Genève – Temple de la Madeleine

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C’est entre la cathédrale et le lac que s’élève le temple de la Madeleine. Une multitudes d’édifices religieux se sont élevés, les uns après les autres, sur ce même emplacement. L’actuel bâtiment date du XVe siècle. Il a été entièrement restauré au XVIIe siècle. Depuis plus de 50 ans, il est occupé par la paroisse suisse allemande

Cloche 1 : Marie-Madeleine – Inconnu, 1486 – 950 kilos – 116,5cm – Fa Dièse 3

Cloche 2 : Saint Christophe – G. Fribor, 1470 – 400 kilos – 88cm – La Dièse 3

Cloche 3 : Le Grillet – Hulricus – 1420 – 250 kilos – 75cm – Do Dièse 4

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Le Grillet, la doyenne du canton de Genève.

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Un grand merci à a sacristine pour son accueil et à Nicolas Dériaz, organiste à St-Germain, pour l’organisation.

Chêne-Bourg – Eglise Saint François de Sales

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Placée sous le patronage de Saint François de Sales, évêque de Genève, l’église de Chêne-Bourg a été bâtie au début du XXe siècle et s’inspire des édifices romains, tout en y intégrant l’art moderne. Son orgue et sa tour-clocher datent tout deux de 1930.

Cloche 1 : Les fils de G. Paccard ,19.. – 1’050 kilos – Mi 3

Cloche 2 : Dreffet fils ,1808 (ou) 1824 – 850 kilos – Fa Dièse 3

Cloche 3 : Reynaud (Lyon), 1882 – 450 kilos – La 3

Cloche 4 : Les fils de G. Paccard, 19.. – 350 kilos – Si 3

Cloche 5 : Les fils de G. Paccard, 19.. – 250 kilos – Do Dièse 4

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Mes remerciements à Nicolas Dériaz, organiste à Genève, pour l’organisation de cette étape.

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Perpignan/Perpinyà – Cathédrale Saint Jean-Baptiste

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Fièrement implantée au cœur du centre ville, la cathédrale, sous le vocable de Saint Jean-Baptiste, remplace depuis 1601 sa voisine, la cathédrale d’Elne. Sa construction est lancée dès 1324 sous l’impulsion des rois de Majorque. Vingt ans plus tard, la guerre entre les rois de Majorque et d’Aragon stoppe sa construction. Ensuite, c’est la peste et la « crise » financière qui empêche les paroissiens de poursuivre la construction, finalement reprise en 1433. La première messe y est célébrée en 1453 mais l’édifice ne sera consacrée qu’en 1509! En 1778, faute de moyens, le clocher de l’ancienne église Saint Jean est conservé afin d’annoncer les offices de la cathédrale.

La première cloche de Perpignan porte la date de 1290, mais il faut attendre 1873 pour l’installation par le fondeur provençal Baudouin du  premier carillon de la cathédrale. Ce dernier n’a pas chanté bien longtemps du fait de sa justesse plus que douteuse. Un  procès contre le fondeur est d’ailleurs intenté par la paroisse. Les cloches sont alors envoyées au Mans aux ateliers Bollée. Le fondeur accepte de les corriger, contre l’autorisation de les exposer, tout comme le futur carillon, à l’Exposition Universelle de 1878. Finalement, ces cloches sont refondues, et le carillon passe de 16 à 46 cloches. Après son installation dans le clocher en 1885, il est un temps oublié, avant d’être redécouvert en 1995. Il est alors restauré et classé monument historique. Aujourd’hui, il annonce les offices et chante dans les rues de la vielle ville chaque jeudi de la saison estivale.

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En façade, ce sont trois autres cloches que l’on peut contempler. Le gros bourdon, fondu en 1418 marque les heures de son Si2 (5000 kilos, profil lourd). Il est accompagné d’une plus petite cloche pour tinter les quarts. Une troisième cloche, signée Cribailler en 1812, placée au sommet de la façade, annonçait les petits offices de semaines. Cette cloche est actuellement hors d’usage. Une dernière cloche, dite du Chapitre, date de 1483 et sonne le début de chaque cérémonie religieuse. Elle se situe dans le chœur, derrière le maître-autel.

