Nâves-Parmelan – Eglise Saint-Eugend

A seulement un jet de pierres de la ville d’Annecy, Nâves-Parmelan est un village d’un milliers d’âmes. Il offre un lieu de vie calme avec, cerise sur le gâteau, un panorama sur la préfecture haut-savoyarde et son célèbre plan d’eau ! La commune est délimitée au sud par le Fier, rivière qui descend des Aravis avant de rejoindre, plus loin, le Rhône. Au nord, le Mont Lachat et les Pierres des Trois Croix marquent également ses limites. Légèrement plus loin trône en majesté le Parmelan, montagne de référence pour tout annécien. S’il prête son nom à la commune, c’est en raison de sa majesté qui, chaque matin, met le Mont Lachat dans l’ombre. C’est également une homonymie avec de nombreux hameaux de la région et une commune savoyarde que le conseil municipal eut à cœur, en 1935, de faire référence à ce sommet des Aravis. 

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L’actuelle église de Nâves est dédié à saint Eugend, vocable rare dans nos contrées. Pourtant, on ne parle pas d’un saint de l’autre bout du globe : on parle là d’un enfant, entré très jeune à l’Abbaye de Saint-Claude, dans le Jura. Celui-ci, qui choisit de dédier la vie à la prière, sera élu quatrième abbé de cette même abbaye et sa sainteté fut telle que la commune prit d’abord don nom, orthographié « Saint-Oyend », avant de prendre son nom actuel. Cette église remplit les caractéristiques typiques d’une églises du XIXème siècle avec sa silhouette néogothique. Elle remplace une ancienne église, bâtie au centre du cimetière actuel. Alors que la Savoie devenait française, le premier maire de la commune lance un appel aux dirigeants : l’église et son village sont en ruines ! On ne sait pas trop la suite des événements, si ce n’est que le 10 juin 1872, la nouvelle église, celle que nous connaissons, est consacrée par l’évêque d’Annecy. 

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Sous la flèche du clocher, deux cloches rythment inlassablement la vie du village. Fondues en 1960, elles n’ont voyagé que sur quelques kilomètres : elles proviennent des fours de la fonderie Paccard alors installés à Annecy-le-Vieux, juste de l’autre côté du Fier. Leur fonte n’a malheureusement pas été désirée : le clocher a malheureusement été la victime collatérale d’un incendie. La faute à une femme dénommée Alphonsine Ballansat. Réputée instable, elle répétait souvent à tout le village qu’un jour, elle mettrait le feu au clocher. Tout le monde en rigolait. Jusqu’à ce jour, en 1959, où elle mit le feu à sa grange, à seulement quelques mètres de celui-ci. Le vent présent ce jour là emportait les braises jusqu’à la flèche du clocher qui se mit à se consumer, à son tour. Pour le village, une heure sombre se vivait. Le curé était là, au pied de la tour, les mains jointes : il priait. A un moment, les deux cloches tombent dans un fracas : elles sont perdues à tout jamais. L’une datait de 1691 et portait le joli nom de « Bonaventure ». Elle était classée depuis 1943. L’autre cloche, un peu plus grosse, datait probablement du XIXème siècle. 
Le drame aurait pu avoir une plus grande ampleur car l’église n’a pas été touchée. Mais la perte aurait pu être plus grande si Charvonnex ne se serait pas mêlé d’un affaire de cloche. Quel est le rapport, me direz vous ? A la Révolution, ou plutôt au lendemain de celle-ci, les cloches étaient rendues aux paroisses qui étaient désireuses de récupérer une cloche, si possible la leur. Voilà qu’une cloche de 1630 offerte par la Collégiale d’Annecy à Charvonnex est attribuée à Nâves ! Installée aux côtés de la cloche Bonaventure, elle est récupérée par ses propriétaires mis au courant de l’erreur. Nâves se retrouve alors privé d’une cloche, qui, heureusement, sonne toujours dans son clocher natal : Charvonnex.
Les deux cloches « Marie Cécile Clémence » et « Marie Françoise » prennent place dans la tour, reconstruite. Elles sont toutes deux marquées des noms du Pape régnant, Jean XXIII, aujourd’hui saint, et de l’évêque de l’époque, Mgr Auguste Cesbron. Elles portent aussi les noms du curé, l’Abbé Constant Orsat et du maire, Louis Paulme. On ne peut pas oublier leurs parrains et marraines respectifs : l’Abbé César Eminet et Nathalie Panisset pour la plus grande, dédiée à saint Eugend ; Mathieu Marie Moene et Françoise Bastard-Rosset pour la plus petite, dédiée à la Vierge et à saint François de Sales.

Nom

Diamètre (cm)

Masse (kg)

Note

1

Marie Cécile Clémence

94.8

550

La ♭ 3

2

Marie Françoise

76.1

275

Do 4

Fonderie Paccard – A. D. 1960

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Je remercie chaleureusement :

  • M. Christophe Poncet, maire, pour son aimable autorisation.
  • M. Gérard Eminet, maire-adjoint de la précédente mandature, pour l’organisation du rendez-vous.
  • Mme Monique Duret-Désert, sacristine, pour son accueil et ses anecdotes.

Sources & liens :
Mairie de Nâves-Parmelan
Nâves-Parmelan
Paroisse Saint-Marc du Parmelan
Mairie de Charvonnex
Clichés personnels
Fonds privés

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