Le Grand-Bornand – Eglise Notre-Dame de l’Assomption

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Savoyards ou non, il est certain que peu de personnes restent de marbre quand on évoque le nom du Grand-Bornand. Il est difficile de ne pas dissocier cette station aux sports d’hiver, véritable clé de voûte du tourisme dans les Aravis et même dans les Savoie. Cette commune peut ravir à la fois le gastronome avec une dégustation du célèbre Reblochon ; le randonneur avec ses multiples itinéraires au cœur de la Vallée du Bouchet, jusqu’aux cols de la Colombière ou des Annes, ou jusqu’au sommet du Pic du Jallouvre ou de la Pointe Blanche. Au milieu de cette somptueuse nature, le passionné de patrimoine bâti n’est pas en reste. Comment ne pas citer les honorables chalets traditionnels dispersés dans les différents alpages ou dans le chef-lieu ! Naturellement, comme dans chaque village savoyard, le « Point Zéro » reste le clocher de l’église, lieu de recueillement par excellence des Bornandins. Chaque hameau possède également une chapelle, une croix de mission ou un oratoire, si ce n’est les trois ! Les Bornandins sont fidèles au passé rural de la commune puisque c’est cette dernière qui possède le plus grand nombre d’exploitations agricoles en Haute-Savoie : 65! Les gens du pays n’hésitent pas à mettre en avant les produits locaux lors du marché du mercredi matin sous la « grenette ». Enfin, en septembre, la Foire agricole de la Saint-Maurice attire la foule des grands jour. Ce dimanche-là, avant ou après le 22 septembre, est donnée l’occasion de contempler de près les bêtes habituellement dispersées dans les fermes ou dans les alpages, ici et ailleurs.

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Dédiée à Notre-Dame de l’Assomption, particulièrement vénérée dans notre région, l’église paroissiale du Grand-Bornand remonterait à 1146. C’est à cette date qu’est mentionnée une petit chapelle en bois dépendante de Thônes. La première église paroissiale semble avoir été construite au XIII siècle. C’est elle qui succomba lors de l’incendie de 1569. Elle aurait été reconstruite en 1661 dans le plus pur style baroque. Naturellement, à la Révolution, le mobilier liturgique est pillé, le clocher détruit et les cloches (sauf une) sont fondues. L’hiver 1816 donne le coup de grâce à ce lieu de culte ruiné qui s’effondre sous le poids de la neige. Dès 1817, l’édifice religieux est reconstruit. Les travaux seront véritablement achevés en 1877. Le clocher sera reconstruit entre 1820 et 1845. Il sera couronné d’un beau bulbe, à l’origine en fer blanc, et aujourd’hui en inox étamé. Si l’église est bâtie dans le style néogothique, le bulbe baroque du clocher, dont la base date du XVIIIe siècle, rappelle l’ancien édifice qui a péri il y a tout juste 200 ans. Les orgues actuelles et leurs 40 jeux ont été inaugurées en 1988. La chaire date de 1827. Les fonds baptismaux et une toile de Saint Dominique recevant le Rosaire sont les vestiges de l’ancienne église baroque.