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Un grand merci aux carillonneurs, M. Vitu & M. Pie, pour l’accès au clocher et pour m’avoir permis de jouer ce magnifique carillon.

Fillière – Eglise Saint Jean-Baptiste (Évires)

Quel conducteur n’a jamais redouté le col d’Evires après d’importantes chutes de neige ? S’il ne fait pas la terreur des cyclistes du Tour de France, c’est parce qu’il ne culmine « qu’à » 810 mètres d’altitude. Ce même col était déjà plébiscité par les Romains pour relier Annecy à Genève facilement. En 1824, la route nationale est inaugurée sur le col et dans les années 1880, de nombreux tunnels sont creusés pour installer la ligne de chemin de fer. Plus récemment, les ingénieurs autoroutiers ont à leur tour jetés leur dévolu sur ce secteur pour relier en moins de trois quarts d’heures ces deux mêmes villes. Cette portion autoroutière est passé au second plan depuis qu’un nouveau tronçon, plus direct, permet de faire le même trajet en seulement une demi-heure. Evires est un village majoritairement rural et se compose de pas moins de 40 hameaux répartis sur presque 20km² ! En 2017, la commune a rejoint la commune nouvelle de Fillière qui rassemble cinq anciennes localités répartis autour de la rivière « Fillière »… sauf Evires ! Mais sur son territoire coule le torrent de Daudens qui se jette dans cette rivière. Ajoutons qu’Evires se trouve sur la ligne du partage des eaux de l’Arve et du Fier, les deux principales rivières du département. C’est probablement la raison de son nom car « Evires » porte le suffixe « eve » signifiant « eau ». Mais on raconte aussi que le sol argileux est gorgé d’eau. Cette ligne de partage des eaux a également marqué, jadis, la limite entre les provinces du Faucigny (bassin versant de l’Arve) et du Genevois (bassin versant du Fier).

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La paroisse d’Evires « Aquaria in Bornis » est retrouvée dans les archives en 1411. L’évêque de Genève rend alors visite à une église qui mérite quelques travaux mais qui abrite quelques reliques de saint Loup. Au gré des visites pastorales, on apprend que les demandes de travaux faites par les évêques successifs ne sont pas toujours entreprises par la paroisse. Mais entre 1516 et 1518, l’évêque de Genève va prendre une décision plutôt étonnante : l’église, vétuste, doit déménager dans l’année. On n’en sait pas tellement la cause mais en 1527 est achevé le chœur de la nouvelle église, crucifiant alors l’ancienne qui était située au hameau de la Côte, de l’autre côté de la colline. Au XVIIème siècle, le révérend Jean-Gaspard Cochet, curé d’Evires, fonde la première école de la paroisse. En 1750, Pierre Cheneval, réputé pour sa conception de nombreux clochers prérévolutionnaires en Savoie, réalise les plans de celui d’Evires qui n’a malheureusement pas été épargné à la Révolution Française. Notons que la paroisse d’Evires est l’une des premières de la région a renouer avec la religion catholique à l’Epiphanie 1796 avec un prêche de l’abbé Amblet, curé de La Roche de retour après un exil au Piémont (Italie) pendant la Terreur. De cette période, de nombreux objets de culte ont été cachés et retrouvés bien plus tard. Mais on peut supposer sans trop d’hésitation que l’église était dans un état délabré après cette période sombre. Les archives municipales nous racontent que dans les années 1820, des réparations sont faites à l’église. En 1832, on lui donne un nouvel autel. Dès 1838, un chantier de réhabilitation se prépare : le toit et le clocher sont en mauvais état et l’église est jugée trop petite. On lui ajoutera une tribune et on réparera ce qui doit l’être. De nouveaux travaux de la même nature sont à nouveau entrepris et réceptionnés en 1851. Quoi qu’il en soit, 15 ans plus tard, l’église est intégralement reconstruite dans le style néogothique avec une plus grande capacité d’accueil pour le millier d’habitants. Si les travaux sont achevés en 1867 déjà, l’évêque d’Annecy Mgr Isoard ne consacrera le lieu de culte que le 18 novembre 1888. Mais le clocher n’avait pas suivi cette reconstruction : il était encore trop petit. Les cloches, accrochées guère plus haut que la tribune ne pouvaient être entendues de tout le village et assourdissaient les fidèles. Pour donner à l’église une fière allure et remédier à ce problème, il sera réhaussé de 11 mètres en 1965. L’ancienne chambre des cloches est encore visible aujourd’hui avec des baies géminées.

