DE SEYTROUX+

+CURE-ARCHIPR Rd CH. EUG. VIGNY DE LOISIN+

+MAIRE Fd LABARRE NEVEU DE FEU Rd F. G. BUTTET VICAIRE GENERAL 1898+

GEORGES & FRANCISQUE PACCARD FONDEURS A ANNECY-LE-VIEUX 1898

5 – Claudine Louise – G&F Paccard 1898 – 180kg – 0,67m – Ré4 +5

+CLAUDINE-LOUISE+

+PARRAIN Rd LOUIS MONNIER VICAIRE A CRANVES-SALES FRERE DE Rd ALPHse MONNIER MISSre AU TONKIN+

+HYACthe IRENEE JORDAN NEVEU DE FEU Rd CLde CURE-ARCHIPR DE THONON+

+MARRAINE M. LOUISE ALOIDE JORDAN EPse DU PARR. JORDAN NIECE DE FEU Rd CLde JORDAN CURE DE PLASSAY ( CHARENTE )+

+CURE-ARCHIPR Rd CH. EUG. VIGNY DE LOISIN MAIRE Fd LABARRE NEVEU DE FEU Rd F. G. BUTTET VICAIRE GENERAL 1898+

GEORGES & FRANCISQUE PACCARD FONDEURS A ANNECY-LE-VIEUX 1898

CLOCHE 3 (8)

Le patron de notre diocèse, posant fièrement sur la cloche n°3, comme sur tant d’autres.

CLOCHE 3 (36) CLOCHE 3 (34) CLOCHE 3 (4) CLOCHE 2 CLOCHE 1 (4)

CLOCHE 4 (4) CLOCHE 4 (1)

Analyse sonore (dérivation en 1/16e de ½ ton) La3 = 435 Hz

Harmonique

Cloche 1

Cloche 2

Cloche 3

Cloche 4

Cloche 5

Note au Coup

Ré3 -8

Fa#3 +2

Sol3 -1

La3 +6

Ré4 +5

Hum

Ré2 -18

Fa#2 +6

Sol2 +12

La2 +8

Ré3 +5

Fondamentale

Ré3 +5

Fa#3 +2

Sol3 -10

La3 +4

Ré4 +1

Tierce

Fa3 -5

La3 +2

Sib3 +0

Do4 +5

Fa4 +4

Quinte

La3 – 12

Do#4 +12

Ré4 +15

Mi4 +15

La4 +1

CLOCHE 3 (23) CLOCHE 2 (3)

(Sonneurs : cloche 3 : moi même – cloche 5 : Quasimodo)

P1000944 CLOCHE 1 (13)

Mes remerciements à Jean-Marie Premat, pour l’organisation de cette étape dans sa vallée. Je remercie également la sacristine présente pour les sonneries et M. Bernard Mudry pour l’accompagnement. Mention à Mike, surnommé Quasimodo pour avoir magnifiquement tiré sur la corde de la plus petite cloche lors de l’enregistrement du plenum. Je le remercie également pour le superbe cliché de la cloche 5.

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Manigod – Eglise Saint-Pierre

La mairie et l’église Saint-Pierre

Nos expéditions campanaires se suivent et ne se ressemblent pas… C’est aujourd’hui dans le massif des Aravis en Haute-Savoie que nous emmène la curiosité, dans l’église Saint-Pierre de Manigod. Cette église paroissiale est située sur la rive droite du Fier, l’une des principales rivières du département qui rejoint à l’ouest d’Annecy le Rhône. Cette petite commune de 1’000 habitants est une station familiale prisée des savoyards ou des touristes. Ses pistes sont reliées à celles de la Clusaz, village voisin aussi réputé. Les amateurs de recettes savoyardes y viendront volontiers manger l’originale tartiflette puisque son reblochon est fabriqué dans ce même massif.

