Annecy – Eglise Saint Bernadette

3081970981

Bâtie en 1964-1965, l’église Sainte Bernadette est visible de tout le quartier, avec son clocher élancé tel un silo en béton. Son architecture, alliant beauté, simplicité et art contemporain, offre un certain recueillement, ce qui lui vaut encore aujourd’hui une grande assemblée lors des offices.

Les trois cloches de l’église ont été fondues à la fin du XXe siècle par Paccard. Elles sonnent le Ré bémol, Mi bémol et Fa (octave 4). Elles pèsent entre 250 et 100 kilos.

4259016286

Meythet – Eglise Saint Paul

De petit village à ville-préfecture
Ancienne commune de Haute-Savoie, Meythet est depuis 2017 une commune déléguée d’Annecy, intégrée lors de la grande fusion de six communes qui a alors doublé la population de la ville nouvelle. Forte de ses huit mille habitants, Meythet fut longtemps un simple bourg de quelques centaines d’âmes jusqu’au milieu du XXe siècle, avant de connaître une expansion spectaculaire. Son nom proviendrait soit du latin mansus, soit du gaulois maes, évoquant un champ ou une maison. Le territoire s’étend en rive droite du Fier, sur un plateau relativement plat qui favorisera alors les exploitations agricoles. Ce site s’est révélé propice à l’urbanisation… et à l’édification d’une paroisse.

De Saint Martin à Saint Paul
L’église Saint-Paul de Meythet fut consacrée en 1998. Elle est, à ce jour, la plus récente du diocèse d’Annecy et donc du département de la Haute-Savoie. Pour autant, les choses ne sont pas si simples. Si, en termes strictement factuels, cette église est bien la dernière-née, elle constitue surtout, d’un point de vue symbolique, un retour aux sources pour cette ancienne commune. En effet, en remontant les siècles, on découvre l’existence d’une ancienne paroisse placée sous le vocable de saint Martin de Tours. Quant à son origine, elle demeure difficile à établir, comme c’est le cas pour nombre de paroisses anciennes. Un document conservé aux Archives du Vatican mentionne néanmoins qu’un chapelain de “Maytez” percevait chaque année un revenu d’une livre et d’un sol. L’ancienne église subit au fil du temps de nombreuses péripéties, notamment en raison de son exposition aux crues du Fier. Les paroissiens avaient bien tenté de se prémunir de ces débordements en édifiant des digues, mais celles-ci se révélèrent parfois insuffisantes. Au début du XVIIIᵉ siècle, l’idée de déplacer l’église vers un site plus sûr fut envisagée, mais elle ne se concrétisa jamais. La Révolution française porta un coup fatal au sanctuaire : dépouillée et malmenée, l’église ne s’en releva pas. Le renouveau religieux du début du XIXᵉ siècle ne fut pas favorable à Meythet, contrainte de se rattacher à Épagny pour les affaires spirituelles. L’église de Meythet fut alors désacralisée. Vendue en 1831, elle devint une grange avant de disparaître peu après. Quelques décennies plus tard, Meythet se tourna vers Gevrier. L’érection d’une nouvelle paroisse en 1869, au bord du Fier entre Meythet et Gevrier, attira vivement l’attention des autorités. Après de longues tractations, Meythet fut rattachée à cette paroisse dite des Forges en 1873. Cette union ne devait toutefois pas être définitive. En 1964, Mgr Jean Sauvage, évêque d’Annecy, érigea de nouveau la paroisse de Meythet. Saint Martin demeura à Tours : on lui préféra l’apôtre Paul de Tarse. Une chapelle provisoire fut alors construite à Meythet, mais l’église paroissiale resta celle de l’Annonciation, édifiée un siècle plus tôt par les Forges de Cran-Gevrier.

Ce diaporama nécessite JavaScript.