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Il est malheureusement difficile de trouver des archives relatant l’histoire ancienne de la sonnerie d’Evires. Le seul témoignage est donné par la cloche numéro trois. Donnant le « la » du diapason, elle date de 1678… ou presque ! Elle a en effet été refondue en 1965 lors de l’élévation du clocher. On constate -non sans un certain plaisir- qu’une partie de ses inscriptions ont été reproduites à l’identique. On lit ainsi une dédicace à saint Jean-Baptiste ainsi que ses parrain et marraine. Sur la robe de la cloche, on peut contempler un joli texte rappelant son histoire et les évènements qu’elle a connu : Révolution, séparation de l’Eglise et de l’Etat et les guerres. Avec elle, « Dorothée » est venue prendre place dans le clocher pour former une sonnerie de quatre cloches. Dédiée à saint André apôtre, elle rend grâce pour tous les prêtres natifs d’Evires et leur famille, tout en priant pour les vocations. Elle est le fruit d’une souscription dans le village. Comme il y a quatre cloches, il faut présenter les deux autres : Marie-Françoise et Mélanie. La première est la plus grosse. Elle a été fondue en 1875 par les frères Paccard d’Annecy-le-Vieux. Elle en remplace une autre, plus petite et fêlée. On raconte à tort qu’elle s’appelle « Andréanne » en raison de sa marraine qui serait autour d’une morbide histoire. Alors que son mari, parrain de la cloche, et elle tentent d’assommer eux-mêmes un cochon pour ne pas payer le service d’un boucher, elle manque involontairement, bien-sûr, la tête de l’animal et assomme de toutes ses forces son mari qui décèdera sur le coup. On raconte aussi que dans un élan de chagrin, elle légua une partie de sa fortune à l’église d’Evires qui fit d’elle et son défunt mari parrain et marraine de la nouvelle cloche. Mais cette dernière nous apprend cependant que ce sont Pierre-Joseph Tissot et son épouse Marie Clerc qui ont financé les deux tiers de son existence ! Elle arbore aussi de nombreuses inscriptions latines, le blason de saint François de Sales (né à quelques kilomètres de là), ainsi que la Vierge, saints Joseph et Jean-Baptiste. Quant à Mélanie, la plus petite, elle a été livrée en 1889, soit quelques mois après la consécration de l’église. Elle a été installée sous le mandat du curé Gaillard et du maire Emile Mugnier, parrain de la cloche. Mélanie Luiset, sa femme, en est la marraine. Lors de l’élévation du clocher, elles se sont hissées de plus de huit mètres vers une nouvelle chambre des cloches plus vaste et ouverte sur l’extérieur. Pour accueillir la nouvelle cloche « Dorothée » le beffroi a été remplacé par une charpente en acier. Seul témoin de l’ancienne installation, le joug de la grosse cloche a été « converti » en siège pour le célébrant dans le chœur de l’église, face à une cloche de sacristie également fondue par les ateliers Paccard.

Nom Fondeur Année Diamètre (cm) Masse (kg)

Note

1

Marie Françoise Paccard frères 1875 150,3 2’069 Do 3
2 Dorothée Paccard 1965 109,6 800

Fa 3

3

St Jean-Baptiste Paccard 1965 89,2 450 La 3
4 Mélanie G&F Paccard 1889 59,8 120

Mi 4

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Je remercie chaleureusement :

  • La commune de Fillière et plus particulièrement Catherine Mercier-Guyon, maire adjointe.
  • La commune déléguée d’Evires et plus particulièrement Christine Dupont, maire déléguée.
  • Gabriel Maulet (†) sacristain de l’église d’Evires.
  • Le Dr Matthias Walter et Claude-Michael Mevs pour l’aide à la réalisation de ce reportage.

