La première mention d’une église à Vers remonte au XIIIè siècle, au même emplacement que l’actuelle. Elle disposait d’un clocher mur avec deux cloches. En 1837, la « tour » devient dangereuse pour les paroissiens, il est donc décidé de la reconstruire. C’est Jean-Louis Ruphy, architecte bien connu dans la région, qui est chargé des travaux. L’église actuelle est édifiée tente ans plus tard, et, contrairement au clocher néo-classique, elle est bâtie dans le style néo-gothique. Elle sera bénie en 1887.
La sonnerie est composé de trois cloches : la première cloche, est la plus récente, ses inscriptions relatent son histoire (parrain, marraine…) et rendent également hommage a tous les enfants de Vers qui ont péri dans la guerre 1914-1918. Elle a été coulée par les fils de G. Paccard en 1934. Les deux plus petites cloches ont été coulées le 2 décembre 1828 par Claude Paccard.
Cloche 1 – Les Fils de G. Paccard, 1934 – 800 kilos – Fa dièse 3
Cloche 2 – Claude Paccard, 1828 – 200 kilos – Do Dièse 4
Un lieu chargé d’histoire
Présilly est une commune de 800 habitants dont la quiétude est très recherchée par une grande partie de travailleurs frontaliers passant quotidiennement la frontière pour se rendre à Genève. Les pentes douces du Mont Sion offrent un magnifique panorama sur la ville helvétique avec en toile de fond le Jura mais aussi sur les belles falaises savoyardes du Salève. Présilly est aussi une commune avec un lourd passé religieux. Les personnes les plus aguerries de l’histoire s’arrêteront déjà sans doutes sur le « Mont Sion », petite montagne reliant les pentes du Salève à celles du Vuache, ou aussi, géographiquement, Annecy et Genève. Le Mont Sion, montagne de Jérusalem, est en effet très importante dans la religion chrétienne. Mais il ne faut probablement pas faire de lien entre ces deux montagnes. Le nom de Sion est en effet très rependu dans la région : la ville de Sion, en Suisse, est la capitale du Valais. Il y avait aussi une commune dénommée Sion près d’Annecy, aujourd’hui partie intégrante de Vallières-sur-Fier. Cette dernière tirerait ce nom de l’époque romaine. Lors de fouilles pour la construction de la nouvelle autoroute, un site romain complet a été découvert à Présilly. Non loin des fouilles a été édifié au XIIème siècle sous le règne du pape Alexandre III la Chartreuse de Pomier. Il s’agit alors du troisième monastère fondé dans le diocèse par cet ordre, toujours en activité et réputé pour sa boisson digestive iséroise. La chartreuse a bénéficié de nombreux appuis pour prospérer, notamment avec la bienveillance des comtes de Genève. Le monastère disparaîtra à la Révolution et ses biens seront dispersés dans les églises alentours. Quelques bâtiments subsistent aujourd’hui et ont accueillis diverses activités avant d’être aujourd’hui destinés à des réceptions ou des séminaires.
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Une paroisse dédiée à saint Clément
N’oublions cependant pas que Présilly est aussi et avant tout une paroisse. Ses fondations sont probablement anciennes car lors de la création de la chartreuse, on rattache l’église de Présilly à celle-ci au grand désespoir du doyenné de Vullionnex qui jouissait jusqu’alors des droits de la paroisse. Cette dernière s’est placée sous la protection de saint Clément, cas unique dans le diocèse d’Annecy. Clément de Rome est selon la tradition le 4ème pape de la chrétienté, mort en martyr jeté dans la mer, une ancre autour du cou. Cette représentation fait d’ailleurs figure dans le chœur de l’église actuelle, au dessus du maître autel. Cette église -parlons en- a été reconstruite au début du XIXème siècle. En 1827, le conseil constate que le bâtiment et tout particulièrement son clocher sont en très mauvais état : les cloches mettaient en péril l’ensemble. Le conseil dissertait au début de réparations, mais l’accroissement de la population pousse les élus à décider sa reconstruction. Cette décision est validée le 2 mai 1835 et la première pierre est solennellement bénie par l’abbé Greffier, curé de Carouge, le 15 juin 1836. Le 13 octobre 1839, Mgr Rey, évêque d’Annecy, procède à la consécration du sanctuaire devant plusieurs prêtres et une assistance nourrie. Le curé raconte dans les registres que même des genevois sont venus prendre part à cette grande cérémonie. L’église aura donc coûté au total 17’120 livres neuves. Une petite partie de la somme provient de dons. On a réutilisé certaines pierres de la chartreuse de Pomier et de l’ancienne église pour construire la nouvelle. Mais lors des travaux, le clocher s’est effondré avant même d’être achevé car mal construit. En 1870 déjà, des fissures apparaissent et des contreforts seront installés en 1880 pour garantir la stabilité du monument. La fresque évoqué plus haut, mettant en avant saint Clément, date de 1936 et en remplacerait au moins une autre. L’église possède en outre deux retables latéraux, dédiés au Sacré-Cœur et à la Vierge Marie.