L’église la plus récente du diocèse
Mais cette chapelle provisoire, simple bâtiment fonctionnel orné d’une croix, n’avait pas vocation à durer. Au bout de vingt-cinq ans d’existence de la paroisse, l’idée de la construction d’une nouvelle église est relancée. Cette fois-ci, le projet progresse concrètement : un comité se constitue autour de l’architecte retenu, Jacques Hergott, le tout avec la bénédiction de l’évêque d’Annecy. Dès 1989, le projet évolue et, en moins d’une décennie, il devient réalité. Pour en assurer le financement, de nombreux leviers sont actionnés : vente de terrains paroissiaux, souscriptions, mais aussi organisation d’événements dédiés. En 1995, le permis de construire est accordé et, en 1996, Mgr Hubert Barbier, évêque d’Annecy, pose et bénit la première pierre d’une nouvelle église pour son diocèse. À Pâques 1998, les paroissiens prennent congé de leur chapelle provisoire avant d’entrer pour la première fois dans leur nouvelle église, qui sera consacrée le 11 octobre de la même année. En franchissant le seuil de l’édifice, le visiteur découvre une magnifique fresque du Christ ressuscité, œuvre de l’artiste Arcabas. Construite en béton, l’église de Meythet permet une disposition que nombre d’églises plus anciennes ne pouvaient offrir : un vaste espace intérieur sans aucun pilier porteur. Seules douze petites colonnes, évoquant les apôtres, prennent place dans le monument. Elles entourent les bancs de la nef et le chœur, comme pour enlacer prêtres et fidèles. La plupart d’entre elles ne sont d’ailleurs pas porteuses et relèvent d’un choix purement symbolique. Dans le narthex subsiste toutefois le baptistère de l’église Saint-Martin, unique vestige de cet ancien édifice jadis situé non loin de là, qui accueillait autrefois les prières des quelques feux composant ce village rural, devenu aujourd’hui commune déléguée de la préfecture de la Haute-Savoie.

Une cloche plus ancienne
Le campanile voisin de l’église ne faisait pas partie du projet initial. Il put toutefois voir le jour grâce aux excédents financiers dégagés lors de la construction. Cette tour abrite une imposante cloche, un petit carillon et une horloge, le tout surmonté d’une croix, élément incontournable de tout clocher. L’ouvrage, composé de deux ailes de béton reliées par quelques dalles, est d’un accès peu aisé ; heureusement, des archives et relevés complets en documentent l’intérieur, même si l’auteur n’a pas résisté à l’envie d’y monter afin de compléter les inventaires photographiques. La cloche principale mérite une attention particulière. Nommée Georgine-Augustine, elle pèse 892 kg et date de 1898, soit près d’un siècle avant la consécration de l’église de Meythet. Cette apparente anomalie s’explique par son origine : elle provient de l’église des Forges, dite première église de l’Annonciation. Érigée en 1869 par l’entreprise des Forges de Cran, celle-ci fut d’abord dotée d’une cloche de 350 kg, qui se fendit en 1898. La fabrique de Gevrier décida alors de son remplacement, la paroisse ayant grandi avec l’annexion de Meythet. Les frères Georges et Francisque Paccard proposèrent deux projets : une cloche d’une tonne ou une autre de 840 kg, le métal de l’ancienne étant déduit du coût. C’est cette seconde option qui fut retenue. Meythet participa à hauteur de 250 francs, la commune de Gevrier compléta le financement et une souscription paroissiale couvrit le solde. L’inscription de la cloche rappelle sa vocation première : appeler les fidèles à l’église, « un jour passé dans la maison du Seigneur valant mieux que mille années dans le siècle », et mentionne parrain, marraine, curé et maires des deux communes. En 1911, une seconde cloche, Joséphine-Antoinie, de 461 kg, fut ajoutée. Cette cloche indique d’ailleurs qu’elle répond à sa grande sœur. Lorsque l’église des Forges fut désacralisée en 1994, à la suite de la construction d’une nouvelle église de l’Annonciation à Cran-Gevrier, les deux cloches furent descendues. La petite resta à Cran-Gevrier, tandis que la grande fut confiée à la paroisse de Meythet, alors en pleine gestation de son église. Après trois années d’attente, Georgine-Augustine fut hissée dans le campanile en 1997. Autrefois compagnes de clocher, aujourd’hui séparées d’environ 1 500 mètres, il arrive encore qu’elles sonnent de concert, au gré des vents.