Sources & Liens :

Mairie de Fillière
Bulletins paroissiaux (articles de Gabriel Maurlet)
Echos de mémoires Eviroises, 2013, Catherine Sondaz
Groisy à travers le temps, Anne-Marie Chappaz-Cheneval
Bernard Convers, président de la Société d’Histoire du Pays de Fillière
Délibération communales de la commune d’Evires conservées aux archives départementales de la Haute-Savoie
Clichés personnels
Fonds privés

Ambilly – Eglise Saint François de Sales

P1020505Construite en 1941, l’église Saint François de Sales remplace une chapelle, là où le saint patron implanta une croix de 1597. En 1971 une restauration de l’église prévoit la construction d’un clocher. Ce projet n’a malheureusement jamais abouti.

Le clocheton abrite une cloche manuelle d’un poids estimé entre 50 et 100 kilos. Probablement fondue chez Paccard d’Annecy, elle daterait du XXe siècle. Elle sonne en La Bémol 4.

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Monnetier-Mornex – Eglise Saint André (Esserts-Salève)

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Bâtie dès le XIVe siècle, l’église d’Esserts Salève porte sur son porche la date de 1584. Il se peut que cette date soit celle de la construction du clocher-porche. Très sobre, cette ancienne chapelle à nef unique, élevée au rang d’église, a longtemps été ballottée entre Monnetier, Esery et La Muraz. Actuellement elle fait partie, tout comme ses 3  voisines, de la paroisse de Reignier.

Le clocher de l’église a jadis abrité une cloche Jean-Baptiste Pitton de Carouge datée de 1801 et d’un poids de 900 kilos. Refondue en 1849, elle sonne maintenant dans le clocher d’Esery. La cloche actuelle, coulée en 1977 par la fonderie Paccard, est elle-même la refonte d’une cloche de 1844. Elle pèse 720 kilos et sonne un Sol3.

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Un grand merci à Mme. Pasquier pour l’accès au clocher.

La Muraz – Eglise Saint Martin

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Déjà dédiée à Saint Martin, la première église sur le territoire communal date de 1532. L’ancienne église (toujours la même?) ravagée par un incendie en 1871, est reconstruite en 1877 dans un style néo-gothique. Elle sera restaurée en 1977 pour son centenaire.

Cloche 1 « Anselne Henriette » – G&F Paccard, 1901 – 900 kilos – Fa3   

Cloche 2 « Jeanne Rosalie » :  G&F Paccard, 1902 – 450 kilos – La3

Cloche 3 « Françoise de Sales » : Paccard, 1986 – 250 kilos – Do4

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En 1767, une cloche nommée « Antoinette Marie Thérèse » est fondue par LEONARD de Morteau pour la Chartreuse de Mélan, à Taninges. A la Révolution, comme les autres cloches, elle prend le chemin de Bonneville pour être fondue en canon. On perd alors sa trace. Mais alors qu’on la pensait disparue, cette cloche est retrouvée en 1985 lors d’une visite du clocher. Les maires de Taninges et de La Muraz se réunissent pour décider son avenir. Taninges accepte de fondre nouvelle cloche pour le clocher de La Muraz, récupérant la sienne, aujourd’hui intégrée au plus carillon du département.

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Un Immense merci à Monsieur Yves Jaquemoud, sacristain, pour son autorisation pour l’ascension du clocher.