Une cloche aux origines mystérieuses
La cloche médiane de Présilly comporte les inscriptions suivantes :
IHS MARIA Mre CLAUDE ANTHOINE PALATIN DE DYO COMPTE DE MONTMORT PARRAIN HAVTE &
PVISANTE ELEONOR DAMAS TIENGE SON AYEVLLE PATERNELLE MARRAINE 1 6 5 5
Cette cloche est un véritable mystère ! Seulement datée mais non signée, cette vénérable dame de bronze n’est -pour l’heure- pas inscrite aux monuments historiques, comme le doit l’être toute cloche de sa trempe. Ses deux lignes reproduites ci-dessus devraient nous aider à la comprendre. Et bien non ! Les seules informations qu’on nous donne sont son parrain et sa marraine, Claude-Anthoine Palatin (~1645 – 1722) et sa grand-mère paternelle, Eleonore Damas Tienge. Ces deux personnalités ont été très influentes à leur époque… en Bourgogne ! Plus précisément en actuelle Saône-et-Loire. Ils y possédaient de nombreux titres : Comtes de Montmort, Seigneurs d’Essenlsey, de Rochefort… Mais rien en lien avec nos contrées. Notons bien qu’à l’époque, la Bourgogne et les Pays de Savoie n’avaient plus de rapports entre eux. Un autre barrage à la compréhension de cette cloche est son auteur et une éventuelle dédicace : la cloche n’est pas signée et ne possède qu’en décors le blason de la famille et une simple croix. Il n’est fait aucunement mention d’un saint et d’un lieu. L’inscription « IHS MARIA » (comprendre Jésus et Marie) est commune à de nombreuses cloches à l’époque et n’est en rien un indice. De nombreuses hypothèses émergent :
La cloche a-t-elle vraiment été fondue pour Présilly ? Cette possibilité est peu probable car pourquoi avoir eu comme parrain et marraine deux personnes comtes et seigneurs de terres à plus de 200 kilomètres de là ? La Chartreuse de Pomier, quant à elle, ne possédait que trois cloches (une grosse et deux petites) qui ont été toutes trois envoyées à Carouge. Si les deux plus petites ont purement et simplement disparues, la plus grosse loge encore dans le clocher de l’église Sainte-Croix de cette même cité. Fondue au XVIIème siècle par Christophe Aubry, une majeure de ses inscriptions ont malheureusement été limées dont sa date, comme une tentative de faire « table rase » de son passé présillien. De plus, elle produit exactement la même note de musique que notre mystérieuse cloche (à savoir le « la » du diapason).
La cloche a-t-elle été fondue pour un autre clocher du secteur ? A la Révolution, en Pays de Savoie, très peu de cloches ont été cassées par les Révolutionnaires. Le Concordat n’était même pas signé que les différentes paroisses retournaient au dépôt pour récupérer « leur » cloche(s)… ou plutôt une cloche plus grosse sans se soucier de sa provenance initiale ! C’est ainsi que de nombreuses cloches ont été installées dans un autre clocher, mais au maximum à quelques dizaines de kilomètres de distance… Et cette hypothèse se heurte une nouvelle fois à la présence, en terres savoyardes, de seigneurs bourguignons.
La cloche aurait elle été déplacée ? Et pourquoi ? Comment expliquer un tel voyage ? Et dans quel but ?
Il va de soi que la dernière hypothèse, même si elle semble la plus extraordinaire, reste la plus probable car cette famille n’est à l’époque absolument pas associée à la région. Nous espérons trouver toutefois l’origine véritable de cette cloche avec, vœu pieu, l’explicatif de sa venue ou de la présence des parrain et marraine à Présilly en 1655. Les archives départementales de Saône-et-Loire ont bien voulu -et je les en remercie- creuser le sujet en étudiant les fontes de cloches sur les communes où jadis les seigneurs avaient juridiction : aucun indice laisse supposer la fonte d’une telle cloche.
