Charmant bourg que celui de Lutry, au bord du lac, encerclé par les vignes et le Lac. Si le bourg, avec ses 1’500 habitants, est moyenâgeux, la partie « haute », forte de 7’500 âmes, est récente. Le temple réformé était, autrefois, un prieuré clunisien. PLUS SUR LES CLOCHES
Mes remerciements a Messieurs Perret et Guillard, pour la visite de Lutry, Monsieur le Syndic (le maire) pour l’accueil, et particulièrement Monsieur Bastian pour la belle conférence sur la migration des Savoyards en pays Lavaux. Superbe journée.
Construite entre 1852 et 1893, sur les plans de Léon Vaudoyer, la cathédrale de Marseille déploie, comme sa sœur [Notre Dame de la Garde] un style néo-romano-byzantin. Bien qu’en façade, on admire 2 tours identiques, une grande coupole haute de 70m attire le regard. A côté de ce nouvel édifice, nous pouvons encore contempler les restes de la cathédrale »mineure » détruite par un incendie début XIXème. Elle abrite en crypte les tombeaux des évêques (dont 1 Savoyard) et en particulier celui de Mgr. De Mazenod.
Autrefois rattachée à Saint Jean d’Aulps, la paroisse de Morzine surprenait par son autonomie grâce à son appartenance à la Confrérie du Saint Esprit. La première chapelle est édifiée en 1498, et un curé s’y installe quatre ans plus tard. La paroisse ne peut s’émanciper qu’après le passage de Saint François de Sales, qui constate la grande distance à parcourir pour se rendre à St Jean d’Aulps. En 1690, la chapelle, devenue trop petite, est remplacée par une église sous le vocable de Ste Marie Madeleine. Lors de travaux en 1734, elle devient une des premières églises à recevoir un toit en ardoise. Une ardoisière se trouvait justement sur le territoire paroissial. Le clocher est ajouté en 1749. Il est aujourd’hui flanqué d’une nouvelle église bâtie entre 1803 et 1805.
En 1804, trois cloches, généreusement financées par deux paroissiens, sont fondues pour la nouvelle église. Quelques années après, ces villageois n’ayant toujours pas été remboursés, cassent les cloches pour en revendre le bronze. En 1816, Jean-Baptiste Pitton, maître fondeur à Carouge, coule 5 nouvelles cloches sur la place publique. Fêlée, la cloche numéro 4 est refondue à Annecy le Vieux en 1939
C’est entre la cathédrale et le lac que s’élève le temple de la Madeleine. Une multitudes d’édifices religieux se sont élevés, les uns après les autres, sur ce même emplacement. L’actuel bâtiment date du XVe siècle. Il a été entièrement restauré au XVIIe siècle. Depuis plus de 50 ans, il est occupé par la paroisse suisse allemande
Placée sous le patronage de Saint François de Sales, évêque de Genève, l’église de Chêne-Bourg a été bâtie au début du XXe siècle et s’inspire des édifices romains, tout en y intégrant l’art moderne. Son orgue et sa tour-clocher datent tout deux de 1930.
Cloche 1 : Les fils de G. Paccard ,19.. – 1’050 kilos – Mi 3
Cloche 2 : Dreffet fils ,1808 (ou) 1824 – 850 kilos – Fa Dièse 3
Fièrement implantée au cœur du centre ville, la cathédrale, sous le vocable de Saint Jean-Baptiste, remplace depuis 1601 sa voisine, la cathédrale d’Elne. Sa construction est lancée dès 1324 sous l’impulsion des rois de Majorque. Vingt ans plus tard, la guerre entre les rois de Majorque et d’Aragon stoppe sa construction. Ensuite, c’est la peste et la « crise » financière qui empêche les paroissiens de poursuivre la construction, finalement reprise en 1433. La première messe y est célébrée en 1453 mais l’édifice ne sera consacrée qu’en 1509! En 1778, faute de moyens, le clocher de l’ancienne église Saint Jean est conservé afin d’annoncer les offices de la cathédrale.