Cruseilles – Eglise Saint Maurice

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L’histoire de l’église paroissiale Saint Maurice de Cruseilles demeure très vague. L’édifice primitif bâti à la « croisée des chemins » (signification du nom de la commune) remonte au VIIe siècle. Maintes fois remanié et reconstruit, il est possible qu’il utilise des éléments du XIIe siècle. Il est aujourd’hui certain que le chœur est plus ancien que la nef, puisqu’une fenêtre gothique a été découverte derrière le retable lors de la dernière restauration. Reconstruit presque intégralement dans un style néo-gothique au XIXe siècle, le monument réemploi les retables baroques remaniés dans un style néo-classique qui lui donnent une allure éclectique. Il est fort probable que le clocher bulbe soit le fruit de l’Ancien Régime, par son architecture et sa taille modeste aux vues des proportions de l’église. Le lieu de culte s’est offert une cure de jouvence au cours de l’année 2008 du sol jusqu’à la toiture. C’est un édifice flambant neuf qui accueille désormais les prières d’une communauté.

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Le beffroi en bois date de 1820. Il supportait jadis 3 cloches de 850, 550 et 380 kilos, électrifiées en 1934. L’installation électrique a été révisée en 1950. L’ancienne sonnerie a été descendue pour laisser place à quatre nouvelles cloches fondues par Alfred Paccard (Annecy le Vieux) et bénies le 20 octobre 1963. L’église abrite depuis plusieurs années une petite cloche près de la sacristie. Elle sonne en La5.

Cloche 1 « Marie, Reine de France » – 1250 kg – 126,5cm – Mi bémol 3 -2
Cloche 2 « Marie Françoise » – 650 kilos – 100,2cm – Sol 3 +1
Cloche 3 « Marie, Reine du Ciel » – 380 kg – 84,5cm – Si Bémol 3 ±0
Cloche 4 « Marie Thérèse » – 275 kg – 76cm – Do 4 -1

(Nom, poids, diamètre, note (La3 =435 Hz))

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Le « Panis Angelicus » sur la grande cloche, motif très couramment utilisé à cette période.
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P1000608Chaque cloche arbore différentes inscriptions. Elles possèdent toutes une quantité de parrains et marraines, mais souvent représentés par un homme et une femme. La grande cloche nommée « Marie, Reine du Ciel » est chargée de protéger la cité. Elle a pour parrain le conseil municipal de l’époque représenté par M. le Maire et pour marraines les employées communales, représentés par Mlle Jeanne Deshusses. La deuxième cloche « Marie Françoise » est dédiée à Notre-Dame des Coudrets et veille sur la paroisse. Elle a pour parrains et marraines les hommes et femmes de la paroisse. Elle rend hommage à François Fournier, sacristain pendant 40 ans. La troisième « Marie, Reine du Ciel » sonne l’angélus matin midi et soir. P1000648Elle a pour parrains et marraines les prêtres et religieuses nés à Cruseilles et elle est vouée à Saint Jean-Marie Vianney et à Sainte Jeanne Antide. La plus petite « Marie Thérèse » est dédiée à la patronne des mission Sainte Thérèse de Lisieux. Elle a pour parrain M. Portier, père d’un missionnaire. Ses marraines sont les enseignantes et catéchistes.

Un grand merci à M. Le Maire et M. Gréa, directeur des services techniques, pour leur autorisation et à M. Fournier. Mention à Mike « Quasimodo Sonneur de Cloches » pour l’aide apportée à la réalisation de se reportage.P1060384

 

LIENS :
Mairie
Paroisse
Wikipédia
Brochure de la paroisse

Annecy – Eglise Notre-Dame de Liesse

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Cela fait maintenant plus d’un millénaire qu’un sanctuaire se dresse à l’emplacement de Notre-Dame de Liesse. Ce n’était qu’un simple oratoire marial au XIe siècle est remplacé en 1360 par une église sous les ordres d’Amédée III, comte de Genève, qui voulait en faire sa nécropole familiale. En 1793, le chœur est rasé par les Révolutionnaires pour créer la place de la Liberté. Le clocher, contrairement à ses voisins, n’est amputé que de sa flèche. Il est aujourd’hui flanqué d’un nouvel édifice bâti entre 1846 et 1851.