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Une troisième cloche au clocher Le beffroi en bois est jadis conçu pour deux cloches : celle de 1655 et une autre, plus grosse, fondue en 1859 par les frères Paccard. Cette cloche d’environ 800 kilos bat les heures depuis plus d’un siècle : en témoignent quelques reliques d’un marteau de tintement. L’horloge mécanique, quant à elle, a purement et simplement disparue depuis l’électrification des cloches en 1948. C’est d’ailleurs à cette date qu’a été installée « Marie Josèphe ». Cette cloche d’environ 325 kilos permet d’étoffer les sonneries dans ce petit village. Pour mener à bien le projet, il fallut retravailler le beffroi et déplacer la cloche moyenne. Ce fut chose faite le 12 juillet, signatures sur le beffroi à l’appui. La cloche fut en effet bénite la veille par Mgr Auguste Cesbron, évêque d’Annecy « à la gloire de Notre Dame des Rapes ». Outre son parrain et sa marraine, elle arbore fièrement le nom de deux évêques originaires du diocèse : Mgr Duval, évêque d’Hippone (Algérie), futur cardinal et Mgr Socquet, futur archevêque de Ouagadougou (Burkina-Faso). La cloche « appelle les vivants, pleure les morts et brise la foudre ».
N°
Nom
Fondeur
Année
Diamètre (cm)
Masse (kg)
Note
1
—
Paccard frères
1859
110,3
~800
Fa♯3
2
—
inconnu
1655
86
~350
La 3
3
Marie Josèphe
Fonderie Paccard
1948
80,8
~325
Si 3
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Remerciements : La mairie de Présilly et plus particulièrement son maire, Nicolas Duperret.
M. Claude Mégevand, président de la Salévienne, pour l’organisation de la visite.
Sources & Liens : Mairie de Présilly. Sur le versant du Salève : la chartreuse de Pomier / Abel Jacquet, 1980.
Inventaire de M. Auguste Cahorn, 1888 – Archives diocésaines d’Annecy.
Archives départementales de Haute-Savoie – E-DEPOT 216.
Archives départementales de Saône-et-Loire.
Relevé personnel.
Clichés personnels (sauf mentionné).
L’ancienne église gothique des Franciscains a été construite au XVè siècle sur 30.000 pilotis de mélèze, à cause du terrain très humide. Élevée cathédrale en 1779, elle devient Cathédrale Métropolitaine en 1817. Malmenés à la Révolution, ses décors intérieurs ont été refaits aus XIXè siècle. Il s’agit des plus grands trompe-l’œil d’Europe. Nous pouvons également constater que le clocher a été tronqué d’un étage. Le couvent des Franciscains est visitable, il fait partie intégrante du Musée Savoisien.
Le fin clocher de la cathédrale abrite trois cloches, la plus grosse sonnerait en La2 et pèserait 3.500 kilos (a confirmer!), la deuxième cloche est signée Goussel en 1705, et pèse 1500 kilos. Elle sonne un Do Dièse 3. Ces deux cloches sont accompagnées d’une petite cloche sonnant le La3 et pèsant 400 kilos.
D’abord paroisse indépendante, Viuz est aujourd’hui un hameau faisant partie intégrante de la commune de Faverges. L’église actuelle, bâtie dès le Xè siècle, recèle sous son chœur des vestiges de trois édifices : un premier, une basilique funéraire Romaine, daté du Ier siècle. Au VIe siècle, une première église fut bâtie, elle sera remplacée dès le VIIe siècle par le second édifice religieux catholique, qui cèdera à son tour la place trois siècles plus tard à celui que nous connaissons, malgré de multiples remaniements. Ce monument nous donne une leçon d’architecture a lui seul. En effet, le chœur roman du XIIè siècle est classé au Monuments Historiques, alors que ses stalles en noyer représentent la période baroque (1696). L’esprit néoclassique est bien présent par ses contreforts en façade qui témoignent d’une restauration entre 1827 et 1842.
C’est au dessus du transept que s’élève le fier clocher, doté d’une toiture assez timide. Ce clocher dispose d’un accès inédit: il faut passer derrière l’église, prendre une vielle porte dérobée et emprunter un escalier qui mène au dessus de la sacristie pour accéder au combles, à la « base » du clocher.
Cloche 1 : Claude Paccard en 1841 – 1’100kgs – Mi3
Cloche 2 : Beauquis Frères, date non renseignée – Fa dièse 3
Mes remerciements à M. le Maire ainsi qu’a M. Blampey, sacristain, pour son accueil ainsi qu’a la sonnerie spéciale accordée un dimanche après midi.