La première cloche de Perpignan porte la date de 1290, mais il faut attendre 1873 pour l’installation par le fondeur provençal Baudouin du premier carillon de la cathédrale. Ce dernier n’a pas chanté bien longtemps du fait de sa justesse plus que douteuse. Un procès contre le fondeur est d’ailleurs intenté par la paroisse. Les cloches sont alors envoyées au Mans aux ateliers Bollée. Le fondeur accepte de les corriger, contre l’autorisation de les exposer, tout comme le futur carillon, à l’Exposition Universelle de 1878. Finalement, ces cloches sont refondues, et le carillon passe de 16 à 46 cloches. Après son installation dans le clocher en 1885, il est un temps oublié, avant d’être redécouvert en 1995. Il est alors restauré et classé monument historique. Aujourd’hui, il annonce les offices et chante dans les rues de la vielle ville chaque jeudi de la saison estivale.
En façade, ce sont trois autres cloches que l’on peut contempler. Le gros bourdon, fondu en 1418 marque les heures de son Si2 (5000 kilos, profil lourd). Il est accompagné d’une plus petite cloche pour tinter les quarts. Une troisième cloche, signée Cribailler en 1812, placée au sommet de la façade, annonçait les petits offices de semaines. Cette cloche est actuellement hors d’usage. Une dernière cloche, dite du Chapitre, date de 1483 et sonne le début de chaque cérémonie religieuse. Elle se situe dans le chœur, derrière le maître-autel.
Un grand merci aux carillonneurs, M. Vitu & M. Pie, pour l’accès au clocher et pour m’avoir permis de jouer ce magnifique carillon.
Quel conducteur n’a jamais redouté le col d’Evires après d’importantes chutes de neige ? S’il ne fait pas la terreur des cyclistes du Tour de France, c’est parce qu’il ne culmine « qu’à » 810 mètres d’altitude. Ce même col était déjà plébiscité par les Romains pour relier Annecy à Genève facilement. En 1824, la route nationale est inaugurée sur le col et dans les années 1880, de nombreux tunnels sont creusés pour installer la ligne de chemin de fer. Plus récemment, les ingénieurs autoroutiers ont à leur tour jetés leur dévolu sur ce secteur pour relier en moins de trois quarts d’heures ces deux mêmes villes. Cette portion autoroutière est passé au second plan depuis qu’un nouveau tronçon, plus direct, permet de faire le même trajet en seulement une demi-heure. Evires est un village majoritairement rural et se compose de pas moins de 40 hameaux répartis sur presque 20km² ! En 2017, la commune a rejoint la commune nouvelle de Fillière qui rassemble cinq anciennes localités répartis autour de la rivière « Fillière »… sauf Evires ! Mais sur son territoire coule le torrent de Daudens qui se jette dans cette rivière. Ajoutons qu’Evires se trouve sur la ligne du partage des eaux de l’Arve et du Fier, les deux principales rivières du département. C’est probablement la raison de son nom car « Evires » porte le suffixe « eve » signifiant « eau ». Mais on raconte aussi que le sol argileux est gorgé d’eau. Cette ligne de partage des eaux a également marqué, jadis, la limite entre les provinces du Faucigny (bassin versant de l’Arve) et du Genevois (bassin versant du Fier).
