Bonneville – Eglise Sainte Catherine

Une sous-préfecture de la Haute-Savoie…
Bonneville, c’est l’addition de trois communes qui ont fusionné durant les années 1960 : Bonneville, la Cote-d’Hyot et Pontchy. Avec ses 12’700 habitants, Bonneville est une des trois sous-préfectures de Haute-Savoie. La ville est installée à la confluence de l’Arve et du Borne, qui descend du massif des Aravis. Bonneville est en effet installée au cœur de la Vallée de l’Arve, au centre des principales routes permettant de sillonner le département.
Bonneville possède une riche histoire : Au XIIIème siècle, la famille de Savoie souhaite y déposer ses valises en construisant sur la colline un château. La famille de Faucigny, seigneurs locaux et membres de la famille de Savoie, en fera très vite sa résidence. Notons que Bonneville est à un jet de pierre du Prieuré de Contamine, leur nécropole initiale. Ce château qui est détruit maintes fois (incendies, guerres locales…) deviendra une prison au XVIIIème siècle. Dernièrement, il a fait l’objet d’une grande restauration pour continuer à figurer au centre de la cité.

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Une commune expansive…
Son histoire et sa position donne à Bonneville une place de choix dans le département : de nombreuses instances s’y installeront comme un tribunal. Sa desserte est également facilitée par une voie ferrée et une autoroute. De plus, de nombreux axes nécessitent la traversée ou le contournement de la localité. Ainsi, au XXème siècle, la commune se développe tellement que deux villages se retrouvent partie intégrante de Bonneville. L’une d’entre elles, Pontchy, était initialement qu’un petit village installé de l’autre côté de l’Arve et à plus d’un kilomètre du centre historique de Bonneville. Quant à la Côte-d’Hyot, la paroisse a été ballottée avec Contamine-sur-Arve au cours du XIXème siècle, avec une volonté d’indépendance. Aujourd’hui, ce quartier éloigné ne possède qu’une chapelle en guise de sanctuaire.

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Un bourg… deux églises !
L’église Sainte-Catherine de Bonneville se dresse fièrement derrière le château. Pourtant, cela n’a pas été la seule église de Bonneville, communes annexées exclues. En effet, il existait aussi l’église Saint-Etienne. Malheureusement, je n’ai aucune information à donner en plus de sa dédicace. En effet, l’église a été rendue à la vie civile et existerait toujours. Mais même en prêtant attention aux bâtiments bonnevillois, je n’ai rien réussi à distinguer d’une propriété privée avec des reliques d’un passé religieux. Quoi qu’il en soit l’église Sainte-Catherine est aujourd’hui l’une des plus grandes églises du diocèse. Elle est au cœur du groupement paroissial « l’Epiphanie entre Arve et Borne ». Cette église a été construite entre 1838 et 1844 dans un style néoclassique, en vogue pour l’époque. En effet, l’ancien lieu de culte édifié entre 1262 et 1263 devenait délabré et il était mal accepté d’admettre que Bonneville, un chef-lieu, ait une église moins présentable que celle d’un village. Pourtant, le sanctuaire autrefois décrit comme une simple nef entouré de chapelles a été remanié au XVIIIème siècle pour prendre la forme d’une croix latine. Le projet de nouvel édifice prévoit alors une grande église à trois nefs. Son clocher était initialement prévu au dessus de la façade, au centre. Mais un an après le début de la construction de l’église, il a été décidé de déconstruire ses fondations, sur avis de l’architecte Ruphy. En effet, le projet rendait difficile l’accès à la nef au niveau du porche. Il a donc été proposé de l’élever derrière le chœur puis au prolongement des sacristies, pour éviter d’obstruer une des fenêtres du chœur. Mais finalement, les coûts s’avèrent trop onéreux et aucun clocher ne sera construit pour la nouvelle église. Pourtant, elle sera bel et bien consacré l’année 1845, soit un an après son ouverture et la mise au banc de l’ancienne église.