La grosse cloche de la cathédrale/Primatiale Saint Jean de Lyon a été coulée en 1622 par Pierre Recordon, elle pèse 7’700 kilos et sonne le La Bémol 2. Cliquez ci dessus, pour découvrir le patrimoine campanaire de la cathédrale.
L’église primitive de Marcellaz remonte au XIe ou au XIIe siècle, à l’époque du ressort monastique. Elle fut utilisée jusqu’en 1625 et connut 5 visites de l’évêque de Genève. En 1625 la seconde église est bâtie perpendiculairement, sur l’emplacement de l’actuelle. Il en subsiste la base du clocher. L’église actuelle a été bâtie en 1842/1843. Agrandie en 1892, elle s’est vu offrir une belle restauration en 1953.
Les mentions des cloches de Marcellaz remontent à 1625, le curé Cohendet bénit l’église ainsi que les cloches. En 1739, la foudre s’abat sur le clocher alors que le sonneur annonçait l’orage, comme était la tradition, la foudre s’abat sur le clocher. La cloche tombe et le pauvre homme meurt écrasé, tué « par le feu du ciel », raconte-t-on. En 1769, une grosse cloche est bénie, mais fut hélas cassée à la Révolution. Aujourd’hui le clocher abrite 4 cloches PACCARD :
Cloche 1 : « Le bourdon » – 1868 – Do Dièse 3 – 1’700 kilos
Cloche 2 : dite « des morts » – 1925 – Fa Dièse 3 – 800 kilos
La trace primitive d’une vie paroissiale remonte à 1099 lorsque le Registre Genevois demande au Prieuré de St-Paul de desservir Maxilly. Il faut savoir qu’en 1536, l’édifice fut le seul « tombé sur le coup » des Bernois en Pays de Gavot, et qu’en 1794 le clocher, ne contenant aucune horloge, fut rasé. L’église actuelle, bâtie en 1828, nous rappelle l’ancien édifice, à nef unique.
Merci à la mairie de Maxilly et à la sacristine pour l’accès au clocher ainsi que pour les sonneries spéciales. Mention à Philippe pour le prêt des photos.
Construite dès 1840, l’église fut bénie le 4 juillet 1847 par Mgr. Rendu, évêque d’Annecy. A l’époque elle était la fierté des paroissiens, mais il fallut encore la meubler. Le retable baroque de l’église primitive fut employé, il abritait deux niches pour deux statues de Saint Nicolas, patron de la paroisse, ainsi que pour St Didier. En 1884, il est parti pour la chapelle de Maraîche, sur cette même commune. Le nouveau retable a été commandé chez M. Magnin à St-Jeoire en Faucigny. Les deux statues, elles, ont pris place sur le nouveau retable. La chaire ainsi que les stalles ont été installés sous le mandat du curé Bosonnet.
Le clocher de l’église est doté de quatre cloches, les doyennes de la sonnerie sont les cloches 2 & 3, coulées par le fondeur Louis Golay à Morges (CH-VD), en 1819. Nous noterons l’arrivée de deux cloches, la plus petite et la plus grande, signées Georges et Francisque Paccard en 1911.
Cloche 1 « Jeanne d’Arc » : 650kg – Sol 3 +6 Cloche 2 « Saint Nicolas » : 335kg – Si Bémol 3 +2 Cloche 3 « Saint Didier » – 200kg – Ré 4 +7 Cloche 4 « Jean Baptiste Viannay » – 75kg – Sol 4 ±0
Mes remerciements à M. Clerc, diacre pour son accord ainsi qu’aux sacristains de l’église pour leur gentillesse et leur disponibilité.
Mentionnée dès 1153, l’église de Thollon se trouvait d’abord dans le Diocèse de Genève, appartenant à l’Abbaye Saint Martin d’Ainay. Elle a ensuite appartenu dès 1193 à la Congrégation du Grand Saint Bernard, confirmée par Edouard de Savoie en 1286. Aujourd’hui l’église de Thollon est un simple édifice paroissial.
Intéressante sonnerie que celle de Thollon. La cloche 3, fondue en 1802 par Dreffet Fils à Genève (François et/ou Barthémy, fils de Jean-Daniel) en est la doyenne. Suit la grosse cloche, coulée en 1828 par Jean-Louis Golay de Morges, en Suisse. En 1895, la fonderie Paccard ajoute trois cloches. La sonnerie forme un charmant accord majeur enrichi d’une quarte, ce qui donne l’impression d’une sonnerie beaucoup plus imposante pour un petit village montagnard.