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Un carillon pour le nouveau millénaire
Mais les affaires campanaires ne s’arrêtent pas là à Meythet. À l’aube du nouveau millénaire, le curé bâtisseur Daniel Barrel projette l’installation d’un petit carillon au sommet du campanile. Douze cloches sont d’abord envisagées ; ce seront finalement dix-sept cloches qui seront fondues à Sévrier le 19 octobre 2000, puis installées le 24 novembre suivant. Pesant entre 115 et 22 kg, elles couvrent un peu plus d’une octave, du sol⁴ au do⁶, selon une gamme chromatique privée du premier la bémol. Cet ensemble permet l’exécution de diverses mélodies, au gré des baptêmes, des mariages ou simplement du temps qui passe. Le prêtre bâtisseur n’hésita d’ailleurs pas à composer lui-même plusieurs airs, encore joués aujourd’hui depuis le sommet du campanile. Chaque cloche porte en inscription sa note musicale, la signature du fondeur, le nom de la paroisse ainsi que la mention « Jubilé An 2000 », accompagnée du logo de l’événement — à l’exception des six plus petites, qui n’en portent que le texte. Les quatre cloches les plus imposantes reçoivent en outre des inscriptions inspirées du psaume 150 : « Daniel Barrel, curé » ; « Cordes, flûtes et harpes, jouez pour le Seigneur ! » ; « Cors, hautbois et cymbales, résonnez pour le Seigneur ! » ; « Trompettes, orgues et cloches, sonnez pour le Seigneur ! ». L’horloge qui complète le clocher résulte quant à elle d’une volonté municipale, pleinement partagée par les autorités religieuses. Ainsi, à Meythet, entre la grande cloche, le carillon et le cadran, il est aujourd’hui difficile d’y voir midi à quatorze heures !

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Des cloches oubliées…
L’église Saint-Martin de Meythet abritait elle aussi des cloches. Si leur histoire demeure très mal connue, elle est toutefois bien documentée pour les années de la Révolution. Au nombre de deux, elles pesaient respectivement 120 et 132 livres d’Annecy. Descendues toutes deux en 1794 afin d’être amenées à Annecy, place de la Liberté, leur destin semblait alors scellé : elles allaient être détruites, comme des milliers d’autres en France, et transformées en matière première pour la fabrication de canons et de monnaie. Quelques mois plus tard, Meythet put toutefois récupérer ses cloches… mais la plus lourde avait déjà été détruite. Afin de pallier ce manque, une cloche de 183 livres, provenant d’Annecy — sans que l’on connaisse l’édifice d’origine — fut alors attribuée à Meythet. Or, comme nous l’avons vu plus haut, Meythet ne redevint pas une paroisse autonome et l’église fut finalement détruite. Que sont alors devenues ces deux cloches ? Deux hypothèses s’affrontent. La plus probable est celle d’un transfert vers Épagny, voyage sans retour. On peut aisément imaginer que les cloches y furent ensuite refondues pour en réaliser de plus grandes. La seconde hypothèse suppose qu’elles soient restées dans l’église en ruines et qu’elles aient été vendues avec l’édifice en 1831. Toutefois, il était très rare que des cloches — airain sacré et objet de valeur — aient été laissées dans un édifice désacralisé au devenir incertain.

Nom Fondeur Année Diamètre (cm) Masse (kg) Note
1 Georgine-Augustine G&F Paccard 1898 115 892 Fa 3
Carillon Fonderie Paccard 2000 Total : 877 Sol4…Do6

Mes remerciements à :
M. Christophe Mugnier, référent paroissial de Meythet, pour l’accès au clocher et les sonneries spéciales.
M. Christian Regat, historien spécialiste des Savoie et -entre autres- vice-président des Amis du Vieil Annecy, pour l’organisation de cette visite.
Mes amis Claude-Michaël Mevs, Dominique Fatton, Arthur Auger et Paul-Elie Rose pour la contribution à ce reportage.

