Les Cloches Savoyardes

Beaufort – Chapelle Sainte Marie-Madeleine (Roselend)

Il est fini, le temps ou Roselend fut un alpage constitué de champs agricoles et de chalets campagnards. Le vallon prit un grand virage dans les années 1950. Au début, on évoquait l’idée d’un barrage, mais les années passent, et le projet devint concret. Entre 1955 et 1962, ce sont près de 2000 ouvriers qui se surpassent pour édifier les 942’368 mètres cubes de béton qui constituent aujourd’hui le barrage de Roselend. L’étendue d’eau représente près de 185 000 000 mètres cubes d’eau, pour une surface de 320 hectares. Il ne reste plus grand chose au fond du lac, puisque une quinzaine d’alpages sur la cinquantaine que constitue ce vallon furent engloutis, et la chapelle, dédiée à Sainte Marie Madeleine, fut déplacée et reconstruite, pour dominer le lac. L’historique de la chapelle est tout aussi mouvementé que ce vallon. On parle d’un lieu de culte en ces lieux dès le XIIIe siècle, du moins on évoque un édifice dédié à Sainte Marie-Madeleine, il se peut que ce soit celle-ci… Des sources plus précises évoquent qu’une cloche y a été placée en 1608, et que des donations y ont été faites au cours du XVIIIe siècle. En 1794 elle accueille 4 prêtes exilés durant la Révolution Française, dont un futur archevêque de Chambéry, Mgr Antoine Martinet. Ils y donneront une messe. En 1960 elle fut engloutie par les eaux du barrage, mais fut reconstruite dans un style plus moderne, tout en gardant le côté roman qu’elle avait à l’origine. Les deux cloches furent sauvées, et sonnent encore dans le clocher mur, même si l’histoire pour l’une d’entre elle s’arrête dans les années 1980, elle fut volée et on ne l’a jamais retrouvée. En 2011, le barrage fêta ses 50 ans. Le conseil général évoqua l’idée de couler une cloche, pour remplacer l’ancienne, qui avait laissé une fenêtre vide. L’idée séduit EDF qui offrit la coulée sur site, réalisée par la fonderie Paccard. La cloche fut fondue devant les Beaufortains au chef-lieu, et fut démoulée le lendemain matin, devant la chapelle, puis fut bénie par Mgr Ballot, archevêque de Chambéry, avant enfin d’être placée dans le clocher.

1 – – Jean Baptiste Pitton en 1804 – 150 kilos – Mi Bémol 4 -1   

2 – Augustine – Fonderie Paccard, 2011 – 85 kilos – Sol 4 -0    Les deux cloches, fièrement installées dans leur clocher mur.             

 

Un grand merci à la mairie de Beaufort, et à Armand Joguet, pour leur collaboration. Merci à Alain Maître, des services techniques, pour nous avoir accompagné dans ce beau vallon. Mention spéciale à Mike « Quasimodo Sonneur de Cloches » présent lors de cette étape, pour sa journée d’anniversaire. Mention spéciale à Matthias Walter, campanologue suisse, également de la partie, ainsi qu’à Philippe « Ashitaka13400 » pour avoir superposé les deux vidéos tournées simultanément.