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Du provisoire… qui dure !
En 1862, la vielle église est toujours debout, car le clocher continu d’être utilisé. Pourtant, la nouvelle gendarmerie doit être construite à cet emplacement. Un projet de clocher définitif est à nouveau lancé… mais, bien que financé, le projet sera refusé : le clocher n’est pas dans le style de l’église. On peut volontiers imaginer une tour néogothique, style en vogue après l’annexion de la Savoie à la France. Alors on décide de faire un beffroi provisoire proche des deux églises (l’ancienne et la nouvelle étant voisines). Et ce provisoire à duré… 70 ans ! On peut même aller bien plus loin : le clocher est encore débout ! C’est une tour de quelques mètres de haut : 4 murs de pierres, prolongés par un beffroi entouré d’abats son en bois, avec un modeste toit. Il se trouve juste à gauche de l’église, côté château.
Un siècle plus tard, l’abbé Cadoux, curé de Bonneville et chanoine du chapitre annécien, relance le débat d’une nouvelle tour. Il organise une souscription et le 28 janvier 1932, le conseil municipal accepte les travaux, aussi bien l’emplacement que les plans et confie le suivi du chantier au curé. Pour élever la tour sur le côté gauche de la façade, il faut ajouter deux pilastres sur la façade et sur le côté. Le choix du matériau colle a l’époque : le clocher est en béton. Certains disent que dans les rêves les plus fous de l’époque, une seconde tour aurait été prévue sur le côté droit. Mais cette hypothèse est sûrement le fruit de l’imaginaire, les protagonistes ne pouvant plus s’exprimer. Il est vrai que notre conscient est habitué à la symétrie : alors oui, il est naturel de penser qu’une seconde tour harmoniserait l’ensemble !

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Une sonnerie incomplète…
En arrivent au premier étage du clocher, à la hauteur de la charpente de l’église, un premier détail frappe : une cloche est posée là, entourée d’un système sophistiqué gérant les antennes relais installées plus haut. Elle semble presque faire tâche, alors qu’elle est tout à fait à sa place ! A l’étage supérieur, lorsque l’on pousse la dernière trappe, un second détail marque : le beffroi est conçu de manière atypique : les quatre cloches se partagent une travée sur deux étages, côté parvis. Au centre de la tour, une grande travée… vide ! Elle donne sur un oculus dimensionné pour laisser passer une grosse cloche. Tout laisse donc à penser qu’une grosse cloche était prévue : la travée mesure environ 180cm. La ligne nominale des quatre cloches présente donne encore plus d’indications : le thème choisi est appelé « Parsifal » (mi, sol, la et do aigu). Lorsque les quatre cloches sonnent, on s’attend en effet à une plus grosse cloche en do, qui mesurerait 150cm de diamètre. Tout concorde ! A défaut d’un second clocher, il était très certainement prévu une grosse cloche !
D’ailleurs, 3 des 4 cloches sont légèrement postérieures à la nouvelle tour : la plus petite cloche a été réalisée en 1934 et les cloches 1 et 3 portent la date de 1937. Mais toute mon attention se porte sur la cloche 2 de l’ensemble : elle porte la date de 1702 et la griffe de « Pierre-Louis Huard ». Ce fondeur, natif d’Epinal, a migré en Savoie. D’autres membres de sa famille se sont exprimés dans la Drôme ou à Grenoble. C’est la première cloche que je découvre de ce fondeur. Nul doute qu’elle a été dans le clocher provisoire. Mais ce n’est pas la cloche la plus ancienne du clocher ! En effet, la cloche déposée un étage en dessous date de… 1695 ! De dimensions fort modestes, elle porte entre autres comme inscription (en latin) : « Saint Etienne priez pour nous ». Il y a fort à parier que c’est une relique de l’autre église paroissiale de Bonneville, dédiée à saint Etienne.

Nom Fondeur(s) Année Diamètre (cm) Masse (kg) Note
1 Marie Louise Augusta Les fils de G. Paccard 1937 120,3 1’050

Mi 3

2

Maria Gaspara Angelica Pierre Louis Huard 1702 99,8 620 Sol 3
3 Jeanne de Chantal Les fils de G. Paccard 1937 89,3 450

La 3

4

Marie Catherine Anthelmette Les fils de G. Paccard 1934 74,5 251 Do 4
5 St Etienne inconnu 1695 ~53 xx

xx

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Mes remerciements à la municipalité de Bonneville, sous le mandat de M. Stéphane Vailli, maire, pour son autorisation. Je remercie M. Yves Guiraud, en charge de l’entretien des bâtiments, pour sa confiance et son accompagnement. Je remercie également le père Charles Bouvard, curé-modérateur de la paroisse de l’Epiphanie entre Arve et Borne, pour l’autorisation de sonner les cloches.

Sources & Liens : 
Bonneville
Mairie de Bonneville
Paroisse de l’Epiphanie entre Arve et Borne
« Bonneville : l’étonnante histoire du clocher de l’église« , Géraldine Périllat, Le Petit Colporteur n°18, p.17
Me Pascal Krafft, campanologue à Ferette (68)
Clichés personnels
Fonds privés
Relevé personnel

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