Sources & Liens :
Barrel, Daniel. Dans la lumière du Ressuscité : Église Saint-Paul de Meythet. Paris : Bayard, 2005.
Archives paroissiales de Meythet
Archives communales de Cran-Gevrier
Archives communales de Meythet
Paroisse Saint-Luc entre Fier et Mandallaz
Les Amis du Vieil Annecy
Relevé sur site
Fonds privés
Clichés personnels

Cranves-Sales – Eglise Saint Jean-Baptiste

P1020218

Cranves-Sales est aujourd’hui le fruit de deux paroisses qui ont fusionné il y a plus de deux siècles, au lendemain du Condordat. L’église de Cranves, actuelle église paroissiale, remonte au XIIIème siècle (clocher). Placée dès l’origine sous le vocable de Notre Dame, elle est aujourd’hui protégée par Saint Jean-Baptiste. L’église de Sales, rendue à la vie civile, était vouée à Saint Férréol et Saint Fergeux.
Le clocher de l’église de Cranves-Sales a été décapité lors de la Révolution. Son bulbe a été refait au cours du XIXe siècle. L’église est remaniée en 1890. L’ancien chœur était à l’emplacement de l’actuelle sacristie. Le transept réutilise la nef tandis qu’une nouvelle a été bâtie perpendiculairement. En 1957, les fresque du chœur ont été dessinés sous le pinceau de Nicolas Grechny. L’église a profité d’une dernière cure de jouvence en 2008.

La grande cloche, signée Claude et Jean-Pierre Paccard (deuxième génération) fut financée par souscription. La plus petite cloche, datée de 1883, est une refonte d’une ancienne cloche. Nous avons aucune information sur cette dernière. La même année, une horloge fut installée dans le clocher.

Cloche 1 : Paccard Claude & Jean-Pierre, 1838 – 950 kilos – Fa3 +3
Cloche 2 « Pauline » : Gustave Tréboux, 1883 – 450 kilos – La3 -4

P1000037
Détails de la petite cloche signée Gustave Tréboux.

P1000066 P1000048

Sincères remerciements à M. le Maire de Cranves-Sales et son équipe pour les autorisations, M. Guérini pour les démarches et à M. Thomasson, sacristain, pour son accueil et sa gentillesse.

P1000073

Reignier-Esery – Eglise Saint Martin

P1000116

L’église Saint Martin de Reignier a été bâtie de 1843 à 1845 dans un style néoclassique sarde de type ‘halle’. Consacrée en 1846, ses dimensions sont à la hauteur de la commune. La tour-clocher est édifiée en 1868, pour un prix supérieur à celui de l’église.

Cloche 1 : Frères Paccard, 1866 – 2’068 kilos – Do Dièse 3

Cloche 2 : JD & B Dreffet, 1807 – 1’100 kilos – Mi3

Cloche 3 : Les Fils de G. Paccard, 1919 – 535 kilos – Sol Dièse 3

P1000151

P1000126 P1030659 P1000129

P1030646 P1030639 P1000125

Un grand merci à M. Shaer pour l’accès au clocher et les sonneries spéciales.

Annemasse – Eglise Saint-Joseph

Pour ce nouvel article, je vous propose un rendez-vous à Annemasse. Un clocher que je connais depuis longtemps : c’est ici que j’ai été baptisé ! Annemasse est aujourd’hui l’une des communes plus peuplées du département après Annecy et Thonon-les-Bains. Le développement rapide du siècle dernier fait que d’Annemasse, nous pouvons rejoindre Genève (et même l’Ain) sans quitter la ville ! Annemasse compte 35’000 habitants… et 10x plus pour son aire urbaine ! Pourtant, la ville actuelle est restée longtemps rurale. D’abord installée près de l’Arve, elle s’est étendue progressivement. La première étape fut l’arrivée du chemin de fer et de la gare. C’est sur cette ligne dite « du Tonkin » que continuent de passer les interminables wagons remplis d’eau Evian. Après la Première Guerre, Annemasse connaît un accroissement énorme de la population. Une seconde église sera bâtie pour suppléer à l’église historique. La ville n’a jamais cessée de grandir depuis. Actuellement, le tramway qui reliait Annemasse à la Suisse entre 1921 et 1959 est en cours de reconstruction pour une mise en service fin 2019.