C’est au cœur du Chablais, entre lac et montagnes, qu’est installé le village de Lugrin. Distants du lac, l’église Saint Pierre et son clocher flèche se distinguent de toute la commune et en particulier depuis la route principale qui relie Genève au canton du Valais (Suisse). De son sommet, un panorama à couper le souffle nous permet de contempler le gigantesque Lac Léman, les villes de Morges, Lausanne, Vevey et Montreux, le tout avec le massif jurassien en toile de fond. De l’autre côté, La Dent Doche et ses 2’221 mètres d’altitude, accompagnés d’un grand nombre de montagnes chablaisiennes, nous offrent leur teinte verte en été tout en se couvrant de leur manteau blanc en hiver.
L’austérité de la tour-clocher contraste nettement avec les couleurs de la façade. Cet édifice néo-classique a été construit entre 1842 et 1844. Il remplace un ancien sanctuaire jadis bâti dans le hameau de la « Vielle-Église » dont subsiste encore aujourd’hui le chœur. Une chapelle était déjà élevée au même emplacement en 892, date à laquelle le comte de Genève la donnait à l’Eglise de Lausanne. Le changement d’emplacement pour le sanctuaire dédié au premier Pape de la chrétienté avait provoqué la fureur des bourgeois et habitants de la Vielle-Église. Ils n’avaient d’ailleurs pas hésité à saboter le chantier de la nouvelle église, remarquable par ses colonnes d’inspiration romaine, le tout dans un plan basilical : une nef, et deux bas côtés.
Les terres chablaisiennes, au fur et à mesure des découvertes, se montrent généreuses en cloches Paccard fondues à Quintal. Ce sont ici trois dames de bronze fondues en 1838 qui logent derrière les abat-sons du clocher de Saint Pierre. A l’oeuvre, les fils d’Antoine Paccard : Claude et Jean-Pierre, représentant la deuxième génération de maîtres-fondeurs. La justesse musicale n’est cependant pas au rendez-vous, mais qu’importe! En effet, la plus petite et la plus grande cloche forment ensemble ce qu’on nomme un « triton » (trois tons), nommé également un temps par l’Eglise accord « du diable ». Ce « demi-octave » reste le moins agréable à l’oreille. Mais comme, malgré les réticences de certains grands musiciens, il est régulièrement couché sur une partition, il peut aussi l’être dans un clocher de temps à autres, afin d’assurer une diversité musicale et d’accentuer les originalités. Il est cependant certain qu’aujourd’hui, avec le progrès et une maîtrise tutoyant la perfection dans la confection de cloches, ces erreurs un tantinet maladroites sont évités.
La plus grande cloche, dédiée à la Vierge Marie, invoque fièrement dans la langue du Vatican le « Gloire à Dieu ». Le Révérend Bergoend, recteur, a parrainé la cloche. La médiane est dédiée « Au grand Saint Pierre », patron de la paroisse. Ces deux grandes cloches, probablement payées par la commune, ont sur leur robe les noms des conseillers et du syndic de l’époque, M. François Pouly, en sus du parrain et de la marraine. La petite cloche, celle des angélus, prie quant à elle pour Saint Jean-Baptiste et Saint François de Sales. Elle a été faite par souscription publique et les noms des donateurs sont inscrits dans les archives, nous dit-elle. Elle nous invite également, en latin, a « exalter le Seigneur » avec elle. Ces trois cloches citent également Charles-Albert Ier, duc de Savoie, et Mgr Rey, évêque d’Annecy, tous deux en fonction à l’époque.
« Faite à Quintal près d’Annecy par Claude et J-Pierre Paccard – 1838 » Cl.1 « Vierge Marie » : 1’500kg, 134cm – Ré 3 -1 Cl.2 « St Pierre » : 800kg, 112cm – Fa Dièse 3 ±0 Cl.3 « Sts Jean-Baptiste et François de Sales » : 500kg, 94cm – Sol Dièse 3 +5
Les trois cloches.
Mes remerciements vont pour mes deux visites à Monsieur Jacques Burnet, maire de Lugrin, pour son aimable autorisation, et à Monsieur Fabien Fernex, sacristain, qui m’a cordialement ouvert la porte de ce beau clocher et mis en branle « ses » différentes cloches.
Enfin, je ne peux oublier de citer mes différents amis passionnés qui m’ont accompagné et/ou m’ont aidé pour élaborer cet article : Mike « Quasimodo », Philippe « Ashitaka », et Matthias Walter, expert-campanologue à Berne (CH).