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La paroisse d’Evires « Aquaria in Bornis » est retrouvée dans les archives en 1411. L’évêque de Genève rend alors visite à une église qui mérite quelques travaux mais qui abrite quelques reliques de saint Loup. Au gré des visites pastorales, on apprend que les demandes de travaux faites par les évêques successifs ne sont pas toujours entreprises par la paroisse. Mais entre 1516 et 1518, l’évêque de Genève va prendre une décision plutôt étonnante : l’église, vétuste, doit déménager dans l’année. On n’en sait pas tellement la cause mais en 1527 est achevé le chœur de la nouvelle église, crucifiant alors l’ancienne qui était située au hameau de la Côte, de l’autre côté de la colline. Au XVIIème siècle, le révérend Jean-Gaspard Cochet, curé d’Evires, fonde la première école de la paroisse. En 1750, Pierre Cheneval, réputé pour sa conception de nombreux clochers prérévolutionnaires en Savoie, réalise les plans de celui d’Evires qui n’a malheureusement pas été épargné à la Révolution Française. Notons que la paroisse d’Evires est l’une des premières de la région a renouer avec la religion catholique à l’Epiphanie 1796 avec un prêche de l’abbé Amblet, curé de La Roche de retour après un exil au Piémont (Italie) pendant la Terreur. De cette période, de nombreux objets de culte ont été cachés et retrouvés bien plus tard. Mais on peut supposer sans trop d’hésitation que l’église était dans un état délabré après cette période sombre. Les archives municipales nous racontent que dans les années 1820, des réparations sont faites à l’église. En 1832, on lui donne un nouvel autel. Dès 1838, un chantier de réhabilitation se prépare : le toit et le clocher sont en mauvais état et l’église est jugée trop petite. On lui ajoutera une tribune et on réparera ce qui doit l’être. De nouveaux travaux de la même nature sont à nouveau entrepris et réceptionnés en 1851. Quoi qu’il en soit, 15 ans plus tard, l’église est intégralement reconstruite dans le style néogothique avec une plus grande capacité d’accueil pour le millier d’habitants. Si les travaux sont achevés en 1867 déjà, l’évêque d’Annecy Mgr Isoard ne consacrera le lieu de culte que le 18 novembre 1888. Mais le clocher n’avait pas suivi cette reconstruction : il était encore trop petit. Les cloches, accrochées guère plus haut que la tribune ne pouvaient être entendues de tout le village et assourdissaient les fidèles. Pour donner à l’église une fière allure et remédier à ce problème, il sera réhaussé de 11 mètres en 1965. L’ancienne chambre des cloches est encore visible aujourd’hui avec des baies géminées.
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Il est malheureusement difficile de trouver des archives relatant l’histoire ancienne de la sonnerie d’Evires. Le seul témoignage est donné par la cloche numéro trois. Donnant le « la » du diapason, elle date de 1678… ou presque ! Elle a en effet été refondue en 1965 lors de l’élévation du clocher. On constate -non sans un certain plaisir- qu’une partie de ses inscriptions ont été reproduites à l’identique. On lit ainsi une dédicace à saint Jean-Baptiste ainsi que ses parrain et marraine. Sur la robe de la cloche, on peut contempler un joli texte rappelant son histoire et les évènements qu’elle a connu : Révolution, séparation de l’Eglise et de l’Etat et les guerres. Avec elle, « Dorothée » est venue prendre place dans le clocher pour former une sonnerie de quatre cloches. Dédiée à saint André apôtre, elle rend grâce pour tous les prêtres natifs d’Evires et leur famille, tout en priant pour les vocations. Elle est le fruit d’une souscription dans le village. Comme il y a quatre cloches, il faut présenter les deux autres : Marie-Françoise et Mélanie. La première est la plus grosse. Elle a été fondue en 1875 par les frères Paccard d’Annecy-le-Vieux. Elle en remplace une autre, plus petite et fêlée. On raconte à tort qu’elle s’appelle « Andréanne » en raison de sa marraine qui serait autour d’une morbide histoire. Alors que son mari, parrain de la cloche, et elle tentent d’assommer eux-mêmes un cochon pour ne pas payer le service d’un boucher, elle manque involontairement, bien-sûr, la tête de l’animal et assomme de toutes ses forces son mari qui décèdera sur le coup. On raconte aussi que dans un élan de chagrin, elle légua une partie de sa fortune à l’église d’Evires qui fit d’elle et son défunt mari parrain et marraine de la nouvelle cloche. Mais cette dernière nous apprend cependant que ce sont Pierre-Joseph Tissot et son épouse Marie Clerc qui ont financé les deux tiers de son existence ! Elle arbore aussi de nombreuses inscriptions latines, le blason de saint François de Sales (né à quelques kilomètres de là), ainsi que la Vierge, saints Joseph et Jean-Baptiste. Quant à Mélanie, la plus petite, elle a été livrée en 1889, soit quelques mois après la consécration de l’église. Elle a été installée sous le mandat du curé Gaillard et du maire Emile Mugnier, parrain de la cloche. Mélanie Luiset, sa femme, en est la marraine. Lors de l’élévation du clocher, elles se sont hissées de plus de huit mètres vers une nouvelle chambre des cloches plus vaste et ouverte sur l’extérieur. Pour accueillir la nouvelle cloche « Dorothée » le beffroi a été remplacé par une charpente en acier. Seul témoin de l’ancienne installation, le joug de la grosse cloche a été « converti » en siège pour le célébrant dans le chœur de l’église, face à une cloche de sacristie également fondue par les ateliers Paccard.