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Le clocher abrite aujourd’hui quatre cloches. Trois ont été fondues en 1861 par les frères Beauquis de Quintal, beaux-frères de Jean-Pierre Paccard, lui-même fondeur de cloches. Bénies le 30 mai 1861, jour de la Fête-Dieu, elles avaient réuni l’assemblée des grands jours. La presse de l’époque souligne le fait que le village entier louait la qualité du travail des deux frères fondeurs de cloches. Pesée à Annecy, avant de rejoindre son perchoir définitif, la plus grande pèse 2’834 kilos. Il s’agit de l’un des neuf « bourdons » du département. Les deux petites pèsent ensemble 1’306 kilos, soit environ neuf quintaux pour l’une, et quatre pour l’autre. Toutes trois ont rejoint une vénérable cloche de 1767. Réalisée par Jean-Claude Livremont, maître-fondeur de Pontarlier établi à Annecy, c’est la seule qui a pu survivre à la terrible Révolution française. Ses trois sœurs ont été victimes des Révolutionnaires, comme la quasi-totalité des cloches à l’époque. Des cloches plus anciennes sont attestées au Grand-Bornand : quatre ont succombé à l’incendie de 1569…
Malgré leur électrification, les cloches respectent encore la majorité des traditions locales. Lors des sépultures, les quatre cloches étaient lancées à toute volée. Aujourd’hui, seules les trois plus petites sonnent l’annonce du décès, la veille et le jour des funérailles. Lors de l’annonce, cette volée est précédée par l’âge, tinté sur la troisième cloche pour une femme, et sur la seconde pour un homme. Les quatre cloches peuvent sonner lors des funérailles, par exemple pour un ancien maire ou conseiller de la commune, ou un ancien prêtre. On parle alors du « Grand Glas ». Ce dernier est également actionné l’après-midi de la Toussaint, lorsque la communauté se rend au cimetière pour honorer les défunts de l’année écoulée. Pour les offices, c’est la seconde cloche, dite « la Vieille » qui est lancée. Elle laisse volontiers sa place au bourdon lors des fêtes religieuses. Enfin, le « carillon » sur les quatre cloches est actionné pour les baptêmes et mariages. Si l’actuel sonneur n’a qu’à manipuler quelques boutons en sacristie, il n’est pas en reste pour raconter ses souvenirs d’enfance, lorsque son père et d’autres personnes du village étaient préposés au tirage des cordes. Lors de l’Armistice de 1945, les cloches ont sonné de manière ininterrompue pendant 24 heures ! Une douzaine d’hommes répartis en deux groupes se relayaient pour actionner en volée le bourdon pendant une heure. Ensuite, ils laissaient place au carillonneur le temps de reprendre leur souffle. Puis ils repartaient pour une heure de volée. Comment imaginer aujourd’hui une telle sonnerie de nos cloches?

Nom Fondeur(s) Année Masse (kg) Diamètre (cm) Note
1 Croix, Joseph, Marie, Pierre, Paul Beauquis Fr. 1861 2’834 1,663 Si Bémol 2 -1
2 N.C. I.C. Livremont 1767 1’300 132,9 Mi bémol 3 -1
3 François, Augustin, Victoire Beauquis Fr. 1861 800 111,2 Sol bémol 3 -8
4 Joseph, Marie, Cécile Beauquis Fr. 1861 400 89,9 Si bémol 3 -8

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Détails de la cloche nº2, fondue par Livremont J.C. en 1767.
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Ci dessous, les détails des cloches 1, 3 & 4 signée des frères Beauquis.
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Mes remerciements à M. André Périllat-Amédée, maire de la commune pour son aimable autorisation ; à M. Olivier Delgrange, responsable des bâtiments pour sa disponibilité et M. Julien Michel, responsable des services techniques pour l’organisation du rendez-vous. Remercié soit également M. Périllat, actuel sonneur, pour les anecdotes très intéressante sur « ses » cloches qu’il affectionne tant. Je remercie également Mme Yolande Thabuis, présidente d' »Entremont Patrimoine« , pour la prise de contact. Je remercie également le père André Arnet, curé du lieu, pour la première autorisation attribuée il y a déjà quelques anneés.
Enfin, amitiés à mes amis Mike « Quasimodo« , Mehdi « Cloches Comtoises« , Guilhem Lavignotte, organiste d’Yverdon-les-Bains, Dominique « Valdom68 » et Matthias Walter, président de la GCCS et campanologue à Berne, qui ont eux aussi contribué chacun à leur manière à la réalisation de ce reportage sur l’une des plus imposantes sonneries de Savoie.