Avec le développement de la ville, il faut prévoir une seconde paroisse : l’excentricité de l’église Saint-André (qui dessert aussi Etrembières et Ambilly) devient un problème car la ville s’en éloigne petit à petit. En 1938, un appel d’offre est passé par la nouvelle paroisse pour construire une grande église sur un terrain rectangulaire entre l’Avenue Jules Ferry et la rue Madame Fleutet, sur un terrain triangulaire. Le moine bénédictin Don Bellot est retenu. Il est auteur de plusieurs sanctuaires en Europe ou en Canada. Dans la région, on retiendra de lui la Basilique Saint-Joseph d’Annecy (Les Fins) qui lui est similaire. Le terrain a été acquis en 1940 et le chantier débute le 19 mars de la même année, jour de la saint Joseph, patron de la nouvelle église. Le défi de l’époque était non seulement l’utilisation de béton armé (matériau nouveau) mais aussi de trouver la matière première, en raison de la guerre. Notons que les pierres extérieures au monument proviennent de la carrière Montessuit sur le Salève (à quelques kilomètres de là). Le 31 mars 1946, la nouvelle église est inaugurée. Décédé en 1944, le moine-architecte n’a pas pu voir son oeuvre achevée. A l’intérieur, l’usage de béton armé laisse des grands espaces avec une absence remarquable de piliers. La coupole amplifie cette impression. Entre 1987 et 1998, l’église est profondément restaurée pour son cinquantenaire : toiture, chauffage ou encore la décoration sont au cœur des discussions. Pour ce dernier point, les travaux seront confiés à M. Philippe Kaeppelin, qui a aussi travaillé à Saint-André. En tribune, un orgue trois claviers prend place depuis peu. En provenance de Mons en Belgique, il a été racheté d’occasion grâce à un mécénat mené par l’association « les Orgues Annemassiennes » et installé fin 2011. Dès lors, des concerts sont proposés en plus de son utilisation cultuelle, pour permettre de mieux profiter de cet instrument.

Le clocher n’est hélas pas conforme aux plans de Dom Bellot : la longue flèche prévue n’a jamais vue le jour. Le manque de moyens prédomine pour cet inachèvement. En gravissant la tour, il semble se confirmer : sur les deux cloches présentes dans ce vaste espace, une seule sonne aujourd’hui. En arrivant au 2ème étage (le 0 correspondant au porche, et le 1er à l’arrière de la tribune) on constate qu’une modeste cloche est installée sur un beffroi en acier. D’un poids d’environ 200 kilos, elle porte un nom « Joséphine Marguerite » et une inscription vouée à saint Joseph, patron de la paroisse. Problème : elle n’est pas datée. Un blason épiscopal se trouve sur le côté, symétrique au blason de ses créateurs : la fonderie Paccard. Mais il ne corrobore pas avec les blasons des évêques d’Annecy du XXe siècle (NN. SS. Campistron, Du Bois de la Villerabel et Cesbron). Par ailleurs, Annemasse n’a semble-t-il jamais donné d’évêque à l’Eglise. Les quelques indices du blason laissent toutefois entendre que le prélat était des environs, car il représente entre autres une croix savoyarde. Une dernière théorie est envisagée : une cloche pour un autre clocher, rachetée d’occasion par la paroisse. Quoi qu’il en soit, elle a servi dans un premier temps, avant une sonnerie plus grande et plus puissante.
Le sommet du clocher se mérite : il faut emprunter une échelle d’environ 10 mètres, sans aucun palier ! Une gigantesque salle s’offre à nous, offrant un point de vue unique sur cette ville et ses environs. Au centre, sur un modeste beffroi métallique, l’actuelle cloche titulaire est installée, prête à sonner. Elle aussi n’est pas assez bavarde à notre goût. Seule sa date et son auteur sont mentionnés en relief : la fonderie Paccard d’Annecy-le-Vieux et 1977. La cloche ne possède aucun motif religieux. Seul un bouquet floral sur une face avec en dessous, semi effacé « Gabriel ». De l’autre côté, une phrase de trois mots est presque intégralement supprimée, elle aussi. On peut distinguer le mot final « ana ». Cette cloche d’une tonne possède quand même, gravé timidement, la mention de son actuel lieu d’installation « Paroisse St-Joseph Annemasse ». Là aussi, pourrions-nous parler d’un réemploi ? Probablement une cloche réalisée pour un autre lieu que l’actuel. Dernier questionnement : la petite cloche devait-elle la rejoindre ? Un emplacement est encore vide aujourd’hui, au-dessus de cette grande cloche. Pourrions-nous espérer à l’avenir un ensemble plus conséquent pour un des plus grands édifices du diocèse ?