Cloche 1 « La Salésienne » – G&F Paccard 1878 – 5’100 kilos – Sol2

Cloche 2 – G&F Paccard 1891 – 1’050 kilos – Mi3

Cloche 3 – N. Aubry, 1855 – 400 kilos – La3

Cloche 4 – Inconnu, 1699 – 50 kilos – Si4

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Merci à la paroisse et à Philippe Goix pour l’accès au clocher.

Vulbens – Eglise Saint Maurice

Au nord-ouest de la Haute-Savoie, entre le Vuache et le Rhône, la commune de Vulbens touche du doigt le bec de la Suisse, à l’extrémité nord de la commune. Vulbens est une commune essentiellement rurale, forte de 1’700 habitants. Elle a toujours été « à la frontière » car durant l’Occupation, le Nant de la Vosogne qui la sépare de Valleiry était utilisé comme référence pour délimiter la France dite « libre » de la France dite « occupée ». La vie à Vulbens ne date pas d’hier, la commune offrant deux trésors naturels pour les premiers hommes : un fleuve et une montagne remplie de grottes. Au gré des civilisations, Vulbens se trouvait donc naturellement sur les voies de communications. Le bourg est quant à lui en retrait du fleuve et à bonne distance de la montagne, évitant ainsi crues et éboulements probables. Vulbens intéressa donc tant sur le plan temporel que spirituel : on dit que les templiers s’y sont installés, près du Rhône, vers le XIIe siècle. Il est aussi relaté qu’une maison forte dite « du Vuache ou de Vulbens » construite par des seigneurs locaux passa ensuite aux mains des Comtes de Genève puis d’autres nombreuses familles seigneuriales de la région. Il est a noter que, contrairement à de nombreuses autres communes du Genevois, Vulbens restera catholique au XVIe siècle, alors que les genevois ont envahis une partie de la région pour y imposer, par la force, la religion protestante instituée par Calvin à Genève.

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L’église Saint-Maurice de Vulbens remonte au XIIIe siècle. C’est une grande église halle, agrandie de deux nefs latérales en 1820 et 1830. Il faut dire que la paroisse de Vulbens est vaste : elle couvre en effet les communes de Chevrier et une partie de la commune de Dingy-en-Vuache. Si cette dernière est aujourd’hui sans église, ni clocher, ni cloche, la commune de Chevrier conserve son ancienne église, rétrogradée en simple chapelle. A la Révolution, Vulbens absorbe aussi la paroisse de Bans, située sur le territoire de l’actuelle commune plus au nord, au bord du Rhône. Cette paroisse est aujourd’hui presque rayée de la carte, de vastes forêts occupant son territoire, exceptés quelques habitations dispersées sur les hameaux de Bans, Moissey et Cologny. L’église Saint-Maurice de Vulbens apparaît en 1265 dans les écrits de l’Abbaye de Chézery qui prélevait une partie de ses dîmes. On retrouve aussi une mention de la paroisse dans une donation de l’Abbaye de Saint-Maurice, tombeau de son saint patron, en 1026 ! De l’édifice du XVe siècle, il ne reste aujourd’hui que le chœur et la chapelle gauche. Au chevet de l’édifice, il est d’ailleurs encore possible de voir une baie gothique aujourd’hui obstruée. De l’autre côté, un retable représentant saint Maurice d’Agaune accueille le visiteur qui franchit la grande porte.