Sources :
Mairie-Office du Tourisme du Grand-Bornand
Le Grand-Bornand sur Wikipédia
Fonds Privés
Inventaire personnel avec le concours de M. Walter

Voir aussi :
Paroisse Saint-Pierre-Favre des Aravis

Thônes – Eglise Saint-Maurice

C’est au pays du Reblochon que je vous donne rendez-vous aujourd’hui. A mi chemin entre Annecy et les stations de ski du Grand-Bornand et de La Clusaz, le bourg de Thônes se trouve installé à la confluence du Fier et du Nom, rivières qui ont façonné deux vallées dont les alpages bénéficient encore aujourd’hui à la production de ce fromage, largement popularisé par la Tartiflette, plat récent mais devenu rapidement l’emblème gastronomique de toute une région, sinon un plat d’hiver caractéristique de notre pays ! Si Thônes est aujourd’hui la « capitale des Aravis », c’est le fruit d’un long chemin, parfois semé d’embûches. Tout commence par une décision du comte de Genève Guillaume III qui lui autorisa à tenir un marché hebdomadaire. Grâce à cette activité, le bourg a pu s’émanciper progressivement de la famille des Clets, installés dans la paroisse voisine des Clefs et qui contrôlaient tout un secteur, s’étendant de Thônes jusqu’à Faverges. Ensuite, un hôpital puis un collège s’y établissent, de même qu’un châtelain. Après la Révolution, la ville de Thônes vit principalement grâce à la production de Reblochon mais aussi la coupe de bois. A son apogée, 70 scieries se répartissaient autour des deux rivières. La Seconde Guerre Mondiale n’épargnera pas la ville de Thônes, qui est aujourd’hui décorée de la Médaille de la Résistance. Sa proximité avec le Plateau des Glières a rendu très actifs des réseaux de résistances pour finalement libérer la ville de manière autonome le 19 août 1944, alors que 15 jours avant encore, les allemands avaient bombardés la ville en représailles du Maquis des Glières ! Aujourd’hui, Thônes continue d’attirer en raison de son emplacement stratégiques entre lacs et stations de ski, mais aussi grâce à sa production de fromage et la présence de quelques industries, comme par exemple Mobalpa, dont le siège social est sur la commune depuis sa création en 1907.

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La paroisse Saint-Maurice est attestée dès le XIe siècle, dans un document relatant les conflits entre le curé de Thônes et l’Abbaye de Talloires à la suite d’une donation de cette paroisse à ce monastère. On trouve le nom « Taunii » vers 1121, probablement dérivé d’un domaine gallo-romain venant de Tonniacum. Une église est mentionnée dans les visites pastorales de 1411, 1414 et 1445. En 1453, une nouvelle église est construite après un incendie qui ravage une partie du bourg et son sanctuaire. Entre 1663 et 1664, l’église est restaurée : le mur antérieur, le portail et l’avant portail sont refaits pour 1420 florins. Ces réparations interviennent dans une église qui commence à montrer des signes de fatigue. En 1687, la reconstruction de l’église se décide pour 6200 florins. A l’époque, c’est un petit sanctuaire sans voûte, avec un modeste clocher en bois au dessus du chœur et des chapelles sans symétrie. La reconstruction de l’église sera compliquée, car si toute la paroisse souhaite y mettre du sien, tant manuellement que financièrement, tout le pan des Villards s’y refuse ! Et pour cause, ils sont en instance de séparation et projettent de bâtir leur propre église ! Quoi qu’il en soit, en 1697, le gros œuvre et le clocher sont achevés. Pierre Chiesaz, architecte milanais, fut chargé de la bonne réalisation de l’édifice. Il fallut encore réaliser l’ameublement et la décoration intérieure du monument, sur le premier quart du XVIIIe siècle, ce qui n’empêcha pas une consécration en 1714. La cerise sur le gâteau sera la réalisation du somptueux retable, aujourd’hui encore pièce majeure de l’édifice. Représentant saint Maurice, patron de la paroisse, il fut commandé en 1726 à Pierre Jacquetti. Ce travail est soldé en 1728. En 1866, les peintures du chœur sont ajoutées et en 1883, on remplace le portail par l’actuel, dans un style néo roman. En 1930-31, le sanctuaire est restauré mais il sera malheureusement un dommage collatéral de la guerre. Lors du bombardement de Thônes le 3 août 1944, un bâtiment voisin est visé et l’explosion endommage alors le bas côté droit de l’église, qui sera partiellement reconstruit. En 1963, une nouvelle restauration de l’église est réalisée, avant qu’un orgue -en cours de relevage- soit ajouté sur la tribune en 1965. L’église est protégée par les Monuments Historiques depuis 1971, à l’exclusion de sa façade. Le retable l’était déjà depuis 1912, en raison de son intérêt patrimonial. A noter qu’il s’agit du plus grand retable baroque des Pays de Savoie !

