Lugrin – Eglise Saint Pierre

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C’est au cœur du Chablais, entre lac et montagnes, qu’est installé le village de Lugrin. Distants du lac, l’église Saint Pierre et son clocher flèche se distinguent de toute la commune et en particulier depuis la route principale qui relie Genève au canton du Valais (Suisse). De son sommet, un panorama à couper le souffle nous permet de contempler le gigantesque Lac Léman, les villes de Morges, Lausanne, Vevey et Montreux, le tout avec le massif jurassien en toile de fond. De l’autre côté, La Dent Doche et ses 2’221 mètres d’altitude, accompagnés d’un grand nombre de montagnes chablaisiennes, nous offrent leur teinte verte en été tout en se couvrant de leur manteau blanc en hiver.
L’austérité de la tour-clocher contraste nettement avec les couleurs de la façade. Cet édifice néo-classique a été construit entre 1842 et 1844. Il remplace un ancien sanctuaire jadis bâti dans le hameau de la « Vielle-Église » dont subsiste encore aujourd’hui le chœur. Une chapelle était déjà élevée au même emplacement en 892, date à laquelle le comte de Genève la donnait à l’Eglise de Lausanne. Le changement d’emplacement pour le sanctuaire dédié au premier Pape de la chrétienté avait provoqué la fureur des bourgeois et habitants de la Vielle-Église. Ils n’avaient d’ailleurs pas hésité à saboter le chantier de la nouvelle église, remarquable par ses colonnes d’inspiration romaine, le tout dans un plan basilical : une nef, et deux bas côtés.

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Les terres chablaisiennes, au fur et à mesure des découvertes, se montrent généreuses en cloches Paccard fondues à Quintal. Ce sont ici trois dames de bronze fondues en 1838 qui logent derrière les abat-sons du clocher de Saint Pierre. A l’oeuvre, les fils d’Antoine Paccard : Claude et Jean-Pierre, représentant la deuxième génération de maîtres-fondeurs. La justesse musicale n’est cependant pas au rendez-vous, mais qu’importe! En effet, la plus petite et la plus grande cloche forment ensemble ce qu’on nomme un « triton » (trois tons), nommé également un temps par l’Eglise accord « du diable ». Ce « demi-octave » reste le moins agréable à l’oreille. Mais comme, malgré les réticences de certains grands musiciens, il est régulièrement couché sur une partition, il peut aussi l’être dans un clocher de temps à autres, afin d’assurer une diversité musicale et d’accentuer les originalités. Il est cependant certain qu’aujourd’hui, avec le progrès et une maîtrise tutoyant la perfection dans la confection de cloches, ces erreurs un tantinet maladroites sont évités.
La plus grande cloche, dédiée à la Vierge Marie, invoque fièrement dans la langue du Vatican le « Gloire à Dieu ». Le Révérend Bergoend, recteur, a parrainé la cloche. La médiane est dédiée « Au grand Saint Pierre », patron de la paroisse. Ces deux grandes cloches, probablement payées par la commune, ont sur leur robe les noms des conseillers et du syndic de l’époque, M. François Pouly, en sus du parrain et de la marraine. La petite cloche, celle des angélus, prie quant à elle pour Saint Jean-Baptiste et Saint François de Sales. Elle a été faite par souscription publique et les noms des donateurs sont inscrits dans les archives, nous dit-elle. Elle nous invite également, en latin, a « exalter le Seigneur » avec elle. Ces trois cloches citent également Charles-Albert Ier, duc de Savoie, et Mgr Rey, évêque d’Annecy, tous deux en fonction à l’époque.

« Faite à Quintal près d’Annecy par Claude et J-Pierre Paccard – 1838 »
Cl.1 « Vierge Marie » : 1’500kg, 134cm – Ré 3 -1
Cl.2 « St Pierre » : 800kg, 112cm – Fa Dièse 3 ±0
Cl.3 « Sts Jean-Baptiste et François de Sales » : 500kg, 94cm – Sol Dièse 3 +5

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Les trois cloches.
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Mes remerciements vont pour mes deux visites à Monsieur Jacques Burnet, maire de Lugrin, pour son aimable autorisation, et à Monsieur Fabien Fernex, sacristain, qui m’a cordialement ouvert la porte de ce beau clocher et mis en branle « ses » différentes cloches.
Enfin, je ne peux oublier de citer mes différents amis passionnés qui m’ont accompagné et/ou m’ont aidé pour élaborer cet article : Mike « Quasimodo », Philippe « Ashitaka », et Matthias Walter, expert-campanologue à Berne (CH).

Sources :
Lugrin
Eglise de Lugrin sur Wikipédia
Lugrin sur Wikipédia

Voir aussi :
Paroisse Saint André d’Évian-les-Bains

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