Nom Fondeur Année Masse (kg)

Note

1

Gabriel ? Paccard 1977 1100 Mi3
2 Joséphine-Marguerite Fils de G. Paccard 19.. 200

ré4

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Mes remerciements pour cette visite du clocher au père Pierre Marmilloud, curé de la paroisse Saint-Benoît-des-Nations d’Annemasse. Une visite émouvante car c’est en ces lieux que j’ai reçu le sacrement du baptême… probablement que les cloches (ou la cloche!) ont sonné !

Sources & liens :
Annemasse
Eglise Saint-Joseph Annemasse
Paroisse Annemasse
Clichés personnels
Fonds privés

Thyez – Eglise Saint Théodule

P1000404

L’église de Thyez, déjà attestée en 1083, aurait été érigée à l’emplacement d’un temple dédié à Mars. Près de l’édifice passait une voie romaine et se dressaient quelques habitats alignés. Une pierre de cette époque sur le parvis  nous le rappelle. Le clocher porche aux murs épais est percé en son sommet par des baies romanes. Son clocheton, quant à lui est ouvert par des baies géminées munies d’abats-son. Depuis la dernière restauration, l’église est plafonnée, sans voûte.

I – Sacré Coeur – 900 kilos – 110cm de diamètre. Paccard en 1887 – Fa3

II – La Thylonn » – 620 kilos – 101cm de diamètre – Paccard en 2000 – Sol3

III – Marie Louise – 450 kilos – 89cm de diamètre – Paccard en 1899 -La3

IV – Vierge Marie – 380 kilos – 93cm de diamètre – Guillaume Fribor en 1473 – Si Bémol 3

V –  Saint Bruno – 275 kilos – 74cm de diamètre – Paccard en 1887 – Do4

VI  – Thérèse – 180 kilos – 65cm de diamètre – Paccard en 1899 – Ré4

VII – Caroline Françoise – 145 kilos – 58 cm de diamètre – Paccard en 1899 – Mi4

VIII – Saint François de Sales – 110 kilos – 55 cm de diamètre – Paccard en 1887 – Fa4

P1000357

P1000368 P1000358 P1000370 P1000378 P1000389 P1000392 P1000360 P1000390 P1000382 P1000359

Remerciements à la mairie de Thyez, M. Vuagnat pour l’accueil. Mention spéciale à Gideon Bodden, pour la prise de son et amitiés à Anthony Gerfaud, organiste à Megève, sonneur au pied levé.