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En 1455, des nouvelles cloches sont fondues pour la nouvelle église reconstruite après l’incendie. Pour se faire, on amène de Genève 14 quintaux de métal et 4 quintaux d’airain. La fonte de la grosse cloche est confiée à Jean Perrodet de Genève. On ajoute deux quintaux de cuivre. Pour les trois autres, on missionne Pierre Quarta, lui aussi fondeur genevois et on ajoute 5 quintaux de métal. Deux curiosités sont à noter : qu’ils aient été appelés à travailler séparément sur les cloches. Si cette façon de faire n’est pas unique -plusieurs fondeurs ont été mandatés pour la fonte de nouvelles cloches à l’Abbaye de Saint-Maurice (Suisse) en 1702- elle peut surprendre, car ces deux fondeurs sont surtout connus pour avoir collaborés ensemble, par exemple à Sion ou encore Moudon (Suisse). A Nyon et Savières, toujours en Suisse, existent deux cloches de Jean Perrodet seul. Le 14 août 1664, la grande cloche tombe. Elle est réinstallée, non sans peine, le surlendemain. Ce n’est pas la première fois que cette cloche inquiétait car, lors d’une visite pastorale quelques décennies plus tôt, l’état de son installation était déjà jugé inquiétant.

A la Révolution, les cloches sont descendues non sans mal. Les révolutionnaires imposent de ne garder qu’une cloche au clocher. Problème : trois cloches étaient utilisées par l’horloge. Les habitants réclament donc de garder les trois cloches, indiquant que si elles sont partiellement saisies, l’horloge ne sera plus d’aucune utilité. Qu’importe : une seule doit rester au clocher, dont le sommet fut détruit. 13 cloches (église et chapelles) furent livrées à Annecy en vue d’être cassées en 1793. Voici leurs poids : 478, 436, 283, 208, 95 livres ; quatre cloches de 90 livres chacune, 2 cloches de 89 livres, une de 83 livres et une dernière de 20 livres. L’année suivante, Thônes se retrouve orpheline de cloches car la dernière doit être livrée à Annecy à son tour, au mépris de la Convention qui oblige les communes à garder une seule cloche. En 1795, Thônes peut récupérer une cloche à Annecy, selon les dernières instructions reçues. La plus grande reviendra aux frais des habitants, accompagnée de deux timbres pour l’horloge. En 1802, la seule cloche présente au clocher se trouve bien seule et jugée trop petite (c’était dit-on, la plus grande cloche prérévolutionnaire !). Elle sera rejointe par une seconde cloche, fondue l’année d’après pour la somme de 900 francs. Elle a été fondue en même temps que des cloches de plusieurs chapelles de la paroisse.

En 1828, le curé Jean-François Lavorel, nouvellement installé, se penche très rapidement sur les cloches de sa paroisse. Rappelons qu’à son arrivée, deux cloches se partagent le grand clocher : une première prérévolutionnaire et une seconde fondue en 1803. Sur ces deux objets d’airain, l’une d’elles -la plus grosse- était déjà fêlée. Le curé passe reprend en main les discussions menées entre les autorités et le fondeur Louis Gautier de Conflans, initiées peu avant sa nomination. Les différentes fontes de cloches entre les années 1828 et 1831 ne sont pas claires, tant les archives et les récits divergent. Le 44e tome des « Mémoires de l’Académie Salésienne » consacré à l’histoire de Thônes et rédigé par le chanoine Pochat-Baron donne une première version de l’histoire. Il est en effet fait mention que la grosse cloche est cassée et qu’une souscription est en place pour sa refonte et que l’argent récolté est de 1100 francs sur les 1400 nécessaires. En parallèle, une poignée de paroissiens (MM. Joseph-François Tessier, Jean-Michel Granger, Laurent Hugon-Gaillard dit Bornans et François André dit Jouvenceau) souhaite en profiter pour refondre l’autre cloche, bien que saine. On évoque aussi la fonte de deux autres petites cloches. On précise aussi que la fonte de la grosse cloche a manqué et qu’elle fut remise au printemps suivant.

