Annecy – Eglise Notre-Dame-de-l’Assomption (Balmont)

À l’extrémité sud-ouest d’Annecy, Balmont conserve encore aujourd’hui l’aspect d’un petit village rural, bien différent de l’image habituellement associée à la ville d’Annecy. Sa première mention connue remonte à 867, faisant de Balmont un territoire à l’histoire particulièrement ancienne. Situé à environ 11 kilomètres du centre-ville, il constitue aujourd’hui le secteur le plus éloigné de la commune nouvelle. Installé sur les contreforts du Semnoz, le village s’est développé dans un environnement essentiellement agricole. Il s’organise historiquement autour de six hameaux et possédait jadis également plusieurs demeures seigneuriales, parmi lesquelles les châteaux de Méclaz et d’Orlier. Balmont fut longtemps une commune indépendante. En 1973, elle est rattachée à Seynod dans le cadre d’une fusion-association. La fusion devient définitive à la fin des années 1990. Puis, le 1er janvier 2017, Seynod rejoint Annecy avec les autres communes de la nouvelle commune d’Annecy. Malgré ces changements administratifs successifs, Balmont a conservé une identité propre. Fermes, maisons rurales et espaces agricoles témoignent encore de son passé, dans un secteur resté largement préservé de l’urbanisation.

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L’église Notre-Dame-de-l’Assomption, parfois donnée à tort sous le vocable de Sainte-Agathe, a été consacrée le 18 avril 1869. Elle est alors le fruit de la reconstruction de l’église, venant clore un chapitre difficile pour les paroissiens : la disparition de la paroisse à la Révolution. En effet, de la Restauration à 1864, la paroisse fut supprimée. Ce sont les curés de Quintal (1801-1813, puis 1825-1864) et de Viuz-la-Chiesaz (1813-1825) qui eurent alors juridiction spirituelle sur Balmont. Cela ne signifie toutefois pas que les paroissiens laissèrent leur église dépérir, celle-ci bénéficiant toujours de quelques travaux d’entretien. Avant la Révolution, l’église de Balmont était bel et bien le centre de la paroisse, régulièrement visitée par les évêques de Genève, dont elle dépendait alors. En remontant le temps, on constate que la paroisse fut érigée en 1277, faisant suite à une chapelle castrale desservie par les chanoines de Notre-Dame-de-Liesse d’Annecy, qui conservèrent toutefois le « droit de présentation » après cette élévation. L’église primitive possédait une chapelle dédiée à saint Jean-Baptiste, patron des Templiers. On suppose d’ailleurs que ces derniers pourraient être à l’origine de l’érection du premier lieu de culte à Balmont. Cet édifice primitif fut entretenu, bon an mal an, et traversa les siècles, y compris lorsque l’église devint une simple chapelle dépendant de Quintal puis de Viuz. Le retour en grâce de Balmont, et avec lui celui d’un curé, se manifesta par l’érection d’un nouvel édifice religieux, consacré cinq ans plus tard. C’est l’église que nous connaissons aujourd’hui : une simple nef néogothique prolongée par un clocher-porche, achevé par une flèche élancée, tandis qu’une sacristie accompagne le chœur sur son côté gauche. Une souscription faite en 1889 permettra l’ajout du maître-autel par le sculpteur Gianina d’Annecy. Ce dernier fut malheureusement remplacé par un simple autel face au peuple en 1969 après le Concile Vatican II. Le clocher sera achevé et le couvert de l’église sera refait en 1901. Les premiers travaux seront à la charge de la commune, tandis que les seconds offertes par les pères Chartreux.