La silhouette élancée du clocher accueille le touriste ou l’autochtone dans la commune. Depuis des siècles il se dresse avec une certaine fierté. Au pied de celui-ci se trouve en effet une église néo-classique qui remonte au XVIIe siècle. Dédiée à saint Pierre, elle était initialement sous le vocable de saint Christophe, qui reste patron du village. En 1687, l’évêché ordonne à la paroisse de reconstruire son église qui avait un maître-autel consacré en 1473. La paroisse fera alors appel à un maçon de Samoëns, Aimé Riondel et les travaux commenceront en 1688. Mgr Michel-Gabriel de Roussillon-de-Bernex, évêque d’Annecy-Genève la consacrera en 1703 : 15 ans après ! Aimé Riondel s’était appliqué à donner à Manigod une église typique pour l’époque et semblable aux églises de montages : une église halle de style baroque. Le clocher, construit à la même époque, a été remanié aux environs de 1832, car abîmé à la Révolution. Il sera reconstruit entre 1886 et 1888, juste après l’agrandissement de l’église d’une travée. En 1991, le projet d’ajout d’un orgue est lancé. En 1994, l’orgue de 22 jeux (2 claviers + pédalier) est installé sous la direction de M. Formentelli, facteur d’orgues de Vérone (I). Mgr Barbier, évêque d’Annecy, le bénira en 1996.

Ce sont au total quatre cloches qui sont dans le clocher de l’église Saint-Pierre. Fondue en 1770, la plus petite cloche demeure la plus intéressante. Elle a été réalisée par Louis Léonard, fondeur natif de Morteau (Doubs). Ce fondeur n’a eu de cesse de se déplacer entre le Jura et les Alpes savoyardes à la fin du XVIIIe siècle. Ainsi, nous pouvons trouver des cloches de ce fondeur à Taninges (1767) ou à Bex (1775). Si il ne demeure de lui que de modestes cloches de quelques quintaux, c’est lui qui réalisa en 1768 la prédécesseur de l’actuelle « Salésienne » de Notre-Dame-de-Liesse d’Annecy qui pesait environs cinq tonnes. Cette cloche, autrefois attribuée au tocsin, n’est aujourd’hui pas audible car elle ne dispose d’aucun système de traction électrique ou manuelle. Cette cloche doit sa vie au syndic de la période révolutionnaire Aimé Cohendet. Pour les Révolutionnaires, Manigod comptait 8 cloches : trois pour l’église paroissiale et le reste pour les cinq chapelles qui officiellement possédait une cloche. Cependant, la chapelle de Joux en possédait en fait deux. Alors, le syndic a emporté chez lui la plus petite cloche paroissiale et sacrifia la seconde cloche de Joux. On apprend également que la grande cloche était déjà en morceaux. Là aussi, une partie du métal est conservé et sera réutilisé dès 1803 lorsque la commune, syndic en tête, commande deux nouvelles cloches pour l’église. Les différentes chapelles ont actuellement des cloches fondues tour à tour durant le XIXe siècle. En 1877, l’église (qui semblait avoir toujours trois cloches) a été doté de trois nouvelles cloches. Seule la cloche histoire fut conservée. Une première commande est faite à la fonderie Paccard pour deux cloches : les deux plus grandes. En 1879, une troisième cloche est ajoutée, comblant l’intervalle entre la seconde cloche et la cloche historique. La fonte a été commandée par le Rd Joseph Despois, curé natif de Cordon et le maire de l’époque, Pierre Accambray. Les deux grandes cloches citent le pape Pie IX, alors que la plus petite cite son successeur, Léon XIII, élu pendant la confection de ses grandes sœurs. Ces trois dernières invoquent des saints et saints inscrits dans le traditionnel tableau récapitulatif.

Invocations/Nom Fondeurs Année Diamètre (cm) Masse (kg) Note
1 Vierge, Pierre, Louise de Savoie, Pie IX, Christophe Paccard Frères 1877 120 1’050 Mi 3
2 Anne, Joseph, François, Brigitte, Marc Paccard Frères 1877 94,5 530 Sol dièse 3
3 Famille, Guérin, Antoine, Léon le Grand, Léon XIII Paccard Frères 1879 80 350 Si 3
4 non connu Louis Léonard 1770 60 120 Ré dièse 4

Je remercie M. Bruno Sonnier, maire de Manigod, pour son aimable autorisation et pour l’accès au clocher. Remerciés soit également mes valeureux amis Mike « Quasimodo » et Philippe « Senonais » pour l’aide à la réalisation du présent reportage.

Sources & liens :
Manigod
Manigod sur Wikipédia
Eglise Saint-Pierre de Manigod
Paroisse de Manigod
Histoire de l’Eglise
Inventaire personnel
Fonds privés