Du côté des archives conservées au diocèse d’Annecy, la plume du curé Lavorel est bien représentée, avec quelques courriers d’époque, les inscriptions qu’il souhaitait apposer sur les quatre cloches ou encore la situation financière entre Thônes et le fondeur. Un autre écrit du prêtre, cosigné par quelques élus, fait mention du déroulé de la refonte des cloches : la souscription pour la refonte de la plus grosse est mentionnée comme tellement généreuse que la paroisse peut alors rajouter deux cloches plus petites et refondre la seconde cloche, bien que jugée « saine », afin de donner une sonnerie harmonieuse avec le même métal. La fonte sera confiée au sieur Louis Gautier qui se charge déjà de préparer la refonte de la grosse cloche sur place. Quant au paiement, n’apparait en 1828 qu’une facture pour les deux petites cloches, d’un poids final de 551 et 420 kilos. Il est précisé que la plus grande des deux est en partie financée par la Confrérie du Saint-Sacrement, attestée à Thônes depuis déjà plusieurs siècles. Pour retrouver la suite des opérations, il faut maintenant gravir le clocher. La seconde cloche de l’actuel ensemble campanaire porte deux dates : 1803 et 1829. Il est probable que sa fonte ait été différée l’année d’après. Quant à la plus grosse cloche, elle porte la date de 1831 et la double signature « Vallier et Gautier ». Deux choses sont à savoir à propos de cette cloche : la fonte est mentionnée comme « manquée et reportée » une première fois, probablement en 1829. Peut-être que cela s’explique car Louis Gautier a fondu peu de cloches d’un tel gabarit (on ne compte aujourd’hui que deux cloches plus lourdes, fondues en 1825 pour Groisy et Marthod). Il faut aussi noter que 1831 correspond à l’année de disparition de ce fondeur, il est donc fort possible que n’ayant pu honorer son contrat, ce fut les Vallier qui l’ont fait à sa place, comme semble le confirmer des archives privées détenus par les descendants. En regardant toujours de près nos cloches thônaines, nous remarquons que les deux petites ne datent pas de 1828, mais de 1891 pour la troisième, et de 1841 pour la plus petite. Si les archives manquent pour cette dernière, nous comprenons aisément que la cloche de 420 kilos fondue en 1828 ne fit pas long feu. La refonte fut commandé aux frères Paccard de Quintal, dont la génération suivante réitèrera l’opération pour refondre cette fois la troisième, la portant de 551 à 620 kilos. Dans leurs devis, ils suggèrent même d’étoffer la sonnerie avec trois plus petites cloches ! Ces quatre cloches, aux décors typiques de leurs fondeurs, ne comportent presque pas de français : seule la signature de la cloche de 1891 l’est ! Même celle de la cloche de 1841 est dans la langue de l’Eglise, alors que les Paccard ont d’habitude leur manière de signer en français, propre à chaque génération ! Le patron de la paroisse, saint Maurice, est représenté sur les quatre cloches, il accompagne la Vierge, un Christ ou un simple crucifix et sur la troisième cloche, un ostensoir pour rappeler son lien avec la confrérie du Saint-Sacrement. Il est à noter que cette même confrérie a peut être aidée au financement de la cloche de 1841, car son prieur en est le parrain. Quant aux inscriptions, les quatre cloches appellent à la prière. La plus grosse reprend la lettre de saint Paul apôtre aux Ephésiens « Il y a un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême. » alors que la seconde lui répond « Louez le Seigneur tous les peuples, louez le avec des cymbales bénies » tirée des psaumes 116 et 150. La troisième cloche appelle le Seigneur à bénir montagnes et collines et cite un extrait de la prière « Panis Angelicus » : « Ô chose admirable ! Il se nourrit de son Seigneur. Le pauvre, le serviteur, le petit. », nouvelle référence à la Confrérie du Saint-Sacrement. La petite cloche, enfin, reprend le Psaume 121 « Quelle joie quand on m’a dit : « Nous irons à la maison du Seigneur ! » »