N°
Nom
Fondeur
Année
Diamètre (cm)
Masse (kg)
Note
1
Marie Françoise
Paccard frères
1875
150,3
2’069
Do 3
2
Dorothée
Paccard
1965
109,6
800
Fa 3
3
St Jean-Baptiste
Paccard
1965
89,2
450
La 3
4
Mélanie
G&F Paccard
1889
59,8
120
Mi 4
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Je remercie chaleureusement :
La commune de Fillière et plus particulièrement Catherine Mercier-Guyon, maire adjointe.
La commune déléguée d’Evires et plus particulièrement Christine Dupont, maire déléguée.
Gabriel Maulet (†) sacristain de l’église d’Evires.
Le Dr Matthias Walter et Claude-Michael Mevs pour l’aide à la réalisation de ce reportage.
Sources & Liens :
Mairie de Fillière
Bulletins paroissiaux (articles de Gabriel Maurlet)
Echos de mémoires Eviroises, 2013, Catherine Sondaz
Groisy à travers le temps, Anne-Marie Chappaz-Cheneval
Bernard Convers, président de la Société d’Histoire du Pays de Fillière
Délibération communales de la commune d’Evires conservées aux archives départementales de la Haute-Savoie
Clichés personnels
Fonds privés
Construite en 1941, l’église Saint François de Sales remplace une chapelle, là où le saint patron implanta une croix de 1597. En 1971 une restauration de l’église prévoit la construction d’un clocher. Ce projet n’a malheureusement jamais abouti.
Le clocheton abrite une cloche manuelle d’un poids estimé entre 50 et 100 kilos. Probablement fondue chez Paccard d’Annecy, elle daterait du XXe siècle. Elle sonne en La Bémol 4.
Bâtie dès le XIVe siècle, l’église d’Esserts Salève porte sur son porche la date de 1584. Il se peut que cette date soit celle de la construction du clocher-porche. Très sobre, cette ancienne chapelle à nef unique, élevée au rang d’église, a longtemps été ballottée entre Monnetier, Esery et La Muraz. Actuellement elle fait partie, tout comme ses 3 voisines, de la paroisse de Reignier.
Le clocher de l’église a jadis abrité une cloche Jean-Baptiste Pitton de Carouge datée de 1801 et d’un poids de 900 kilos. Refondue en 1849, elle sonne maintenant dans le clocher d’Esery. La cloche actuelle, coulée en 1977 par la fonderie Paccard, est elle-même la refonte d’une cloche de 1844. Elle pèse 720 kilos et sonne un Sol3.
Un grand merci à Mme. Pasquier pour l’accès au clocher.
Déjà dédiée à Saint Martin, la première église sur le territoire communal date de 1532. L’ancienne église (toujours la même?) ravagée par un incendie en 1871, est reconstruite en 1877 dans un style néo-gothique. Elle sera restaurée en 1977 pour son centenaire.
En 1767, une cloche nommée « Antoinette Marie Thérèse » est fondue par LEONARD de Morteau pour la Chartreuse de Mélan, à Taninges. A la Révolution, comme les autres cloches, elle prend le chemin de Bonneville pour être fondue en canon. On perd alors sa trace. Mais alors qu’on la pensait disparue, cette cloche est retrouvée en 1985 lors d’une visite du clocher. Les maires de Taninges et de La Muraz se réunissent pour décider son avenir. Taninges accepte de fondre nouvelle cloche pour le clocher de La Muraz, récupérant la sienne, aujourd’hui intégrée au plus carillon du département.
Un Immense merci à Monsieur Yves Jaquemoud, sacristain, pour son autorisation pour l’ascension du clocher.