Servoz – Eglise Saint Loup

EGLISE

C’est en 1471 qu’a été entreprise la construction de l’actuelle église de Servoz, sur le hameau du Bouchet, en remplacement de l’ancienne église Notre-Dame du Lac, située dans le quartier du Lac, et jadis sous la juridiction de Chamonix Mont-Blanc. Placée autrefois sous le vocable de Marie, l’église St Loup doit son nom à la présence de reliques de l’Évêque de Troyes au XVe siècle. Le sanctuaire est en fait venu agrandir l’ancienne chapelle du château de La Tour, qui forme aujourd’hui le chœur de notre église. Celle-ci a été agrandie en 1537, remaniée en 1697, et consacrée en 1707 par Mgr de Bernex, évêque de Genève. Le clocher, restauré il y a quelques années, date de 1745. Son bulbe baroque est en parfaite harmonie avec la façade de l’église et le retable dans le chœur. Il est à noter que c’est depuis la construction de l’église que le Bouchet est devenu chef-lieu de la commune.

Le beffroi portait jadis 4 cloches. En 1817, Louis Gautier, originaire de Briançon fond trois cloches. En 1892, la paroisse passe commande d’une cloche chez les frères Paccard d’Annecy le Vieux. En 1957, une nouvelle cloche est installée. Elle remplace les deux petites cloches de 1817 toutes deux fêlées.

Cloche 1 : Louis Gautier, 1817, 95cm, 550 kilos – Sol Dièse 3 +1
Cloche 2 « Marie » : G&F Paccard, 1892 – 79cm – 300 kilos – Si 3 +7
Cloche 3 « Marie Jeanne » : Paccard, 1957 – 71cm – 275 kilos – Do Dièse 4 +4

P1120280
P1120289 P1120290 P1120291 P1050767

Un grand merci a Jean-Pierre Roseren, sacristain et conseiller municipal pour son accueil et sa disponibilité.

Mégevette – Eglise Saint Nicolas

P1010445D’abord dépendante de l’Abbaye d’Aulps, la première église de la paroisse de Mégevette date du Xe siècle. L’ancien édifice, devenu trop vétuste, a été remplacé entre 1872 et 1880 et peut accueillir mille fidèles. Il a été érigée dans le style mêlant « pseudo roman & renaissance italienne ». La base du clocher est occupée par une crypte du XVIIe siècle.

Cloche 1 : Frères Paccard, 1839 – 1’250 kilos – Mi Bémol 3

Cloche 2 : fondeur et date inconnue – 900 kilos – Fa 3

395195_191996180905552_976954545_n

421811_191996477572189_1478285191_n 421174_191996620905508_611131828_n 418922_191996354238868_1996680952_n 418509_191997620905408_331868376_n 405847_191997374238766_199461671_n

Merci au sacristain présent pour l’accès au clocher.

417077_191995600905610_968608524_n

Bonne sur Menoge – Eglise Saint Nicolas

P1020275

Si Bonne n’est aujourd’hui qu’un simple petit village, son passé est très mouvementé, témoin d’une richesse absolue. Le lieu de culte primitif de Bonne n’avait pas la même vocation, puisqu’il était dédié à Saint Pierre. D’autre part, il était situé dans la partie basse de la commune. Au XIIIe siècle, Bonne, capitale de la province du Faucigny (le Duché de Savoie était divisée en provinces) devint un carrefour important. L’église faisait alors office de chapelle du château bâti sous Aymon II, l’ancien édifice servant quant à lui uniquement aux sépultures. La chapelle de la ville haute nécessita au XVe siècle une grande restauration. Elle devint l’église en 1581. Malgré ces travaux elle sut garder son esprit ainsi que des éléments du XIIIe siècle. Au XIXe siècle, elle a fit l’objet d’une nouvelle restauration, de faible ampleur. L’église laisse aujourd’hui apparaître des signes de fatigue qui seront soulagés grâce à une prochaine cure de jouvence.

1 – Saint Nicolas – Frères Paccard, 1859 – 900 kilos – 1,13m – Fa3 + 9

2 – Sainte Vierge – Frères Paccard, 1859 – 400 kilos – 0,86m – La3 +5 

P1040486

P1040485 P1040445 P1040453 P1040465

P1040471 P1020290

Merci à François Roguet, ancien maire, pour l’accès au clocher et les sonneries spéciales.