Nom Fondeur Année Diamètre (cm) Masse (kg) Note

1

Saint Maurice Vallier & Gautier 1831 135,4 ~1’500 Ré3
2 Saint Maurice Louis Gautier 1829 114,6 ~900

Fa3

3

Marie Julienne G&F Paccard 1891 100,2 620 Sol3
4 Saint Maurice Frères Paccard 1841 90,3 ~420

La3

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Mes remerciements vont à :
La commune de Thônes et plus particulièrement M. Pierre Bibollet, maire, pour son autorisation.
Mme Nicole Lauria, conseillère déléguée à la valorisation du patrimoine historique, pour son accueil et l’ouverture des différentes portes.
La paroisse de Thônes et ses prêtres, pour les sonneries exceptionnelles hors célébrations liturgiques.
Mes amis Claude Michael-Mevs, Arthur Auger et Matthieu Jules pour l’aide à la réalisation de ce reportage.
Mme Mélanie Maréchal, conservatrice des archives historiques du diocèse d’Annecy, pour la mise à disposition d’archives sur le patrimoine campanaire de Thônes.

Sources & Liens :
Mairie de Thônes
Paroisse Saint-Pierre-Favre des Aravis
Mémoires et documents de l’Académie Salésienne, tome 44, 1926
Archives diocésaines d’Annecy
Relevé sur site
Clichés personnels

 

Genève – Eglise Saint Antoine de Padoue

Peu de choses nous sont enseignées sur l’église Saint Antoine de Genève. Erigée en 1899, elle possédait en son chœur un autel en marbre. Le Concile Vatican II entraîna hélas la destruction de ce dernier pour un autel en transept. Son orgue est moderne.

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Dans le clocher de l’église, se logent 4 cloches coulées chez les frères Paccard d’Annecy le Vieux, en 1899. Elles sont tintées, mais 2 cloches (cloches 1 et 2) semblent être en volée (marqué sur la commande en sacristie).

Merci au sacristain présent pour indications et Matthias Walter pour les informations au sujet des cloches.

Gaillard – Eglise Saint Pierre

P1020193De style néo-gothique, elle fut édifiée en 1876. Les Gaillardins allaient d’abord à Thônex (CH-GE), mais une usurpation de l’édifice par Genève empêcha les villageois de s’y rendre.

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Le clocher de l’édifice ne contient qu’une seule cloche, coulée en 1881 par les frères BEAUQUIS. De note Fa Disèe 3, elle pèse 800 kilos et sonne en rétrograde. Curiosité son joug est en bois.

 

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Merci à M. Frison, président de paroisse, pour l’accueil et la montée au clocher!

Gaillard – Espace Louis Simon

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Accolé à ce lieu culturel et sportif en 2004, ce carillon de 25 cloches de type ‘Ars Sonora’ remplace une fontaine. Il sort de la maison Paccard de Sévrier, près Annecy (74).

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« Baptisée « Jeu d’eau », elle fut imaginée par l’artiste Jean Marc Bonnard. Cette sculpture illustre parfaitement le concept ARS SONORA, par lequel la matière première de la sculpture est la cloche. » (Site Paccard).

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Genève – Temple Saint Gervais

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A l’origine catholique, l’église Saint Gervais a été construite au XVè siècle sur l’emplacement d’un « édifice funéraire ». Une plaque incrustée dans le mur extérieur du chevet nous le rappelle. A la Réforme, l’église fut vouée au culte protestant. Des fouilles ont permis de retrouver les bases des murs. C’est la plus ancienne paroisse de Genève.

Cloche 1 : Jean-Daniel Dreffet, 1786 – 1’200 kilos – Mi3

Cloche 2 : Guillaume Fribor, 1493 – 600 kilos – Sol Dièse 3

Cloche 3 « La Paix » : H. Ruestchi, 1949 – 350 kilos – Si3

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Merci à la pasteure pour son accord ; et à l’organiste pour m’avoir ouvert le clocher et permis de filmer!