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Derrière les abat-sons du clocher, deux petites cloches se chargent d’annoncer les bonnes comme les mauvaises nouvelles aux habitants de Balmont. Fondues le 25 janvier 1901 à Annecy-le-Vieux par les frères Georges et Francisque Paccard, elles furent en partie financées par une souscription des habitants, qui permit de couvrir plus de la moitié de la dépense, soit 886 francs. Les deux cloches furent facturées au prix de 4 francs le kilogramme de bronze. L’abbé Moccand, vicaire général, les bénit le 14 avril suivant, alors que le clocher était encore en plein travaux. Ces deux cloches viennent alors remplacer une seule cloche. Pour en retrouver deux à Balmont, il faut remonter à l’Ancien Régime. À la Révolution, l’une d’elles fut confisquée, conformément à l’usage qui consistait à ne conserver qu’une seule cloche dans les églises, destinée à sonner les assemblées civiles et les tocsins. Le clocher, quant à lui, ne fut pas décapité : situé au milieu de la nef, il dépassait à peine de la toiture de l’église. Les cloches refirent parler d’elles en 1889 — ou plutôt la cloche. Celle de Balmont s’étant fêlée, l’ancien fondeur Beauquis, de Quintal, en prêta une autre, d’une valeur de 300 francs. Mais en 1895, cette cloche se fêla à son tour. Beauquis proposa alors un échange : les deux cloches cassées, représentant environ 110 kilogrammes de bronze, contre une nouvelle cloche de 72 kilogrammes. Le conseil approuva alors cette proposition, dans l’attente d’une meilleure solution : une sonnerie flambant neuve à l’aube de 1901.

La plus grosse cloche, Ernest-Jeanne, porte sur sa robe la maxime traditionnelle, en latin : « Je loue le vrai Dieu, j’appelle le peuple, je rassemble le clergé, je pleure les défunts, je chasse le nuage, j’embellis les fêtes. » Viennent ensuite son nom, ainsi que ceux de son parrain, Ernest Chambet, et de sa marraine, Jeannette Longeret. Le nom du maire, Antoine Garcin, figure également sur la cloche. Plusieurs décors viennent compléter cet ensemble : un crucifix, une Vierge à l’Enfant, ainsi que les représentations de saint Georges et de saint François de Sales.

La plus petite cloche, Théodore-Joséphine, porte quant à elle une autre maxime, tirée du psaume 33 : « Goûtez et voyez combien le Seigneur est bon ; heureux l’homme qui espère en lui. » Vient ensuite son nom. Elle a pour parrain le curé Théodore Frossard et pour marraine Joséphine Travers. Comme sur sa consœur, les noms du curé et du maire sont également inscrits. Son décor est particulièrement riche : un crucifix, une représentation du Bon Pasteur, saint Joseph et l’Enfant Jésus, ainsi que les trois vertus théologales — la foi, l’espérance et la charité — symbolisées respectivement par la croix, l’ancre et le cœur.

Les deux cloches sont alors portées par un beffroi en bois, refait spécialement pour leur installation et dont l’architecture est typique des beffrois réalisés par les établissements G. & F. Paccard. Si les cloches ont conservé leurs battants d’origine, elles ont malheureusement perdu, probablement lors de leur électrification, leurs jougs en bois, remplacés par des supports en acier. Les cloches accompagnent aujourd’hui les célébrations qui ont lieu dans l’église : messes, baptêmes, mariages et sépultures. Elles rythment également la journée au son des Angélus du matin, du midi et du soir. Les sonneries horaires, introduites avec l’électrification, ont quant à elles été supprimées récemment, à la suite d’une consultation des riverains.

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N° Nom Diamètre
(cm)
Masse
(kg)
Note
1 Ernest-Jeanne 74,8 264 Do 4
2 Théodore-Joséphine 64 134 Mi 4
Georges & Francisque Paccard, fondeurs à Annecy-le-Vieux, 1901

Remerciements :
M. Michel Roubillot, sacristain, pour l’accès au clocher et les sonneries spéciales.
M. Christian Regat, vice-président des Amis du Vieil Annecy, pour l’organisation de la rencontre.
Mes amis Claude-Michaël Mevs et Paul-Elie Rose pour l’aide apportée à la réalisation du reportage.

Sources & Liens :
Annecy
Balmont
Monographie de Balmont-en-Genevois, chanoine François Coutin dans Mémoires et Documents de l’Académie Salésienne, tomes 62-64, 1945-1948.
Fonds privés
Relevé sur site

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