Sainte-Marie-de-Cuines – Eglise Notre-Dame-de-l’Assomption

Au fur et à mesure que nous traversons la vallée de la Maurienne, nous constatons qu’il y a plusieurs plaines formées par la confluences de plusieurs rivières avec la rivière principale : l’Arc. C’est entre autres le cas de la plaine des Cuines, située rive gauche de la vallée. Ces larges terres, bien que exposées côté Nord, offrent quand même une qualité de vie indéniable. Deux villages se partagent la plaine. Nous raconterons un peu plus tard son histoire. Mais les bourgs sur l’autre versant sont bien plus nombreux, car mieux exposés. Le territoire des Cuines s’étend également sur les bois amonts et avals pour un total de 35 kilomètres carrés.
C’est au XIème siècle qu’apparaît pour la première fois « Cuina », soit Cuine, au singulier. En 1043, la paroisse est donnée à l’évêque de Maurienne et son chapitre cathédral. Mais cela n’empêchera pas aux vicomtes de la Chambre d’y exercer leur vicomté le siècle suivant. C’est à partir de cette époque (début XIIème) que l’on cite deux paroisses : Sainte-Marie, la « primitive » et Saint-Etienne, de l’autre côté du torrent du Glandon. C’est au XVème siècle que « Cuine » prendra son S final, et donc la pluralité. De l’époque médiévale, les reliques sont multiples : l’église abrite encore une partie de l’édifice primitif du XIème siècle et plusieurs ruines : le Château Joli et la tour Châtel-André. En 1598, le Duc de Savoie combat les troupes françaises sur cette plaine de Cuines. 

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L’église, dédiée à la Vierge Marie, remonte en effet au XIème siècle, en témoigne l’abside et le clocher roman. Cette architecture était en effet en vogue dans la région. Si l’édifice a été profondément remanié au XVIIème siècle puis en 1835, l’abside demeure intacte et est aujourd’hui protégée. On sait par exemple que, jusqu’à la dernière restauration, la nef était « lambrissée » avant d’être voûtée. De la simple nef, nous sommes passées à une église en forme de croix latine avec l’ajout de deux chapelles latérales. Au XVIIème siècle, l’abside en cul de four est séparée de l’édifice par un retable baroque, encore présent de nos jours. Dès lors, cette dernière sert de sacristie, avant qu’une seconde soit construite à droite du chœur. Une curiosité reste à souligner : l’entrée de l’édifice se fait par le côté, et non par le clocher, qui, jadis, remplissait la fonction de porche. La raison est simple : l’église était trop facilement inondable par le clocher (il fallait descendre pour pénétrer dans le sanctuaire) et les multiples crues du Glandon l’ont d’ailleurs prouvé.  

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Le clocher, haut de vingt-mètres, reprend des caractéristiques des tours romanes. Ses différents étages sont élégamment décorés d’arcades. Au dernier, ses lourds murs de pierres laissent apparaître quatre cloches : une dans chaque baie. Elles sont soutenues par un beffroi en bois, lui-même doublé par une structure métallique. Ces quatre cloches sont l’oeuvre de la fonderie Paccard. On peut parler là d’une véritable histoire de famille : la plus grosse, également la plus ancienne, porte la date du 30 octobre 1827 et le nom de Claude Paccard, représentant de la seconde génération de fondeurs. Sa petite sœur, la cloche numéro 2, a été fondue en 1862 par la génération suivante, et dans un lieu différent : Annecy-le-Vieux, contre Quintal pour la première. Les deux plus petites sont bien plus récentes : elles portent la date de 1957. Leurs décoration tranche avec le style classique des deux grandes. Malgré ces trois fontes, l’harmonie ne se trouve pas altéré : la sonnerie égrène un bel accord complété, audible pour les funérailles. La grande cloche sonne les angélus, alors que les deux cloches médianes tintent les quarts et les heures.

Nom

Fondeur(s)

Année

Diamètre (cm)

Masse (kg)

Note

1

NC

Claude Paccard

1827

83,4

325

Si ♭ 3

2

NC

Frères Paccard

1862

74,5

225

Do 4

3

Marie Marguerite

Paccard

1957

67,4

190

Ré 4

4

Joséphine Berthe

Paccard

1957

56,5

110

Fa 4

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Mes remerciements à M. Philippe Girard, maire, pour son aimable autorisation et à M. Claude Bérard, adjoint, pour son accueil chaleureux. Je remercie également la paroisse et plus particulièrement Mme Roux, en charge de l’église. Remercié soit également Claude-Michael Mevs, dit « Quasimodo« , pour son aide infaillible ! Enfin, remerciement à Loris Rabier, jeune passionné de cloches résident le village voisin, pour avoir attiré mon attention sur cette sonnerie très intéressante.

Sources & Liens :
Sainte-Marie-de-Cuines
Mairie de Sainte-Marie-de-Cuines
« Eglise de Sainte-Marie de Cuines« , Bulletin Monumental, tome 97, n°1, année 1938. MF Bernard & ME Stephens.
Clichés personnels
Fonds privés

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