Lathuile – Eglise Saint Ours

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Bien que cette église soit aujourd’hui « pseudo-gothique » elle était déjà citée dans une bulle du Pape Eugène III (1145). Il parait qu’une chapelle de l’église fut le lieu d’ordination de Saint François de Sales. Aujourd’hui ce n’est qu’une église paroissiale.

Cloche 1 « Mathilde Maurice » – Les Fils de G. Paccard, 1917 – 1’100 kilos – Mi3

Cloche 2 – Antoine & J.P. Paccard, 1817 – 550 kilos – Sol Dièse 3

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Mes remerciements à Pierre Paccard et au sacristain, pour l’ouverture de la porte!

Quintal – Eglise de la Visitation de Marie

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Remontant au XIè siècle,l’église de Quintal est la plus ancienne de la Haute-Savoie. Elle mêle les arts carolingien, lombard et oriental. Son clocher roman a été rehaussé: les baies romanes, aujourd’hui murées, sont d’ailleurs encore visibles de l’extérieur.

Cloche 1 : Antoine & Jean-Pierre Paccard, 1817 – 550 kilos – Sol3

Cloche 2 : Pitton & Paccard, 1796 – 350 kilos – Si3

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Détails de la petite cloche, fondue en 1796.

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La petite cloche est la plus ancienne cloche Paccard toujours existante. Fondue en 1796, elle remplace ses prédécesseurs, disparues à la Révolution. Quintal se trouva sans curé suite à ces faits historiques. Le maire, Antoine Paccard, demanda alors à Mgr. L’Evêque d’Annecy un curé. L’évêque accepta de nommer un curé si la paroisse passait commande d’une cloche. Cette cloche fut fondue par Jean-Baptiste Pitton de Carouge en 1796. Le fondeur se vit aidé par M. le Maire de la commune en personne, qui allait par la suite devenir le premier d’une longue lignée de fondeurs,

Mes remerciements à Pierre Paccard pour la découverte du clocher!

Chambéry – Sainte Chapelle

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Implanté dans la Tour Yolande de France, qui flanque le chevet de la Sainte Chapelle du Château des Ducs de Savoie à Chambéry, le premier carillon de 37 cloches, construit par le facteur de carillon Paccard pour l’Exposition Universelle des Arts et Techniques de Paris en 1937, fut racheté par les Savoyards et inauguré le 11 septembre 1938.

P1010508 En 1960, 3 cloches furent ajoutées, et ce carillon de 40 cloches anima plus ou moins régulièrement le centre historique de la vielle ville jusqu’en 1986. A cette date il fut démonté pour permettre la restauration de la Tour Yolande et la consolidation de la chambre des cloches. C’est alors qu’un projet d’agrandissement du carillon vit le jour à l’occasion de sa remise en place! Une fois de plus, les Savoyards, sollicités comme en 1937, se montrèrent très généreux et le comité de reconstruction du carillon décida d’implanter, en lieux et place de celui de 1937, un nouvel instrument de 70 cloches. Celui-ci fut inauguré le 11 septembre  1993, devenant, à cette époque, le plus grand carillon d’Europe.

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Mes remerciements vont à M. Pierre Paccard, ainsi qu’a M. Jean Pierre Vittot, pour la montée, et pour avoir pu tester le carillon!

Genève – Eglise Saint François

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Bénie en 1904, l’église Saint François de Genève, donne une illusion d’église inachevée. Son unique clocher, a droite, semble en effet manquer d’un jumeau qui aurait rendu l’édifice plus symétrique. Cette église, de taille assez modeste, possède toutefois un orgue a 4 claviers.

Cloche 1 « Marie Pie Gasparde » : Frères Paccard, 1872 – 800 kilos – Fa Dièse 3

Cloche 2 « Françoise » : Alfred Paccard, 1953 – 450 kilos – La3

Cloche 3 « Saint Dominique » : Paccard, 2004 – 350 kilos – Si3

Cloche 4 « Saint Jean » : Paccard – 200 kilos – Do Dièse 4

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Merci au frère et au gardien présent pour la montée au clocher !