Saint-Etienne-de-Cuines – Eglise Saint-Etienne

A l’est du massif de Belledonne, montagnes entre Isère et Savoie, Saint-Etienne-de-Cuines est un village de Maurienne situé dans une vaste plaine, dite « de Cuines », où se sont développés depuis fort longtemps de nombreuses communautés. Lors de ma visite à Sainte-Marie-de-Cuines, village voisin, je vous ai présenté les prémices des deux communes. Pour rappel, la paroisse de Sainte-Marie remonte au XIème siècle et est légèrement antérieure à celle de Saint-Etienne. Essentiellement agricole, cette dernière connaitra un véritable essor grâce à la transformation d’un moulin en fabrique de pâtes alimentaires : « Les pâtes La Lune » de renommée internationale. Pourtant, quelques années auparavant, la commune était encore dans l’ombre : les voies de communication passaient de l’autre côté de la rivière Arc et il était compliqué pour ses habitants de la rejoindre. 

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L’église Saint-Etienne semble ancienne : la paroisse est citée pour la première fois en 1129. On sait aussi que Guillaume de Montmayeur, propriétaire du Châtelet et de la Tour forte de Gruyères, emblématiques bâtiments de la commune, avait fondé une chapelle Notre-Dame de Pitié dans l’église qui abritera ensuite sa sépulture. A la fin du XVIème siècle, le sanctuaire est mis à mal lors de l’occupation de la Maurienne. C’est à ce moment là qu’elle perdit ses reliques. Nous perdons ensuite de vue l’histoire religieuse de la commune. On peut imaginer aisément que l’église a été reconstruite au XVIIème siècle avant d’être à nouveau ruinée à la Révolution. Les suppositions laissent place aux faits en 1845 : l’église est partiellement reconstruite car jugée exiguë et délabrée. Mais en 1858, un glissement de terrain fragilise déjà l’édifice qui retrouve plusieurs de ses murs fissurés. Le retable principal représente saint Etienne, patron de la paroisse, sous les traits des frères Gilardi qui l’ont confectionné en 1863-1864. Les deux chapelles latérales sont dédiées à Notre-Dame du Rosaire pour l’une, et saints Antoine pour l’autre : saint Antoine l’Abbé et saint Antoine de Padoue. La façade de l’église a été restaurée en 1959.

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Le clocher, installé près du chœur, est surmonté d’une timide flèche, qui remplace depuis 1952 un toit demi-bulbe. Au dernier niveau, un beffroi en bois permet à quatre cloches de sonner : elles sont disposées chacune dans une fenêtre de la tour. Côté nord, une cloche va retenir notre attention : elle porte sur son flanc la date suivante : M V LX. Il faut très certainement comprendre 1560, eu égards aux caractères gothiques. Elle semble avoir survécu à l’occupation de la Maurienne qui eut lieu quelques années après. Quoi qu’il arrive, elle a certainement été fondue pour cette paroisse : elle est vouée à saint Etienne, patron, tout en portant les effigies de saint Antoine (aussi présent dans l’église), saint Jean-Baptiste, les saints Pierre et Paul, sans oublier la Vierge et le Christ. Elle porte aussi une inscription « Salvaterre », comme beaucoup de cloches de la même époque. Ses trois sœurs sont plus récentes et leur fonte s’étale sur presque deux siècles : en 1805, les Gautier et Vallier, originaire de Briançon, réalisent la petite cloche dédiée à saint Joseph. Peut-être qu’au lendemain de la Révolution, ce n’était pas la seule venue aux côtés de la cloche historique. En 1872, les frères Paccard confectionnent la plus grosse cloche, caractérisés par ses décors soignés. Elle est vouée à la Vierge Immaculée, saint Etienne et saint Joseph. Enfin, en 1988, la fonderie Paccard réalise la cloche numéro deux, également dédiée à saint Etienne. Il est presque évident qu’elle en remplace une plus ancienne, en témoignent l’ancienneté du beffroi et les traces d’anciens paliers dans sa travée. Les oreilles les plus sensibles pourront peut-être s’étonner de la ligne nominale atypique : on remarque volontiers que la cloche historique hésite entre le do dièse et le ré, hésitation amplifiée par ses harmoniques caractéristiques des anciennes cloches. Il convient aussi de préciser que l’ajout de nouvelles cloches au compte goutte n’a pas arrangé la situation.

Nom

Fondeur

Année

Diamètre (cm)

Masse (kg)

Note

1

Vierge Immaculée, St Joseph, St Etienne

Frères Paccard

1872

85.4

350

Si ♭ 3

2

St Etienne

Paccard

1988

75.8

275

Do 4

3

St Etienne

inconnu

1560

68.2

200

Ré ♭ 4

4

St Joseph

Vallier & Gautier

1805

55.4

90

Mi 4

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Je remercie chaleureusement :

  • M. Dominique Lazzaro, maire, pour son aimable autorisation.
  • M. Monique Emin, ancienne élue, pour son accueil et sa disponibilité.
  • Mon ami Loris Rabier « Les Cloches Mauriennaises » , habitant la commune, pour son aide.
  • Mon ami Aurélien Surugues, de Dijon, pour son aide.

Sources & Liens :

 

En étroite collaboration avec la page instagram « Les Cloches Mauriennaises » 

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