Le clocher flèche est reconstruit en 1835. Jadis au nord de l’édifice, il fut déplacé au sud du chœur. Pour l’occasion, la sonnerie est elle aussi intégralement refaite. Elle fut confiée à François Bulliod qui venait de reprendre les fours de son mentor, Jean-Baptiste Pitton. C’est ainsi que les deux cloches sont hissées au clocher, datées très précisément du 23 avril 1835. Le nom du curé figure sur les deux cloches : Maurice Peccoux. Sur la première, les noms de Antoine-François Gay, notaire, et de Rose Duc son épouse y figurent comme parrain et marraine. Sur la plus petite, figurait les noms de Jean-Gaspard Gay, curé de Bossey et Madeleine Bussat, sa mère. Figurait… car la cloche est déclarée fêlée en 1938 après un siècle de bons et loyaux services. En 1939, « Marthe-Bernardine » la remplace, avec un poids équivalent. Sur cette cloche, on a pris soin de faire mémoire de la pauvre cloche cassée, de lui donner une inscription religieuse latine lui demandant de « louer le Seigneur, inviter les vivants et pleurer les morts ». Elle cite aussi le curé, le Rd François Dunoyer, puis ses parrain et marraine, Georges et Marthe Gay. Elle cite aussi les maires des trois communes membres de la paroisse : Auguste Rossiaud, maire de Vulbens, Jean Marmilloud, maire de Chevrier et René Vincent, maire de Dingy-en-Vuache. Trouver ces trois édiles n’est pas étonnant quand on sait que les trois municipalités contribuent financièrement à l’entretien de l’édifice. On peut citer par exemple des travaux sur les clocher en 1885, payés par les trois communes : 52% par Vulbens, 25% par Chevrier et 23% par Dingy. D’élégantes effigies trônent sur la cloche de 1939 : un beau crucifix, la Vierge et saint Maurice auxquelles s’ajoutent des armoiries : celles de l’évêque d’Annecy, Mgr du Bois de la Villerabel, ainsi que celles de la fonderie Paccard. Ses décors tranchent avec la sa grande sœur, qui ne compte qu’un modeste crucifix et le discret cartouche de son fondeur. Installées côte à côte, elles sont électrifiées depuis 1953 et disposées sur un beffroi en bois refait en 2010 par Stéphane Cuzin, charpentier de Chevrier, l’ancien menaçant ruines. Ces deux cloches restent muettes en dehors des angélus et célébrations religieuses, la cloche de la mairie étant utilisée pour les sonneries civiles.

Nom Fondeur Année Diamètre (cm) Masse (kg) Note
1 François Bulliod 1835 116 ~920

Mi 3

2 Marthe Bernardine Les fils de G. Paccard 1939 88.5 ~420

La 3

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Comme relaté plus haut, les cloches de l’église Saint-Maurice réservent leurs voix pour les sonneries religieuses. Encore aujourd’hui, les sonneries civiles sont reservées à la cloche municipale située sur le toit de la mairie. Récemment rénové, le bâtiment abrite encore une horloge mécanique en fonctionnement, remontée chaque lundi matin par le cantonnier ! Installée en 1890 par Louis Delphin Odobey de Morez (Jura), elle actionne une cloche légèrement inférieure à 100 kilos qui chante un « fa dièse 4« . Une autre cloche plus petite (une treintaine de kilos) fut livrée pour sonner les temps d’école. Déposée il y a quelques années déjà, elle accueille les visiteurs dans le hall de la mairie, permettant de lire de près sa signature « L. D. Odobey horloger à Morez Jura, 1889 ». A-t-elle été fondue par l’horloger lui-même ? Pas sûr ! Il est en effet réputé qu’il ne fondait pas lui-même ses cloches mais confiait ce travail aux grandes fonderies de l’époque : Burdin, Drouot, Farnier (Dijon)… Qui n’apposait pas leur signature sur les cloches horlogères. La cloche déposée de Vulbens semble prouver que la cloche fut faite par les ateliers Drouot (Nord), comme en témoigne sa calligraphie et ses frises à perles.

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Mes remerciements à :
M. Gérard Giniez, sacristain, pour l’ouverture du clocher de l’église et les sonneries spéciales lors de mes deux visites (2012 et 2024).
M. Michel Brand, pour l’organisation du rendez-vous de 2024 à l’église.
M. Dominique Ernst pour l’accompagnement lors de ma seconde visite à l’église et la mise à disposition d’archives.
M. Florent Benoit, maire, pour l’autorisation d’accéder à l’horloge municipale et M. Ludovic Maillet pour l’accompagnement sur place.

Sources & Liens :
La Salévienne
Bulletin Municipal de Vulbens, 2011
Relevé personnel
Fonds privés